Elections législatives
anticipées le 27 octobre 2002
Mathias Akoulansa
A l'issue du conseil des ministres de ce mercredi 18 septembre 2002,
un décret important a été pris. Aux termes du décret rendu public ce même jour,
«le corps électoral est convoqué le dimanche 27 octobre 2002 en vue des élections
législatives anticipées »
Il y a quelques jours, le Président du comité des 7 magistrats tenant lieu de commission nationale
électorale indépendante, le juge Abalo Pétchélébia annonçait que les dates desdites législatives
seraient annoncées à temps pour permettre à tous les partis politiques participants de battre
leur campagne. «Nous assurons qu'on ira aux élections législatives anticipées
avant fin décembre. Mais la date sera annoncée de manière à permettre à tout le
monde de gesticuler,» avait déclaré le juge. Le dimanche 27 Octobre 2002 se dérouleront
donc les élections législatives "anticipéés", mille fois reportées
Jusqu'ici aucun parti politique de l'opposition ne se déclare disposé à participer à ces élections.
«le mot d'ordre actuellement c'est la non participation de l'opposition
tant que ces élections seront organisées par les 7 magistrats sur la base du code électoral revisé»,
nous avait dit un proche de l'opposition classique. Ce mot d'ordre est unanime partout aux
états-majors des des partis politiques tels que l'UFC, la CDPA, le CAR,
l'UDS, le PT, l'ADDI, etc..
Seuls quelques partis politiques satellites du pouvoir se sont déclarés prêts à participer aux élections
législatives si celles-ci avaient lieu. En effet le Front de l'opposition Républicaine (FOR) de Michel Agbéssi
Ezoba, reconnaissant la légitimité du comité des 7 juges, se déclare disposé à participer à ces
législatives. Des rumeurs non confirmées prêtaient des intentions participatives à la Convergence patriotique
panafricaine d'Edem Kodjo et au Parti pour la démocratie et le renouveau de Zarifou Ayéva. Il semble plutôt
que ces deux formations ne veuillent plus prendre le risque d'avaliser
des consultations perdues d'avance
au profit du RPT, parti au pouvoir.
Le 9 septembre 2002, le député Dahuku Péré, dans l'interview qu'il a accordée à togoforum.com
estimait qu'«en ce qui concerne les prochaines élections dans notre pays, il est évident que si elles sont
organisées en dehors des conditions minimales tracées par l’Accord-cadre de Lomé, elles ne réaliseront
pas les conditions d’équité et de transparence»
Le 17 septembre 2002, Monsieur Agbéyomé Kodjo, ancien Premier Ministre
démissionnaire (ou limogé) enfonçait le clou sur les antennes de Radio France
Internationale: «Je considère que la position de l’opposion est raisonnable. On ne peut pas
participer à une mascarade électorale.»
Le général Président, déjà en guerre contre celui qu'on croyait être son dauphin,
au soir du 17 septembre, a lancé un mandat international d'arrêt contre
son ancien Premier Ministre. Le gouvernement
l'accuse de «faux, d'usage de faux, et d'abus de confiance qualifié.»
Agbéyomé qui se dit en insécurité, même en France, a
déclaré que la solution au problème togolais passe par le départ
d'Eyadéma.
Le 18 septembre 2002, la Coordination de SOLIDA (Solidarité citoyenne
pour la république), proche de Monsieur Péré affirme que
«Les vrais enjeux politiques
majeurs ne se joueent pas dans les élections législatives
anticipées, mais plutôt dans les équations
politiques de la fin du mandat présidentiel et ses suites.»
Agbéyomé
Kodjo a aussi affirmé que si Eyadema
devait vraiment quitter le pouvoir en 2003, on pouvait faire une croix sur les
législatives dites anticipées.
Comme il est question de modifier la constitution en vue de permettre un nouveau mandat au président
Eyadema, le pouvoir veut absolument organiser des législatives à sa manière pour
se garantir une majorité monocolore et maléable.
Auront-elles vraiment lieu le 27 Octobre 2002, ces élections?
Très Vraissemblablement elles auront lieu comme annoncé. Mais
quant à leur vocation à sortir le Togo de la crise, le doute est
plus que jamais permis. L'Union Européenne a été plus que claire
là-dessus.
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