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" On tarde à grandir ; on ne tarde pas à mourir ".
" Le lieu où l’on attend la mort n’a pas besoin
d’être vaste. ". " Si Dieu tue un riche, il tue un
ami ; s’il tue un pauvre, il tue une canaille ".
Ah ! Combien de ces
réflexions positives
Ahmadou Kourouma a-t-il emporté dans sa tombe ?
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Qui
fut Kabissa Gnassingbé? Frère aîné du chef
de l'Etat togolais, le général Eyadema, il est
décédé le 3 janvier 2005, alors que son jeune
frère de 5 ans préparait les festivités marquant
sa prise de pouvoir au Togo en 1967 et surtout
l'assassinat de Sylvanus Olympio en 1963.
Pourquoi parler de lui dans nos colonnes? Eh
bien, c'est qu'il mérite d'être dit que Kabissa
Gnassingbé mena une vie qui contraste avec celle
de tous ses parents jusqu'à Paka, feu oncle des
Gnassingbé et ancien tout puissant maire de
Kara. Il mérite d'être dit que Kabissa
Gnassingbé mena une vie simple, refusant
voyages à l’extérieur et
voitures
neuves. D'autres à Kara le disent
pingre et trop réservé pour un membre d'une
famille qui regente le Togo et possède tout.
Mais ce qui est certain c'est que ce paysan a mené une vie frugale.
Il continuait de
"cultiver" à 75 ans, avec une poussive
Peugeot 504 bâchée, qui dormait plus chez les
mécaniciens que chez lui. Ce qui
semble certain aussi c'est que le defunt
qui n'ignorait pas
qu'il allait mourir un jour ou l'autre,
contrairement à son frèro Eyadema "l'imortel",
doit rager que tant
d’apparat soit déployé pour ses obsèques. |
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Le
riche met beaucoup d’argent et d’honneur à inhumer
dans la pompe son parent ; le pauvre met beaucoup de
cœur et top de larmes à enterrer les siens. Qui a
dit que les funérailles d’un riche ont beaucoup plus
d’éclat que le mariage d’un pauvre ? En tout cas les
obsèques de Gnassingbé Kabissa n’ont pas
eu l’air d’un
deuil. C’était puérilement une fête.
Et qui dit que bien fêter c'est mieux
pleurer le mort? C'est selon...
La propension futile et maladive du général
Eyadema à nationaliser le décès de ses parents ôte
tout masque funèbre à la cérémonie.
Pour commencer,
la cérémonie ne s’est pas déroulée au domicile du
général ou au domicile du défunt à Pya-Akéï. Tout a
été fait au palais des congrès de Kara. Tout. Sauf
la veillée de prières du vendredi 21 janvier,
retransmise en direct sur les antennes de la radio
Kara. Même pour cette occurrence, la ville de Kara
s’est torchée un bon coup. Une journée ville propre
a été opérée, étendue à Pya le vendredi 21 janvier
de 6 heures à huit heures.
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Le coup de balai de la ville c’est surtout pour
les étrangers de Lomé, du Bénin, du Burkina Faso et
du Ghana. Surtout du Ghana. Car le président ghanéen
John Kufour est arrivé jeudi pour partager les
larmes de crocodile du général. Pour une telle
marque de compassion, il ne sera pas dit que la
ville natale du général est une souillonne,
pouilleuse croulant sous la merdre et sous les
déjections des porcs, bœufs, chèvres et chiens qui
règlent la circulation en lieu et place des feux
tricolores et des agents de police. Donc, un bon
coup de balai pour dépoussiérer cette ville et la
débarrasser, ne serait-ce que pour quelques heures,
des nylons bags est indispensable. Le hangar
lui-même a été monté une fois devant le palais des
congrès, démonté pour être monté à Pya avant de
trouver une place tranquille enfin au Palais des
congrès. Qu’est-ce qu’elles ont dû trimer, suer sang
et eau, les nouvelles recrues d’Août 2005 ! |
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visionner le palais des congrès de Kara et ses
devantures en temps ordinaires |
Le décor planté, maximum de faste et de
magnificence jusqu’au cercueil que nos yeux de
misérables hères ont reluqué avec des envies de
meurtres, nos têtes calculant et recalculant le
nombre de repas par jour et le nombre d’années que
nous pouvons nous offrir avec le coût d’un pareil
joyau. Et puis maximum de classe : les VIP ont eu
accès directement à la grande salle des palais des
congrès pour le culte d’enterrement. La populace et
autres curieux sont restés dehors sous les hangars
dressés à cet effet. Même là, la veste n’a pas eu
son habituel effet de l’habit qui fait le moine.
Non ! Il ne sera pas dit que de morveux quidams ont
assisté au culte d’enterrement du frère aîné du
général Eyadema, président dictateur du Togo.
Tout cet apparat pour un monsieur qui aura vécu
complètement effacé, refusant tous les privilèges
qui pouvaient lui échoir en tant que grand frère du
chef de l’Etat. Comme il
ragerait si monsieur Kogoé Akrima s’avisait, ainsi
qu’il l’avait fait après le décès de l’autre
frère à Eyadema, Koromsa Gnassingbé, de baptiser un des salons de
l’aéroport de Lomé Tokoin, SALON KABISSA. Tous ceux
qui passent par l’aéroport de Lomé Tokoin, ont pu
lire SALON KOROMSA.
D’ailleurs, la cérémonie du 22 janvier 2005 n’a
été qu’un folklore. D’indiscrètes langues racontent
que le cercueil transporté au palais des congrès de
Kara, était un cercueil vide. Des chirurgiens
français, arrivés de Paris, auraient conditionné la
dépouille deux jours après le décès et l’auraient
placée dans le caveau familial aux côtés de la mère
N’Danida et de Koromsa. Qui a dit que l’homme est
poussière et retournera à la poussière après sa
mort ? Les Gnassingbé ne sont pas de poussière. Ils
sont nés momies et retourneront momies. Cette
version est renforcée par le fait que l’inhumation
s’est déroulée "dans l’intimité familiale"
A Kara, on s’est demandé quand même si le général
Eyadema aura à sa mort tout l'étalage dont il fait
montre à inhumer ses frères. Car dans l’esprit de
beaucoup, l’heure de la déroute a sonné, et les fils
et la camarilla qui gravitent autour du général
s’enfuiront à sa mort, abandonnant certainement sa dépouille à la
vindicte populaire.
Cette dernière (la vindicte populaire) que les
intellectuels togolais doivent oeuvrer dès
maintenant à conjurer pour le plus grand intérêt de
la démocratie et pour le bonheur du peuple togolais
vraiment libéré. |