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Le chargé d'affaires de
l'ambassade des USA
(gauche), Mme Loretta
Acouety (centre) & Me
Apévon Pdt RADAR-Togo |
Le Réseau contre les Arrestations
et les Détentions Arbitraires
(RADAR-Togo) a organisé, avec
l’appui du Centre Culturel
Américain, le jeudi 15 décembre
2005 à l’Auditorium du Centre
SYFED de l’Université de Lomé un
séminaire-atelier sur le thème
‘’La Protection de la Présomption
d’Innocence’’
C’était à l’occasion de l’an 2 de
la création du RADAR et des
activités marquant la célébration
du 57e anniversaire de
la Journée Internationale des
Droits de l’Homme. Pendant une
journée, magistrats, avocats,
officiers de police judiciaire,
auxiliaires de justice, députés,
représentants des ONG et
organisations de défense des
droits de l’homme, enseignants et
étudiants de la faculté de droit
de l’Université de Lomé ainsi que
des journalistes se sont
familiarisés avec la notion de
présomption d’innocence à travers
les différentes communications
présentées par des juristes et
praticiens de droit chevronnés.
Les travaux de ce
séminaire-atelier ont été couverts
par le Garde des Sceaux, Ministre
de la Justice Me Abi Tchessa en
présence de sa collègue des Droits
de l’Homme, de la Démocratie et de
la Réconciliation Nationale, Me
Massan Loretta Acouétey.
Dans son discours d’ouverture, le
Garde des Sceaux, Ministre de la
Justice s’est réjoui du choix du
thème de la rencontre qui, espère
t-il, « donnera une lumière à nos
magistrats et officiers de police
judiciaire qui ont la lourde tâche
de concilier la recherche des
indices de nature à punir les
citoyens délinquants et
l’impérieux devoir de protéger
leur honneur pendant la période
des investigations »
Pour Me Abi, « la présomption
d’innocence constitue une
protection à l’encontre de
l’appareil répressif pour les
personnes mises en cause par la
justice pénale ». Il s’agit alors
de protéger le secret de
l’instruction et l’honneur des
personnes mises en cause. C’est
pourquoi devait-il s’élever contre
la publication d’articles ou
d’images concernant des personnes
soupçonnées. Il a, à cet effet,
invité les journalistes dans
l’exercice de leurs droits
d’opinion et d’expression au
respect de l’éthique et de la
déontologie.
De son côté, Me Acouétey a
félicité et remercié les
organisateurs pour le choix
judicieux du thème de la rencontre
très significative en ce qu’elle
coïncide avec la commémoration de
la journée internationale des
droits de l’homme, « flamboyante
expression d’une véritable prise
de conscience universelle de la
nécessité de faire triompher
l’humanité en l’homme par le
respect des droits et libertés
fondamentales qui sont de nature à
prémunir la dignité de la personne
contre la barbarie ».
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Le
chargé d'affaires de
l'ambassade des USA prononçant
son mot |
Pour madame la ministre des droits
de l’homme, « la présomption
d’innocence apparaît comme la clé
de voûte du droit à un procès
équitable ». C’est pourquoi, en
vertu du principe que tout
individu a le droit d’être traité
comme tel tant que sa culpabilité
n’est définitivement établie, elle
a appelé magistrats, avocats et
officiers de police judiciaire,
chacun dans son domaine de
compétence au respect des
procédures et à garantir la
protection des droits humains.
Auparavant, souhaitant la
bienvenue aux participants, le
président du RADAR-Togo, Me Dodzi
Apévon a, dans son mot, remercié
le Centre Culturel Américain pour
son appui sans lequel cette
rencontre n’aura pas été pas
possible, les deux ministres, les
députés, bref tous ceux ont bien
voulu faire le déplacement du
Campus Universitaire de Lomé pour
rehausser l’éclat de la
manifestation.
Parlant du thème de la rencontre
qui s’inscrit dans la droite ligne
de la mission que s’est assignée
le RADAR-Togo qui est de lutter
contre toute forme d’arrestation
ou de détention arbitraire, Me
Apévon a déploré les atteintes à
la présomption d’innocence malgré
sa consécration par la
constitution togolaise du 14
octobre 1992 révisée.
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L'audience |
« Nous constatons aujourd’hui avec
amertume qu’il arrive souvent qu’à
la place de la présomption
d’innocence édictée par la loi
pour protéger les citoyens, les
dérives successives des enquêtes
préliminaires bâclées et des
instructions superficielles lui
ont substitué la présomption de
culpabilité » a –t-il indiqué
Pour conclure ses propos, le
président du RADAR-Togo a demandé,
en chœur avec Bob Marley, à tout
Togolais meurtri et désabusé :
« Lève-toi, redresse pour défendre
tes droits. Lève-toi,
redresse-toi, n’abandonne jamais
la lutte ».
Après la cérémonie d’ouverture et
le retrait des officiels les
travaux proprement dits ont
démarré avec la série de
communications.
Au total trois sous-thèmes
subdivisés également en deux
sous-thèmes ont été présentés.
Le rôle du magistrat et de
l’officier de police judiciaire
dans la protection de la
présomption d’innocence.
C’est le 1er sous thème
avec deux communications
1ère Communication
Présomption d’innocence et enquête
préliminaire
Cette communication a été
présentée par le Capitaine Akobi
Messan, Chef de cabinet du
Commandant de la Gendarmerie
Nationale
2e Communication
Présomption d’innocence,
détentions préventives et
instruction
Elle a été présentée par Puis
Agbétomey, Conseiller à la Cour
Suprême de Lomé
Le rôle de l’avocat dans la
présomption d’innocence.
C’est le 2e
sous-thème avec également deux
communications.
1ère Communication
Présomption d’innocence, aveu et
torture
C’est le vice président du
RADAR-Togo, Me Sylvain
Attoh-Mensah, avocat à la Cour qui
a eu l’honneur de présenter cette
communication.
2e Communication
Présomption d’innocence, secret
professionnel et responsabilité de
l’avocat.
C’est Me Agbékponou K. Avocat au
barreau de Lomé qui a développé ce
thème.
Après une pause-déjeuner, les
travaux ont repris vers 14h avec
le troisième et dernier sous-thème
Conséquences de la violation
et limites de la présomption
d’innocence subdivisé
également en deux sous-thèmes
Les conséquences juridiques et
administratives de la violation de
la présomption d’innocence.
Cette communication a été
présentée par Abdoulaye Yaya,
Conseiller à la Cour Suprême
Les limites de la présomption
d’innocence et les solutions
appropriées pour son respect.
C’est madame Suzanne
Soukoudé-Fiawonou, 2e
Substitut du Procureur Général qui
a eu l’honneur de clore la série
de communications par cette
communication.
Ces différentes de communications
ont été suivies de débats francs
et sincères qui ont permis aux
participants de poser des
questions sur certains sujets
ayant trait au dysfonctionnement
de la justice togolaise et de
faire des propositions allant dans
le sens la réforme de la justice
en cours.
Des résolutions et
recommandations ont été faites,
lesquelles seront transmises aux
plus hautes autorités du pays pour
des dispositions à prendre.
Les travaux ont pris fin vers
17h30 par le discours de clôture
du Secrétaire Général du ministère
de la Justice précédé de la remise
des certificats de participation
aux participants du séminaire.
C’est très satisfaits des
enseignements au cours de ce
séminaire que les quelque deux
cents participants se sont séparés
espérant se retrouver très
prochainement à une autre
rencontre du RADAR-Togo pour
débattre d’un un autre sujet
d’importance.
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