DE LA
CONSTITUTION D'UN FRONT UNI DE L'OPPOSITION A LA DIVERGENCE DE L'UFC
Samuel Batchati
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objectifs:
«
- la nécessité de la mise en place d'une structure permanente de
gestion de la lutte pour la conquête de la démocratie, notamment
par l'organisation des prochaines élections sur la base du Code
Electoral consensuellement adopté par le Comité Paritaire de Suivi.
- la réalisation d'une alliance électorale fondée sur le choix de
candidatures uniques lors des prochaines élections législatives et
présidentielles
- la gestion commune de l'Etat en cas de victoire en vue de créer
les conditions pour une vie politique et économique normale.
»
La
délégation de l'Alliance pour la démocratie et le développement
intégral (ADDI) etait conduite par le Professeur Aimé Tchabouré
Gogué, celle du Comité d'action pour le Renouveau par Maitre Kodjo
Apévon, celle de la CDPA par M. Martin Aduayom et celle de l'Union des
Democrates pour la Solidarité par Antoine Folly. La délégation de
l'UFC etait elle conduite par Patrick Lawson. L'Union des force de
changement à la fin a refusé de signer l'accord de création du
front.
En
tout deux points de discordance: 1) le point relatif aux
candidatures. 2) La Presidence du front.
1-
Des candidatures uniques pour l'opposition
Sur
ce point la position de l'UFC était déjà bien connue depuis le 2 aout
dernier lorsque le parti de Gilchrist Olympio avait appelé à une
mobilisation patriotique pour la fin de la dictacture. En effet le parti
avait déclaré qu' «En réalité, la concertation de
l'opposition, l'unité d'actions de l'opposition, le front des partis de
l'opposition, l'union de l'opposition etc. n'ont pas besoin, pour être
réalisés, du préalable de l'unicité de candidatures ou de la fusion
des partis de l'opposition» Le
communiqué ayant sanctionné la conférence du 2 aout est très clair
là-dessus. A
la lecture attentive de celui-ci, il se dégage sa conviction d'être le
parti le plus important et le plus fort et comme tel sa volonté d'être
le leader du mouvement de lutte: «L'UFC n'est-elle pas fondée à défendre avec acharnement ce
qu'elle considère comme ses intérêts parce que conforme à
ceux des masses populaires?»
Le
parti de Gilchrist Olympio considère que c'est une façon de contourner
le code électoral dans son état actuel que de vouloir proposer des
candidatures unitaires au lieu d'exiger son abrogation pure et simple et
laisser tous les parti politiques voler de leurs propres ailes. La
position de l'UFC qui semble se défendre d'un point de vue purement
intellectuel laisse subsister quelques questions quant à la position du
nouveau front par rapport au code électoral. Nous sommes sur un terrain
bien miné et de simples hypothèses doivent faire place à de vraies
stratégies gagnantes. Ensuite, Est-ce que le meilleur code électoral
au monde ferait partir Eyadema? Pas évident.
Les
candidatures unitaires n'auront pourtant pas été tentées pour la
première fois sur la Terre de nos aieux. Le
Doyen Samuel Amégan,
un des témoins vivants de la lutte pour l'indépendance du Togo, dans
sa contribution du 11 juillet 2002 dernier écrivait:
«Une
candidature unique de l'opposiition dans chaque circonscription électorale.
Ce qui donnerait en moyenne entre 15 et 20 candidats par parti politique,
arithmétiquement parlant. Mais un parti peut décider de présenter
moins de candidats, étant donné sa force actuelle. Ce que je propose
n'est pas une utopie. Cette stratégie a déjà servi à clarifier les
jeux aux élections de 1958 gagnées par les nationalistes. Devant
l'ampleur de l'enjeu à ce moment-là et devant la communauté de leur
objectif, l'indépendance totale du Togo, le CUT et la JUVENTO s'étaient
entendus, dès le départ, à ne pas se faire la lutte et à désigner
dans chaque circonscription sur tout le territoire la personne la plus
susceptible de l'emporter. Les partisans de l'Union française avaient
aussi décidé de ne pas se nuire. Le PTP (Parti Togolais du Progrès)
de Gruntzsky n'a présenté des candidats qu'au Sud où il était bien
implanté, alors que l'UCPN (Union des Chefs et des Population du Nord)
de Fousseni, Yvassa , Meatchi se présentait seulement dans son fief du
Nord.»
C'est
inpensable que cette réalité historique de notre pays soit inconnue ou
méconnue de l'Union des forces de changement qui se veut héritier du
CUT et de la JUVENTO. S'il existe un parti politique qui puisse
mépriser l'efficacité de la stratégie de l'unicité des candidatures
c'est loin d'être l'UFC dont personne ne nie l'importance sur le
terrain. Les mêmes causes produisent les mêmes effets c'est-à-dire
que les erreurs de 1991 ou de 2002 peuvent empêcher que l'UFC exerce le
mandat que le peuple veut bien lui confier. Il y a sur notre chemin, un
obstace si microscopique que les conseillers de M. Olympio n'arrivent
pas à le voir. Ou peut-être n'a-t-il aucun conseiller comme l'obstace
lui-même, Eyadema. C'est vrai que M. Olympio a gagné les élections
présidentielles en 1998. Et après... où en sommes-nous?
2
- A propos de la présidence du Front Uni de l'opposition.
Selon
des sources ayant participé aux travaux de mise en place du Front uni
de l'opposition, la délégation de l'UFC conduite par Patrick Lawson
aurait exigé que la Présidence du front soit attribuée au président
de leur parti, Monsieur Gilchrist Olympio. L'UFC aurait souhaité que Me
Yaovi Agboyibor soit Deuxième-Vice Président du front, le Professeur
Gnininvi Porte parole.
Les
autres participants auraient retorqué que compte tenu de son absence du
territoire togolais, sa présidence serait moins effective. Ils ont
alors proposé que M. Olympio soit chargé des relations extérieures du
front. La délégation de l'UFC aurait opposé un Net plus que
soviétique.
Lequel
des deux points a été déterminant de la décision de l'UFC de ne pas
adhérer au Front Uni de l'opposition? On ne saurait le dire. On se
demande aussi pourquoi les partis politiques comme le PDR de Zarifou
Ayéva et la CPP d'Edem Kodjo ne sont pas signataires de l'accord.
Toujours est-il que le peuple togolais attend de tous les leaders la
stratégie la meilleure qui emporterait la dictature.
NB:
Les
hommes politiques de la Côte d'Ivoire nous montrent qu'ils comprennent
que malgré leurs divergences profondes et les morts sur leur parcours,
il arrive des moment où il faut s'entendre sur le minimum sinon que
vous n'existez plus en tant que pays ou nation. Un certificat de
nationalité a été même délivré à Alassane Dramane Ouattara.
Pourquoi? Pour que vive la Côte d'Ivoire. Cultivons l'humilité dans
l'intérêt des générations futures.
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