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Actualité

Le 9 aoùt 2002

DE LA CONSTITUTION D'UN FRONT UNI DE L'OPPOSITION A LA DIVERGENCE DE L'UFC 
Samuel Batchati
 

3 objectifs:
«

  1. la nécessité de la mise en place d'une structure permanente de gestion de la lutte pour la conquête de la démocratie, notamment par l'organisation des prochaines élections sur la base du Code Electoral consensuellement adopté par le Comité Paritaire de Suivi.
  2. la réalisation d'une alliance électorale fondée sur le choix de candidatures uniques lors des prochaines élections législatives et présidentielles
  3. la gestion commune de l'Etat en cas de victoire en vue de créer les conditions pour une vie politique et économique normale.

»

La délégation de l'Alliance pour la démocratie et le développement intégral (ADDI) etait conduite par le Professeur Aimé Tchabouré Gogué, celle du Comité d'action pour le Renouveau par Maitre Kodjo Apévon, celle de la CDPA par M. Martin Aduayom et celle de l'Union des Democrates pour la Solidarité par Antoine Folly. La délégation de l'UFC etait elle conduite par Patrick Lawson. L'Union des force de changement à la fin a refusé de signer l'accord de création du front. 

En tout deux points de discordance:  1) le point relatif aux candidatures. 2) La Presidence du front. 

1- Des candidatures uniques pour l'opposition

Sur ce point la position de l'UFC était déjà bien connue depuis le 2 aout dernier lorsque le parti de Gilchrist Olympio avait appelé à une mobilisation patriotique pour la fin de la dictacture. En effet le parti avait déclaré qu' «En réalité, la concertation de l'opposition, l'unité d'actions de l'opposition, le front des partis de l'opposition, l'union de l'opposition etc. n'ont pas besoin, pour être réalisés, du préalable de l'unicité de candidatures ou de la fusion des partis de l'opposition» Le communiqué ayant sanctionné la conférence du 2 aout est très clair là-dessus. A la lecture attentive de celui-ci, il se dégage sa conviction d'être le parti le plus important et le plus fort et comme tel sa volonté d'être le leader du mouvement de lutte: «L'UFC n'est-elle pas fondée à défendre avec acharnement ce qu'elle considère comme ses intérêts parce que conforme à ceux des masses populaires?» 

Le parti de Gilchrist Olympio considère que c'est une façon de contourner le code électoral dans son état actuel que de vouloir proposer des candidatures unitaires au lieu d'exiger son abrogation pure et simple et laisser tous les parti politiques voler de leurs propres ailes. La position de l'UFC qui semble se défendre d'un point de vue purement intellectuel laisse subsister quelques questions quant à la position du nouveau front par rapport au code électoral. Nous sommes sur un terrain bien miné et de simples hypothèses doivent faire place à de vraies stratégies gagnantes. Ensuite, Est-ce que le meilleur code électoral au monde ferait partir Eyadema? Pas évident.  

Les candidatures unitaires n'auront pourtant pas été tentées pour la première fois sur la Terre de nos aieux. Le Doyen Samuel Amégan, un des témoins vivants de la lutte pour l'indépendance du Togo, dans sa contribution du 11 juillet 2002 dernier écrivait: 

«Une candidature unique de l'opposiition dans chaque circonscription électorale. Ce qui donnerait en moyenne entre 15 et 20 candidats par parti politique, arithmétiquement parlant. Mais un parti peut décider de présenter moins de candidats, étant donné sa force actuelle. Ce que je propose n'est pas une utopie. Cette stratégie a déjà servi à clarifier les jeux aux élections de 1958 gagnées par les nationalistes. Devant l'ampleur de l'enjeu à ce moment-là et devant la communauté de leur objectif, l'indépendance totale du Togo, le CUT et la JUVENTO s'étaient entendus, dès le départ, à ne pas se faire la lutte et à désigner dans chaque circonscription sur tout le territoire la personne la plus susceptible de l'emporter. Les partisans de l'Union française avaient aussi décidé de ne pas se nuire. Le PTP (Parti Togolais du Progrès) de Gruntzsky n'a présenté des candidats qu'au Sud où il était bien implanté, alors que l'UCPN (Union des Chefs et des Population du Nord) de Fousseni, Yvassa , Meatchi se présentait seulement dans son fief du Nord.» 

C'est inpensable que cette réalité historique de notre pays soit inconnue ou méconnue de l'Union des forces de changement qui se veut héritier du CUT et de la JUVENTO. S'il existe un parti politique qui puisse mépriser l'efficacité de la stratégie de l'unicité des candidatures c'est loin d'être l'UFC dont personne ne nie l'importance sur le terrain. Les mêmes causes produisent les mêmes effets c'est-à-dire que les erreurs de 1991 ou de 2002 peuvent empêcher que l'UFC exerce le mandat que le peuple veut bien lui confier. Il y a sur notre chemin, un obstace si microscopique que les conseillers de M. Olympio n'arrivent pas à le voir. Ou peut-être n'a-t-il aucun conseiller comme l'obstace lui-même, Eyadema. C'est vrai que M. Olympio a gagné les élections présidentielles en 1998. Et  après... où en sommes-nous?    

2 - A propos de la présidence du Front Uni de l'opposition. 

Selon des sources ayant participé aux travaux de mise en place du Front uni de l'opposition, la délégation de l'UFC conduite par Patrick Lawson aurait exigé que la Présidence du front soit attribuée au président de leur parti, Monsieur Gilchrist Olympio. L'UFC aurait souhaité que Me Yaovi Agboyibor soit Deuxième-Vice Président du front, le Professeur Gnininvi Porte parole. 

Les autres participants auraient retorqué que compte tenu de son absence du territoire togolais, sa présidence serait moins effective. Ils ont alors proposé que M. Olympio soit chargé des relations extérieures du front. La délégation de l'UFC aurait opposé un Net plus que soviétique.

Lequel des deux points a été déterminant de la décision de l'UFC de ne pas adhérer au Front Uni de l'opposition? On ne saurait le dire. On se demande aussi pourquoi les partis politiques comme le PDR de Zarifou Ayéva et la CPP d'Edem Kodjo ne sont pas signataires de l'accord.  Toujours est-il que le peuple togolais attend de tous les leaders la stratégie la meilleure qui emporterait la dictature. 

NB: Les hommes politiques de la Côte d'Ivoire nous montrent qu'ils comprennent que malgré leurs divergences profondes et les morts sur leur parcours, il arrive des moment où il faut s'entendre sur le minimum sinon que vous n'existez plus en tant que pays ou nation. Un certificat de nationalité a été même délivré à Alassane Dramane Ouattara. Pourquoi? Pour que vive la Côte d'Ivoire. Cultivons l'humilité dans l'intérêt des générations futures.  

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