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26 déc. 2004

Revue de presse de la semaine du 20 au 26 décembre 2004
Par Daniel Garidan
Le Combat du peuple La Dépêche
Motion d'Information Le Forum de la semaine
Agni l'abeille Carrefour
Le Regard Crocodile
Akekle le Scorpion Le Canard Indépendant
Le Point de la Semaine Nouvel Echo
Que nos voeux de bonheur vous accompagnent pour la nouvelle année 2005.

La dépêche fait un rappel émouvant des exactions de l'armée française en Afrique depuis 1947. Le bi-hebdomadaire reprend ces quelques lignes de Charles Van Sanoitte, correspondant de Reuter à Douala. Le faits se déroulent entre 1956 et 1961: «....Vers 3 heures du matin, un camion militaire emmène au cimetière les cadavres et une équipe de prisonniers les enterre nus et sanglant dans un grand trou... Si un malheureux respire encore, on l’enterre vivant... - Le Bac en ciment : les prisonniers nus sont enchaînés, accroupis dans des bacs en ciment avec de l’eau glacée jusqu’aux narines, pendant des jours et des jours... Un système perfectionné de fils électriques permet de faire passer des décharges du courant dans l’eau des bacs. Un certain nombre de fois la nuit, un des geôliers « pour amuser » met le contact. On entend alors un hurlement de damnés, qui glacent de terreur les habitants loin à la ronde. Les malheureux, dans les bacs de ciment, deviennent fous... Oui j’affirme que cela se passe depuis des années notamment au camp de torture et d’extermination de Manengouba (Nkongsamba). » Cliquez pour lire "La Dépêche" 12-26-04

LE COMBAT du peuple N° 477
Du lundi, 20 décembre 2004


Relations Togo Union- Européenne : Le président Eyadema a écrit au commissaire Louis Michel :
·  La Période des législatives déjà fixée
Titre à la Une notre confrère qui indique que, depuis l’ouverture jusqu’à la clôture des consultations entre l’UE et le Togo, le pouvoir togolais sous l’impulsion du président Eyadema, déploie des efforts incommensurables pour obtenir la reprise de la coopération et ensuite la matérialisation de cette reprise entre le Togo et l’UE. Et c’est dans ses efforts pour la reprise de la coopération que le confrère nous apprend que le chef de l’Etat a adressé une lettre au Commissaire européen  Louis Michel (lettre remise à celui-ci par le président de l’assemblée nationale Fambaré Natchaba la semaine dernière) après que celui-ci ait adressé au gouvernement une lettre (dont Le Combat du Peuple qualifie le ton de cavalier)
rappelant la position de l’UE. Selon le confrère, le président de la République apporte dans cette correspondance des réponses aux préoccupations de l’UE.

C’est dans cette perspective, indique le confrère que «   le vote du projet du code électoral qui était sur le bureau de l’assemblée nationale a été reporté sine die, permettant la reprise du dialogue avec la partie radicale de l’opposition ». Pour le confrère, «  cette concession, même si elle est perçue dans le camp de l’opposition comme une victoire, est un signal fort qui montre la volonté politique du président de trouver, coûte que coûte, une solution et sortir définitivement de la crise ».

Par ailleurs, le journal nous révèle que, « dans cette même lettre, la période des futures élections législatives a été fixée. Il appartient  à la CENI qui sera bientôt mise en place après le vote du nouveau code électoral, d’en fixer définitivement la date.

En déterminant la période des élections, le président a planté le décor. La balle est donc dans le camp des experts électoraux qui doivent gérer la suite ». Aussi estime –t-il que cet esprit d’ouverture, cette nouvelle dynamique, qui a permis « la rencontre du 15 décembre courant au cours  de la quelle trois partis, le CAR, la CDPA et l’UFC ont soumis des propositions à Monsieur le Premier ministre au sujet du cadre électoral », une nouvelle dynamique qui selon lui, doit être  encouragée.

A propos des propositions des trois partis politiques, le confrère indique que ce qui a retenu plus son attention, ce sont les conditions d’éligibilité. Pour Le Combat du Peuple, « cette s proposition démontre la mauvaise foi de certains hommes politique togolais. Car, le délai de résidence pour les législatives a été prévu par la constitution de 1992. Cette disposition constitutionnelle a été déjà appliquée en 1994 à l’UTD dont la victoire de l’un des candidats élu a été purement et simplement invalidée.

Qui plus est, cette disposition existait bel et bien avant l’élection  présidentielle de 1993 à laquelle plusieurs candidats de l’opposition ont pris  part »

En tout état de cause, le journal pense que, « l’opposition doit faire très attention sur certains points d’autant que lorsqu’on fait une loi pour un homme, la loi est forcement mauvaise. De même lorsqu’on fait une loi contre une personne, elle est fatalement mauvaise. La propension délibérée de poser des exigences, a priori, inacceptables par l’adversaire, n’est pas de nature à permettre une avancée dont tout le pays a urgemment besoin, car si le Togo perd le bénéfice de 20 millions de dollars à cause de l’intransigeance de certains politiciens en mal de stratégie d’avenir, ceux-ci seront  condamnés par l’histoire »

Le grand défi : La classe politique et le cadre électoral : Les contours  d’un dialogue de sourds
Le Combat du Peuple note que de tous les engagements pris par le gouvernement togolais pour résorber le déficit démocratique dont on lui reproche, ce sont ceux qui portent sur les questions politiques qui tardent à être mis en œuvre, « non parce qu’il y a forcément défaut de bonne volonté, mais tout simplement parce que la classe politique n’a pas réussi à accorder les violon  en son sein ». Alors que, pendant que les deux parties se tiraillaient,  le temps jouait contre le Togo qui doit fixer avant la fin de l’année la date des élections faute de qui, il perd 20 des 40 millions qui lui sont alloués au titre du 9e FED.    « C’est une situation  que nous avons toujours dénoncée d’autant plus que la fuite de l’aide a toujours été préjudiciable au Togo. La classe politique aurait pu s’entendre sur un minimum pour que le Togo n’en soit pas là aujourd’hui. Le grand défi reste pour chacun de cerner les contours du dialogue pour éviter des souffrances aux togolais qui n’ont que des besoins vitaux. A chacun de mettre de l’eau dans son vin »

Marche  contre la hausse des prix de carburant : Un flop :  Une tempête dans un verre d’eau

* Seulement quelques centaines de participants

En tout cas, c’est ce qui croit l’auteur de l’article qui visiblement, ne partage pas l’initiative des trois partis politiques.

« Il faut noter pour mémoire que cette marche annoncée à grands renforts, de tapages médiatiques a été un véritable flop. En effet, cette manifestation n’a drainé que quelques centaines de participants, moins d’un millier selon de nombreux observateurs. Un signe de démobilisation qui ne trompe pas.

Devant cette situation, l’honnêteté intellectuelle nous commande de dire que les partis de l’opposition ne font plus recette. Les Togolais lassés par plusieurs années de lutte sans résultat expriment leur dépit et leur exaspération en refusant de s’associer à des manifestations sans tête ni queue et sans lendemains.

Certes, cette marche s’explique mais le mieux serait qu’elle soit le fait des syndicats et des associations de défense du pouvoir d’achat des citoyens. De la sore, elle peut connaître une suite à travers des discussions ultérieures avec l’Etat. En revanche la récupération politique que les partis  politique UFC, CAR, PSR, UDS-Togo ont tenté faire a enlevé à l’acte  toute crédibilité. Il faut retenir la leçon pour l’avenir »

Motion d"information
N'a pas paru cette semaine

AGNI L’ABEILLE N° 19
Du lundi, 20 décembre 2004

Un journal ivoirien fait des révélations : Le chef de l’Etat togolais victime d’une escroquerie : 100 millions de FCFA  Eyadema fâché, fait arrêter l’auteur principal et le jette en prison
C’est un journal ivoirien Soir Info qui a rapporté l’information. Selon ce confrère que AGNI reprend, deux jeunes gens ivoiriens Coulibaly Ibrahim dit ‘’Coul’’ et Koné Guillaume Joseph dit Dôgô’’, connus dans les milieux de la police ivoirienne pour leur implication dans les affaires d’escroquerie, ont décidé de mettre en place un réseau en vue de soutirer des millions au chef de l’Etat togolais. Pour réussir leur coup, ils ont décidé de faire appel à un plus âgé qu’eux. Leur choix a porté sur le chanteur Noël Dourey ; celui-ci devait jouer le rôle du colonel Touré ex-aide de camp du président Houphouët-Boigny. L’opération commence par des fax qu’il envoie au président de la République l’informant qu’un groupe d’individus se prépare  à Abidjan et à Ouga pour attaquer contre son pays. Et pour déjouer en préparation, ils proposent 200.000.000F. Très sensible à ce genre d’infos, le chef de l’Etat son émissaire à Abidjan avec une valise de 100 millions comme avance. Après avoir reçu les cent millions, les trois individus se partagèrent le magot et sablèrent le champagne. Après une enquête menée par les services de sécurité togolais, il s’est avéré que ce coup n’était en réalité qu’une mise en scène destinée à abuser de la magnanimité du chef de l’Etat togolais. C’est ainsi que une stratégie a été mise sur pied dans le but d’arrêter ces jeunes hommes. Selon Soir Info, c’est lors de l’un de ses  voyages à Accra que le président Eyadema, qui donné l’air de mettre au courant de rien appela en personne Noël Dourey, sous le nom du colonel Touré pour lui demander d’effectuer en compagnie de ses amis le déplacement à Accra  en vue de leur dire merci. C’est alors que le faux colonel Touré fut arrêté.

« A la lecture de cet article du journal paru sur le site abidjan.net et sur information d’un confrère ivoirien, nous avons poussé nos investigations pour en savoir davantage sur cette sulfureuse affaire d’escroquerie. Une source proche du pouvoir a reconnu les faits. Donc il ressort que les informations publiée par le confrère sont vraies. L’artiste ivoirien devenu un escroc croupi à la prison de Lomé. Seulement le journal ne mentionne pas le cas de Coulibaly Ibrahim qui a été arrêté en même temps que lui au Ghana », indique AGNI.

Malgré les menaces, les intimidations et le changement d’itinéraire, la marche de l’opposition a eu lieu
Le journal rapporte la marche de samedi 18 décembre dernier organisée par quatre formations politiques pour protester contre la hausse des prix du carburants.

Après une tentative de braquage sans succès : 4 malfrats Ibos abattus à Klouvi et Bè-Kpota
Lit-on à la Une de notre confrère avec des images de deux malfrats abattus. La scène s’est déroulée le dimanche dans ce quartier populaire de Lomé. Selon le journal qui rapporte les faits, les quatre malfrats d’origine nigériane, les Ibos en l’occurrence ont pu être abattus grâce à la conjugaison et à la vigilance de la population et des forces de l’ordre.

Décès d’une militante de 1ère heure de l’UFC   :L’opposition radicale a perdu une combattante, la ‘’dame de fer’’ Johson Laetitia
Le journal nous apprend que celle qui faisait bouger l’opposition lors de ses différentes activités vient de tourner le dos. Elle ne pourra plus, dit-il, crier ‘’helou’’ comme ce fut le cas en 1998 aux lendemains des élections Et le journal de faire un bref rappel de son engagement politique jusqu’à son exil en 2003.  Selon notre confrère, la militante Laetitia sera conduite à sa dernière demeure le 22 décembre  2004 à Agouégan dans la préfecture des Lacs

LE REGARD N° 418
Du mardi, 21 décembre 2004
Eyadema tente d’influencer le Commissaire Européen

Titre à la Une Le Regard.  En page intérieur notre confrère publie une photo de Louis Michel sur une grosse moto piquée sur le site Internet du gouvernement togolais, en haut de la photo, il est écrit : Le Togo vous souhaite bonne arrivée. C’est expressif

« Après avoir fêté bruyamment la prétendue reprise de la coopération, l’Etat RPT a entrepris  une offensive diplomatique intense pour tenter d’obtenir  le déblocage des fonds du 9ème FED sans respecter les conditionnalités contenues dans la lettre du 15  novembre pour laquelle il avait dansé et sacrifié des vies humaines le 20 novembre. Ainsi, le pouvoir RPT observe l’attitude de quelqu’un  qui veut aller au paradis sans passer par la mort.

Les autorités togolaises croient que l’arrivée de Louis Michel à la tête de la Commission au Développement et à l’Aide Humanitaire constitue un boulevard à exploiter et qu’il suffit de le « séduire » pour obtenir ce qu’elles veulent.

C’est ainsi que ces derniers temps, des émissaires du pouvoir togolais se sont rendus à Bruxelles pour tenter d’influencer Louis Michel. A Koffi Sama, le Commissaire européen avait dit qu’il faut  discuter du cadre électoral avec l’opposition. Après le Premier ministre, Natchaba  a pris le relais pour  transmettre une  lettre du chef de l’Etat à Louis Michel. Pris au piège des faucons du régime qui s’activent à maintenir leur privilège vaille que vaille, le Timonier  aurait signifié à Louis Michel que son gouvernement a fait l’essentiel et que ce sont les trois partis CAR, UFC, CDPA qui bloquent  tout et prennent  le peuple togolais en otage. A Bruxelles, on est étonné d’entendre ce discours qui insinue l’influence des partis dont on dit pourtant qu’ils « ne représentent rien ».  Cet argument n’est pas pris au sérieux. En revanche un document de l’UFC retraçant les dessous des modifications de  la loi électoraleet de la Constitution a « ouvert les yeux » aux décideurs de l’UE qui minimisaient  l’ampleur de la magouille programmée. Le Général Président, indique t-on  à Bruxelles, voulait convaincre son interlocuteur de l’impossibilité de réaliser un cadre électoral dans les délais avec ces trois partis qu’il considère comme des « ennemis du peuple ». La réponse obtenue par Natchaba n’aurait pas comblé les attentes du « Guide Eclairé ».

Edem Kodjo et Zarifou Ayéva entrèrent alors dans la danse. Les deux anciens ministres d’Eyadema, hier opposants et aujourd’hui, métayers de l’Etat RPT auraient tenté de solliciter une audience auprès de Louis Michel pour lui expliquer le bien fondé des préoccupations du gouvernement togolais. Selon nos sources, Edem Kodjo aurait mis en avant son titre  d’ancien Premier ministre  et d’ancien Secrétaire Général de l’OUA. Même flanqué de M. Ayéva qui raconte à qui veut l’entendre qu’il maîtrise mieux que quiconque les rouages de la Commission européenne, le « Roi » Kodjo n’a pu rencontrer Louis Michel.

Il apparaît donc que la rencontre sur le cadre électoral n’était qu’un folklore de plus parce qu’on ne peut pas considérer à l’avance  qu’il est impossible d’aboutir à un consensus avec l’opposition et faire semblant de dialoguer avec cette même opposition. Les trois partis politiques ont jugé nécessaire d’informer le Commissaire européen  de l’attitude de la mouvance  présidentielle qui cherche à obtenir le reliquat du 9ème FED sans satisfaire aux conditions énoncées par l’UE. 

On raconte que le chef de l’Etat aurait fixé une date mettant ainsi la charrue avant les bœufs. Cette démarche ne peut qu’être interprétée comme une astuce visant à obtenir le « beurre et l’argent du beurre ». Les « ennemis du peuple » ont fait onze petites  propositions abandonnant ainsi l’exigence de la restauration de l’Accord Cadre de Lomé.  Une journée marathon suffit pour réaliser un consensus autour du cadre électoral si le gouvernement est véritablement animé de bonne volonté. Si d’aventure notre pays perdait les 20 millions d’Euros le gouvernement en assurera l’entière responsabilité pour avoir passé tout le temps à amuser la galerie. Il est plus facile de respecter les conditionnalités pour obtenir l’aide de l’UE que d’obtenir ce qu’on veut en empruntant des sentiers parallèles.  Les décisions à l’UE ne dépendant pas du Commissaire Européen qui, seul, ne peut influencer aucune décision. Il faut le savoir et aller à l’essentiel ».

Suite du dialogue de sourds :Le Gouvernement coincé par 11 propositions de trois partis 
« Le Premier ministre Koffi Sama a malgré lui, convoqué les partis de l’opposition traditionnelle pour discuter du cadre électoral, le mercredi 15 décembre dernier.

Pendant cinq heures, les participants ont bavardé et se sont séparés sans rien sortir de concret. Il faut signaler que la proposition remise par les trois partis (CDPA, UFC, CAR) a embarrassé et pris à contre-pied les représentants de l’Etat RPT et ses alliés qui se seraient préparés pour humilier leurs adversaires. Selon Me Agboyibo, ni le RPT ni le gouvernement n’ont dit s’ils acceptent les propositions ou s’ils les rejettent.  S’il ressort que les divergences subsistent au sujet du sens à donner au cadre électoral, les représentants de la CPP Aïdam Cornelius et du PDR, (ex dissident du CAR), Kolani Henri  en vrais métayers du pouvoir RPT optant pour la fuite en avant, ont à mots couverts, rejeté les propositions des trois partis en écartant d’emblée la constitution du cadre électoral avant l’examen des propositions. Dans la salle, les représentants de Edem Kodjo et Zarifou Ayéva s’en prenaient au groupe des trois à la place du RPT.

Mais en lisant le communiqué du porte-parole du gouvernement, on sent une dose d’embarras et d’amertume. Ce n’est pas de gaieté de cœur que M. Pitang Tchalla et ses collègues barons qui se croient suffisants et qui ont tendance à dévaluer et à minimiser l’influence des trois partis se retrouvent devant  ces derniers pour discuter de ce que leur gouvernement a passé tout le temps à rejeter.

Au moment où nous mettions sous presse, on nous signale que les faucons du régime suggèrent le rejet en bloc des onze propositions du trio (CAR, UFC, CDPA). Ils seraient encouragés en cela par la CPP et le PDR.  Selon le communiqué du gouvernement « les autres partis politiques ont fait remarquer que ni la constitution ni le médiateur ne font partie des 22 engagements souscrits par le gouvernement le 14 avril à Bruxelles ». A y voir de près, ce raisonnement  est d’autant plus farfelu qu’il dénote  du refus délibéré de la discussion sur le vrai problème du processus électoral. Qu’on se le rappelle : après avoir charcuté le code électoral consensuel, l’Assemblée Nationale RPT a rapporté les modifications correspondantes  dans la constitution. C’est connu de tous, la constitution est la Loi des lois. Si l’on se contente seulement de revoir le code en le débarrassant de certaines dispositions alors que ces mêmes dispositions se retrouvent dans la loi fondamentale, on n’aura rien fait parce qu’en définitive, c’est la constitution qui prime. Les points visés par les propositions du trio (CAR, CDPA, UFC) se retrouvent également dans la constitution.

-         Le mode de scrutin qui passe à un tour aussi bien pour la présidentielle que les législatives (cf art. 176 et 193 de la loi modificative du 7 février 2004 et art.51 et 60 de la loi constitutionnelle modificative du 31 décembre 2003).
-         Le parlement qui passe à deux chambres (cf art. 51 de la loi constitutionnelle modificative du 31 dec. 2002

-         Les prérogatives du chef de l’Etat qui sont renforcées, (cf art. 64, 66, 67, 71, 77 et 81 de la loi constitutionnelle modificative du 31 dec.2002.

-         Des mesures d’exclusion à l’encontre des candidats potentiels qui sont introduites : nationalité, délai de résidence, contraintes forcées à l’encontre des avocats, etc, (cf art. 170 ; 209 de la loi modificative  du 7 fév. 2003 et art.5 de la loi modificative du 9 octobre 2003 ; art. 62 de la loi constitutionnelle modificative du 31 déc. 2002).

-         Le suffrage indirect qui est introduit (cf art N°2 de la loi électorale modificative du 7 janvier 2003)

-         La nomination des tiers  des membres du Sénat par le chef de l’Etat (cf art52 de la loi constitutionnelle du 31 décembre 2002)

-         La limitation du mandat présidentiel à deux quinquennats qui est supprimé (cf art. 59 de la loi constitutionnelle modificative du 31 dec. 2002.

-         La commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qui est dépouillée de ses prérogatives d’organisation des élections et réduite à une instance de décorum, (cf art. 11 du projet de loi, dit d’amendement adopté en conseil des ministres le 27 octobre 2004)

-         Le ministère de l’intérieur, responsable des fraudes et irrégularités en 1998 et en 2003 qui est consacré organisateur des scrutins (art.40 du projet  de loi adopté en conseil des ministres le 27 octobre 2004).

-         Etc.

On ne saurait donc discuter du code électoral sans viser  tout ce qui touche  aux élections dont la constitution, à moins d’opter pour la politique de l’autruche.

Un autre problème non moins profond se situe au niveau du règlement des points de désaccord  au sein du cadre électoral. Dire que « le Premier ministre a constaté que le cadre  constitué par les six partis politiques et deux associations féminines n’est plus remis en cause » ne règle pas du tout le problème. Parce qu’à ce jour, les participants à ce dialogue ne sont jamais parvenus au moindre consensus sur la procédure de règlement de points de divergence. Le cadre du dialogue a une configuration. D’un côté, le RPT et ses alliés CPP et PDR, de l’autre, le CAR, la CPDA et l’UFC. Il n’a jamais été convenu comme l’a souvent laissé croire le porte parole du gouvernement que lorsqu’il  y a divergence, le RPT doit l’emporter  en comptant sur les autres participants acquis  à sa cause au nom d’une fausse majorité imposée. De plus, c’est bien beau de crier sur tous les toits que « le médiateur ne fait pas partie des 22 engagements ». Mais ce que personne ne peut nier, c’est que le Premier ministre n’est pas habilité à trancher lorsqu’il y a divergence entre l’opposition traditionnelle d’une part et le RPT et ses alliés de l’autre. Koffi Sama qui est lui-même du RPT ne peut être juge et partie. Tout ce qu’il fait est en faveur de son parti. Si l’on refuse  l’idée de médiateur sans trouver à l’avance le moyen de régler des points de divergence, ce sera parti pour un dialogue de sourds.

L’autre désaccord qui subsiste tourne autour de la destination ou de l’usage que fera le gouvernement des 11 propositions soumises par les trois partis. Le gouvernement considère ces propositions comme de simples suggestions  à verser au dossier alors que les initiateurs les considèrent comme des points de préoccupation à prendre en compte. Les trois partis considèrent qu’il  n’est pas question pour eux  de se poser en métayer de l’Etat RPT comme le sont la CPP et le PDR. Il va sans dire que c’est lorsqu’on règlera tous ces problèmes et qu’on se mettra d’accord sur les modalités et les procédures de règlement des points de divergence que le dialogue véritable aura lieu  pour déboucher sur des résultats satisfaisants. Sinon on continuera à tourner en rond et à mentir à soi-même en croyant abuser les communautés nationale et internationale ».

Un ‘’aventurier politique’’ au dialogue ‘’gnassional’’
« Je vous renvoie à la lecture des 22 engagements. Ce n’est indiqué nulle part qu’on pouvait reprendre la constitution à ce niveau des discussions. Je répète que dans l’entendement du  ‘’législateur  de l’Union Européenne’’, c’est que qui trop embrasse mal étreint. On estime que si nous embrassons tous les problèmes en même temps, nous n’irons nulle part. Donc la sagesse a voulu qu’on prenne les choses étapes par étapes ».

Ce ne  sont pas les propos d’un liseur de motion RPiTeuse. Ça vient de Cornelius Aïdam, l’un des gueulards de la Conférence nationale « venus de France » qui avec Antoine Folly s’étaient illustrés par leurs propos particulièrement haineux et incendiaires à l’égard du Général Eyadema et son régime. (A vos archives). Aujourd’hui, 3ème vice-président  de la CPP et coursier de Edem Kodjo, l’homme n’arrête pas d’exprimer des positions qui témoignent qu’il était  de ceux-là que Gnassingbé Eyadema qualifiait  d’aventuriers politiques, c’est-à-dire,  ces petits politiciens tombés dans la politique par hasard et qui ne savent pas ce qu’ils font. Dans le cas d’espèce, Aïdam Cornelius aurait pu justifier sa position sur le cadre électoral en avouant que les propositions des autres partis de l’opposition mettent en péril un certain « deal » qu’il y a entre son parti  et le parti « gnassional ».

Est-il écrit quelque part dans les engagements  qu’il faut aller étape par étape ? Est-ce parce que dans les 22 engagements on  ne parle pas de constitution qu’il faut y laisser figurer des dispositions correspondantes à celles qu’on pourrait être  amené à revoir au niveau du code électoral sachant bien que la loi fondamentale prime sur toute autre loi ?

Il y a d’autres manières d’exprimer son soutien à un régime qu’on s’est plu à vilipender parce qu’on est pressé de vite manger ».

Qu’a-t-on fait des images du débat ?
Dans l’un de ses communiqués qu’il a l’habitude de concevoir pour vilipender ses adversaires, le politicien Pitang Tchalla avait dit  que l’opposition a refusé que les débats soient enregistrés pour l’histoire. Mais avec le charcutage des images de la rencontre du 14 octobre, tout le monde a compris qu’il visait un but inavoué puisque l’enregistrement a été falsifié, amputé et monté pour être envoyé à Bruxelles pour les besoins de la cause.

Lors de la dernière  rencontre, Pitang Tchalla et ses collègues ont refusé que les débats soient retransmis  en direct pour éviter toute manipulation. De même, ils avaient refusé que les journalistes de la presse privée y assistent. Et lorsque par précaution, il a été proposé qu’une sorte de comité mixte s’assure que les images sont fidèlement enregistrées avant leur retransmission sur les médias (ce que Koffi Sama aurait même approuvé), le ministre de la communication s’y était opposé, estimant qu’il n’appartient pas aux politiciens d’indiquer aux professionnels des médias, ce qu’ils doivent faire. L’enregistrement des débats qui ont duré cinq heures  n’a pas été rediffusé sur la TVT. Dans les milieux proches de l’opposition, on ne doute pas que Pitang Tchalla  ait, comme à  son habitude, falsifié l’enregistrement  à des fins de manipulation et que la non diffusion des débats sur la TVT vise à éviter que les participants et les téléspectateurs ne constatent les dégâts

Le secret du cadre électoral
Des juristes de haut niveau ont étudié les modifications apportées à la constitution  et au code électoral togolais pour parvenir à une conclusion révélatrice des réelles intentions des charcutiers  de la loi.

Le  verrouillage  du processus électoral se situe  à deux niveaux :

1-                          Pour rendre facile les fraudes en amont,  les partis de l’opposition sont exclus de la commission des listes et cartes. Le RPT, aidé par ses militants chefs traditionnels y sont omniprésents, pour respecter des consignes données.

2-                          Si l’opposition parvenait à déjouer la fraude matérielle, elle n’y pourra rien devant la fraude juridique : si elle  remportait même 80 sièges sur 81 à l’assemblée, d’abord la constitution toilettée autorise le chef de l’Etat à nommer Premier ministre qui il veut et en dehors de la majorité parlementaire. Ensuite, les députés n’auront aucune valeur parce que le Sénat est armé pour bloquer les lois  de  l’Assemblée. Dans ce Sénat, le RPT s’est octroyé une majorité avant toute élection. A partir du moment où le chef de l’Etat nomme le 1/3 des membres du Sénat, il suffit que le RPT gagne les locales dans seulement huit des trente préfectures pour avoir la majorité.

Conclusion, avec le code électoral issu du toilettage, si l’opposition gagnait par miracle, la Constitution est là pour l’empêcher de jouir de sa victoire. Alors, à quoi cela sert d’aller à des élections pour gagner et ne pas pouvoir exercer son pouvoir de décision ?

Aller aux législatives sans revoir ces deux verrous, c’est comme on dit chez nous, « verser de l’eau sur le dos du canard ». Et si à l’Union Européenne  on insiste sur le cadre électoral, c’est en considération de cette situation »

La marche de protestation sur fond d’intimidation à Lomé
Après avoir rendu compte de la marche, notre confrère, note :
« A défaut de pouvoir  interdire la marche, parce que sous pression de l’engagement 3.3,  le  pouvoir togolais a tenté de dissuader la manifestation.  Tout avait commencé par la conférence de presse du Ministre du commerce M. Tankpadja Lalle qui a fustigé les organisateurs de la marche. Durant deux jours des individus se réclamant de syndicats de transporteurs ont défilé sur  la TVT  pour menacer tous ceux qui prendront part à cette manifestation. Des tracts menaçant avaient même circulé  dans la ville de Lomé ».

Et dans des brèves sur cette manifestation, notre confrère écrit :
La manif qui dérange
« Lorsque le RPT déploie des moyens énormes pour  organiser des marches de soutien achetées, l’opposition n’éprouve aucune inquiétude et ne fait aucun bruit là-dessus. Mais il a fallu l’annonce d’une manifestation de protestation pour faire passer des nuits blanches aux tenants du régime.

A défaut de pouvoir interdire la marche de l’opposition, le gouvernement, pris de panique, a multiplié des gesticulations en faisant intervenir ses « bitosards » pour dissuader la marche. On raconte que des barons n’ont pas fermé l’œil  dans la nuit du vendredi à samedi comme si le ciel allait leur tomber sur la tête. La radio et la télévision ont été mises à contribution pour vilipender les organisateurs. Le Président de l’assemblée nationale est même  allé jusqu’à affirmer que cette manifestation est ‘’antinationale’’ peut-être  parce qu’en bon profiteur du Togo, il y a des lustres qu’il n’a plus payé du carburant de sa propre poche. La manif a été dévaluée médiatiquement au journal télévisé pour faire croire au Timonier que ce qui s’est passé est insignifiant.

Mais à voir la manière dont les tenants du pouvoir RPT ont été pris de panique suite à l’annonce de cette marche, on se demande s’ils ne finiront pas par se suicider  ou quitter le pays si l’opposition multiplie des marches de protestation aussi bien à Lomé qu’à l’intérieur du pays au nom de l’engagement 3.3. »

Zéro mort, zéro blessé
« ‘’On marche quand ça ne marche pas’’. La marche du 18 décembre dernier n’avait rien de commun avec celle du 20 novembre au cours de laquelle, les organisateurs ont sacrifié des vies humaines sur l’autel de la désinformation. La marche du 18 décembre n’était ni achetée ni forcée encore moins l’expression d’une joie mensongère. A 13 heures 13mn, on n’a enregistré aucun mort, ni aucun blessé. Contrairement à ce qu’avait fait l’Etat RPT, aucun responsable de l’opposition n’a dépensé des millions de FCFA pour organiser la marche.  On n’a pas sorti des notes circulaires pour obliger des travailleurs à marcher. Personne n’a non plus mis des gros camions à disposition pour aller ramasser des gens à l’intérieur du pays pour les déverser à Lomé comme le RPT a l’habitude de le faire. Est-ce donc parce que les tenants du pouvoir RPiTeux sont conscients que les marches de l’opposition sont volontaires et non achetées qu’ils s’agitent à la moindre rumeur ? »

AKEKLE LE SCORPION N° 251
Du lundi, 20 décembre 2004

Rumeur malveillante ou réalité :  Small Poppy a engrossé deux filles Vrai ou faux ?
Se demande notre confrère qui, pour infirmer ou confirmer ces rumeurs, a approché l’artiste de la chanson de Hip-Hop Lawson Latévi Elolo alias Small Popy. Il ressort de l’entretien que notre confrère a eu l’artiste,  qu’il s’agit e’une rumeur répandue par des esprits malveillants qui veulent nuire à la renommée du jeune artiste. « J’ai effectivement appris comme vous la rumeur de mauvais goût qui a circulé autour de moi. C’est la Radio Kanal FM qui fut la 1ère à répandre ces inepties….Je voudrais insister pour dire que tout est faux ! J’ai actuellement une copine et c’est avec elle que je fais des projets. Que vais-je lui dire si je posais un tel acte comme on se plaît à me coller ?… Non, soyons sérieux ! Quel objectif veut-on atteindre en me jetant an pâture à ces nombreux fans de la musique Hip Hop, ces jeunes qui me considèrent comme leur idole ? Je rassure mes fans que Small Popy est resté et reste le Small Popy qu’ils connaissent et je ne me permettrai pas un tel écart dans ma vie » a déclaré le jeune artiste à notre confrère. Il est donc clair que le tout ‘’Petit Chiot’’ Small Popy n’a pas accompli la sale prouesse qu’on voulait lui coller. Engrosser trois filles au même moment peut paraître une prouesse élogieuse dans certains milieux mais pour ce jeune artiste qui  fait la joie et le plaisir des tous petits, ce serait une faute trop vulgaire et donc impardonnable pour ses fans », conclut le journal    

Vol à mains armées à Gbenyedji dimanche matin : Grâce à la collaboration entre les forces de l’ordre et la population 4 Ibos abattus, un passant atteint par balles
Il s’agit de l’affaire évoquée plus haut par  le confrère AGNI. A la Une de son édition, Akeklé publie les images des quatre malfrats abattus et l’arsenal découvert sur eux. Et notre confrère de jeter des fleurs aux forces de l’ordre pour la rapidité avec laquelle ils ont riposté à ces malfrats. Egalement il remercie la population pour son attitude qui a permis de mettre hors d’état de nuire des gangsters.

La police togolaise fait des prouesses à encourager : Les assassins de la dame Afolabi Amina épouse du commissaire Agbotsé sont découverts
Cette affaire a été largement traitée la semaine par certains confrères. Il semble, qu’en fait, il s’agit d’un véritable bitos ; la dame, mise en cause dans cette affaire d’assassinat de Mme Afolabi  que certains confrères ont rencontrée à son domicile, s’étonne de la médiatisation de l’affaire. Personne ne peut comprendre ce qui se passe autour de cette affaire que certains confrères ont fait leur chou gras 

Au marché d’Akodessawa, la mère d’un bébé vole des pagnes
« Le mercredi 15 décembre dernier, dans le marché d’Akodesséwa, une jeune femme d’une trentaine d’années a dérobé un tas de pagnes. Elle a aussitôt arrêtée par la propriétaire qui a constaté le vol. La voleuse subissait les rackets des badauds quand intervient la police… », indique le confrère qui rapporte par ailleurs le récit des faits par un témoin.    

LE POINT de la semaine
N'a pas paru cette semaine

La Dépêche N° 254
Du mercredi, 22 décembre 2004

Manifestation contre la hausse des prix des produits pétroliers
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       Pourtant des manœuvres autour d’une marche ?
«  En dépit des manœuvres de toutes sortes, la marche organisée par quatre partis politiques de l’opposition (CAR, PSR, UDS – Togo et UFC) et visant à protester contre la hausse des prix des produits pétroliers décidée par le gouvernement, a eu lieu le Samedi 18 décembre 2004 à Lomé. Dans la déclaration ayant sanctionné cette marche, les organisateurs ont appelé leurs militants et sympathisants, les travailleurs, les masses laborieuses ainsi que l’ensemble des forces vives de la nation togolaise  à se mobiliser pour obtenir l’abrogation de l’arrêté ministériel portant augmentation du prix des carburants. Selon eux, cet arrêté « traduit une fois encore le mépris et le cynisme que le gouvernement et le régime en place au Togo affichent à l’égard des laborieuses populations togolaises ». L’arrêté du 1er décembre 2004 constitue une hausse de trop imposée aux Togolais, après les augmentations en série des prix notamment de l’eau, de l’électricité, du téléphone, etc., depuis la dévaluation du F CFA, sans le moindre ajustement conséquent des salaires, des pensions et des bourses d’études, ont-il souligné.

Au-delà de tous les commentaires, il y a lieu de s’interroger pourquoi cette manifestation a fait l’objet de tant de manœuvres d’intimidation, notamment le changement d’itinéraire, la montée au créneau des liseurs de motion et la diffusion des tracts de menaces.

Initialement prévue pour débuter au château de Bè et aboutir au stade de Béniglato en passant par le Boulevard F.H. Boigny, le boulevard circulaire, le boulevard de la République et le boulevard circulaire, la marche s’est vue  imposée par le gouvernement un nouvel itinéraire. Celui-ci part du château de Bè pour s’achever au même lieu de chute mais en empruntant l’avenue de l’Entente, le boulevard circulaire, la fontaine lumineuse, l’avenue de La Libération, le Fréau Jardin, l’avenue de la Nouvelle Marche, la rue de la gare, le boulevard de la République et le boulevard circulaire.

L’autre surprise est l’apparition sur nos écrans de ces liseurs de motions se réclamant des syndicats de transporteurs et de taxi-motos mais qui s’en prennent à ceux qui ont eu le courage de faire ce que ces soi-disant syndicats étaient supposés faire pour défendre leurs propres intérêts et ceux des populations. Quel contraste ?

Venons-en aux tracts. Pourquoi cherche – t – on à empêcher par des menaces une marche pacifique dans un pays qui se veut démocratique ? Qui sont les auteurs de ces tracts qui en réalité sabotent sans le savoir la politique du pouvoir toujours prêt à clamer sur tous les toits que le Togo est un Etat de droit ? L’honnêteté politique  voudrait que le gouvernement ouvre une enquête pour démasquer ces auteurs et prouver sa bonne foi.

A toutes ces gesticulations, il convient d’ajouter la couverture de la manifestation par la TVT qui s’est particulièrement illustrée  dans un travail parcellaire et partisan : le cameraman ne voyait pas souvent la foule (puisque le journaliste ne parlait que de cinq cents) mais seulement des badauds et quelques zémidjans. A la lecture de la déclaration, il s’est contenté de fixer le lecteur sans prendre soins de balayer autour de lui les "cinq cents" manifestants constatés par le journaliste comme cela se fait d’habitude pour les marchés du RPT. Au même moment, la TV7 (télévision privée) montrait une foule de marcheurs accompagnant les leaders des 4 partis politiques et scandant des slogans pour exprimer leur ras-le-bol. Vive la presse privée.

Faut-il alors conclure qu’il y a eu deux marches : l’une pour la TVT avec ses « cinq cents marcheurs, et l’autre pour l’opposition rapportée par la TV7 ? Où est donc le professionnalisme que martèle matin et soir le ministre de la Communication, M. Pitang Tchalla ? »

Honte aux syndicats des transporteurs
« Dans notre parution précédente, nous dénoncions l’intoxication des syndicats de conducteurs de véhicule et de taxi-moto face à la hausse des prix des produits pétroliers. Nous avons même devancé les évènements en annonçant une éventuelle marche de soutien au chef de l’Etat pour ses bienfaits.

Et oui, à peine nous avons fini de le dire que nos syndicats se sont mis à l’œuvre. En effet c’est la FSTAMO (Fédération Syndicale des Conducteurs de Taxi-Motos – Kpalimé) qui a ouvert le banc le vendredi. Ils ont marché de Kpalimé jusqu’à Lomé II pour témoigner leur reconnaissance au président Eyadema pour sa clairvoyance en augmentant les prix des produits pétroliers. Il ne leur restait qu’à demander au maître des lieux d’en faire davantage pour le bonheur du peuple. Le lendemain, c’est le tour des syndicats des conducteurs de véhicules de dénoncer la récupération politique des ennemis du peuple, c’est-à-dire l’opposition (qui devrait organiser une marche de protestation et non de soutien comme on en a l’habitude), pour leur dire que la hausse des prix ne regarde que seul les syndicats de transporteurs. Comme s’ils sont les seuls à avoir des véhicules. Les fonctionnaires, les leaders des partis d’opposition et leurs militants vont-ils à pied ou à vélo ? S’ils veulent manifester c’est parce qu’ils sont manipulés par l’opposition, selon ces syndicats.


On dirait que nous sommes dans un monde entièrement à part ou rien n’est normal. Lorsque nos syndicats comparent le prix de notre pays aux prix des pays enclavés comme le Burkina-Faso, le Mali … ils feignent d’oublier que ces produits arrivent d’abord à Lomé et sont transportés ensuite jusqu’à destination. Même si les pays producteurs de pétrole leur en offraient gratuitement, le coût de transport fera que ces produits seront forcement vendus pour au moins amortir le transport. Et de plus les salaires des fonctionnaires de ces pays n’ont rien à avoir avec les salaires de misère que les gens gagnent ici.

Que dire de notre voisin de l’ouest, c’est-à-dire le Ghana qui a toujours un prix plus bas que le notre malgré son niveau de vie nettement supérieur au notre ?

Les responsables de nos syndicats doivent se prendre au sérieux car nous savons que leur rôle principale est de racketter les tickets auprès des conducteurs et mener un train de vie impressionnant avec plusieurs maisons, voitures climatisées, et plusieurs maîtresses, etc., alors qu’au même moment, leurs syndiqués végètent dans la misère avec leurs véhicules qui ne rapportent plus grand-chose. A entendre ce que disent les taximen, les zémidjans en ville, ils feront mieux de les défendre au lieu de défendre le gouvernement à travers des motions bidon qui n’engagent qu’eux-mêmes.

Dans tous les pays, lorsqu’il y a hausse de prix sur tel ou tel produit, les syndicats se mobilisent pour contraindre le gouvernement à revoir les choses. Le cas du Nigeria, un pays producteur de l’or noir, est édifiant.

Nos syndicats devraient avoir honte. Comment comprendre qu’au lendemain de l’annonce de l’augmentation des prix, ils se sont précipités d’appliquer les tarifs exorbitants à leurs clients. C’est du mépris !!!

Reprise du dialogue national : Un revirement ou une farce du gouvernement
Le chef du gouvernement, M. Koffi SAMA a rencontré à la salle Entente du CASEF le mercredi 15 Décembre 2004 les partis politiques et les membres de la société civile siégeant au dialogue national. Il s’agit des partis de l’opposition traditionnelle en l’occurrence le CAR, la CDPA, la CPP ; le PDR et l’UFC, des organisations de la société civile, notamment la GFD2 et du RPT parti au pouvoir.

L’ordre du jour de cette nième rencontre des acteurs politiques nationaux était : « l’étude du cadre électoral ». Il faut rappeler que c’est sur une divergence d’interprétation du « cadre électoral » que le dialogue national ouvert le 27 août 2004 et qui devrait permettre une sortie de crise en associant tous les acteurs de la vie socio-politique togolaise à la gestion de l’Etat, a été suspendu suite au refus du RPT de considérer tous les aspects qui gravitent autour du « cadre électoral ». Pour le RPT ce concept se réduit au seul code électoral.

Le PM a voulu, à cette nouvelle rencontre écouter les parties au dialogue national et notamment leur conception du cadre électoral. C’est sur cette base que le front CAR-CDPA-UFC a présenté sa préoccupation qui se résume en une série de propositions concrètes en onze (11) points essentiels. Il s’agit pour eux de trouver des solutions consensuelles concernant :

- la CENI et les structures électorales locales

- les conditions d’éligibilité aux différentes élections

- les cas d’incompatibilité avec le mandat de député

- le mode de désignation des sénateurs

- le mode de scrutin

- le découpage électoral

- le montant de cautionnement pour les diverses élections

- le recensement électoral

- le règlement du contentieux électoral

- l’observation des élections

- l’environnement institutionnel.

Les débats de la rencontre ont été axés sur cette plate-forme et après 4 heures de discussion, les travaux ont été suspendus et renvoyés à une date ultérieure. Le motif de cette suspension : le RPT estime que n’ayant pas pris effectivement connaissance du document il ne peut en discuter. Face à cette politique de fuite en avant propre au RPT, les participants au dialogue adoptent une attitude attentiste.

Pour le leader du CAR, Me AGBOYIBO « il faut absolument aller au-delà du code électoral lorsqu’on
parle du cadre électoral ». Au sujet de leur plate-forme, il a dit que certaines organisations et certains participants « ont réagit mais ni le RPT ni le gouvernement n’ont pour l’instant dit s’ils acceptent ou non les propositions, donc nous attendons leur réponse pour savoir si nous allons vers un code électoral accepté par tous ».

De son côté, le professeur Gnininvi, secrétaire général de la CDPA s’est réjoui que pour une première fois, le PM a daigné mentionner dans son invitation l’ordre  du jour de la rencontre. Pour lui, « le code électoral est une partie du cadre électoral et c’était un peu mettre la charrue devant les bœufs que de commencer à élaborer un code électoral sans avoir convenu des grandes idées qui doivent conduire à son élaboration. »

L’UFC se montre plutôt prudente face à l’attitude du RPT fidèle à sa politique de diversion et de fuite en avant et celle de vouloir gagner du temps.

Les alliés du pouvoir (CPP et PDR) sont confiants. M. Sanvee de Tové de la CPP reconnaît que les partis ont une compréhension plurielle du cadre électoral. Il sera question, estime-t-il d’étudier les propositions faites par les autres partis pour que prochainement nous puissions aller « à l’utile, au nécessaire et à l’urgent » dans la réalisation rapide des 22 engagements.

Au regard de cette rencontre, on se demande si le gouvernement revient à de meilleurs sentiments ou si c’est une farce ? Un revirement serait à notre entendement salutaire pour tous car il permettrait d’aboutir à un consensus sur le cadre électoral acceptable par tous les partis et de nous acheminer ainsi vers des élections libres, transparentes, crédibles et démocratiques. Ce qui amènerait nos partenaires à refaire confiance à notre gouvernement pour une reprise pleine de la coopération.

Dans le cas contraire, le Togo se prédispose à perdre 20 millions d’euros des 40 promis au titre du 9ème FED dont l’allocation sera réalisée « une fois que sera défini un cadre électoral transparent et démocratique accepté par toutes les parties ». Il faut rappeler que les fonds dont devait bénéficier notre pays s’élevaient à 100 millions d’euros. Mais ce montant a progressivement chuté depuis trois ans, conformément à l’accord de Cotonou qui prévoit que tout pays dont l’aide est suspendue pour déficit  démocratique et non respect des droits humains, voit sa part réduite de 20% par an.

Nous espérons que le gouvernement s’est engagé dans une   phase de non retour dans la résolution de cette crise car le compte à rebours a commencé. Le Togo qui a déjà perdu 60 millions d’euros, ne dispose que de moins de deux semaines pour sauver 20 millions sur les 40 millions d’euros restants. L’Union Européenne moins encore le peuple togolais ne se laissent plus flouer par le folklore. Il faut passer aux actes ; le patriotisme doit prendre le pas sur nos intérêts partisans afin de soulager le peuple longtemps meurtri .

Commission anti-corruption :   M. Assiongbon Folivi sur la défensive
Suite à notre article intitulé : « Qui peut arrêter les dérives de M. Assiongbon Folivi ?» paru dans LA DEPECHE N° 253, du 08 décembre 2004, nous avons enregistré des réactions tous azimuts du Président de la Commission anti-commission.

Premièrement Monsieur Folivi nous a dépêché d’urgence un de ses collaborateurs en la personne de l’officier de police KASSANG avec qui nous avons eu une séance marathon. Les échanges entre l’envoyé de la Commission avec notre directeur de publication ont porté sur les accusations contre les responsables de la CCIT en général et l’ancien secrétaire général, M. TCHOHOU en particulier.

Au cours de cette rencontre, M. KASSANG a présenté un document dans lequel on retrouve des cas de mission qu’il qualifie de malversation. Dans ce document, on retrouve les missions effectuées par l’ancien Secrétaire général de la CCIT à Kara et à l’extérieur du pays.


La Commission trouve que la plupart de ces missions sont des missions privées et que surtout les provisions de route sont généralement dépensées, occasionnant des frais supplémentaires remboursés par la Chambre de Commerce.

Mais le paradoxe dans cette affaire, c’est que la Commission n’a pas pu démontrer que les documents relatifs à ces missions étaient faux ou falsifiés ou que ces missions n’ont jamais été effectuées dans le compte de la Chambre. Autrement dit, si ces missions sont décidées par la Chambre et dûment signées par le Président de cette Institution selon les règles régissant ses activités, alors que reproche-t-on à l’ancien Secrétaire Général, M. TCHOHOU ?

M. TCHOHOU pouvait-il refuser les missions qui lui ont été confiées par ses supérieurs ? Parcourir 1000 km en voiture aller et retour avec tous les risques d’accident que cela comporte, M. TCHOHOU mérite-t-il cette humiliation ?

Toutes ces interrogations nous laissent perplexes sur les accusations de la Commission.

Si la Commission avait découvert des cas avérés de malversation, ou mieux si elle nous démontrait que les ordres de mission étaient falsifiés par M. TCHOHOU, le journal La Dépêche devrait la féliciter.

Au-delà de tout, il y a lieu de s’interroger : un audit qui coûte en 10 jours 23 millions de francs pour une somme de 30 millions de francs détournée en  4 ans, si détournement il y a, étant donné que les justificatifs présentés ne sont pas convaincants !.

Quelle procédure comptable le cabinet Marseillais et la Commission anti-corruption ont-ils mis en place pour éviter des détournements au sein des sociétés auditées ?

Sur un autre registre, dans sa parution du 12 novembre 2004, le journal "Bonne Gouvernance" tout en publiant le droit de réponse de MM. TCHOHOU EGBARE  et BROUHM, invite La Dépêche et les autres organes de presse qui critiquent sa gestion de lui indiquer les gros poissons à prendre. La presse privée togolaise lui avait déjà ouvert des pistes. Par exemple lorsque l’audit international avait audité IFG, La Dépêche avait interpellé la Commission à publier les résultats de cet audit. A ce jour, rien n’a été fait. L’ancien PM Kodjo AGBEYOME avait également dénoncé dans son brûlot les malversations au niveau de l’IFG et du Port autonome de Lomé largement diffusées par la presse privée. La Commission ne s’est même pas gênée.

Au Port et à l’Aéroport de Lomé, les douaniers et les policiers se plaignent de l’évasion fiscale sous leurs yeux.  Des tonnes de marchandises qui sortent et entrent sans qu’on ne paye des taxes. Qui organise cette évasion fiscale qui tue notre économie ? M. Folivi et son équipe ne peuvent pas nous dire qu’ils ne connaissent pas les auteurs de cette évasion fiscale.

Que dire de l’Affaire Brasserie du Bénin révélée par les journaux Forum de la Semaine et Motion d’Information ?


Si la Commission voulait collaborer avec la presse privée, lors de la Journée mondiale de lutte contre la corruption, elle aurait pu inviter toute la presse et non les médias d’Etat seuls pour visiter la Commission.

Voilà donc des pistes d’or à explorer si M. Folivi se sent courageux. De deux choses l’une. Ou la Commission anti-corruption est créée pour rendre des comptes à des gens qu’elle cible (ce qu’elle fait si bien), ou elle met tout le monde au même pied d’égalité en ouvrant des débats publics sur sa gestion. Le président de la République a créé la Commission, certes mais c’est à la nation qu’il faut rendre des comptes car les membres de la Commission anti-corruption ne doivent pas perdre de vue  que leurs énormes indemnités proviennent des contribuables togolais.

Les femmes pasteurs et nous
Le Chef de l’Etat a tout récemment accordé une audience aux femmes pasteurs. Lorsqu’on se présente à Lomé 2 et que l’on n’a rien à dire, le mieux n’est-il pas de se taire ? L’on pourrait alors passer le temps aux causeries où l’on parlerait facilement de la pluie et du beau temps. De telles causeries à notre avis ne sont pas interdites à Lomé2 si le Chef de l’Etat a du temps.

Mais lorsque pour plaire au Président de la République, l’on prend l’intérêt à évoquer le passé politique du pays et à le comparer avec le régime actuel en accordant à ce dernier un avis très favorable, on tombe vite dans l’erreur et le débat reste ouvert. Et l’on sait que le passé politique du pays à chaque fois qu’on l’évoque, se confond avec le régime Olympio qu’on cherche à diaboliser uniquement pour obtenir quelques compensations matérielles du maître du séant.

Sylvanus Olympio a commis bien des  erreurs à la tête du pays mais le régime actuel en commet également ; en tout cas, il ne fait pas mieux que le régime précédent. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas l’admettre. Que dire de la corruption, de l’incurie, de laisser-aller qui règnent à tous les niveaux de notre administration ? Seul Dieu est parfait et ne se trompe donc jamais. A moins de nommer toute la population ministre du moins à de hautes fonctions, tout homme au pouvoir ne peut jamais donner satisfaction à tout le monde. Il y aura toujours des mécontents. Et l’on ne commet des erreurs au pouvoir qu’en croyant bien faire pour le bien être de la population. Aucun Chef d’Etat n’est animé de mauvaises intentions dans l’exercice de ses fonctions. L’histoire seule jugera.

Le temps de cesser de dénigrer l’ancien régime n’est-il pas sonné ? En fait que disent les femmes pasteurs en audience à Lomé 2 ? Elles y étaient pour remercier le Chef de l’Etat pour sa magnanimité et sa politique en faveur de la liberté de religion au Togo. Est-ce là une doléance qui mérite une audience chez le Chef de l’Etat ? Ces femmes n’ont-elles pas d’autres doléances plus préoccupantes et qui intéresseraient la politique générale du pays ? C’est de la flânerie à Lomé 2.

L’étonnement est grand lorsqu’on entend ces femmes ajouter que « Si autrefois, il était rare de voir au Togo une jeune fille faire des études, aujourd’hui il est presque banal de constater que des Togolaises effectuent de brillantes carrière, universitaires au pays comme à l’étranger ». A quel objectif répond une telle déclaration ? A quelle actualité faut-il la rattacher ? A vrai dire, elles ont fait perdre un temps précieux au Chef de l’Etat si c’est bien cela l’objet de leur audience.

Sous Sylvanus Olympio on a vu les émissaires du Chef de canton et ceux de Chef de village passer de maison en maison discourir sur le bien fondé de l’école et demander alors aux parents d’envoyer leurs enfants à l’école. C’est également sous Olympio que la dot telle qu’elle était traditionnellement pratiquée dans certaines contrées du pays a été supprimée. En pays Kabyè par exemple, on dotait les filles dès leur bas âge parfois même dès que l’enfant est encore au sein. La dot fut supprimée pour permettre aux filles d’aller à l’école. Que faire encore de mieux pour l’émancipation de la jeune fille ? Nos femmes pasteurs le reconnaissent-elles ?

Tout le problème du Togo d’aujourd’hui consiste à mettre le pays au travail. Le Chef de l’Etat ne vient-il pas d’inviter « les Togolais au travail rigoureux et bien fait » et aussi « à la tolérance ».


Mais peut-on encore demander aux Togolais de se mettre au travail quand on sait qu’il suffit de prendre part à une manifestation publique organisée par le parti au pouvoir pour avoir à chaque fois de quoi ne pas mourir de faim. Lorsqu’on mobilise une population – cas de la Chine au début de l’installation du régime socialiste – c’est pour participer à une tâche utile pour la société.

Le RPT peut mobiliser ses militants pour balayer nos routes qui deviennent de plus en plus sales. Mais ce parti préfère mobiliser ses militants pour aller chanter les louanges au Chef de l’Etat et en récompense ils reçoivent un peu de quoi avoir l’argent de poche. Peut-on demander aux Togolais d’être tolérants que le parti au pouvoir ne l’est pas. C’est au nom de la tolérance que Dahuku Péré et Messan Agbéyomé Kodjo sont exclus du RPT. C’est également au nom de la tolérance que les antennes et les colonnes de nos médias d’Etat sont ouvertes à des désœuvrés prétendus dissidents de l’opposition radicale qui passent le temps à jeter l’anathème sur les leaders qui refusent de regarder dans la  même direction que le RPT. Que dire de ceux qu’on avait entre temps  jetés en prison pour leur appartenance aux parties de l’opposition notamment à l’UFC ?

Un jour viendra où le RPT saura qu’il a secrété plus de mécontents que les partis d’opposition qu’il passe le temps à accuser de tous les maux. Ce jour n’est pas encore loin.

L’armée française et la répression en Afrique
Accusée d’avoir tout récemment commis des atrocités en Côte-d’Ivoire en donnant l’ordre à ses militaires de tirer sur les manifestants pourtant désarmés, la France se défend en faisant savoir que ses soldats n’ont agi qu’en situation de légitime défense. Peut-on accepter un tel argument alors que les militaires français n’ont pas été agressés sur leur propre territoire ? Mais quelle était l’intention du gouvernement français en intervenant militairement en Côte d’Ivoire ? Les militaires français y étaient-ils pour une quelconque parade humanitaire ? Entre les militaires français dotés d’armes lourdes et les manifestants ivoiriens aux mains nues, si légitime défense il y a selon l’argument du gouvernement français, force est de reconnaître que la riposte est  disproportionnée et n’a donc aucune valeur légitime.

En tout cas, ce n’est pas la première fois que les militaires français commettent de telles atrocités en Afrique noire. La répression des manifestants en Afrique noire par les soldats français a une longue histoire qui fait même l’objet d’une certaine chronocité :

1947
: une révolte menée par le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM) fut sauvagement réprimée dans le sang et le Mouvement fut dissous. Jean Roux témoigne : « … A Madagascar, nous assistons actuellement à un regroupement national autour des idées du MDRM dissous. Les cadres de ce parti ont tous été arrêtées et, a l’issue d’un grand procès à Tananarive, les responsables du MDRM sont à peu près tous condamnés à mort ou à de lourdes peines de travaux forcés et de détention… La  répression était telle que certains leaders de ce parti, mains et pieds attachés furent jetés dans les forêts sauvages à partir des avions… Le gouvernement français a, par la déclaration de son représentant le Haut Commissaire, reconnu officiellement en quelque sorte l’ampleur de la répression : 80.000 « rebelles » tués à la suite de mouvements insurrectionnels de mars 1947 pour 200 victimes européens… »

De 1956 –1961,
"les militaires français ont fait régner l’ordre au Cameroun." La répression s’abat en pays Bamiléké dont les victimes sont les membres de l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Max Bardet, un pilote d’hélicoptère raconte : «  Ils ont massacré de 300.000 à 400.000 personnes, un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les Bamilékés n’avaient aucune chance… Les villages avaient été rasés un peu comme Attila ».

Un journaliste, Charles Van Sanoitte, correspondant de Reuter à Douala décrit lui aussi «  le régime effroyable des camps de tortures et d’extermination » dont il a été témoin horrifié. Quelques exemples de tortures en pays Bamiléké, - la Balançoire : les patients, tous menottés les mains derrière le dos et entièrement nus, dans une pièce à peine éclairée, sont tour à tour attachés, la tête en bas, par les deux gros orteils, avec des fils de fer qu’on serre avec des tenailles, et les cuisses largement écartées. On imprime alors un long mouvement de balançoire sur une trajectoire de 8 à 10 mètres. A chaque bout, un policier ou militaire, muni d’une longue chicotte rigide d’un mètre, frappe d’abord les fesses, puis le ventre, visant spécialement les parties sexuelles puis le visage, la bouche, les yeux... Le sang gicle jusque sur les murs et se répand de tous côtés. Si l’homme est évanoui, on le ranime avec un seau d’eau en plein visage... L’homme est mourant quand on le détache. Et l’on passe au suivant.


Vers 3 heures du matin, un camion militaire emmène au cimetière les cadavres et une équipe de prisonniers les enterre nus et sanglant dans un grand trou... Si un malheureux respire encore, on l’enterre vivant...

- Le Bac en ciment : les prisonniers nus sont enchaînés, accroupis dans des bacs en ciment avec de l’eau glacée jusqu’aux narines, pendant des jours et des jours... Un système perfectionné de fils électriques permet de faire passer des décharges du courant dans l’eau des bacs. Un certain nombre de fois la nuit, un des geôliers « pour amuser » met le contact. On entend alors un hurlement de damnés, qui glacent de terreur les habitants loin à la ronde. Les malheureux, dans les bacs de ciment, deviennent fous... Oui j’affirme que cela se passe depuis des années notamment au camp de torture et d’extermination de Manengouba (Nkongsamba).

Toutes ces tortures pratiquées au Cameroun, dont l’objectif était d’éradiquer l’UPC, se sont déroulées sous les ordres du Général Max Briand et du colonel Lamberton avec l’aide des gens des réseaux français.

Au début des années quatre-vingt dix, la France et ses militaires atterrissaient au Rwanda. L’opération Turquoise venait ainsi de voir le jour. On mettra certainement du temps pour les vraies intentions qui ont motivé la France à intervenir militairement au Rwanda. Que cache vraiment l’opération Turquoise ? En tout cas le 10 décembre 1991 Matre Eric Gillet de la Fédération internationale des droits de l’homme, publie un rapport où il affirme qu’au Rwanda ce sont des officiers français qui conduisent les interrogations musclées des combattants du FPR. Et Janvier Afrika, un membre des Réseaux donne des précisions : « Les militaires français nous ont appris à capturer nos victimes et à les attacher. Cela se passait dans une base au centre de Kigali. C’est là qu’on torturait   et c’est là également que l’autorité militaire française avait ses quartiers. Dans ce camp j’ai vu les Français apprendre aux Interahamwe à lancer des couteaux et à assembler des fusils. Ce sont les Français qui nous ont formés - un commandant français - pendant plusieurs semaines d’affilées soit au total quatre mois d’entraînement entre février 1991 et janvier 1992 ».


La répression au Rwanda sous l’égide des militaires français est telle que les témoignages fusent de partout. « Nous avons massacré 10.000 Tutsi du clan Bagogwé en 1 mois » dira Mark Huband. Jean Carbonare pour sa part, croit savoir qu’il a eu « deux grands chocs dans ma vie. Le premier, lorsque j’ai découvert qu’en Algérie on avait institutionnalisé la torture. Le deuxième en janvier 1993, quand j’ai vu des instructeurs français dans le camp militaire de Bigogwé situé entre Gisenyi et Ruhengeri. C’est là qu’on amenait les civils par camion entiers. Ils étaient torturés et tués, puis enterrés dans une fosse commune que nous avons identifiée près du cimetière de Gisenyi.

Ce sont les militaires d’un pays qui se dit patrie des droits de l’homme qui se livrent à de telles tortures. Faut-il rire ou pleurer ?

FORUM DE LA SEMAINE N° 32
Du jeudi, 23 décembre 2004  

Intenses pressions de l’UE sur le Togo : Le Commissaire Louis Michel est attendu à Lomé
l’Assemblée RPT dissuadée de voter le Code électoral

 Le commissaire européen au développement, M. Louis Michel est attendu à Lomé avant la fin de cette semaine, a-t-on appris de sources bien informées. Actuellement en tournée en Afrique, le Commissaire européen arrive au Togo au moment où le dialogue inter togolais piétine et que l’application des 22 engagements avance à reculons, le pouvoir RPT et ses nouveaux alliés étant très décidés à mettre du pied dans le plat.

Deux fois de suite, l’Assemblée monocolore a été dissuadée par un événement de dernière minute, à ne pas adopter le projet du code électoral controversé. De sources proches de l’opposition indiquent qu’une cassette charcutée et truquée du dernier débat de la rencontre pouvoir et opposition du 15 décembre dernier aurait été envoyée par le pouvoir à Bruxelles simulant un accord avec l’opposition sur le texte du projet de loi portant le code électoral.

Fort de ce montage, l’Assemblée monocolore a voulu adopter hier le texte du projet de loi controversé mais, elle serait dissuadée par l’Arrivée en fin de semaine du commissaire Louis Michel.

Ce dernier est depuis un certain temps sous d’intenses séductions diplomatiques de la part du pouvoir togolais qui entreprend tous les exercices possibles pour l’amener à prendre le triumvirat CAR-CDPA-UFC comme des « ennemis de la reprise de  la coopération » pour que l’UE débloque les fonds du 9ème FED. Malheureusement, le mécanisme de prise de décision de l’UE ne se résume pas au seul Commissaire Louis Michel d’où l’impérieuse nécessité de chercher un apaisement en respectant les conditionnalités de l’UE.

décision de dissolution de l’Assemblée RPT : Une promesse d’ivrogne en perspective
La nouvelle est tombée hier nuit telle de l’eau sur les plumes d’un canard : « le Président Eyadema a décidé de dissoudre au cours de l’année prochaine, l’Assemblée nationale afin de permettre l’organisation des élections législatives avant la fin du premier semestre 2005 ». Cette annonce lue sur les chaînes nationales  à l’issue du Conseil des ministres par M. Selom Klassou de l’enseignement primaire et secondaire et suivie d’éloges interminable à l’égard du décideur national a laissé les Togolais indifférents, tant ils ont été abondamment floués par des promesses non- tenues du Général-Président.

L’on se souvient de cette fameuse « parole de militaire » prononcée sur honneur devant le Président français Jacques Chirac par le guide éclairé concernant son retrait du pouvoir après son second mandat et d’autres promesses répétées de ne pas toucher à la constitution. Mais, ces différentes promesses ont été ravalées par celui-là qui les a faites puis considérées par les Togolais comme des promesses d’un homme ivre qui oublie tout après avoir retrouvé sa lucidité.


Les observateurs avisés considèrent cette énième promesse du Général-Président comme un clin d’œil à l’endroit de l’Union européenne afin de bénéficier les 20 millions d’Euro que le Togo perdra à coup sûr le 31 décembre prochain et surtout à l’annonce de l’arrivée au Togo dans les tout prochains jours du Commissaire européen au développement.

Arbitraire et abus d’autorité : Jean Paul Oumolou kidnappé sur le campus, torturé puis jeté en prison. Le jeune leader des Etudiants, exclu de l’Université de Lomé a été kidnappé, et torturé ce lundi 20 décembre 2004 par des miliciens à la solde du Président de l’Université de Lomé M. Nicoué Gayibor avant d’être remis à la gendarmerie nationale qui l’a déféré à la prison civile de Lomé le lendemain.

Alors qu’il était en train de faire des photocopies d’un communiqué qu’il a préparé pour appeler ses camarades à une marche de soutien, il a été séquestré par une horde de miliciens dont les témoins ont identifié la plupart comme étant membre de la garde rapprochée du tout-puissant président de l’Université M. Nicoué Gayibor.

Ensemble avec son collègue Dagbényo K. Oyono, ils ont été molestés giflés et frappés violemment M. Dagbényo est arrivé à s’échapper avec son vêtement déchiqueté tandis que M. Oumolou fut embarqué dans une voiture blanche vers une destination inconnue.

Alertée, la Ligue Togolaise des droits de l’Homme (LTDH) a dépêché une délégation composée du Président Adoté Ghandi Akwei et du Chargé de Mission Jean-Baptiste DZILAN auprès des autorités de l’U.L. Ces dernières, après moult digressions ont reconnu le kidnapping mais ont déclaré ne pas en dire plus, donnant rendez-vous sur l’après-midi.

Et c’est en ce moment que le Secrétaire général de l’U.L, M. Tabo a déclaré que le jeune Oumolou se trouverait à la gendarmerie nationale.


La délégation de la LTDH s’est rendu à la gendarmerie où il a trouvé le jeune Oumolou très abattu avec un œil amoché et une blessure au coude gauche. Il se tord de douleurs au niveau de ses côtes et du thorax. Il n’a rien mangé depuis lors pendant que le Lieutenant qui commande le SRI a déclaré l’avoir fait examiner à l’infirmerie du Camp de la gendarmerie.

La LTDH a sorti peu après un communiqué pour dénoncer  « cette méthode cavalière et brutale par laquelle les autorités académiques de l’UL choisissent de régler les problèmes des étudiants ». Il ressort des investigations de la ligue que Jean-Paul Oumolou ne menait aucune activité répréhensible sur le campus lors de son arrestation.

Auxquels cas, ce seront les nombreux agents de sécurités, y compris les gendarmes, réquisitionnés par le Président de l’Université pour traquer ces meneurs des mouvements de revendications qui l’auront interpellé et de façon professionnelle.

M. Gayibor pour noyer son chien a tout mis en œuvre pour l’accuser de rage. C’est ainsi qu’il a remis à la délégation de la LTDH, un communiqué qu’il a fait confectionner et qui dénonçait « une présidence de l’Université aux ordres du pouvoir appelant à une grève générale, un campus mort, de boycott des cours et un sit-in (sic) ». Un communiqué que M. Oumolou et ses collègues ne reconnaissent pas, qui n’est d’ailleurs par signé et sur lequel le nom du leader étudiant exclu est mal écrit. Comment M.Oumolou peut-il, lui-même, mal écrire son nom ? Tout pour révéler qu’un crime n’est jamais parfait et qu’un criminel commet toujours d’erreurs. La LTDH se prépare pour organiser une série de manifestations en vue d’obtenir la libération immédiate sans condition de Jean-Paul Oumolou.


D’ores et déjà, elle appelle les Togolais à se mobiliser pour mettre fin à l’arbitraire érigé en méthode de gestion des affaires de la cité par nos gouvernants. Voici le communiqué de la LTDH public au lendemain de son arrestation.

Devoir de mémoire : Des voix s’élèvent pour le rapatriement des restes de Sylvanus Olympio le 13 janvier 2005

13 janvier 1963-13 janvier 2005, il y a 42 ans, le père de l’indépendance togolaise, Sylvanus Epiphanio Kwani Olympio a été fauché par des balles mortelles d’une soldatesque ayant pour figure de proue un sergent démobilisé de l’armée française.

Depuis lors, après une parodie de gestion étatique de quatre ans, une junte s’était installée au pouvoir et voue une haine inextinguible non seulement à la  descendance de la victime mais aussi à sa mémoire. C’est ainsi que contrairement à tous les autres pays colonisées à travers le monde entier, aucune rue, aucun monument ni édifice ne porte le nom du leader de ceux qui se sont sacrifiés pour hisser le drapeau togolais au firmament du concert des Nations.

Tout était mis en œuvre pour effacer son nom des livres de l’Histoire Togolaise enseignée dans nos écoles. On avait même exigé en vain que son portrait soit retiré de la salle de conférence du siège de l’OUA à Addis-Abeba. Le seul fait dans le temps, de trouver sa photo ou un recueil portant son nom sur un citoyen togolais valait à ce dernier au moins un long emprisonnement suivi d’une déchéance à vie à l’issue d’atroces tortures et autres traitements inhumains et dégradants, et au pire une disparition pour toujours. Les choses se sont amoindries après la CNS. Mais officiellement il n’a pas toujours sa place.

Ce fait est plus que choquant lorsque l’on se souvient que le capitaine d’aviation Jerry John Rawlings lorsqu’il était Président de la République ghanéenne a fait visiter à son hôte togolais le général Eyadema lors de sa visite à Accra, des monuments érigés en mémoire du père de l’indépendance ghanéen Kwami N’Krumah.

Pour le Front pour la Libération divine du Peuple noir, dont le leader Nyigble Michel a tenu une conférence débat ce 10 décembre 2004 à l’Hôtel  Mercure Sarakawa, « la personnalité et la dignité de cet homme célèbre sont bafouées depuis que son sang a coulé sur la terre de nos Aïeux » et cet état de fait est la source des conflits en Afrique car le sang de celui-là qui faisait partie de la vague des pères de l’indépendance d’Afrique des années 60 « réclame justice et tout le continent qui était reste coi et passif à l’époque s’est embrasé ».

Pour cela , le Front réclame que le reste de Sylvanus Olympio qui se trouve actuellement à Agoué sur le territoire béninois, soit rapatrié le 13 janvier prochain pour lui permettre de bénéficier « des cérémonies funéraires avec tous les honneurs nationaux, lui ériger un monument à la place de l’indépendance du Togo en le réhabilitant dans la légalité de son droit de père de l’Indépendance du Togo ».

Grand banditisme au Togo :  Quand la horde des malfrats nigérians débarquent
Titre notre confrère. Selon lui, de l’escroquerie en passant par les vols à main armée et des assassinats tous azimuts dans la capitale togolaise, sont le fait des étrangers d’origine nigériane. Il dénonce le silence ou la complaisance des autorités face à cet état de chose.

« Disons-le tout de go, il ne s’agit pas de voir à travers ce constat qui va suivre une quelconque forme de xénophobie ou toute autre réaction primaire du genre. La communauté nigériane au Togo n’est pas qu’une bande de truands ou de malfrats de haut vol, des ‘’high way robbers’’ comme on le dirait en anglais », écrit-il.

« Aussi paradoxale que cela puisse paraître, depuis que cette horde de tueurs couvre de ces forfaits les rues de Lomé, on n’a jamais entendu une protestation des officiels togolais. Pourtant c’est connu de tout le monde, le gros de la troupe des malfrats et autres truands qui pourrissent la renommée du Togo est constitué de Nigérians Ibo. On sera dans un pays normal qu’on aurait droit, à raison d’ailleurs, à une réaction officielle, du moins dans les arcanes diplomatiques. Mais rien ! Comment comprendre dans une affaire de vol à main armée qui a connu la mort de 4 malfrats Ibos, la représentation diplomatique de ce pays n’ait pas été convoquée pour protestation, surtout quand on sait que c’est elle qui a en charge la communauté nigériane par le biais de ses services consulaires. Ou, veut-on, que ces méchants garçons passent une grande partie des Togolais de la vie à trépas avant de réagir ? », s’interroge le journal 


Braquage de Madame M.M. à Klouvi (Bè) : 2 Ibo lapidés et 2 autres abattus
Les choses auraient pu mal tourner pour Madame M….M… propriétaire d’une boutique au grand marché de Lomé si dame chance ne s’était mêlée. Car on connaît les méthodes de ces bandes armées qui terrorisent Lomé depuis quelques années.

Le dimanche 19 Décembre dernier, Madame M….M… et sa maisonnette ne s’attendaient sûrement pas à la visite de ces quatre malfrats qui firent irruption dans leur concession, les menaçant avec des pistolets.

Selon les informations, ce fut le chauffeur qui sentit premièrement que les quatre hommes n’étaient pas venus pour leur raconter les vérités bibliques en ce jour béni du seigneur. Il s’éclipsa furtivement pour se cloîtrer dans les toilettes. Au même moment les maraudeurs, sous la menace de leurs armes, délestèrent Madame M….M… de ses économies et du fruit de ses ventes de la veille. Le tout fut bouclé en quelques minutes et après avoir mis hors d’état de bouger les occupants de la maison, ils ressortent comme si de rien n’était. Mais il était dit qu’en ce dimanche 19 Décembre 2004, ils emporteraient leur forfait en enfer.

Les curieux avaient trouvé bizarre que quatre hommes d’allures suspicieuses sortent de cette maison de Madame M….M…, d’habitude si calme, dans la précipitation, les mains chargées. Les malfrats ayant senti les regards curieux qui se posaient sur eux, avaient commencé par paniqués et l’un d’eux eut la malheureuse idée d’exhiber son arme. Il n’y avait donc plus de doute sur leurs personnes. Tout le quartier Klouvi fut ameuté et commença la chasse à l’homme. C’est ici qu’il faut souligner le réflexe du chauffeur qui s’était muré dans les toilettes. Les malfrats se repliaient à pied n’ayant pas pu mettre la main sur le véhicule de la dame.

La meute des poursuivants grossissait à chaque ruelle et sublime remarque dans la foule, de petits futés ont remarqué que les malfrats avaient des pistolets artisanaux à un coup, donc rechargeable après chaque tir. Entre-temps,  ils atteignirent le Bd F.H Boigny au niveau de l’hôtel Diana. Celui qui apparemment couvrait la retraite du groupe se retrouva à court de munitions et fut rattrapé par la foule qui le lapida sans retenue jusqu’à ce qu’il agonisa. Les trois autres réussirent à franchir le petit pont Boka situé sur la partie asséchée de la lagune et atteignirent Bè-Kpota. Sous toujours la menace de la foule qui s’enhardissait après avoir mis hors d’état de nuire le premier. Un autre fut maîtrisé au niveau des rails. Les deux derniers, sentant la situation tournée au vinaigre,  eurent l’idée de trouver un véhicule pour faciliter leur fuite. L’occasion leur fut offerte par un fidèle de l’Eglise Mission pour le salut sise sur le Bd de l’Oti. Les deux malfrats braquèrent le pauvre et tentèrent de l’extirper de l’habitacle. Mais ils furent rattrapés par leur destin. Un militaire de l’opération BRA de Bè-Kpota qui suivaient la scène ne leur laissa pas le temps de poursuivre leur cavale. Au finish, tous les quatre sont tués. Et d’après les premiers constats faits sur les lieux, ce sont des Nigérians, plus précisément des Ibo.

CARREFOUR N° 415
Du jeudi, 23 décembre 2004

L’assemblée nationale capitule de nouveau et renvoie l’adoption du code électoral à plus tard
C’est le gros titre à la Une de notre confrère. « Si ce report a été décidé pour permettre au pouvoir d’accorder ses violons avec l’opposition, on peut dire que l’Assemblée a fait œuvre utile. Dans le cas contraire, on sera au regret de constater qu’il n’y a eu que perte de temps », estime le confrère.

La loi de finances 2005 adoptée par l’Assemblée Nationale : Le Parlement déterminé à contrôler les ministres dans l’exécution de leurs crédits 

Violation des franchises universitaires Jean Paul Oumolou kidnappé sur le campus de l’Université de Lomé


Le ministre Klassou part en guerre contre les cotisations parallèles et les cours de répétition. Mais a-t-il les moyens de sa politique ?

Ce sont là les grands titres du journal Carrefour. Nous ne sommes pas en mesure de vous donner le contenu de ces articles compte tenu de certaines difficultés. Mais de l’accepter en comptant trouver satisfaction chez les autres confrères.

CROCODILE N° 704
Du jeudi, 23 décembre 2004

L’ultimatum de l’UE pèse dans la dissolution prochaine de l’Assemblée

Gros titre à la Une du journal de jeudi avec en prime les photos du chef de l’Etat togolais Gnassingbé Eyadema et du président de la Commission européenne Manuel Baroso.

Selon Crocodile, le rappel de la commission des conditionnalités pour la reprise de la coopération a produit des effets. « En effet, à la suite du conseil des ministres hier mercredi 22 décembre 2004, le gouvernement annonce son intention de dissoudre l’assemblée nationale et de tenir les législatives dans le premier semestre de la nouvelle année 2005. Cette annonce plate et vague du gouvernement n’a de consistance que de vouloir faire croire à la communauté internationale que le Togo est en train de respecter la feuille de route qui lui impose l’obligation d’organiser les élections législatives  et locales de façon claire et acceptable par tous », écrit-il. Quelle considération peut-on accorder à l’annonce du gouvernement de dissoudre l’assemblée nationale et d’organiser des élections anticipées ? » s’interroge puis que, dit-il, il ne faut pas oublier que le régime Eyadema ne respecte pas la parole donnée

Discussion sur le cadre électoral :Le pouvoir accélère lentement par peur des élections transparentes
« L’invitation que le PM Koffi Sama a adressée aux partis politiques et à deux associations de la société civile pour discuter effectivement du cadre électoral le mercredi 15 décembre dernier est arrivée un peu trop tard. Elle montre à suffisance que les calculs politiciens et mesquins freinent toujours toutes les démarches louables pour sortir le Togo de l’ornière.  Sinon comment comprendre le grand retard accusé par le gouvernement dans la convocation de cette réunion »  

Nouveau report du vote du code électoral : L’Assemblée s’offre en spectacle
L’assemblée nationale a reporté pour la 3e fois le vote du code électoral. Ce que Crocodile qualifie de spectacle. « Ce spectacle désolant et désopilant qu’offre l’assemblée RPT à la population, atteste qu’elle n’est qu’une chambre d’enregistrement au service exclu d’un homme. Elle a le devoir, si elle représente réellement le peuple, de renvoyer le gouvernement à aller discuter avec l’opposition avant l’étude d’un quelconque texte de loi relatif au code électoral, capital dans le dénouement de la crise que traverse le Togo » 

Fixation de la date des législatives :  Le gouvernement maintient le flou
Le gouvernement a décidé en conseil des ministres de mercredi 22 décembre, de dissoudre l’assemblée nationale et d’organiser les élections anticipées avant la fin du premier semestre 2005. Pour le journal, « il apparaît clairement de cette décision, que le pouvoir marmotte une date pour l’organisation des élections législatives pour ne pas perdre encore une fois 20 millions d’Euros sur le reliquat du 9e FED. Cette date des législatives jetée dans la marre est une décision unilatérale du gouvernement, qui en réalité n’avance en rien la résolution de la crise togolaise

Des faits sociaux aux faits politiques : Des Togolais ont franchi le cap de l’ânerie à l’idiotie
Le confrère évoque le cas de ces Togolais qui sont montés sur les écrans de la TVT pour soutenir le gouvernement pour avoir augmenté les prix des carburants. « Cette ignominie ressemble à un mélodrame dans lequel une victime s’associe à son assassin pour obtenir une prime auprès d’un assureur. Ici ce n’est même pas le cas puisque les gens envoyés au devant n’ont aucune valeur et personnalité  devant leurs associés qui peuvent décider de tout à leur endroit », souligne le journal 

LE CANARD Indépendant N° 32
Du vendredi, 24 décembre 2004  

UE- Togo : Le Commissaire Louis Michel arrive à Lomé lundi  
De source généralement bien informée, on annonce l’arrivée à Lomé du commissaire européen à la coopération, au développement et aux actions humanitaire, Louis Michel. Cette visite va s’effectuer à un moment où se pose la question cruciale de « l’amélioration consensuelle du cadre électoral ».

D’après certaines indiscrétions, c’est l’annonce de l’arrivée prochaine de l’ancien chef de la diplomatie belge qui a dissuadé l’Assemblée nationale d’adopter la nouvelle loi modifiant le code électoral.

La semaine passée, des journaux de la presse ont allégué « d’intenses pressions de Lomé II, sur Louis Michel » dans le but d’obtenir la pleine reprise de la coopération sans respecter les nouvelles conditionnalités.
De source proche de Bruxelles, on indique que Lomé II reproche à l’U.E de faire la part belle à l’opposition radicale. L’arrivée de Louis Michel contribuera t-elle à dégager un consensus autour du cadre électoral ? L’enjeu ici sera de sauver les reliquats du 9ème FED, consacrant du coups la pleine reprise de la coopération entre l’U.E et le Togo.

Interview de Me  Abi Tchessa, SG du PSR
‘’Si le Gouvernement ne revoit pas à la baisse les prix des produits pétroliers, nous amplifierons les manifestations’’

Moins d’une semaine après la marche de protestation contre la hausse des prix du carburant, initiée par le CAR, l’UDS-Togo, l’UFC et le PSR, votre hebdomadaire s’est approché du Secrétaire Général du PSR, Me Abi Tchessa pour faire le point et tirer les leçons…. 

Le samedi 18 Décembre 2004, un regroupement de quatre partis politiques dont le PSR, a organisé une marche pour protester contre la hausse abusive des prix du carburant.

Le Canard : Comment avez-vous trouvé la mobilisation ?
Me Abi TCHESSA :
La marche a été organisée, comme vous l'avez dit vous-mêmes, par quatre (04) partis d'opposition: le CAR, l'UDS - TOGO, l'UFC et le PSR pour protester contre la hausse abusive des prix à la pompe des quatre produits pétroliers: essence, super, pétrole et gaz oil.

Les populations de Lomé sont sorties massivement pour exprimer leur ras-le-bol face au racket fiscal dont elles sont victimes, sans aucune contre partie réelle pour elles.

La manifestation, qui a commencé à Bè-Château pour finir au stade Béniglato, a été une marche héroïque et patriotique. C'est une véritable démonstration de force de l'opposition démocratique.


Cette cavalcade doit être comprise sous deux angles. D'une part, il s'agissait pour les populations de protester contre une mesure impopulaire du Gouvernement qui fait partie d'une gigantesque entreprise de paupérisation des masses, en particulier les plus vulnérables. D'autre part, les partis politiques d'opposition ont clairement envoyé un signal fort au gouvernement qui, d'un côté nous sert un discours totalement démagogique de reprise de la coopération et de l'autre, procède à des prélèvements injustifiés et abusifs sur les populations laborieuses du Togo sous le couvert des taxes sur le carburant.

Les populations seront toujours derrière nous pour poursuivre la contestation jusqu'à la baisse des prix.

Que dites-vous de l’impressionnant déploiement des forces de l’ordre, et de l’itinéraire imposé  à la marche ?

Me Abi TCHESSA :
Les forces de l'ordre ont été dignes et se sont comportés comme on pouvait le souhaiter. L'objectif de la marche est général et ne peut que trouver appui dans toutes les couches socioprofessionnelles du pays. Les forces de l'ordre n'ont fait que jouer leur rôle d'encadrement de la marche, même si le Gouvernement en les positionnant à tous les points, en voulait dérider le public de rester à la maison.

Quant à l'itinéraire que le Gouvernement nous a imposé à la toute dernière minute, soyez rassurés que ce changement n'a eu aucun effet significatif sur la mobilisation des populations de la commune de Lomé.

Quelles sont les actions à venir que vous comptez mener pour l’abrogation de la mesure de hausse des prix des produits pétroliers ?

Me Abi TCHESSA :
  Nous avons démontré le samedi 18 décembre 2004 que les partis politiques d'opposition incarnent toujours l'espoir de changement dans le pays. Mais nous ne pouvons pas nous contenter du succès de cette manifestation qui fut réelle. Elle nous a unis et à l'avenir nous continuerons de mener la lutte pour le salut de notre pays et 1 'honneur de la République. Si le Gouvernement ne revoit pas à la baisse les prix des produits pétroliers à la pompe, nous amplifierons les manifestations pacifiques avec le soutien des populations pour l'y obliger.

 Pensez-vous que l’objectif de la marche du samedi a été atteint ?
Me Abi TCHESSA :
L'objectif a été partiellement atteint en ce sens que,au-de1à des partis politiques, c'est le peuple entier qui désapprouve la mesure gouvernementale de hausse des prix des produits pétroliers. Toutefois, il convient de rester toujours mobilisés pour ramener le Gouvernement au bon sens afin qu'il agisse dans l'intérêt des populations et ne se tourne vers autre chose que cet objectif.

Amélioration consensuelle du cadre électoral :  L’assemblée Nationale reporte une fois encore l’adoption du code électoral
Pour la  troisième fois, l’Assemblée Nationale vient de renvoyer sine die, une séance devant aboutir à l’adoption de la loi modifiant le code électoral. L’adoption de cette loi entre dans le cadre du respect de l’engagement 1.3 qui prévoit une « amélioration consensuelle du cadre électoral ».

Elaboré par un comité ad hoc mis en place par le Premier ministre et voté dans le cadre du dialogue national, cette loi est contestée par trois partis de l’opposition traditionnelle ; CAR, CDPA, UFC. Les  trois formations politiques après avoir longtemps refusé de participer aux discussions sur le projet du comité, ont soumis le 15 Décembre 2004, des propositions en 11 points dans le cadre du dialogue.

Ces propositions qui n’ont pas été « rejetées », n’ont pu, non plus, faire l’objet de discussion dans le cadre du dialogue national. On ignore en outre si ces propositions ont eu des échos favorables au niveau de l’Assemblée Nationale. Le Président du parlement Fambaré Natchaba est connu dans l’opinion comme étant l’un des faucons du régime hostile à toute ouverture.

Une autre difficulté prévaut dans l’approche que les uns et les autres ont de l’engagement 1.3. Pour certains, l’amélioration du cadre électoral inclut également des modifications à apporter à des dispositions constitutionnelles relatives à l’élection présidentielle.

D’ autres, par contre, estiment que les 22 engagements ne prévoyant pas la reprise de la présidentielle, les amendements doivent être circonscrits dan l’esprit des 22 engagements aux élections législatives et locales.


Selon nos informations, le commissaire Louis Michel arrive à Lomé le lundi 27 Janvier. Contactée par notre rédaction, la délégation de l’U.E à Lomé a confirmé l’information mais n’a donné aucune précision sur la date de son arrivée. « Oui, une visite du commissaire Louis Michel à Lomé est programmée », s’est on contenté de nous répondre au niveau de la délégation.

Les observateurs espèrent que l’arrivée de Louis Michel contribuera à régler les problèmes en suspend et à donner une nouvelle accélération à la poursuite de la mise en œuvre des engagements. Au niveau de l’Assemblée, on affirme que le « code électoral sera voté ». Le conseil des ministres vient d’annoncer pour le premier semestre de 2005, la tenue des élections législatives anticipées.On indique à Bruxelles que l’ex Ministre des Affaires étrangères du gouvernement belge, évoquera également avec le pouvoir togolais la question des prisonniers politiques. Plusieurs militaires croupissent toujours sans jugement en prison.


Droit de l’homme : Jean Paul Oumolou déféré en prison
L’ancien Président du Collège des Délégués de l’Université de Lomé, Jean-Paul Oumolou a été déféré à la prison civile de Lomé dans la journée du mercredi 22 Janvier 2004. De source proche du conseil de sa défense, trois chefs d’accusations pèsent sur lui ; violences volontaires, outrage envers agents de l’autorité publique et destruction de biens publics et privés.

Selon un communiqué de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme ( LTDH), c’est le lundi 20 Décembre 2004, que Jean-Paul Oumolou « a été enlevé par des individus et embarqué de force à bord d’un véhicule de couleur blanche vers une destination inconnue ». La scène s’était produite sur le campus universitaire de Lomé aux environs de 19 h 00.

D’après l’organisation de défense des droits de l’homme, « … ce n’étaient pas les forces de l’ordre régulière qui avaient procédé à l’interpellation du jeune Oumolou Jean-Paul ». Elle déplore en outre les mauvais traitements dont-il a fait l’objet dans les locaux de la Gendarmerie Nationale, ainsi que « les conditions dégradantes de sa détention ».

Du 28 au 30 Avril 2004, Jean-Paul Oumolou était le chef de file du mouvement de revendications estudiantines. Il avait été, comme ses camarades, arrêtés et déposés en prison avant de bénéficier d’une mesure de libération.


Le campus universitaire traverse depuis 1990, une crise. Les conditions d’études et de vie des étudiants sont de plus en plus dégradantes  pendant que les œuvres universitaires sont de plus en plus onéreuses et inaccessibles à la majorité des étudiants. Les revendications sont étouffées voire violemment réprimées. Pour toute réponse à des revendications, les autorités gouvernementale allèguent « une manipulation politique ».

La mobilisation en question
Tout observateur sérieux s’est sûrement posé la question de la relative mobilisation lors de la marche de protestation du samedi dernier. A vue d’œil, elle a été bien faible. Les raisons ? D’aucuns ont évoqué la vaste campagne d’intimidations qui a précédé la manifestation. D’autres ont déploré l’absence ou l’insuffisance de motivation de la part des organisateurs. D’autres encore ont, quant à eux, fait le constat d’une plaie sociale en cours dans les rangs de l’opposition depuis longtemps. Il s’agit de la désaffection qui s’est emparée des militants et sympathisants de la cause du changement. Ce dernier argument semble malheureusement tenir la route. Tenez ! le pouvoir RPT n’est pas à sa première campagne de dissuasion à la veille d’une manifestation de l’opposition. Mais ces campagnes n’ont nullement émoussé l’ardeur de l’opposition. La vérité est que les querelles intestines et les conflits de leadership ont fini par sérieusement entamer la force de mobilisation des leaders politiques. A preuve, qu’est-ce qui explique qu’à la marche du samedi, certains cadres politiques des partis organisateurs, sont arrivés en nombre raisonnable, tandis que  d’autres étaient à peine visibles ? Est ce une question d’incertitude ou d’indécision ? L’opposition gagnerait à comprendre qu’elle est en train de perdre la rue qui était sa principale force d’action.

Nouvel ECHO N° 322  
Du vendredi, 24 décembre 2004
 

Face aux manœuvres du gouvernement :  Le chef de l’Etat prend ses responsabilités

*Dissolution de l’Assemblée Nationale

*Elections législatives prévues pour juin prochain

Le code électoral a vraiment la peau dure. Pour une troisième fois l’Assemblée Nationale a encore mis la queue entre les pattes. Le forcing ne mène à nulle part. le gouvernement et son ASSEMBLEE RPT doivent le comprendre et revenir pour écouter la voix de la raison.

Mercredi dernier, les députés se sont retrouvés pour adopter le projet du code électoral contesté. mais contre toute attente et pendant que les parlementaires étaient en train de jeter les derniers coups d’œil dans leurs documents, le Président de l’Assemblée Nationale annonce le report sine die de la séance sans plus de précision. Cette fois-ci, ce report n’a pas beaucoup surpris étant donné qu’il n’y a pas encore une semaine que le gouvernement togolais par la voix de son Premier ministre Koffi Sama avait convié les partis de l’opposition traditionnelle pour débattre du cadre électoral. A partir de là, il était inopportun  que Natchaba convoque les députés pour une adoption d’un code électoral étant entendu que lors des dernières discussions, le CAR, l’UFC et la CDPA avaient fait onze propositions  pour aboutir à un consensus dans le processus engagé.

Dans une lettre adressée au Commissaire au Développement et à l’Action Humanitaire de la Commission de l’UE, M. Louis Michel, les trois partis, le CAR, la CDPA, l’UFC ont indiqué qu’étant donné que le cadre électoral à élaborer doit être acceptable par tous, ils ont eu à préciser dans leur document qu’au cas où les propositions formulées ne rencontreraient pas l’accord de la délégation du pouvoir, il faudrait avant toute discussion au fond, chercher du consensus requis. Mais le pouvoir a voulu en faire à sa tête tout en ignorant qu’on ne badine pas avec les conditionnalités de l’UE. L’institution européenne est formelle. Il faut un cadre électoral et un code électoral acceptables par tous et organiser des élections transparentes, équitables et sérieuses. Ce sont les conditions  que pose l’UE  pour que le Togo puisse bénéficier des fonds du 9
ème  FED. Mais tout porte à croire que Koffi Sama et les siens s’en moquent et font ce qui leur passe par la tête. Ils veulent aller au paradis sans passer par la mort. Eyadema l’a vite compris et a décidé de prendre tout de suite ses responsabilités. Car en fin de compte, c’est à lui que revient le dernier mot.

Il faut signaler que le chef de l’Etat a failli tomber dans le piège des manœuvres des profiteurs de la crise togolaise. C’est ce qui l’a amené à dépêcher des émissaires auprès de Louis Michel pour le convaincre des avancées significatives enregistrées par le gouvernement dans l’application des engagements. Mais ce dernier est formel. Il a renvoyé le Premier ministre à revoir la lettre du 15 novembre tout en lui demandant d’aller discuter avec son opposition du cadre électoral et non du code électoral. Non satisfait, Eyadema a adressé une lettre au même commissaire et c’est Fambaré Natchaba qui a été désigné pour la lui transmettre. Dans cette lettre,  le Général tentait de convaincre le commissaire européen que c’est l’opposition qui bloque tout et qui prend le peuple en otage et qu’il était impossible de revoir le cadre électoral dans les délais.  Mais c’était peine perdue.  L’UE n’a pas plié.

Le 14 décembre dernier, elle avait déjà lancé un ultimatum au gouvernement togolais l’invitant à annoncer les dates des élections législatives sous peine de perdre 20 millions d’Euros restant sur les reliquats des 40 millions d’euros au titre du 9
ème  FED. C’est certainement face à cette position de l’UE que le gouvernement togolais et l’Assemblée Nationale ont été amenés à capituler. La principale conséquence de cette situation a été la décision prise par le Conseil des ministres mercredi dernier de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer le corps électoral dans le premier semestre de l’année qui s’annonce. On parle de juin 2005. Mais cette décision du conseil des ministres laisse sceptiques plusieurs observateurs de la scène politique togolaise. Beaucoup disent ne plus avoir foi en ce que le Général et ses courtisans disent surtout s’il s’agit de procéder à un profond changement dans la gestion des affaires de l’Etat. Ils en ont déjà l’amère expérience avec l’élection présidentielle de 2003 où le Général Président avait juré sur sa parole de militaire qu’il n’allait plus briguer un autre mandat et qu’il devait aller se reposer. Mais à la fin, tout le monde a su ce qui s’est passé. Mais pour cette fois-ci, étant donné que le fauteuil présidentiel n’est pas visé par les engagements, beaucoup de Togolais s’attendent à ce que pour cette fois-ci, la parole de militaire soit respectée. Les Togolais ne doivent pas être ces experts en promesses non tenues. Cette fois-ci, le Big Boss y mettra de tout son poids pour en finir avec les profiteurs de la crise togolaise en vue de remettre les pays sur les rails. Pour ce faire, le pouvoir togolais doit jouer franc jeu afin que comme l’indique le communiqué du conseil des ministres, « les partis politiques de l’opposition puissent jouer enfin le jeu de la démocratie et participer aux échéances de 2005 ».

Il faut rappeler que les 11 propositions de l’opposition « extrémistes » ne sont pas de la merde à boire. Il appartient donc au gouvernement RPT et à ses alliés que sont la CPP et le PDR de faire preuve de volonté pour permettre aux Togolais de sortir de cette impasse indescriptible. Cette fois-ci, le chef de l’Etat doit être plus ferme, décidé et très dur pour que les Togolais ne soient pas otages de ses courtisans.  Le Patron doit comprendre également que ceux qui l’entourent ne sont là que pour  gâter sa politique. Il doit avoir le courage de s’en débarrasser pour enfin voir clair dans la gestion de la cité…  Mon Général, il est temps. Si cette décision de dissoudre l’Assemblée et de convoquer le corps électoral dans six mois vient à se réaliser, le peuple vous applaudira.

Dialogue inter togolais : Le recours à un médiateur fait peur au RPT, à la CPP et au PDR
Le mercredi 15 décembre denier, les protagonistes de la crise togolaise se sont rencontrés pour plancher sur le cadre électoral. Après plus de quatre heures de discussions, le Premier Ministre a clôturé la réunion sans la moindre indication sur la suite des échanges concernant le cadre électoral. Tout est pour le moment dans l’impasse.

En effet, à la réunion du 15 décembre, les trois partis dits de l’ « opposition radicale », CAR, CDPA, et UFC ont laissé tomber les exigences formulées dès l’ouverture du dialogue le 27 Mai 2004 et ont transmis séance tenante au chef du gouvernement, M. Koffi SAMA, une lettre dans laquelle ils ont fait onze propositions aux fins de faciliter le déroulement du dialogue. Il s’agit de : la CENI et les structures électorales locales ; les conditions d’éligibilité aux différentes élections ; les cas d’incompatibilité avec le mandat de député ; le mode de désignation des sénateurs ; le mode de scrutin ; le découpage électoral ; le montant du cautionnement pour les diverses élections ; le recensement électoral ; le règlement du contentieux électoral ; l’observation des élections ; l’environnement institutionnel. Le gouvernement et le RPT n’ont pas réagi à ces propositions. Mais c’est plutôt les deux partis frères de l’opposition, CPP et PDR, qui ont surpris de par leur réaction. ils ne sont pas allés par quatre chemins pour rejeter les onze propositions censées offrir un scrutin libre et transparent. « Dans le cadre électoral, je vous ai parlé du code de la presse, de la HAAC, du texte sur le financement des partis politiques,… du texte sur la CNDH, je vous parle du code électoral. Naturellement dans le code électoral, il y a des allusions à la constitution mais vous ne verrez nulle part dans les 22 engagements, une action quelconque relative à la constitution », tels sont les propos qui sont sortis de la bouche du 3
ème vice-président de la CPP, M. Cornelius AÏDAM. En clair, la CPP est d’accord avec les modifications apportées à la constitution. Pourtant, pendant la présidentielle du 1er juin, le romancier –président de la CPP avait dénoncé dans toutes les préfectures où il était passé la candidature du chef de l’Etat. Quelle garantie a – t – on eu aujourd’hui pour opérer ce virage à 180 degré ? Pourquoi notre « Marcoussis préventif » ne peut – il pas revenir sur la constitution comme c’est le cas en Côte d’Ivoire ? Passons.

En réalité, on ne peut pas parler du cadre électoral sans aborder la constitution qui demeure l’âme de toute une nation. Telles que les choses se présentent aujourd’hui ; il serait difficile à la classe politique de parvenir au compromis. Même si « ni la constitution ni le médiateur ne font partie des 22 engagements », il est nécessaire voire indispensable de recourir à un médiateur neutre. Il sera difficile pour le Premier Ministre qui est du RPT de trancher sur un point qui divise l’opposition traditionnelle et la mouvance présidentielle. Il ne peut pas être juge et partie. Seul un médiateur neutre saura aborder avec toutes les parties les points de divergence pour les amener au consensus.

Sinon, les politiques togolais continueront de faire de sur-place et hypothéqueront toutes les chances de reprise effective de coopération avec l’UE.


Dernier show médiatique d’un politicien tombé en disgrâce :   Harry Olympio en perdition, se cherche et joue encore au théâtre
Dans la nuit de mardi 21 décembre2004, Guy Mario a reçu dans son émission, Express Info, sur TV2, le 2ème vice-président de l’Assemblee Nationale, M.Eric KPADE et le leader du RSDD, M. Harry O. OLYMPIO. Il était question de la situation politique actuelle.

Pendant le débat, plusieurs questions touchant le cadre électoral étaient revenues. Comme s’il n’attendait que ce moment, celui qui déclare qu’ils « iront jusqu’au bout du monde avec leur parti », a fait savoir que le Code électoral qui est sur la table de l’Assemblée Nationale, n’est pas bon. Pour étayer son opinion, il affirme qu’il n’y a pas de dispositions qui prévoient qu’un député puisse regagner son siège à l’hémicycle après avoir été appelé à servir la nation. Plusieurs fois le chantre de la Nouvelle Opposition Positive Intelligente (NOPI) est revenu sur cet aspect du problème.

Sur cette photo, il n’y a que Harry OLYMPIO. Le leader du RSDD s’est photographié. En effet, le landernau politique togolais a connu des élections législatives anticipées le 27 octobre 2002. L’opposition démocratique les avaient boycottées. Quelle aubaine !, s’est écrié l’ancien Ministre. Un beau matin, le type réunit quelques particules et crée le Collectif des Partis de l’Opposition Constructive (CPOC). Véritable trouvaille. Pour entretenir le mirage, le RPT a octroyé deux circonscriptions électorales au RSDD dont l’un des élus est Harry OLYMPIO. Dans l’hémicycle, les particules se retrouvent et créent ce que eux-mêmes appellent « Opposition parlementaire ». Dans le gouvernement post électoral, il fut nommé « Ministre des députés » c’est –à- dire Ministre Chargé des Relations avec le Parlement, poste qu’il a occupé jusqu à la présidentielle du 1
er juin 2003.

Le Premier  Ministre qui a été reconduit, a maintenu Harry OLYMPIO  à son poste dans sa nouvelle équipe. Ce qui n’a pas été du goût du leader du RSDD. il a fixé la barre très haute et ne voulait pas demeurer le « dernier des Ministres ». A l’époque, tout son souffle n’était que « Réconciliation » et voulait quelque chose comme le ministère de l’Intérieur afin d’atteindre son objectif. N’ayant pas eu gain de cause, il a démissionné. Crime de lèse majesté. Harry OLYMPIO avait proprement été lavé par ses pairs du CPOC. Ils l’ont même éjecté du Collectif. Même sa suppléante ne s’était reconnue en lui. Le patron de la NOPI a été isolé comme un paria.

Et depuis, il fait seul le chemin. Il ne peut plus retourner à l’Assemblée Nationale. Son siège est solidement occupé par sa suppléante qui apparemment, ne se réclame plus de son parti.
Bref, Harry chôme.

Le plaisantin de « Harryvi » se cherche et il a trouvé l’occasion pour se donner une image. Mais il a raté sa sortie. La jeunesse qu’il croit avoir ainsi sous sa coupole le boude aujourd’hui. La preuve, la dernière conférence-débat qu’il a voulu animer au Foyer Pie XII a capoté. Aujourd’hui, Harry est en disgrâce aux yeux de tout le monde. Tout semble même faire croire que le chef de l’Etat l’a rejeté. « Orange pressée, on en rejette l’écorce ». Voilà ce que Harry est devenu. Son « one man show » ne dit plus rien à personne. Son parti est en train de périr. RSDD périt et ne représente que l’ombre de lui-même. C’est pourquoi le sentant venir, il a déclaré avoir créé la NOPI qui est en fait une coquille vide.

C’est même un plaisantin qui joue avec la vie des citoyens. Lors de son dernier procès contre Me AGBOYIBO, il avait fait emprisonner un jeune homme sous prétexte qu’il était parmi ceux qui avaient cassé son véhicule. Notre directeur de publication a été obligé de faire un article à l’encontre du jeune homme à la demande de Harry Olympio avec pour promesse aux parents de libérer le jeune homme dès la publication de l’article. Mais c’était encore un coup. Le jeune n’a pas été libéré après la publication de l’article. Aujourd’hui, notre directeur de publication a à dos les parents du jeune homme.

En outre, ce qui a fait sourire les téléspectateurs, c’est que l’ancien ministre a déclaré que quatre partis politiques de l’opposition n’ont pas pu au cours de leur marche de samedi dernier, drainer cinq cents militants, alors que lui Harry a mobilisé des milliers de jeunes lors de sa convention. Mais ce qu’il a oublié de dire est que ces militants sont convoyés par camions entiers à partir des villages environnants et à qui il a promis ciel et terre. N’avait-il pas à la fin pris la tangente en s’esquivant par les ascenseurs pour redescendre par une sortie dérobée, laissant à l’entrée principale de l’hôtel 2 Février ses militants ?

Les leçons de la marche qui a fait peur
*Le test mérite d’être renouvelé
*Au-delà de tout, l’Union de l’opposition s’impose

Avec tout ce qui s’est passé jeudi 16 et vendredi 17 décembre, personne n’a pensé que la marche de protestation de l’opposition contre la hausse des prix des carburants aurait pu avoir lieu samedi 18 décembre. Des menaces et intimidations ont fusé de toute part pour décourager les populations. C’est le ministre du Commerce, de l’Industrie, des Transports et du Développement de la Zone franche, M. Tankpadja Lalle qui a donné le ton en organisant un point de presse dans la journée de jeudi 16 décembre au cours duquel il a justifié la hausse des prix des produits pétroliers et regretté le fait que des partis politiques exploitent cette hausse à des fins inavoués. « C’est paradoxal que ceux-là mêmes qui ont demandé la rupture de la coopération et qui font tout pour en empêcher la reprise, sont ceux qui vont marcher pour faire abroger l’arrêté portant augmentation des prix du carburant. Le peuple togolais sait où est son intérêt et ne se laissera pas faire », a déclaré le ministre.

Ensuite, les médias d’États et les journaux proches du pouvoir sont rentrés dans la danse. Ils ont été ouverts aux liseurs de motion et aux délégués de certains syndicats fantômes pour menacer les marcheurs potentiels. Il y a même une publication qui a annoncé en manchette : « La marche de samedi va drainer des morts »

Nonobstant les intimidations et menaces, nombreux sont les Loméens qui sont sortis pour fustiger cette « hausse abusive » des prix des carburants. Bien que l’itinéraire ait été changé au dernier moment, les manifestants ont évité les affrontements et sont pliés au nouvel itinéraire fixé par les autorités gouvernementales. Tout s’est déroulé dans un esprit civilisé jusqu’à Beniglato pour le meeting. Les « saboteurs » ont déchanté. L’opposition a gagné son pari. Les sommités de tous les partis étaient présentes. Me Abi Tchessa du PSR, Bob Akitani et Jean-Pierre Fabre de l’UFC, Me Agboyibo du CAR ont tour à tour pris la parole pour expliquer à l’assistance les raisons de la tenue de cette manifestation et montrer que « le gouvernement rackette les Togolais » avec cette hausse des prix du carburant.

C’était aussi l’occasion pour eux de revenir sur le dialogue inter togolais, le cadre électoral et la position qu’ils entendent prendre vis-à-vis du gouvernement dans le cadre de ce dialogue. La manifestation a pris fin avec la lecture de la déclaration présentée par M. Etienne Tchagolé de l’UDS- Togo (Voir ci-dessous).

Même si les manifestants sont estimés à trois cents ou cinq cents personnes, comme le laisse croire le communiqué gouvernemental, il faut reconnaître que cette marche constitue une victoire pour l’opposition. C’est une marche qui a fait mal et sûrement que dans les jours à venir il y aura des contre- marcheurs. Dans le journal de 20 heures de samedi, au lieu d’un reportage en bonne et due forme, on s’est contenté de tronquer les images accompagnées de la lecture d’un communiqué du gouvernement. Même au cours du conseil des ministres de mercredi dernier, on est revenu sur cette marche. « Ces habitués des surenchères démagogiques » se frottent les mains parce qu’ils ont atteint leurs objectifs.

Au-delà de cette marche, il faut que l’opposition démocratique s’unisse pour mener des actions concertées. Comme l’a si bien dit Me Agboyibo samedi 18 décembre à Beniglato : « Nous devons dépasser nos petits problèmes pour être unis afin que le peuple soit derrière nous ». Tous les partis en formant un seul bloc et en menant ces genres de manifestations aussi bien à Lomé qu’à l’intérieur du pays, obligera le pouvoir à lâcher du lest. Aujourd’hui, aucune formation politique ne peut pas faire seule la route. Une telle attitude risque de fragiliser l’opposition et de renforcer le pouvoir dans sa politique d’Autriche. Même si on a toujours fait de bons scores aux élections présidentielles, les législatives doivent être abordées avec clairvoyance. Ce n’est plus le chef de parti à qui on voue une admiration sans précédent qui est concerné, mais bien des individus qui ont marqué leur milieu par des actes utiles.


Les Togolais et l’eldorado américain : Ce qu’on cache sur les contours de la loterie visa

Le programme annuel de loterie visa, DV-2006 a été officiellement ouvert le vendredi 5 novembre 2004 et se poursuit jusqu’au vendredi 7 janvier 2005. Pour l’occasion, Lomé est inondée de banderoles invitant les candidats à venir faire les opérations. Des centres d’informatique ont spontanément vu le jour. Dans certains centres, tout le matériel est au point, la connexion est permanente et tout se déroule normalement. Par contre, d’autres ne sont équipés d’un PC vieillot qui fait à peine le traitement de texte. Ce sont les professionnels de la sous-traitance qui peuplent ces genres de centres. Ils font la prise de vue, collectent les données et se rendent dans les cybers pour l’envoi des candidatures.

Chaque année, les choses se passent ainsi. Et la pauvreté aidant, nombreux sont les Togolais qui participent ces dernières années à ce jeu de loterie visa. L’eldorado c’est au pays de l’Oncle Sam. C’est le paradis sur terre.

En effet, les candidats sélectionnés sont avisés par courrier et reçoivent de plus amples informations concernant notamment les frais de dossier au sujet de leur immigration aux États-Unis. C’est à partir de ce moment que le processus commence. Des gens qui ont joué avec le statut de célibataire sont désormais courtisés. Comme en Afrique on tient aux familles, on exige qu’un tel bonheur soit partagé entre les membres de la famille. Les réunions de famille sont multipliées pour s’entendre sur le neveux ou la nièce, le cousin ou la cousine, le frère ou la sœur à donner en mariage au gagnant où à la gagnante. Le mariage étant fictif, le divorce se fait juste après avoir foulé le sol américain.

Dans un autre cas, le gagnant qui, faute de moyens, étant incapable de payer les formalités, a recours à ce mariage imaginaire avec quelqu’un issu d’une famille nantie. C’est ainsi qu’on voit de belles créatures épouser des hommes horriblement laids. Pendant tout le temps que doit durer le processus, les mariés doivent se visiter et apprendre à être de vrai couple. Il y a des écoles qui sont créées et dans lesquelles on dispense des cours 100% loterie visa. C’est là où les « mariés pour le visa » vont bénéficier des conseils. De plus, ils sont fréquents dans les centres de prière pour demander que le Père bénisse leur couple.

A la veille de l’interview, les deux mariés sont obligés de passer la nuit dans la même maison, histoire de se partager quelques secrets. Et le matin avant de partir, ils se montrent les slips pour permettre à l’autre d’avoir une idée sur la couleur. Puisqu’on sursure qu’à l’interview, on peut demander à l’homme de donner la couleur de slip de sa femme et vice versa. En cas de réponse non concordante, ils sont disqualifiés.

En outre, ce n’est pas tout le monde qui gagne la loterie visa qui obtient le visa.

Certains gagnants ne terminent pas les formalités. Malgré les dépenses colossales effectuées pour les analyses et consorts, ils n’ont pas la réponse définitive devant conduire à la demande de visa. Tout est bloqué au niveau du Département d’État. C’est le premier cas.

Le second c’est que la réponse définitive revient et c’est à l’Ambassade des États-Unis à Lomé qu’on signifie aux candidats que le métier qu’ils ont choisi ne passe plus. C’est ainsi que certains menuisiers qui ont fait la demande dans la première vague ont eu gain de cause. Les autres menuisiers qui ont suivi, ont été priés de rentrer chez eux. Mais si vous avez les moyens, vous pouvez acheter le visa en corrompant le réseau de mafieux qui rode autour du consulat.


Comme on le voit, gagner au programme annuel de loterie visa ne suffit pas d’avoir le visa. Le processus est encore long et jonché d’épines.

 

 

     
 

 
 
 

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Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

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