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23 Fev. 2004

Au sujet de la démission annoncée de Faure Gnassingbé
Mathias Akoulansa

Faure Gnassingbé a promis à plusieurs reprises aux chefs d’Etat africains qu’il demissionnerait. A son retour d’Abuja, on a attendu en vain l’acte de demission. Mais à en croire des informations fournies par des proches du “parti au pouvoir” et confirmées par d’autres sources indépendantes bien informées, Faure Gnassingbé a accepté de démissionner le 21 Fevrier dernier, mais poserait des conditions, sinon une seule condition: Faure Gnassingbé voudrait qu’après son départ, il ne soit pas possible à Gilchrist Olympio d’être candidat aux élections présidentielles du Togo.

Il faut d’entrée rappeler qu’il est forcé à la démission par la communauté internationale et en particulier la CEDEAO qui prônent la tolérance Zéro vis-à-vis des coups d'Etat en Afrique. Donc tolérance Zero vis-à-vis de ce qu’on appelle désormais le groupe du 5 fevrier (ententez les putschistes du 5 fevrier).

Au sein de la famille Gnassingbé, les plus réfléchis proposent à Faure Gnassingbé de démissionner avant que la famille ne perdent les avantages amassés par feu Eyadema. Mais les plus irréductibles incarnés par Kpatcha Gnassingbé et Samuel Pitang Tchalla quant à eux campent sur la ligne dure et mettent désormais en avant le rôle messianique qui est le leur d’éviter la guerre civile au Togo. Cela est ressorti clairement de l’entretien qu’Alpha Omar Konaré a accordé à Christophe Bouabouvier de RFI. Parallelement, ce groupe des faucons se livrent déjà à une manipulation ethniciste.  

En attendant de voir Faure Gnassingbé prendre officiellement la clé des champs avec complices et serviteurs, convaincu désormais de ne pouvoir vivre au Togo et de ne pouvoir participer aux élections sous Fambaré Natchaba, “le groupe du 5 Fevrier” cherche la moindre faille qui leur permettra de diviser les chefs d’Etat africains. Les putschistes y sont aidés par la France non officielle incarnée par Charles Debaches et le spécialiste de la domination colonialiste française, le vieux général Lacase.
 
Selon quelle loi Faure Gnassigbé peut-il demander que Gilchrist Olympio ne soit pas candidat?

La demande des putschistes  est aussi absurde que
celle les ayant amenés à décider de s’instituer héritier de la présidence de la Republique dans un système non monarchique et laïque. Personne n’a contesté à Faure Gnassingbé le droit d’être présidentiable. De même, ni lui ni personne  n’a le pouvoir de dire qui devrait être candidat et qui ne devrait pas l’être.

Cette exigence de la part d’un putcshiste semble être la dernière trouvaille qui fait l’objet d’analyses chez les chefs d’Etat de la CEDEAO actuellement. On a tenté d’abord de dire que Natchaba est absent du territoire pour justifier le coup de force. Ensuite on a dit que le Président de l’Assemblée Nationale, forcé à l’exil n’est pas l’homme du consensus. Certains opposants sont tombés dans ce piège en chantant haut qu’ils ne voulaient pas d’un Natchaba comme Président du Togo. “Même pas pour un seul jour”, a-t-on entendu. Mais aujourd’hui, on semble ne plus écarter Natchaba et on dit “Nous ne voulons pas que Gilchrist Olympio soit candidat.”

Il est vrai qu'aux termes de la nouvelle loi électorale, la condition d'un sejour de 12 mois au Togo exclut Gilchrist Olympio. Mais à en croire beaucoup de chefs d'Etat africains, cet obstacle peut être levé par un consensus entre les Togolais.

Enfin Alpha Omar Konaré a déclaré que «
Les moments dramatiques que nous vivons ne doivent pas être compris comme la revanche d’une famille sur l’autre»
Cliquez sur le petit micro pour écouter Alpha Omar Konaré:

 

 
 
 

 
 
 

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