L'ÉTAU SE RESSERRE
AUTOUR DES CADRES DE LA KOZAH
Mathias
Akoulansa
Sauf changement de
programme, le week end du 2 au 4 aoùt 2002 verra la énième édition
de la campagne d'intimidation et de manipualation des cadres de la Kosah.
En effet, tout est mis en oeuvre pour que les cadres de la
préfeture du chef de l'Etat, la Kozah, où qu'ils soient sur l'étendue
du territoire togolais, rentrent le week-end prochain pour une
concertation en "famille."
A l'ordre du jour, comme
on s'en doute bien, le deputé "Dahuku Péré et ses complices
manipulés par l'opposition" d'une part et d'autre part, la
nécessité de soutenir sans conditon "le patron", "le
Grand frère", "le fils du pays Kabyè" "celui sans
qui les sudistes se retourneraient contre notre ethnie"
etc...
Apparemment Incapable de
mobiliser les autres préfecture du Nord du Togo comme par le passé
derrière une cause dont plus personne de doute de l'inexistence,
l'ethnie Kabyè du Général Président est aujourd'hui l'ethnie la plus
martyrisée du Togo. Loin de tout regard indiscret, le fils du
chef de l'Etat, le Colonel Ernest Gnassingbé contrôle Kara comme un
camp de concentration Nazi. Les patrouilles y sont systématiques et
"Gare à vous, aventurier nocturne!" Kara c'est le goulag. Les
détenus pour leur opinion ne se comptent plus. Le cas de Monsieur
Palanga de l'UFC est un exemple parmi tant d'autres.
Les sévisses et
repressions sont devenues plus accrues et insupportables depuis la prise
de position courageuse de Monsieur Dahuku Péré contre la "barbarie"
au sein du RPT(Rassemblement du Peuple Togolais) . Les cadres de la
Kozah se rendront manu militari à Kara le week end prochain pour
décider de ce qu'il faut faire de Maurice Dahuku Péré. L'oncle Paka
du chef de l'Etat aurait demandé le lynchage jusqu'à mort du "député
rebelle."
Monsieur Paka, le 1er
Septembre 1990 avait déclaré que lorqu'un bois fume dans votre foyer
sans prendre feu, il faut l'enlever et le jeter. C'était
lors du jugement public des étudiants suivants, originaires de diverses
préfecture du Nord : Nabine Ouyi (Bassar), Adjaibaule
Djobo de Bafilo (Préfecture d'Assoli), Alfa
Boda Rahim de Sokodé (préfecture de Tchaoudjo) et
Karakoro Bitinidji de Tchamba. Il leur était reproché d'avoir
participé à la rédaction et la distribution des "tracts
diffamatoires insitant l'armé à la revolte."
Rappelons que ces tracts
furent à l'origine du soulèvement du 05 Octobre 1990. Rappelons
également que c'était à un moment où la très puissante AMENTO
sévissait et veillait au grain. Denis Dindiogue Nayone de Dapaong (préfecture
de Tône) avait dû s'exiler ou être emprisonné jusqu'en 1991 pour
avoir dénoncé la fameuse Amicale des Etudiants du Nord Togo (AMENTO).
Le bois qui fume dans le
foyer aujourd'hui, c'est le député Dahuku Péré dont il faut décider
du sort. Du temps de l'AMENTO, on se serait attendu au jugement public
de tous les complices de Monsieur Péré. Premier complice Sey-Ninsao
Lantam. Mais seulement ce dernier est Bassar, ville située à l'Ouest
de la Kosah et litteralement détruite par le Prince Ernest. Les
tribunaux Gacaca (prononcer gatchatcha) du Nord-Togo semblent se
refermer sur la Kosah. Les Tribunaux Gacaca - Tribunaux populaires -
sont à la mode actuellement au Rwanda et ont pour but de juger les
génocidaires. Au Nord du Togo ce genre de tribunaux jugent les
démocrates et toute personnes éprise de liberté et de vérité.
En attendant le grand
jour de libération du Togo, il est très important que toutes les
autres ethnies soient bien informées de la réalité qui est que toutes
les familles du Togo, y compris Kabyè, comptent leurs morts du fait du
système Eyadema. Cela nous évitera des "dérapages démocratiques"
du genre Bodjé qu'a bien su exploiter pour maitriser son ethnie, les
Kabyè après 1992. Soyons tous solidaires derrière une seule cause: La
liberté pour tous sans exlusive.