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L’opposition togolaise a organisé à Lomé une
gigantesque marche pour réclamer le retour de M.
Fambaré Natchaba, président constitutionnel
intérimaire
La démission du président autoproclamé
Faure Gnassingbé et la désignation nuitamment de M.
Abass Bonfoh comme président intérimaire en lieu et
place de M. Fambaré O. Natchaba président
intérimaire constitutionnel ne sont que de la poudre
aux yeux.
En tout cas, c’est que l’on peut
retenir de la grande marche pacifique de
l’opposition ce samedi 26 février 2005 à travers les
rues de Lomé.
A l’appel N° 3 de six partis de
l’opposition togolaise à savoir : ADDI, CAR, CDPA,
PSR, UDS-TOGO et UFC, ce sont plusieurs centaines de
milliers de Togolais, 150.000 selon les
organisateurs et 200 à 250.000 selon des sources
indépendantes, qui ont pris d’assaut tôt ce samedi
matin le petit terrain Kodjindji à Bè-Goka point de
ralliement pour la grande marche qui devait les
conduire au stade Béniglato pour le meeting.
L’itinéraire initialement prévu
était le suivant : Goka Kodjindji- Bd Houphouët
Boigny- Bd Circulaire- Fontaine Lumineuse- Place
Fréau Jardin pour le meeting.
Mais à cause d’une autre
manifestation programmée par le RPT pour soutenir le
président démissionnaire et pour éviter, dit-on, une
collision qui pourrait dégénérer en affrontements,
il a été demandé aux six partis de l’opposition de
revoir leur itinéraire.
C’est ainsi que, partis du
terrain Kodjindji, les
centaines de milliers de manifestants en majorité
des jeunes, tous sexes
confondus, au devant
desquels les leaders de l’opposition :
Me Yawovi Agboyibo du CAR, Prof. Léopold M.
Gnininvi de la CDPA, Me Abi Tchessa du PSR, Antoine
Folly de l’UDS-Togo, Bob Akitani de l’UFC, Claude
Améganvi du PT et bien
d’autres, ont emprunté l’itinéraire que voici : Bd
Houphouët-Boigny- Bd Circulaire- Avenue Maman
N’Danida Côté sud- Rue la Gare- Rue de la SGGG- Bd
du Mono pour chuter sur le terrain de Béniglato.
C’est au son des sifflets, des castagnettes
et des tambours de fortune que le cortège des
manifestants a démarré vers 08 heures dans une
ambiance électrique ovationné par des vieux,
vieilles, hommes, femmes, enfants et passants massés
aux abords des maisons.
Des manifestants surchauffés, des
banderoles jaunes, rouges, blanches à la tête et
avec des branches d’arbres à la main, chantaient et
exécutaient des danses du terroir. Ils brandissaient
des pancartes où on pouvait lire : A bas la
dictature de la France, vive le Togo ; vivent
Obasanjo, Bush, Wade, Konaré, Tandja, Adieu
Chirac ; nous réclamons le retour de Natchaba à
Souza Netimé ; non à Bonfoh oui à Natchaba ; nous ne
voulons pas Bonfoh mais Natchaba ou un émissaire de
l’UA, de l’UE, de l’ONU ou de la CEDEAO ; peuple
togolais, faisons attention aux amalgames ; au
secours, au secours Chirac et la famille Gnass
nous ont pris en otage ; Faure sucrerie au bout
du souffle. Sur une croix arrachée quelque part
dans un cimetière de la place que tenait un
manifestant il était écrit Famille Gnassingbé
morte depuis le 05 février 2005. On a aussi vu
des graffitis sur les murs de certaines maisons du
genre ; Bonfoh, nous ne savons pas que t’es
aussi naïf que Faure ; la fin des beaux discours,
des tueries, des mensonges etc...
C’est après plus de deux heures
de marche que les manifestants, sous le regard
discret et bienveillant des forces de l’ordre
déployées sur tout le long de l’itinéraire, sont
arrivés au stade Béniglato qui était déjà plein de
monde. Là encore, une autre démonstration du rejet
de la France et de son président par le peuple
togolais s'observe. Le
président Jacques représenté par une poupée et le
drapeau français ont été brûlés sous les
applaudissements nourris de la foule au cri de
Abas la France.
Quatre interventions ont
marqué le meeting.
Après la prière de circonstance
et l’exécution de l’hymne national, l’honneur est
revenu au leader du CAR de prononcer le mot de
bienvenue. Celui-ci a, au nom des partis
organisateurs de la marche, tenu à exprimer ses
remerciements aux organisations des femmes, des
jeunes, des syndicats, des notables et à toute la
population pour leur mobilisation et leur a demandé
de se tenir toujours prêts pour les autres
manifestations à venir.
Le deuxième intervenant, M.
Antoine Folly Délégué Général de l’UDS-Togo, a fait
le point sur la situation actuelle marquée par la
démission de Faure Gnassingbé et la nomination de
Abass Bonfoh comme président intérimaire qui, selon
l’orateur, ne résolvent qu’un tiers des exigences de
l’opposition.
Quant au troisième intervenant M.
Patrick Lawson, 3e vice président de
l’UFC, celui-ci a entretenu la foule sur les
perspectives d’avenir, c’est-à-dire les actions que
l’opposition entend mener pour le retour à l’ordre
constitutionnel.
La déclaration finale qui n’est
autre que la plateforme de sortie de crise que les
six partis ont rendue publique vendredi 25 février
lors d’un point de presse au siège du CAR et que
nous avons d’ailleurs publiée, a été lue par M.
Wolou Porte- Parole du PSR.
C’est aux environs de 13heures
que les manifestants se sont séparés dans le calme
en se donnant rendez-vous samedi prochain pour le 4e
appel de l’opposition.
Mais en attendant, les femmes
militantes pour le changement se mobilisent pour,
disent-elles, barrer la route à l’imposture. C’est
ainsi qu’elles ont appelé dans un tract distribué
lors du meeting toutes les femmes togolaises pour
une autre marche pacifique demain dimanche 27
février 2005 qui démarre à 08heures au Restaurant La
Pirogue pour chuter à la Place Fréau Jardin. Elles
ont au programme de cette journée
du dimanche 27 février, une prière musulmane,
des cultes protestants et messes catholiques.
Le moins que l’on puisse, c’est
qu’en dépit de la satisfaction par la communauté
internationale de ce que certains appellent une
concession de taille, l’opposition n’est pas prête à
céder sur sa principale exigence qui
est le retour à l’ordre
constitutionnel impliquant le retour au pays du
président intérimaire constitutionnel,
Fambaré Natchaba.
Tout en regrettant la décision de
la CEDEAO de lever ses sanctions, l’opposition
entend multiplier les pressions pour contraindre les
autorités de fait à respecter la constitution car,
estime-t-elle, il revient
aux Togolais de régler en dernier ressort leur
problème. |