|
ABIDJAN
SOUS COUVRE-FEU
samuel Batchati
Dans
la matinée du jeudi 19 septembre 2002, le Premier ministre ivoirien
Pascal Affi N’GUESSAN (PAN) et les conseillers du présiden,t
ivoirien Laurent GBAGBO en séjour à Rome, qualifiaient les 750
hommes armés, de mutins protestant contre leur prochaine démobilisation.
Il n’en était rien au fait. Il s’agissait d’un coup d’Etat.
PAN l’a clairement
affirmé le même jeudi au soir dans une intervention télévisée :
« Cette tentative (de coup d’Etat) a échoué . »
D’ailleurs poursuit PAN, « les objectifs visés par cette
attaque massive et les moyens utilisés indiquaient clairement qu’il
s’agissait d’une tentative de coup d’Etat »
Cette
tentative de coup d’Etat attribuée à l’ancien chef
de la junte putschiste
de décembre 1999 et président de l’UDPCI, (Union pour la Démocratie
et la Paix en Côte
d’Ivoire) a connu outre
le général Gueï lui-même et le ministre de l’intérieur Emile
Boga Doudou, plus de 80 morts et 150 blessés parmi les forces
loyalistes. Plus de 25 cadavres présentés comme ceux des assaillants
ont été également retrouvés. On dénombre plusieurs civils également
tués.
C’est
dans cette atmosphère de
totale confusion que le ministre de la défense Moïse Ladi
Kouassi a annoncé
jeudi un couvre-feu de 18 heures à 8 heures.
Couvre-feu qui n’a pas été respecté a-t-on appris ce matin.
Si Bouaké
la deuxième ville du pays à 400km au nord d’Abidjan et Korhogo la
principale ville dans le nord, abritent encore de « petites
poches de résistances » de militaires insurgés, Abidjan
reste sous la menace d’une possible infiltration
d’assaillants même si le Premier ministre affirme dans son
intervention que « le
travail de ratissage de la ville est achevé.(…) Tous les moyens matériels
et humains sont mobilisés
pour rétablir définitivement l’ordre
républicain et
assurer la sécurité
dans les autres régions du pays », avant d’inviter « à
la mobilisation et à la vigilance de tous nos compatriotes pour démasquer
et neutraliser tous ceux qui complotent contre la sûreté de notre
pays et l’intérêt supérieur
de notre nation. » Il a ensuite rendu un « vibrant
hommage aux forces de sécurité
pour la loyauté et leur détermination dans la défense de la
République »
Les réactions
des hommes politiques tardent toujours.
Seul ADO , réfugié avec sa femme dans la résidence de l’ambassade
d’Allemagne a déclaré ce matin :«Je suis effondré.
Tout cela est un très mauvais coup porté au pays. »
|