Niamtougou:
Combien a-t-il pris d'argent pour livrer Badjessa et Et Djaoura?
Samuel
Batchati
On
se rappelle l’arrestation et l’incarcération de deux jeunes
enseignants à Siou le mois dernier. De ceux-là nous parlerons et
reparlerons encore.
"Combien
d’argent me donnerez-vous si je vous livre Jésus
qui se dit fils de Dieu?" C’est en substance la
question que Judas
avait posé avant de livrer aux soldats de Ponce Pilate Jésus Roi
de Nazareth.
A
quel poste me nommerez-vous si je vous livre les opposants de Siou ?
Cette question Badjona Evarice, président cantonal du Rpt
à Siou et secrétaire d’Etat Civil, a dû la ruminer
pendant longtemps avant de livrer aux sicaires
d’Eyadema les pauvres enseignants,
Djaoura Tiguena et Takana Badjessa qui croupissent
aujourd’hui en prison. Que s’est-il passé au juste ?
Un
étudiant revenu de Lomé avec des tracts appelant à la commémoration
de l’anniversaire de l’assassinat de Tavio Amorin les a remis à
ces jeunes enseignants pour large diffusion. Pendant que ceux-ci
lisaient les textes ( ils ne les distribuaient pas), il est venu
monsieur Badjona Evarice qui a voulu savoir le contenu des textes.
Djaoura et Takana lui ont juste remis un texte pour lecture.
Celui-ci ayant lu le texte s’est précipité chez le préfet à
Niamtougou pour lui parler d’opposants qui veulent organiser des
marches de protestation à Siou. Le Préfet lui demande d’envoyer
un rapport écrit de ce qu’il aurait constaté. Monsieur Evarice rédige
son rapport et le remet donc au Préfet qui n’avait donc d’autre
issue que d’alerter le Colonel Ernest à Kara. Les hommes de
celui-ci aidés par les gendarmes de la brigade de Niamtougou vont
saisir, sans mandat d’amener, les sieurs Djaoura et Takana.
Le verdict on le sait c’est 12 mois de prison et avec 10 de
sursis.
Cette
triste affaire inquiète encore les populations de Siou. Pourquoi
une si vile traîtrise ? Pourquoi Monsieur Evarice s’est-il
senti le besoin de livrer aux bourreaux ses jeunes frères ? De pauvres enseignants qui touchent mensuellement et irrégulièrement
d’ailleurs, puisqu’ils sont
recrutés par la Communauté villageoise, 10 000 F et dont le seul
crime est de penser en dehors des rangs. Cette affaire divise
fortement les familles et alliés.
Et monsieur Evarice a aujourd’hui piètre visage lui qui se
croit le bon apôtre du Rpt. Comme Judas il devait aller se pendre
le soir du verdict. Pour continuer le mythe. Personne
à Siou ne l’aurait pleuré.