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Les
obsèques officielles de Gnassingbé Eyadema,
décédé le 05 février 2005 à l’âge
de 69 ans se sont déroulées
hier
dimanche 13 mars 2005 dans la grande salle du Palais
des Congrès de Lomé dressé aux couleurs nationales,
en présence des présidents Oluségun Obasanjo
Président de la République Fédérale du Nigeria et
président en exercice de l’Union Africaine, Mamadou
Tandja Président de la République du Niger et
président en exercice de la CEDEAO, Mathieu Kérékou
Président du Bénin voisin, Laurent Gbagbo Président
de la République de la Côte d’Ivoire, John Kufuor
président de la République sœur du Ghana, des
anciens présidents nigérian Yacoubou Goawn et
mozambicain Joachim Chissano et de plusieurs
personnalités représentant leurs
pays respectifs.
La France de Chirac dont le soutien au défunt
Président n’a jamais fait défaut était représentée à
deux niveaux : le ministre des affaires étrangères
Michel Barnier qui représentait le gouvernement
français et un envoyé spécial du Président Chirac.
L’opposition togolaise, du moins la grande partie, y
était représentée. Etaient donc présents à ces
obsèques, outre les leaders considérés par l’opinion
nationale comme alliés naturels du régime du
président défunt à savoir MM. Edem Kodjo, ancien
Premier ministre et président de la Convergence
Patriotique Panafricaine (CPP) et Zarifou Ayéva,
ancien ministre du commerce et président du Parti
pour le Renouveau et la Démocratie (PDR). On notait
également la présence du Secrétaire Général de la
Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA)
le Professeur Léopold Messan Gnininvi, du Secrétaire
Général du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR)
Me Abi Tchessa, du leader des Rénovateurs,
M. Dahuku Péré. L’ancien
Premier ministre de la transition et plusieurs fois
ministres d’Eyadema,
Me Joseph Kokou Koffigoh était aussi de la partie.
Quelque part dans la loge des anciens dignitaires et
membres du gouvernement, on pouvait apercevoir
l’ancien président de l’assemblée nationale démis,
M. Fambaré Ouattara Natchaba,
visiblement dépéri.
Les grands absents à ces obsèques étaient les
responsables du Comité
d'action pour le renouveau (CAR)
de Maître Yawovi Agboyibor et
de l’Union des forces de
changement (UFC)
de Gilchrist Olympio. Selon
certaines informations que nous avons pu avoir, ces
deux formations politiques auraient évoqué des
raisons d’ordre protocolaires pour ne pas se
présenter au lieu ; c’est-à-dire qu’ils n’ont pas
reçu les invitations conformément aux usages
protocolaires. Un comportement qui peut se
comprendre dans une certaine mesure. Mais cela n’a
pas manqué de susciter des réactions de
désapprobation au sein de l’opinion nationale qui se
dit surprise de cette attitude des deux partis
politiques.
C’est aux environs de 11 heures TU que les
cérémonies ont débuté avec l’arrivée sur l’esplanade
du Palais de Congrès qui grouillait déjà de monde
des cinq chefs d’Etat.
C’est le président du Ghana son
Excellence John A. Kufuor qui arrivera le premier
suivi du président Obasanjo et des présidents
Tandja, Kérékou et Gbagbo. Et puis suivra enfin le
cortège funèbre escorté par la garde rouge et le
cercueil du président couvert du drapeau, porté par
les officiers supérieurs des Forces armées
togolaises.
Dans la grande salle, après le mot de bienvenue du
ministre des affaires étrangères du Togo M. Biossey
Kokou Tozoun, la famille Gnassingbé et les
différentes délégations ont procédé au dépôt de
gerbes devant le cercueil du président défunt. Puis
suivra le culte protestant dit par l’ancien
modérateur de l’Eglise Evangélique Presbytérienne du
Togo, le pasteur Béné Touléassi. Les textes de la
méditation étaient tirés de l’Apocalypse 22 : 13 ;
Psaumes 119 : 19 et 90 : 12.
Le moment tant attendu fut le temps des oraisons
funèbres. C’est Mlle Béhéza Gnassingbé qui, au nom
de la famille Gnassingbé, a ouvert le bal des
oraisons. Après avoir indiqué qu’une mort n’est pas
acceptable par un parent, Mlle Béhéza Gnassingbé a,
non sans difficulté –
puisque prise d’émotion au
cours de son intervention – rappelé à l’assistance
les grands événements qui ont jalonné la vie de
celui qu’elle a appelé le ‘’Père de la nation
togolaise’’.
Quant au premier ministre togolais Koffi Sama qui,
lui aussi n’a pas pu retenir son émotion, il a
insisté sur le « destin exceptionnel de l’illustre
disparu » avant de déclarer qu’ils poursuivront quoi
qu’il arrive le combat que le président a entamé.
La 3e oraison funèbre – celle de
l’assemblée nationale - fut prononcé par son 2e
vice président M. Eric Kpadé. Celui-ci a fait
l’historique de la représentation nationale au Togo
et témoigné la gratitude de l’assemblée nationale au
président défunt grâce à qui elle a retrouvé
aujourd’hui ses lettres de noblesse.
La 4e et dernière oraison funèbre des FAT
fut prononcée par le chef d’Etat major des Forces
armées togolaises le Général de Brigade Aérienne
Zakari Nandja. Celui-ci fera un bref rappel de
l’enfance, du parcours militaire et professionnel du
Général défunt avant de relever ses qualités
exceptionnelles d’homme de paix. Il a, pour
terminer, souhaité au nom des FAT un bon repos au
président défunt Eyadema.
La cérémonie de la première partie de ces obsèques
nationales prit fin à 14h 50mn par la prière finale.
Elles se poursuivront ce
lundi 14 mars 2005 par une
veillée de prières au domicile d'Eyadema
à Pya et mardi par une autre
cérémonie qui réunira aussi plusieurs personnalités
au Palais des Congrès de Kara ; elle sera suivie de
l’enterrement officiel du président Eyadéma dans le
caveau familial à Pya.
Le général Eyadema avait dirigé le Togo sans partage
depuis le 13 janvier 1967. Eyadema battait le record
de longévité au pouvoir en tant que chef d’Etat,
suivi de Fidel Castro, Presmier Ministre
depuis le 16 Fev 1959 puis président de Cuba depuis
le 2 Dec 1976. Sur le continent africain et même au
plan mondial, Omar Bongo du Gabon prend
désormais la place du doyen des chefs d’Etat. Il a
pris le pouvoir le 2 Dec 1967. Il sera suivi en
Afrique de Muammar Kadafi, chef du conseil
national révolutionnaire libyen depuis le 1er Sep
1969.
Toute l’équipe de togoforum.com souhaite à feu
Eyadema un repos éternel, car la mort est notre
destinée commune, qu’on
fut tyran ou débonnaire.
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