| | | | | | |

 

Le 7 septembre 2002

 

Editorial

Johanesburg était annoncé comme un sommet difficile: Mais quelles leçons pour les pays sous-développés? 
Dabèègu Kabassima

Après l'euphorie qui avait prévalue au Sommet de RIO en 1992, l'environnement socio-économique international a évolué considérablement , faisant les riches plus riches qu'avant, les pauvres plus démunis qu'auparavant et les tensions intra et inter-étatiques plus fortes que jamais. Les signes précurseurs furent annoncés lors des réunions de l'OMC et du G8 , fortement frondés par les organisations et ONG de la société civile.

 
Le Sommet de la terre de cette année était un test pour voir jusqu'où irait la solidarité et le sens du devoir humain. Devant les inquiétudes sur le réchauffement global de l'atmosphère, l'exploitation irrationnelle des ressources naturelles et énergétiques, l'équité dans le partage de la richesse mondiale et la lutte contre la pauvreté, les délégués avaient le mandat de trouver des alternatives justes et faisables pour assurer un devéloppement durable aux populations présentes et futures de notre planête.
 
Seulement l'égoisme est inhérent à la nature humaine. Mis à part quelques sursauts de bienfaisance lors de catastrophes naturelles ou artificielles , la règle est l'accumulation pour soi au détriment des autres si possible. Tant pis pour eux , Dieu s'occupe de tous.
 
Tel est l'état d'esprit avec lequel les états devéloppés et sous devéloppés, les ONG , les syndicats, les multinationales se sont retrouvés en République Sud-Africaine. Devant les intérêts divergents les plus fort vont triompher. Les états devéloppés , enfermés dans leurs lutte d'hégémonie ne se sont engagés à rien qui puissent entamer celle-ci ou qui leur fassent perdre leurs avantages compétitifs dans l'économie mondiale. Les états sous-devéloppés , africains surtout , sur qui pèsent le poids de la dette et de la croissance espéraient des engagements plus fermes et des actions plus concrètes de la part des premiers. Seulement ils sont prêts à nier les droits les plus élémentaires à leurs populations que sont la liberté, la paix , la démocratie , le travail et la recherche du bonheur. Les ONG et les syndicats qui se veulent les avocats des pauvres se sont sentis divisés et faibles dans la coordination de leurs actions et revendications. Les grandes entreprises, productrices et accumulatrices de la richesse mondiale n'ont pas voulues être du reste en ne participant pas au sommet .
 
En fait à la fin du sommet, les états, surtout devéloppés sont sortis indemnes, les sous-devéloppés et les ONG/SYNDICATS n'ont pratiquement rien obtenus et les grands vainqueurs furent les multinationales. Ayant les moyens de leurs actions elles sont arrivées à jouer du lobbying , convainquant des chefs d'états de certaines " super -puissances " industrielles à ne pas participer au sommet , et démantellant catégoriquement toutes décisions du sommet qui leur seraient préjudiciables. ALEC ERWIN, Ministre Sud-Africain  du commerce et de l'industrie, a résumé le bilan du sommet en disant que les résultats des négotiations étaient les meilleurs que l'on pouvait espérer.Trés maigres. Certains espoirs, dit-il , étaient politiquement irréalistes.
 
Une grande lecon se dégage pour les pays africains et sous devéloppés en général. Les pays devéloppés ne peuvent indéfiniment continuer à vous donner du poisson , vous devez apprendre à le pêcher vous-même.Et quand le tam-tam joue il faut danser. Si dans la foule autour de vous les gens dansent du rock , dansez du rock ; s'il dancent du zoblazo ou du soukouss , dansez le zoblazo ou le soukouss. Ou alors vous paraitrez comme des bizarres , des parias. Le monde de nos jours est celui du triomphe de la démocratie et du capitalisme. Nul n'a le monopole de ces deux idéologies. Pays Africains et sous-devéloppés , dansez la démocratie et le capitalisme et quand vous parlerez on vous écoutera.
 

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

Tribune | Interviews | Débats | AgoraPress | Economie | Culture | Chatroom | Sites