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ABIDJAN :
PAPA NOËL EN TREILLI EST MORT
Samuel Batchati
Le 24 décembre 1999, l’ancien chef
d’Etat Major du Président Boigny chassait du pouvoir, le président
Henri Konan Bédié (HKB). Les ivoiriens avaient salué en Guéï
le messie , le libérateur et comme l’on était à la veille
de Noël, Robert Guéï, en une nuit est devenu le « Père Noël ».
Il n’est de secret pour personne : le pouvoir de
HKB avait été un désastre auquel était venu se greffer le
problème d’ivoirité d’Allassane Draman Ouattara (ADO) que
HKB devait exclure de la course présidentielle s’il voulait
encore rester au pouvoir. HKB en voulait aussi à Robert Guéï
d’avoir refusé de faire sortir les militaires pour empêcher une
marche des opposants. Cela devait lui rester en travers de la gorge.
Mais le Père Noël , ce militaire
respecté et politique taciturne et hésitant,
a perdu son estime le jour où
l’envie lui prit d’être candidat à la présidence et de se
proclamer vainqueur des élections. Il serait encore au pouvoir si la
rue ne l’en avait chassé.
Cet homme, vient d’être tué. Il a
été retrouvé mort non loin de l’hôpital d’Abidjan.
QUI
A TUE ROBERT GUEÏ ?
La grosse inconnue
jusqu’à ce jour. Ce matin la VOA,
la Voie de l’Amérique annonçait que Guéï avait été tué par
les forces loyalistes alors que son chauffeur qu’on
tentait d’arrêter à
un barrage n’a pas obtempéré. A Abidjan, Robert Guéï
serait l’auteur de cette mutinerie
qui a pris la forme de coup
d’Etat dans l’après midi de jeudi 19 septembre. Cette thèse
n’obéirait-elle pas au vieil adage : qui a bu boira ?
Le vendredi 13 Septembre
le Général à la retraite traitait Gbagbo de boulanger parce qu’il
roulait tout le monde dans la farine. Cela suffit-il
pour faire de lui un candidat à un autre coup d’Etat ?
Il révélait que chaque jour que Dieu fait, Gbagbo trouve
qu’il y a un coup d’Etat. Gbagbo n’en veut-il pas
à Guéï d’avoir avoué leurs tripatouillages
juridico-ethniques pour exclure ADO de la course présidentielle ?
Gbagbo n’en veut-il pas à Guéï de le mettre en garde
contre « la levure sociale » ?
Un coup d’Etat qu’un président a fomenté contre lui-même
n’est pas nouveau. Mitterrand l’avait fait. On a même trouvé que
Gorbatchev l’a fait en 1989. Pourquoi pas Gbagbo ? Ceci
n’expliquerait-il pas son absence du pays pendant que les militaires
supposés être démobilisés manifestent à Abidjan ? Toute
cette affaire flaire une entourloupe d’inetllo.
Mais alors qui a tué le
ministre de l’intérieur Emile Bogua Doudou ?La même source de
la VOA annonce qu’il a été abattu par les mutins. Pourquoi ?
Autre inconnue ! Puisque visiblement ces mutins ne sont pas portés
vers les tueries.
Dans tous les cas de
figures, il ne faut pas perdre de vue que ce sont des
« y -voient-rien » qui meurent. Ils meurent d’être
pris dans un engrenage politique auquel ils comprennent rien. Le grand
perdant dans ce conflit larvé, est bien sûr la démocratie. Et le
garant constitutionnel de cette démocratie se la coule douce à Rome.
Alors que son retour était prévu pour ce vendredi 20 septembre, son
ministre de la défense a annoncé que sous son insistance, Gbagbo ne
rentrera que quand la
situation sécuritaire à Abidjan le permettrait. En tout cas, le séjour
de Gbagbo en Italie a l’air d’un refuge avant l’orage
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