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14 Mars 2004

Les obsèques officielles du général Gnassingbé Eyadema ont eu lieu à Lomé le 13 mars 2005
Alain Nococo

Les obsèques officielles de Gnassingbé Eyadema,  décédé le 05 février 2005 à l’âge de 69 ans se sont déroulées hier dimanche 13 mars 2005 dans la grande salle du Palais des Congrès de Lomé dressé aux couleurs nationales, en présence des  présidents Oluségun Obasanjo Président de la République Fédérale du Nigeria et président en exercice de l’Union Africaine, Mamadou Tandja Président de la République du Niger et président en exercice de la CEDEAO, Mathieu Kérékou Président du Bénin voisin, Laurent Gbagbo Président de la République de la Côte d’Ivoire, John Kufuor président de la République sœur du Ghana, des anciens présidents nigérian Yacoubou Goawn et mozambicain Joachim Chissano et de plusieurs personnalités représentant leurs pays respectifs. La France de Chirac dont le soutien au défunt Président n’a jamais fait défaut était représentée à deux niveaux : le ministre des affaires étrangères Michel Barnier qui représentait le gouvernement français et un envoyé spécial du Président Chirac.

L’opposition togolaise, du moins la grande partie, y était représentée. Etaient donc présents à ces obsèques, outre les leaders considérés par l’opinion nationale comme alliés naturels du régime du président défunt à savoir MM. Edem Kodjo, ancien Premier ministre et président de la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP) et Zarifou Ayéva, ancien ministre du commerce et président du Parti pour le Renouveau et la Démocratie (PDR). On notait également la présence du Secrétaire Général de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) le Professeur Léopold Messan Gnininvi, du Secrétaire Général du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) Me Abi Tchessa, du leader des Rénovateurs
, M. Dahuku Péré. L’ancien Premier ministre de la transition et plusieurs fois ministres d’Eyadema, Me Joseph Kokou Koffigoh était aussi de la partie.

Quelque part dans la loge des anciens dignitaires et membres du gouvernement, on pouvait apercevoir l’ancien président de l’assemblée nationale démis
, M. Fambaré Ouattara Natchaba, visiblement dépéri.

Les grands absents à ces obsèques étaient les responsables du C
omité d'action pour le renouveau (CAR) de Maître Yawovi Agboyibor et de l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio.  Selon certaines informations que nous avons pu avoir, ces deux formations politiques auraient évoqué des raisons d’ordre protocolaires pour ne pas se présenter au lieu ; c’est-à-dire qu’ils n’ont pas reçu les invitations conformément aux usages protocolaires. Un comportement qui peut se comprendre dans une certaine mesure. Mais cela n’a pas manqué de susciter des réactions de désapprobation au sein de l’opinion nationale qui se dit surprise de cette attitude des deux partis politiques.

C’est aux environs de 11 heures TU que les cérémonies ont débuté avec l’arrivée sur l’esplanade du Palais de Congrès qui grouillait déjà de monde des cinq chefs d’Etat.

C’est le président du Ghana son Excellence John A. Kufuor qui arrivera le premier suivi du président Obasanjo et des présidents Tandja, Kérékou et Gbagbo. Et puis suivra enfin le cortège funèbre escorté par la garde rouge et le cercueil du président couvert du drapeau, porté par les officiers supérieurs des Forces armées togolaises.

Dans la grande salle, après le mot de bienvenue du ministre des affaires étrangères du Togo M. Biossey Kokou Tozoun, la famille Gnassingbé et les différentes délégations ont procédé  au dépôt de gerbes devant le cercueil du président défunt. Puis suivra le culte protestant dit par l’ancien modérateur de l’Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo, le pasteur Béné Touléassi. Les textes de la méditation étaient tirés de l’Apocalypse 22 : 13 ; Psaumes 119 : 19 et 90 : 12.

Le moment  tant attendu fut le temps des oraisons funèbres. C’est Mlle Béhéza Gnassingbé qui, au nom de la famille Gnassingbé, a ouvert le bal des oraisons. Après avoir indiqué qu’une mort n’est pas acceptable par un parent, Mlle Béhéza Gnassingbé a, non sans difficulté –
puisque prise d’émotion au cours de son intervention –  rappelé à l’assistance les grands événements qui ont jalonné la vie de celui qu’elle a appelé le ‘’Père de la nation togolaise’’.

Quant au premier ministre togolais Koffi Sama qui, lui aussi n’a pas pu retenir son émotion, il a insisté sur le « destin exceptionnel de l’illustre disparu » avant de déclarer qu’ils poursuivront quoi qu’il arrive le combat que le président a entamé.

La 3e oraison funèbre – celle de l’assemblée nationale - fut prononcé par son 2e vice président M. Eric Kpadé. Celui-ci a fait l’historique de la représentation nationale au Togo et témoigné la gratitude de l’assemblée nationale au président défunt grâce à qui elle a retrouvé aujourd’hui ses lettres de noblesse.

La 4e et dernière oraison funèbre des FAT fut prononcée par le chef d’Etat major des Forces armées togolaises le Général de Brigade Aérienne Zakari Nandja. Celui-ci fera un bref rappel de l’enfance, du parcours militaire et professionnel du Général défunt avant de relever ses qualités exceptionnelles d’homme de paix. Il a,  pour terminer, souhaité au nom des FAT un bon repos au président défunt Eyadema.

La cérémonie de la première partie de ces obsèques nationales prit fin à 14h 50mn par la prière finale.  Elles se poursuivront
ce lundi 14 mars 2005 par une veillée de prières au domicile d'Eyadema à Pya et mardi par une autre cérémonie qui réunira aussi plusieurs personnalités au Palais des Congrès de Kara ; elle sera suivie de l’enterrement officiel du président Eyadéma dans le caveau familial à Pya.

Le général Eyadema avait dirigé le Togo sans partage depuis le 13 janvier 1967. Eyadema battait le record de longévité au pouvoir en tant que chef d’Etat, suivi de Fidel Castro, Presmier Ministre depuis le 16 Fev 1959 puis président de Cuba depuis le 2 Dec 1976. Sur le continent africain et même au plan mondial, Omar Bongo du Gabon prend désormais la place du doyen des chefs d’Etat. Il a pris le pouvoir le 2 Dec 1967. Il sera suivi en Afrique de Muammar Kadafi, chef du conseil national révolutionnaire libyen depuis le 1er Sep 1969.

Toute l’équipe de togoforum.com souhaite à feu Eyadema un repos éternel, car la mort est notre destinée commune, qu’on
fut tyran ou débonnaire.

 
 

 
 
 

 
 
 

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