Le procès contre Claude Améganvi reporté au 6 septembre 2002
Mathias Akoulansa
Le procès contre le secretaire général du parti des travailleurs n'aura pas lieu
vendredi 23 août 2002 comme prévu.
Maître Hegbor, membre du collectif des avocats pour la défense de Claude Améganvi,
joint par téléphone a déclaré que par lettre signée du procureur général, Monsieur
M'Dakéna, le procès a été reporté au 6 septembre prochain.
Selon l'avocat, la police judiciaire aurait, ce même jour, rendu visite à Claude Ameganvi
dans sa cellule de la prison civile de Lomé pour un interrogatoire. Claude Ameganvi aurait
refusé de repondre aux questions en l'absence de son ou ses
avocat(s).
L'avocat de Claude Ameganvi a informé AgoraPress qu'il n'y a eu aucune explication" à
la décision du parquet de repporter le procès.
"Une mesure arbitraire comme d'habitude," a-t-il poursuivi.
Par contre et toujours dans la journée du 22 août, le collectif des avocats de
M. Améganvi a appris que Maitre Tchalim, avocat du chef de l'Etat
aurait introduit une action contre Claude Améganvi pour atteinte à
l'honneur de son client, Monsieur Eyadema Gnasingbé. L'avocat a
estimé que cette procédure jette un flou supplémentaire et
inexplicable sur les intentions réelles du pouvoir. «Allez-y
comprendre quelque chose!», s'est-il exclamé.
On savait déjà que Claude Améganvi était poursuivi pour diffamation
aux termes de l'article 56 du code pénal togolais. La nouvelle procédure enclenchée par Me Tchalim
est-elle un prolongement de la première ou une simple méthode
dillatoire? La nouvelle procédure est-elle la raison du report? On
ne saurait repondre avec certitude à cette question.
Le procès qui devait avoir eu lieu le 16 août dernier avait été
reporté à la demande des avocats de Claude Améganvi. «Nous nous apprêtions à nous attaquer à la procédure suivi jusqu'ici. Voila qu'on jette un
flou supplementaire dans une procédure déjà viciée»
Arrêté le 6 août dernier alors qu'il sortait d'un entretien avec
le ministre de l'intérieur, le général Sizing Walla, il est
reproché à Claude Améganvi d'avoir fait publié une information
"mensongère" sur la fortune du chef de l'Etat, le général Eyadema.
La preuve de l'arbitraire en la matière n'est pas à être rapportée puisqu'il
existe un auteur de l'information que les journaux togolais n'ont fait que reprendre,
environ une semaine après sa publication sur les sites Internet du Togo.
En effet, Monsieur Eloi Koussawo, Coordinateur général du Mouvement
patriotique du 5 Octobre (M05) est l'auteur de l'information sur la
fortune des Gnasingbé.
Cette information a été rendue publique le 26 juillet 2002 sur les sites internet
tels que Togoforum.com, Diastode, Terre De Nos Aieux, IciLomé, etc... Les journeaux - "Agoo Na
Mi"et "le Nouvel Echo" - dont les directeurs de publication sont poursuivvis
n'ont repris l'information qu'entre le 1er et le 2 août 2002 et donc ne sauraient être substitués à
l'auteur de l'information original.
Dans un autre article intitulé Révélations
sur les Banques qui gèrent les fonds détournés par Eyadema et Faure GNASSINGBE,
Monsieur Koussawo révèle qu'il a été contacté par le ministre de l'intérieur lui-même qui aurait
tenté d'acheter sa conscience par rapport à la publication de son article
sur la fortune du chef de l'Etat.
Dans un communiqué rendu publique hier, l'ancien Premier Ministre démissionnaire,
Messan Agbéyomé Kodjo, a demandé au gouvernement de prouver son innocence au lieu de
s'acharner sur de pauvres citoyens. «La morale voudrait que ceux qui se sentent diffamés apportent la
preuve de leur innocence.» Avait-il écrit en date du 21 août 2002.
Claude Ameganvi était allé reclamer, ce 6 août 2002, la libération de deux personnes
arrêtées et emprisonnées pour distribution de tracts dans le cadre des activités du mouvement "quelle solution
pour le Togo" dont il est responsable.
Non seulement aucune suite n'est donnée à sa démande de libération de
Djaoura Tiguena et Takana Badjessa, Monsieur Claude
Améganvi est lui-même jeté en prison sur la base d'informations
prétendument "diffamatoire" dont il n'est même pas auteur.
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