ILS
ONT MARCHE TARD
A NIAMTOUGOU, MAIS ILS ONT MARCHÉ QUAND MEME
Samuel Batchati
Trois
mois après les déclarations d’Agbéyomé Kodjo et de Dahuku Péré,
les populations de Niamtougou ont marché le 7 sept. 2002. Longtemps
après les autres préfectures qui, rivalisant de zèle et de
tribalisme, avaient déjà marché. Pourquoi une si tardive marche? Ce n’est pas faute d’avoir essayé.
Sur
la forme : par
deux fois on a voulu marcher et par deux fois cette marche
a été avortée. Les populations avaient catégoriquement
refusé de sortir. Preuve que quelque part on peut tenir tête au régime
mourant d’Eyadema. Les responsables politiques du Rpt n’avaient
donc d’autres solutions que d’exercer de fortes menaces sur les
chefs Cantons et de Villages. Ceux-ci avaient été sommés pour
cette marche de venir avec un certain nombre de personnes. Et
quand on connaît le trafic d’influence que ces chefs
d’un autre âge investis par leur mentor Eyadema
exploitent, on ne peut s’étonner que des gens soient allés
marcher.
Sur
le fond : on a réfléchi et on écrit. A l’instar des autres
marches de soutien, celle-ci a respecté le même vocabulaire,
utilisé le même dictionnaire abondant dans le registre
diffamatoire, injurieux et vil à l’encontre des opposants.
On a aussi beaucoup menti. On a dit que les villages
jouissaient d’eau potable : faux. On a dit qu’il y avait
des installations téléphoniques : Faux. On a dit que la préfecture
était dotée d’un aéroport international avec un équipement
technologique de dernière heure : Faux.
Tout le monde sait que cet aéroport est un aéroport privé.
Réservé au seul président de la République.
On a dit que tous les villages bénéficiaient d’électricité :
Faux.
En
somme on a beaucoup menti. Menti pour avoir
quoi? Mais surtout on a mis en garde les fils et filles
de Niamtougou qui oseraient suivre les pas de Dahuku
Péré ou d’Agbéyomé Kodjo. On a mis en garde
ceux qui oseraient saboter les actions du "seul parti au Togo
qui prône la paix".
Surtout
on a promis. On a promis
qu’aux prochaines élections anticipées (qui à la réalité
n’ont plus rien d’anticipé) les fils de Niamtougou donneraient
au Rpt la majorité suffisante
pour permettre à son
président de continuer sa politique de paix et
d’unité nationale.
Conclusion :
pour les populations de
Niamtougou, 2003 n’annonce rien. Absolument rien. Mais des déclarations
qu’ont a arrachées à une population à la sincérité et à la
conviction de celle-ci
il y a un grand pas que seule l’histoire écrira. Et Niamtougou écrira
une sacrée page d’histoire les années à venir.