Revolte de certains
journalistes de RFI contre la censure concernant le Togo
Joseph Takeli
Selon deux
dépêches de l'AFP
du 16 septembre 2002, l'intersyndicale de RFI composé du SNJ, CGT,
CFDT, applle à une Assemblée générale du personnel de RFI
aujourd'hui mardi 17 septembre 2002 pour protester contre le refus de
la direction de permettre la diffusion d'une interview de
l'ancien Premier Ministre togolais Agbéyomé Kodjo.
Selon l'intersyndicale,
Monsieur Kodjo avait accordé une interview à RFI le 3 septembre qui
devait être diffusée le 9. Mais elle fut bloquée par la direction de
RFI qui prétexta de la sécurité de l'intéressé. L'intersyndicale
s'indigne que la direction de RFI fasse le jeu des politiques français
et togolais. L'argument tiré des raisons de sécurité n'a pas
convaincu les syndicalistes de RFI.
Grâce à
l'intersyndicale de RFI ladite interview sera, semble-t-il, diffusée
ce matin du mardi 17 septembre 2002. Giles Schneider, directeur
général délégué aux antennes et à l'information se defend de
toute censure: «Jamais il n'a été question de censure, mais
bien de s'assurer qu'elle n'aurait pas de conséquences fâcheuses pour
les gens liés directement ou indirectement à cette interview»
(AFP).
On se demande en effet
si les opposants au regime de Eyadema devraient craindre pour leur
sécurité en terre française. La France elle-même serait-elle
devenue une jungle pour les opposants aux dictatures africaines? La
France serait-elle devenue incapable d'assurer la sécurité des
réfugiés sur son territoire? Ce qui serait une vraie honte pour
l'Hexagone. On le sait, les dirigeants de ce pays se sont fourvoyés
sous les bottes d'horribles dictatures, trahissant le citoyen français
et la renommée du pays de Diderot, Hugo, Montesquieu, etc... Vivement
qu'advienne ce jour où les citoyens français abusés et les
populations d'Afrique francophone opporimées se serreront les coudes
en symbiose pour assainir leur culture commune!
Togoforum aimerait
rendre hommage à l'intersyndicale qui rassure qu'il existe encore des
journalistes en France qui n'ont pas monnayé leur intégrité contre
les liasses de Lomé II.
En effet selon qu'on se
nomme Hassan Diop ou Carine Frank ou Fréderic Couteau ou Bernard
Nageotte ou Danièle Lefèvre, Nicolas Balique, Murielle Pomponne,
Geneviève Goetzinger, la présentation de RFI Afrique se trouve
profondément affectée et souvent détériorée.
Il y a une semaine
seulement, l'interview accordée par Eloi Koussawo à RFI Afrique avait
été diversément traitée selon le bon vouloir du journaliste de RFI
à l'antenne. Monsieur Koussawo avait dû appelé RFI pour se plaindre.
L'information suite au requisitoire du 6 septembre contre Claude
Ameganvi et les autres avait été elle aussi traitée avec une
légerté malicieuse.
Eloi
Koussawo nous informait après son contact téléphonique avec la
direction de RFI que les journalistes de RFI n'étaient pas
tous à la solde du général Eyadema et qu'une action de révolte
des journalistes honnêtes couvait. Cela se confirme aujourd'hui avec
la révolte de l'intersyndicale.
Le
Coordinateur général du M05 nous rassurait qu'il y avait à la
rédaction de RFI des journalistes très consciencieux et honnêtes.
Nous souhaiterions que les choses évoluent et changent profondément
à RFI Afrique pour que les programmes de cette grande radio,
désormais diffusés en FM dans nos villes et campagnes africaines
cessent d'être de simples campagnes d'intoxication au détriment de
l'information qui elle forme et éduque.
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