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Le 20 septembre 2002

 

Actualité

ABIDJAN : PAPA NOËL EN TREILLI EST MORT  
Samuel Batchati
 

Le 24 décembre 1999, l’ancien chef d’Etat Major du Président Boigny chassait du pouvoir, le président Henri Konan Bédié (HKB). Les ivoiriens avaient salué en Guéï  le messie , le libérateur et comme l’on était à la veille de Noël, Robert Guéï, en une nuit est devenu le « Père Noël ».  Il n’est de secret pour personne : le pouvoir de  HKB avait été un désastre auquel était venu se greffer le problème d’ivoirité d’Allassane Draman Ouattara (ADO) que  HKB devait exclure de la course présidentielle s’il voulait encore rester au pouvoir. HKB en voulait aussi à Robert Guéï d’avoir refusé de faire sortir les militaires pour empêcher une marche des opposants. Cela devait lui rester en travers de la gorge. 

Mais le Père Noël , ce militaire respecté et politique taciturne et hésitant,  a perdu son estime le jour où l’envie lui prit d’être candidat à la présidence et de se proclamer vainqueur des élections. Il serait encore au pouvoir si la rue ne l’en avait chassé. 

Cet homme, vient d’être tué. Il a été retrouvé mort non loin de l’hôpital d’Abidjan. 

QUI A TUE ROBERT GUEÏ ?

La grosse inconnue jusqu’à ce jour. Ce matin la  VOA, la Voie de l’Amérique annonçait que Guéï avait été tué par les forces loyalistes alors que son chauffeur  qu’on tentait  d’arrêter à un barrage n’a pas obtempéré. A Abidjan, Robert Guéï  serait l’auteur de cette mutinerie  qui a pris la forme de  coup d’Etat dans l’après midi de jeudi 19 septembre. Cette thèse n’obéirait-elle pas au vieil adage : qui a bu boira ? 

Le vendredi 13 Septembre le Général à la retraite traitait Gbagbo de boulanger parce qu’il roulait tout le monde dans la farine. Cela suffit-il  pour faire de lui un candidat à un autre coup d’Etat ?  Il révélait que chaque jour que Dieu fait, Gbagbo trouve qu’il y a un coup d’Etat. Gbagbo n’en veut-il pas  à Guéï d’avoir avoué leurs tripatouillages  juridico-ethniques pour exclure ADO de la course présidentielle ?  Gbagbo n’en veut-il pas à Guéï de le mettre en garde contre « la levure sociale » ?  Un coup d’Etat qu’un président a fomenté contre lui-même n’est pas nouveau. Mitterrand l’avait fait. On a même trouvé que Gorbatchev l’a fait en 1989. Pourquoi pas Gbagbo ? Ceci n’expliquerait-il pas son absence du pays pendant que les militaires supposés être démobilisés manifestent à Abidjan ? Toute   cette affaire flaire une entourloupe d’inetllo. 

Mais alors qui a tué le ministre de l’intérieur Emile Bogua Doudou ?La même source de la VOA annonce qu’il a été abattu par les mutins.  Pourquoi ? Autre inconnue ! Puisque visiblement ces mutins ne sont pas portés vers les tueries. 

Dans tous les cas de figures, il ne faut pas perdre de vue que ce sont des       « y -voient-rien » qui meurent. Ils meurent d’être pris dans un engrenage politique auquel ils comprennent rien. Le grand perdant dans ce conflit larvé, est bien sûr la démocratie. Et le garant constitutionnel de cette démocratie se la coule douce à Rome. Alors que son retour était prévu pour ce vendredi 20 septembre, son ministre de la défense a annoncé que sous son insistance, Gbagbo ne rentrera que quand  la situation sécuritaire à Abidjan le permettrait. En tout cas, le séjour de Gbagbo en Italie a l’air d’un refuge avant l’orage

 

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