Johanesburg était
annoncé comme un sommet difficile: Mais quelles leçons pour les
pays sous-développés?
Dabèègu
Kabassima
Après l'euphorie
qui avait prévalue au Sommet de RIO en 1992, l'environnement
socio-économique international a évolué considérablement ,
faisant les riches plus riches qu'avant, les pauvres plus démunis
qu'auparavant et les tensions intra et inter-étatiques plus
fortes que jamais. Les signes précurseurs furent annoncés lors
des réunions de l'OMC et du G8 , fortement frondés par les
organisations et ONG de la société civile.
Le Sommet de la terre
de cette année était un test pour voir jusqu'où irait la
solidarité et le sens du devoir humain. Devant les inquiétudes
sur le réchauffement global de l'atmosphère, l'exploitation
irrationnelle des ressources naturelles et énergétiques, l'équité
dans le partage de la richesse mondiale et la lutte contre la
pauvreté, les délégués avaient le mandat de trouver des
alternatives justes et faisables pour assurer un devéloppement
durable aux populations présentes et futures de notre planête.
Seulement l'égoisme
est inhérent à la nature humaine. Mis à part quelques sursauts
de bienfaisance lors de catastrophes naturelles ou artificielles ,
la règle est l'accumulation pour soi au détriment des autres si
possible. Tant pis pour eux , Dieu s'occupe de tous.
Tel est l'état
d'esprit avec lequel les états devéloppés et sous devéloppés,
les ONG , les syndicats, les multinationales se sont retrouvés en
République Sud-Africaine. Devant les intérêts divergents les
plus fort vont triompher. Les états devéloppés , enfermés dans
leurs lutte d'hégémonie ne se sont engagés à rien qui puissent
entamer celle-ci ou qui leur fassent perdre leurs avantages compétitifs
dans l'économie mondiale. Les états sous-devéloppés ,
africains surtout , sur qui pèsent le poids de la dette et de la
croissance espéraient des engagements plus fermes et des actions
plus concrètes de la part des premiers. Seulement ils sont prêts
à nier les droits les plus élémentaires à leurs populations
que sont la liberté, la paix , la démocratie , le travail et la
recherche du bonheur. Les ONG et les syndicats qui se veulent les
avocats des pauvres se sont sentis divisés et faibles dans la
coordination de leurs actions et revendications. Les grandes
entreprises, productrices et accumulatrices de la richesse
mondiale n'ont pas voulues être du reste en ne participant pas au
sommet .
En fait à la fin du
sommet, les états, surtout devéloppés sont sortis indemnes, les
sous-devéloppés et les ONG/SYNDICATS n'ont pratiquement rien
obtenus et les grands vainqueurs furent les multinationales. Ayant
les moyens de leurs actions elles sont arrivées à jouer du
lobbying , convainquant des chefs d'états de certaines "
super -puissances " industrielles à ne pas participer au
sommet , et démantellant catégoriquement toutes décisions du
sommet qui leur seraient préjudiciables. ALEC ERWIN, Ministre
Sud-Africain du commerce et de l'industrie, a résumé le
bilan du sommet en disant que les résultats des négotiations étaient
les meilleurs que l'on pouvait espérer.Trés maigres. Certains
espoirs, dit-il , étaient politiquement irréalistes.
Une grande lecon se dégage
pour les pays africains et sous devéloppés en général. Les
pays devéloppés ne peuvent indéfiniment continuer à vous
donner du poisson , vous devez apprendre à le pêcher vous-même.Et
quand le tam-tam joue il faut danser. Si dans la foule autour de
vous les gens dansent du rock , dansez du rock ; s'il dancent du
zoblazo ou du soukouss , dansez le zoblazo ou le soukouss. Ou
alors vous paraitrez comme des bizarres , des parias. Le monde de
nos jours est celui du triomphe de la démocratie et du
capitalisme. Nul n'a le monopole de ces deux idéologies. Pays
Africains et sous-devéloppés , dansez la démocratie et le
capitalisme et quand vous parlerez on vous écoutera.