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10 Nov. 2005

154 personnes tuées selon la Commission Nationale Spéciale d’Enquête Indépendante
Alain Nococo

Maître Joseph K. Koffigoh et le Pr. Latam

Après plusieurs mois de travaux, la commission nationale spéciale d’enquête indépendante créée par décret présidentiel N° 2005-050/PR du 25 mai 2005 et chargée de diligenter des investigations sur les violences avant, pendant et après les élections présidentielles du 24 avril 2005  vient de rendre public son rapport tant attendu. C’était au cours d’une conférence de presse animée ce jeudi après-midi 10 novembre 2005 à la salle Kéran de l’Hôtel Corinthia 2 Février par son président, Maître Joseph Koffigoh devant un parterre de journalistes de la presse nationale et internationale et des ambassadeurs et représentants des organisations internationales.

Entouré pour la circonstance de quelques membres de la commission, le vice-président
, le juge Tété Théodose Tékoé, le rapporteur Sey-Sanda  Lantam Ninsao,  Me Joseph Koffigoh s’est d’abord  réjoui d’avoir réussi à relever un triple défi à savoir : les contraintes techniques et administratives, le facteur temps avant de présenter l’introduction générale et les grandes lignes, c'est-à-dire les recommandations de ce rapport.

Après la présentation de ce rapport, le président de la commission s’est prêté aux questions des journalistes qui ont essentiellement tourné autour de  l’éventail des responsabilités
 

M Gilles Désesquelles et Fidèle Sarassoro représentant du PNUD

Répondant à une question sur la responsabilité individuelle des auteurs des actes de violence, Me Joseph Koffigoh a informé les journalistes que ces responsabilités sont bien établies et que ce n'est pas pour rien que la commission écouté plus de 2000 personnes. Il a rassuré les journalistes que la commission dispose de la liste de ceux qui ont tué, pillé, volé et  ont commis des actes graves établie dans des fichiers informatisés et éparpillés dans des endroits différents pour des rasions de sécurité. Pour Me Joseph Koffigoh, c’est  pour ne pas livrer au public les personnes mises en cause avant qu’une procédure judiciaire ne soit engagée, ce qui serait contraire aux conventions internationales notamment le principe de la présomption d’innocence que la commission n’a pas voulu publier la liste en question. Il revient, selon lui,  au pouvoir public notamment le parquet d’initier la procédure pour traduire ces gens devant les tribunaux pour qu’ils y répondre de leurs actes.

Comme le rapport de Doudou Diène, le rapport de Joseph Koffigoh semble imputer la responsabilité de ces actes de violences aux forces en présence à savoir le RPT et sa branche armée et l’opposition avec cette précision que les victimes se comptent plus dans les rangs du parti au pouvoir.

L'audience

Le rapporteur général de la commision d'enquête a déclaré sans autre précision  «la différence entre la commission de l'ONU et la nôtre est que nous avons mené de vraies investigations. Nous avons enquêté sur la base des mêmes données générales que celles contenues dans le rapport de l'ONU.» Le Professeur Latam a ajouté «Nous avons travaillé en toute indépendance, sans pression aucune. C'est inoui dans ce pays. Quant à savoir les suites qui seront données aux conclusions du rapport, cela ne relève pas de notre responsabilité.»

Cliquez pour lire le rapport de la commission nationale spéciale d'enquête indépendante

 

 
 
 

 
 
 

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