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La dépêche fait un rappel
émouvant des exactions de l'armée
française en Afrique depuis 1947. Le bi-hebdomadaire
reprend ces quelques lignes de
Charles Van Sanoitte,
correspondant de Reuter à Douala.
Le faits se déroulent entre 1956 et
1961: «....Vers
3 heures du matin, un camion militaire
emmène au cimetière les cadavres et une
équipe de prisonniers les enterre nus et
sanglant dans un grand trou... Si un
malheureux respire encore, on l’enterre
vivant...
- Le Bac en
ciment : les prisonniers nus sont
enchaînés, accroupis dans des bacs en
ciment avec de l’eau glacée jusqu’aux
narines, pendant des jours et des
jours... Un système perfectionné de fils
électriques permet de faire passer des
décharges du courant dans l’eau des
bacs. Un certain nombre de fois la nuit,
un des geôliers « pour amuser » met le
contact. On entend alors un hurlement de
damnés, qui glacent de terreur les
habitants loin à la ronde. Les
malheureux, dans les bacs de ciment,
deviennent fous... Oui j’affirme que
cela se passe depuis des années
notamment au camp de torture et
d’extermination de Manengouba (Nkongsamba).
»
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"La Dépêche"
12-26-04
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LE COMBAT
du peuple N° 477
Du lundi, 20 décembre 2004
Relations Togo Union- Européenne : Le président
Eyadema a écrit au commissaire Louis Michel :
· La
Période des législatives déjà fixée
Titre à la Une notre confrère qui indique que,
depuis l’ouverture jusqu’à la clôture des
consultations entre l’UE et le Togo, le pouvoir
togolais sous l’impulsion du président Eyadema,
déploie des efforts incommensurables pour
obtenir la reprise de la coopération et ensuite
la matérialisation de cette reprise entre le
Togo et l’UE. Et c’est dans ses efforts pour la
reprise de la coopération que le confrère nous
apprend que le chef de l’Etat a adressé une
lettre au Commissaire européen Louis Michel
(lettre remise à celui-ci par le président de
l’assemblée nationale Fambaré Natchaba la
semaine dernière) après que celui-ci ait adressé
au gouvernement une lettre (dont Le Combat du
Peuple qualifie le ton de cavalier)
rappelant la position de l’UE.
Selon le confrère, le président de la République
apporte dans cette correspondance des réponses
aux préoccupations de l’UE.
C’est dans cette perspective,
indique le confrère que « le vote du projet du
code électoral qui était sur le bureau de
l’assemblée nationale a été reporté sine die,
permettant la reprise du dialogue avec la partie
radicale de l’opposition ». Pour le confrère, «
cette concession, même si elle est perçue dans
le camp de l’opposition comme une victoire, est
un signal fort qui montre la volonté politique
du président de trouver, coûte que coûte, une
solution et sortir définitivement de la crise ».
Par ailleurs, le journal
nous révèle que, « dans cette même lettre, la
période des futures élections législatives a été
fixée. Il appartient à la CENI qui sera bientôt
mise en place après le vote du nouveau code
électoral, d’en fixer définitivement la date.
En déterminant la période des
élections, le président a planté le décor. La
balle est donc dans le camp des experts
électoraux qui doivent gérer la suite ». Aussi
estime –t-il que cet esprit d’ouverture, cette
nouvelle dynamique, qui a permis « la rencontre
du 15 décembre courant au cours de la quelle
trois partis, le CAR, la CDPA et l’UFC ont
soumis des propositions à Monsieur le Premier
ministre au sujet du cadre électoral », une
nouvelle dynamique qui selon lui, doit être
encouragée.
A propos des propositions
des trois partis politiques, le confrère indique
que ce qui a retenu plus son attention, ce sont
les conditions d’éligibilité. Pour Le Combat
du Peuple, « cette s proposition démontre la
mauvaise foi de certains hommes politique
togolais. Car, le délai de résidence pour les
législatives a été prévu par la constitution de
1992. Cette disposition constitutionnelle a été
déjà appliquée en 1994 à l’UTD dont la victoire
de l’un des candidats élu a été purement et
simplement invalidée.
Qui plus est, cette disposition
existait bel et bien avant l’élection
présidentielle de 1993 à laquelle plusieurs
candidats de l’opposition ont pris part »
En tout état de cause, le
journal pense que, « l’opposition doit faire
très attention sur certains points d’autant que
lorsqu’on fait une loi pour un homme, la loi est
forcement mauvaise. De même lorsqu’on fait une
loi contre une personne, elle est fatalement
mauvaise. La propension délibérée de poser des
exigences, a priori, inacceptables par
l’adversaire, n’est pas de nature à permettre
une avancée dont tout le pays a urgemment
besoin, car si le Togo perd le bénéfice de 20
millions de dollars à cause de l’intransigeance
de certains politiciens en mal de stratégie
d’avenir, ceux-ci seront condamnés par
l’histoire »
Le
grand défi : La classe politique et le cadre
électoral : Les contours d’un dialogue de
sourds
Le Combat du
Peuple note que de
tous les engagements pris par le gouvernement
togolais pour résorber le déficit démocratique
dont on lui reproche, ce sont ceux qui portent
sur les questions politiques qui tardent à être
mis en œuvre, « non parce qu’il y a forcément
défaut de bonne volonté, mais tout simplement
parce que la classe politique n’a pas réussi à
accorder les violon en son sein ». Alors que,
pendant que les deux parties se tiraillaient,
le temps jouait contre le Togo qui doit fixer
avant la fin de l’année la date des élections
faute de qui, il perd 20 des 40 millions qui lui
sont alloués au titre du 9e FED.
« C’est une situation que nous avons toujours
dénoncée d’autant plus que la fuite de l’aide a
toujours été préjudiciable au Togo. La classe
politique aurait pu s’entendre sur un minimum
pour que le Togo n’en soit pas là aujourd’hui.
Le grand défi reste pour chacun de cerner les
contours du dialogue pour éviter des souffrances
aux togolais qui n’ont que des besoins vitaux. A
chacun de mettre de l’eau dans son vin »
Marche contre la hausse des prix de carburant :
Un flop : Une tempête dans un verre d’eau
* Seulement quelques
centaines de participants
En tout cas, c’est ce qui croit l’auteur de
l’article qui visiblement, ne partage pas
l’initiative des trois partis politiques.
« Il faut noter pour mémoire que
cette marche annoncée à grands renforts, de
tapages médiatiques a été un véritable flop. En
effet, cette manifestation n’a drainé que
quelques centaines de participants, moins d’un
millier selon de nombreux observateurs. Un signe
de démobilisation qui ne trompe pas.
Devant cette situation,
l’honnêteté intellectuelle nous commande de dire
que les partis de l’opposition ne font plus
recette. Les Togolais lassés par plusieurs
années de lutte sans résultat expriment leur
dépit et leur exaspération en refusant de
s’associer à des manifestations sans tête ni
queue et sans lendemains.
Certes, cette marche s’explique mais le mieux
serait qu’elle soit le fait des syndicats et des
associations de défense du pouvoir d’achat des
citoyens. De la sore, elle peut connaître une
suite à travers des discussions ultérieures avec
l’Etat. En revanche la récupération politique
que les partis politique UFC, CAR, PSR,
UDS-Togo ont tenté faire a enlevé à l’acte
toute crédibilité. Il faut retenir la leçon pour
l’avenir »
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Motion d"information
N'a
pas paru cette semaine
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AGNI L’ABEILLE N° 19
Du lundi, 20 décembre 2004
Un journal ivoirien fait des
révélations : Le chef de l’Etat togolais victime d’une escroquerie : 100
millions de FCFA Eyadema fâché, fait arrêter l’auteur principal et le jette en
prison
C’est un journal ivoirien Soir Info qui a
rapporté l’information. Selon ce confrère que AGNI reprend, deux jeunes gens
ivoiriens Coulibaly Ibrahim dit ‘’Coul’’ et Koné Guillaume Joseph dit
Dôgô’’, connus dans les milieux de la police ivoirienne pour leur implication
dans les affaires d’escroquerie, ont décidé de mettre en place un réseau en vue
de soutirer des millions au chef de l’Etat togolais. Pour réussir leur coup, ils
ont décidé de faire appel à un plus âgé qu’eux. Leur choix a porté sur le
chanteur Noël Dourey ; celui-ci devait jouer le rôle du colonel Touré ex-aide de
camp du président Houphouët-Boigny. L’opération commence par des fax qu’il
envoie au président de la République l’informant qu’un groupe d’individus se
prépare à Abidjan et à Ouga pour attaquer contre son pays. Et pour déjouer en
préparation, ils proposent 200.000.000F. Très sensible à ce genre d’infos, le
chef de l’Etat son émissaire à Abidjan avec une valise de 100 millions comme
avance. Après avoir reçu les cent millions, les trois individus se partagèrent
le magot et sablèrent le champagne. Après une enquête menée par les services de
sécurité togolais, il s’est avéré que ce coup n’était en réalité qu’une mise en
scène destinée à abuser de la magnanimité du chef de l’Etat togolais. C’est
ainsi que une stratégie a été mise sur pied dans le but d’arrêter ces jeunes
hommes. Selon Soir Info, c’est lors de l’un de ses voyages à Accra que le
président Eyadema, qui donné l’air de mettre au courant de rien appela en
personne Noël Dourey, sous le nom du colonel Touré pour lui demander d’effectuer
en compagnie de ses amis le déplacement à Accra en vue de leur dire merci.
C’est alors que le faux colonel Touré fut arrêté.
« A la lecture de cet article du journal paru sur le site abidjan.net et sur
information d’un confrère ivoirien, nous avons poussé nos investigations pour en
savoir davantage sur cette sulfureuse affaire d’escroquerie. Une source proche
du pouvoir a reconnu les faits. Donc il ressort que les informations publiée par
le confrère sont vraies. L’artiste ivoirien devenu un escroc croupi à la prison
de Lomé. Seulement le journal ne mentionne pas le cas de Coulibaly Ibrahim qui a
été arrêté en même temps que lui au Ghana », indique AGNI.
Malgré
les menaces, les intimidations et le changement
d’itinéraire, la marche de l’opposition a eu
lieu
Le journal rapporte
la marche de samedi 18 décembre dernier
organisée par quatre formations politiques pour
protester contre la hausse des prix du
carburants.
Après une tentative de braquage sans
succès : 4 malfrats Ibos abattus à Klouvi et Bè-Kpota
Lit-on à la Une de notre confrère avec des images de
deux malfrats abattus. La scène s’est déroulée le dimanche dans ce quartier
populaire de Lomé. Selon le journal qui rapporte les faits, les quatre malfrats
d’origine nigériane, les Ibos en l’occurrence ont pu être abattus grâce à la
conjugaison et à la vigilance de la population et des forces de l’ordre.
Décès d’une militante de 1ère
heure de l’UFC :L’opposition radicale a perdu une combattante, la ‘’dame de
fer’’ Johson Laetitia
Le journal nous apprend que celle qui faisait bouger
l’opposition lors de ses différentes activités vient de tourner le dos. Elle ne
pourra plus, dit-il, crier ‘’helou’’ comme ce fut le cas en 1998 aux
lendemains des élections Et le journal de faire un bref rappel de son engagement
politique jusqu’à son exil en 2003. Selon notre confrère, la militante Laetitia
sera conduite à sa dernière demeure le 22 décembre 2004 à Agouégan dans la
préfecture des Lacs
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LE REGARD N° 418
Du mardi, 21 décembre 2004
Eyadema tente d’influencer le Commissaire
Européen
Titre à la Une Le Regard. En page
intérieur notre confrère publie une photo de
Louis Michel sur une grosse moto piquée sur le
site Internet du gouvernement togolais, en haut
de la photo, il est écrit : Le Togo vous
souhaite bonne arrivée. C’est expressif
« Après avoir fêté bruyamment la prétendue
reprise de la coopération, l’Etat RPT a
entrepris une offensive diplomatique intense
pour tenter d’obtenir le déblocage des fonds du
9ème FED sans respecter les
conditionnalités contenues dans la lettre du 15
novembre pour laquelle il avait dansé et sacrifié
des vies humaines le 20 novembre. Ainsi, le
pouvoir RPT observe l’attitude de quelqu’un qui
veut aller au paradis sans passer par la mort.
Les autorités togolaises croient que l’arrivée de
Louis Michel à la tête de la Commission au
Développement et à l’Aide Humanitaire constitue
un boulevard à exploiter et qu’il suffit de le « séduire »
pour obtenir ce qu’elles veulent.
C’est ainsi que ces derniers temps, des
émissaires du pouvoir togolais se sont rendus à
Bruxelles pour tenter d’influencer Louis Michel.
A Koffi Sama, le Commissaire européen avait dit
qu’il faut discuter du cadre électoral avec
l’opposition. Après le Premier ministre, Natchaba
a pris le relais pour transmettre une lettre du
chef de l’Etat à Louis Michel. Pris au piège des
faucons du régime qui s’activent à maintenir leur
privilège vaille que vaille, le Timonier aurait
signifié à Louis Michel que son gouvernement a
fait l’essentiel et que ce sont les trois partis
CAR, UFC, CDPA qui bloquent tout et prennent
le peuple togolais en otage. A Bruxelles, on
est étonné d’entendre ce discours qui insinue
l’influence des partis dont on dit pourtant
qu’ils « ne représentent rien ». Cet
argument n’est pas pris au sérieux. En revanche
un document de l’UFC retraçant les dessous des
modifications de la loi électoraleet de la
Constitution a « ouvert les yeux » aux
décideurs de l’UE qui minimisaient l’ampleur de
la magouille programmée. Le Général Président,
indique t-on à Bruxelles, voulait convaincre son
interlocuteur de l’impossibilité de réaliser un
cadre électoral dans les délais avec ces trois
partis qu’il considère comme des « ennemis du
peuple ». La réponse obtenue par Natchaba
n’aurait pas comblé les attentes du « Guide
Eclairé ».
Edem Kodjo et Zarifou Ayéva entrèrent alors dans
la danse. Les deux anciens ministres d’Eyadema,
hier opposants et aujourd’hui, métayers de l’Etat
RPT auraient tenté de solliciter une audience
auprès de Louis Michel pour lui expliquer le bien
fondé des préoccupations du gouvernement
togolais. Selon nos sources, Edem Kodjo aurait
mis en avant son titre d’ancien Premier
ministre et d’ancien Secrétaire Général de l’OUA.
Même flanqué de M. Ayéva qui raconte à qui veut
l’entendre qu’il maîtrise mieux que quiconque les
rouages de la Commission européenne, le « Roi »
Kodjo n’a pu rencontrer Louis Michel.
Il apparaît donc que la rencontre sur le cadre
électoral n’était qu’un folklore de plus parce
qu’on ne peut pas considérer à l’avance qu’il
est impossible d’aboutir à un consensus avec
l’opposition et faire semblant de dialoguer avec
cette même opposition. Les trois partis
politiques ont jugé nécessaire d’informer le
Commissaire européen de l’attitude de la
mouvance présidentielle qui cherche à obtenir le
reliquat du 9ème FED sans satisfaire
aux conditions énoncées par l’UE.
On raconte que le chef de l’Etat aurait fixé une
date mettant ainsi la charrue avant les bœufs.
Cette démarche ne peut qu’être interprétée comme
une astuce visant à obtenir le « beurre et
l’argent du beurre ». Les « ennemis du
peuple » ont fait onze petites propositions
abandonnant ainsi l’exigence de la restauration
de l’Accord Cadre de Lomé. Une journée marathon
suffit pour réaliser un consensus autour du cadre
électoral si le gouvernement est véritablement
animé de bonne volonté. Si d’aventure notre pays
perdait les 20 millions d’Euros le gouvernement
en assurera l’entière responsabilité pour avoir
passé tout le temps à amuser la galerie. Il est
plus facile de respecter les conditionnalités
pour obtenir l’aide de l’UE que d’obtenir ce
qu’on veut en empruntant des sentiers
parallèles. Les décisions à l’UE ne dépendant
pas du Commissaire Européen qui, seul, ne peut
influencer aucune décision. Il faut le savoir et
aller à l’essentiel ».
Suite du dialogue de sourds :Le Gouvernement
coincé par 11 propositions de trois partis
« Le Premier ministre
Koffi Sama a malgré lui, convoqué les partis de
l’opposition traditionnelle pour discuter du
cadre électoral, le mercredi 15 décembre dernier.
Pendant cinq heures, les participants ont bavardé
et se sont séparés sans rien sortir de concret.
Il faut signaler que la proposition remise par
les trois partis (CDPA, UFC, CAR) a embarrassé et
pris à contre-pied les représentants de l’Etat
RPT et ses alliés qui se seraient préparés pour
humilier leurs adversaires. Selon Me Agboyibo, ni
le RPT ni le gouvernement n’ont dit s’ils
acceptent les propositions ou s’ils les
rejettent. S’il ressort que les divergences
subsistent au sujet du sens à donner au cadre
électoral, les représentants de la CPP Aïdam
Cornelius et du PDR, (ex dissident du CAR),
Kolani Henri en vrais métayers du pouvoir RPT
optant pour la fuite en avant, ont à mots
couverts, rejeté les propositions des trois
partis en écartant d’emblée la constitution du
cadre électoral avant l’examen des propositions.
Dans la salle, les représentants de Edem Kodjo et
Zarifou Ayéva s’en prenaient au groupe des trois
à la place du RPT.
Mais en lisant le communiqué du porte-parole du
gouvernement, on sent une dose d’embarras et
d’amertume. Ce n’est pas de gaieté de cœur que M.
Pitang Tchalla et ses collègues barons qui se
croient suffisants et qui ont tendance à dévaluer
et à minimiser l’influence des trois partis se
retrouvent devant ces derniers pour discuter de
ce que leur gouvernement a passé tout le temps à
rejeter.
Au moment où nous mettions sous presse, on nous
signale que les faucons du régime suggèrent le
rejet en bloc des onze propositions du trio (CAR,
UFC, CDPA). Ils seraient encouragés en cela par
la CPP et le PDR. Selon le communiqué du
gouvernement « les autres partis politiques
ont fait remarquer que ni la constitution ni le
médiateur ne font partie des 22 engagements
souscrits par le gouvernement le 14 avril à
Bruxelles ». A y voir de près, ce
raisonnement est d’autant plus farfelu qu’il
dénote du refus délibéré de la discussion sur le
vrai problème du processus électoral. Qu’on se le
rappelle : après avoir charcuté le code électoral
consensuel, l’Assemblée Nationale RPT a rapporté
les modifications correspondantes dans la
constitution. C’est connu de tous, la
constitution est la Loi des lois. Si l’on se
contente seulement de revoir le code en le
débarrassant de certaines dispositions alors que
ces mêmes dispositions se retrouvent dans la loi
fondamentale, on n’aura rien fait parce qu’en
définitive, c’est la constitution qui prime. Les
points visés par les propositions du trio (CAR,
CDPA, UFC) se retrouvent également dans la
constitution.
-
Le mode de scrutin qui passe à un tour
aussi bien pour la présidentielle que les
législatives (cf art. 176 et 193 de la loi
modificative du 7 février 2004 et art.51 et 60 de
la loi constitutionnelle modificative du 31
décembre 2003).
-
Le parlement qui passe à deux chambres (cf
art. 51 de la loi constitutionnelle modificative
du 31 dec. 2002
-
Les prérogatives du chef de l’Etat qui
sont renforcées, (cf art. 64, 66, 67, 71, 77 et
81 de la loi constitutionnelle modificative du
31 dec.2002.
-
Des mesures d’exclusion à l’encontre des
candidats potentiels qui sont introduites :
nationalité, délai de résidence, contraintes
forcées à l’encontre des avocats, etc, (cf art.
170 ; 209 de la loi modificative du 7 fév. 2003
et art.5 de la loi modificative du 9 octobre
2003 ; art. 62 de la loi constitutionnelle
modificative du 31 déc. 2002).
-
Le suffrage indirect qui est introduit (cf
art N°2 de la loi électorale modificative du 7
janvier 2003)
-
La nomination des tiers des membres du
Sénat par le chef de l’Etat (cf art52 de la loi
constitutionnelle du 31 décembre 2002)
-
La limitation du mandat présidentiel à
deux quinquennats qui est supprimé (cf art. 59 de
la loi constitutionnelle modificative du 31 dec.
2002.
-
La commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI) qui est dépouillée de ses
prérogatives d’organisation des élections et
réduite à une instance de décorum, (cf art. 11 du
projet de loi, dit d’amendement adopté en conseil
des ministres le 27 octobre 2004)
-
Le ministère de l’intérieur, responsable
des fraudes et irrégularités en 1998 et en 2003
qui est consacré organisateur des scrutins
(art.40 du projet de loi adopté en conseil des
ministres le 27 octobre 2004).
-
Etc.
On ne saurait donc discuter du
code électoral sans viser tout ce qui touche
aux
élections dont la constitution, à
moins d’opter pour la politique de l’autruche.
Un autre problème non moins profond se situe au
niveau du règlement des points de désaccord au
sein du cadre électoral. Dire que « le Premier
ministre a constaté que le cadre constitué par
les six partis politiques et deux associations
féminines n’est plus remis en cause » ne
règle pas du tout le problème. Parce qu’à ce
jour, les participants à ce dialogue ne sont
jamais parvenus au moindre consensus sur la
procédure de règlement de points de divergence.
Le cadre du dialogue a une configuration. D’un
côté, le RPT et ses alliés CPP et PDR, de
l’autre, le CAR, la CPDA et l’UFC. Il n’a jamais
été convenu comme l’a souvent laissé croire le
porte parole du gouvernement que lorsqu’il y a
divergence, le RPT doit l’emporter en comptant
sur les autres participants acquis à sa cause au
nom d’une fausse majorité imposée. De plus, c’est
bien beau de crier sur tous les toits que « le
médiateur ne fait pas partie des 22 engagements ».
Mais ce que personne ne peut nier, c’est que le
Premier ministre n’est pas habilité à trancher
lorsqu’il y a divergence entre l’opposition
traditionnelle d’une part et le RPT et ses alliés
de l’autre. Koffi Sama qui est lui-même du RPT ne
peut être juge et partie. Tout ce qu’il fait est
en faveur de son parti. Si l’on refuse l’idée de
médiateur sans trouver à l’avance le moyen de
régler des points de divergence, ce sera parti
pour un dialogue de sourds.
L’autre désaccord qui subsiste tourne autour de
la destination ou de l’usage que fera le
gouvernement des 11 propositions soumises par les
trois partis. Le gouvernement considère ces
propositions comme de simples suggestions à
verser au dossier alors que les initiateurs les
considèrent comme des points de préoccupation à
prendre en compte. Les trois partis considèrent
qu’il n’est pas question pour eux de se poser
en métayer de l’Etat RPT comme le sont la CPP et
le PDR. Il va sans dire que c’est lorsqu’on
règlera tous ces problèmes et qu’on se mettra
d’accord sur les modalités et les procédures de
règlement des points de divergence que le
dialogue véritable aura lieu pour déboucher sur
des résultats satisfaisants. Sinon on continuera
à tourner en rond et à mentir à soi-même en
croyant abuser les communautés nationale et
internationale ».
Un
‘’aventurier politique’’ au dialogue ‘’gnassional’’
« Je vous renvoie à
la lecture des 22 engagements. Ce n’est indiqué
nulle part qu’on pouvait reprendre la
constitution à ce niveau des discussions. Je
répète que dans l’entendement du
‘’législateur de l’Union Européenne’’,
c’est que qui trop embrasse mal étreint. On
estime que si nous embrassons tous les problèmes
en même temps, nous n’irons nulle part. Donc la
sagesse a voulu qu’on prenne les choses étapes
par étapes ».

Ce ne sont pas les propos d’un
liseur de motion RPiTeuse. Ça vient de Cornelius
Aïdam, l’un des gueulards de la Conférence
nationale « venus de France » qui avec
Antoine Folly s’étaient illustrés par leurs
propos particulièrement haineux et incendiaires à
l’égard du Général Eyadema et son régime. (A vos
archives). Aujourd’hui, 3ème
vice-président de la CPP et coursier de Edem
Kodjo, l’homme n’arrête pas d’exprimer des
positions qui témoignent qu’il était de ceux-là
que Gnassingbé Eyadema qualifiait
d’aventuriers politiques, c’est-à-dire, ces
petits politiciens tombés dans la politique par
hasard et qui ne savent pas ce qu’ils font. Dans
le cas d’espèce, Aïdam Cornelius aurait pu
justifier sa position sur le cadre électoral en
avouant que les propositions des autres partis de
l’opposition mettent en péril un certain « deal »
qu’il y a entre son parti et le parti « gnassional ».
Est-il écrit quelque part dans les engagements
qu’il faut aller étape par étape ? Est-ce parce
que dans les 22 engagements on ne parle pas de
constitution qu’il faut y laisser figurer des
dispositions correspondantes à celles qu’on
pourrait être amené à revoir au niveau du code
électoral sachant bien que la loi fondamentale
prime sur toute autre loi ?
Il y a d’autres manières
d’exprimer son soutien à un régime qu’on s’est
plu à vilipender parce qu’on est pressé de vite
manger ».
Qu’a-t-on
fait des images du débat ?
Dans l’un de ses
communiqués qu’il a l’habitude de concevoir pour
vilipender ses adversaires, le politicien Pitang
Tchalla avait dit que l’opposition a refusé que
les débats soient enregistrés pour l’histoire.
Mais avec le charcutage des images de la
rencontre du 14 octobre, tout le monde a compris
qu’il visait un but inavoué puisque
l’enregistrement a été falsifié, amputé et monté
pour être envoyé à Bruxelles pour les besoins de
la cause.
Lors de la dernière rencontre,
Pitang Tchalla et ses collègues ont refusé que
les débats soient retransmis en direct pour
éviter toute manipulation. De même, ils avaient
refusé que les journalistes de la presse privée y
assistent. Et lorsque par précaution, il a été
proposé qu’une sorte de comité mixte s’assure que
les images sont fidèlement enregistrées avant
leur retransmission sur les médias (ce que Koffi
Sama aurait même approuvé), le ministre de la
communication s’y était opposé, estimant qu’il
n’appartient pas aux politiciens d’indiquer aux
professionnels des médias, ce qu’ils doivent
faire. L’enregistrement des débats qui ont duré
cinq heures n’a pas été rediffusé sur la TVT.
Dans les milieux proches de l’opposition, on ne
doute pas que Pitang Tchalla ait, comme à son
habitude, falsifié l’enregistrement à des fins
de manipulation et que la non diffusion des
débats sur la TVT vise à éviter que les
participants et les téléspectateurs ne constatent
les dégâts
Le
secret du cadre électoral
Des juristes de haut
niveau ont étudié les modifications apportées à
la constitution et au code électoral togolais
pour parvenir à une conclusion révélatrice des
réelles intentions des charcutiers de la loi.
Le verrouillage du processus électoral se
situe à deux niveaux :
1-
Pour rendre facile les fraudes en amont,
les partis de l’opposition sont
exclus de la commission
des listes et cartes. Le RPT, aidé par ses
militants chefs traditionnels y sont
omniprésents, pour respecter des consignes
données.
2-
Si l’opposition parvenait à déjouer la
fraude matérielle, elle n’y pourra rien
devant la fraude
juridique : si elle remportait même 80 sièges
sur 81 à l’assemblée, d’abord la constitution
toilettée autorise le chef de l’Etat à nommer
Premier ministre qui il veut et en dehors de la
majorité parlementaire. Ensuite, les députés
n’auront aucune valeur parce que le Sénat est
armé pour bloquer les lois de l’Assemblée. Dans
ce Sénat, le RPT s’est octroyé une majorité avant
toute élection. A partir du moment où le chef de
l’Etat nomme le 1/3 des membres du Sénat, il
suffit que le RPT gagne les locales dans
seulement huit des trente préfectures pour avoir
la majorité.
Conclusion, avec le code
électoral issu du toilettage, si l’opposition
gagnait par miracle, la Constitution est là pour
l’empêcher de jouir de sa victoire. Alors, à quoi
cela sert d’aller à des élections pour gagner et
ne pas pouvoir exercer son pouvoir de décision ?
Aller aux législatives sans revoir ces deux
verrous, c’est comme on dit chez nous, « verser
de l’eau sur le dos du canard ». Et si à
l’Union Européenne on insiste sur le cadre
électoral, c’est en considération de cette
situation »
La marche de protestation
sur fond d’intimidation à Lomé
Après avoir rendu
compte de la marche, notre confrère, note :
« A défaut de pouvoir interdire la marche, parce
que sous pression de l’engagement 3.3, le
pouvoir togolais a tenté de dissuader la
manifestation. Tout avait commencé par la
conférence de presse du Ministre du commerce M.
Tankpadja Lalle qui a fustigé les organisateurs
de la marche. Durant deux jours des individus se
réclamant de syndicats de transporteurs ont
défilé sur la TVT pour menacer tous ceux qui
prendront part à cette manifestation. Des tracts
menaçant avaient même circulé dans la ville de
Lomé ».
Et dans
des brèves sur cette manifestation, notre
confrère écrit :
La manif qui dérange
« Lorsque le RPT
déploie des moyens énormes pour organiser des
marches de soutien achetées, l’opposition
n’éprouve aucune inquiétude et ne fait aucun
bruit là-dessus. Mais il a fallu l’annonce d’une
manifestation de protestation pour faire passer
des nuits blanches aux tenants du régime.
A défaut de pouvoir interdire la
marche de l’opposition, le gouvernement, pris de
panique, a multiplié des gesticulations en
faisant intervenir ses « bitosards » pour
dissuader la marche. On raconte que des barons
n’ont pas fermé l’œil dans la nuit du vendredi à
samedi comme si le ciel allait leur tomber sur la
tête. La radio et la télévision ont été mises à
contribution pour vilipender les organisateurs.
Le Président de l’assemblée nationale est même
allé jusqu’à affirmer que cette manifestation est
‘’antinationale’’ peut-être parce qu’en
bon profiteur du Togo, il y a des lustres qu’il
n’a plus payé du carburant de sa propre poche. La
manif a été dévaluée médiatiquement au journal
télévisé pour faire croire au Timonier que ce qui
s’est passé est insignifiant.
Mais à voir la manière dont les tenants du
pouvoir RPT ont été pris de panique suite à
l’annonce de cette marche, on se demande s’ils ne
finiront pas par se suicider ou quitter le pays
si l’opposition multiplie des marches de
protestation aussi bien à Lomé qu’à l’intérieur
du pays au nom de l’engagement 3.3. »
Zéro mort, zéro blessé
« ‘’On marche quand
ça ne marche pas’’. La marche du 18 décembre
dernier n’avait rien de commun avec celle du 20
novembre au cours de laquelle, les organisateurs
ont sacrifié des vies humaines sur l’autel de la
désinformation. La marche du 18 décembre n’était
ni achetée ni forcée encore moins l’expression
d’une joie mensongère. A 13 heures 13mn, on n’a
enregistré aucun mort, ni aucun blessé.
Contrairement à ce qu’avait fait l’Etat RPT,
aucun responsable de l’opposition n’a dépensé des
millions de FCFA pour organiser la marche. On
n’a pas sorti des notes circulaires pour obliger
des travailleurs à marcher. Personne n’a non plus
mis des gros camions à disposition pour aller
ramasser des gens à l’intérieur du pays pour les
déverser à Lomé comme le RPT a l’habitude de le
faire. Est-ce donc parce que les tenants du
pouvoir RPiTeux sont conscients que les marches
de l’opposition sont volontaires et non achetées
qu’ils s’agitent à la moindre rumeur ? »
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AKEKLE LE
SCORPION N° 251
Du lundi, 20 décembre 2004
Rumeur
malveillante ou réalité : Small Poppy a
engrossé deux filles Vrai ou faux ?
Se demande notre
confrère qui, pour infirmer ou confirmer ces
rumeurs, a approché l’artiste de la chanson de
Hip-Hop Lawson Latévi Elolo alias
Small Popy. Il ressort de l’entretien
que notre confrère a eu l’artiste, qu’il s’agit
e’une rumeur répandue par des esprits
malveillants qui veulent nuire à la renommée du
jeune artiste. « J’ai effectivement appris comme
vous la rumeur de mauvais goût qui a circulé
autour de moi. C’est la Radio Kanal FM qui fut
la 1ère à répandre ces inepties….Je
voudrais insister pour dire que tout est faux !
J’ai actuellement une copine et c’est avec elle
que je fais des projets. Que vais-je lui dire si
je posais un tel acte comme on se plaît à me
coller ?… Non, soyons sérieux ! Quel objectif
veut-on atteindre en me jetant an pâture à ces
nombreux fans de la musique Hip Hop,
ces jeunes qui me
considèrent comme leur idole ? Je rassure mes
fans que Small Popy est resté et
reste le Small Popy qu’ils connaissent et je ne
me permettrai pas un tel écart dans ma vie » a
déclaré le jeune artiste à notre confrère. Il
est donc clair que le tout ‘’Petit Chiot’’
Small Popy n’a pas accompli la sale
prouesse qu’on voulait lui coller. Engrosser
trois filles au même moment peut paraître une
prouesse élogieuse dans certains milieux mais
pour ce jeune artiste qui fait la joie et le
plaisir des tous petits, ce serait une faute
trop vulgaire et donc impardonnable pour ses
fans », conclut le journal
Vol à
mains armées à Gbenyedji dimanche matin : Grâce à
la collaboration entre les forces de l’ordre et
la population 4 Ibos abattus, un passant atteint
par balles
Il s’agit de l’affaire
évoquée plus haut par le confrère AGNI. A
la Une de son édition, Akeklé publie les images
des quatre malfrats abattus et l’arsenal
découvert sur eux. Et notre confrère de jeter des
fleurs aux forces de l’ordre pour la rapidité
avec laquelle ils ont riposté à ces malfrats.
Egalement il remercie la population pour son
attitude qui a permis de mettre hors d’état de
nuire des gangsters.
La police
togolaise fait des prouesses à encourager :
Les
assassins de la dame Afolabi Amina épouse du
commissaire Agbotsé sont découverts
Cette affaire a été
largement traitée la semaine par certains
confrères. Il semble, qu’en fait, il s’agit d’un
véritable bitos ; la dame, mise en cause dans
cette affaire d’assassinat de Mme Afolabi que
certains confrères ont rencontrée à son domicile,
s’étonne de la médiatisation de l’affaire.
Personne ne peut comprendre ce qui se passe
autour de cette affaire que certains confrères
ont fait leur chou gras
Au
marché d’Akodessawa, la mère d’un bébé vole des
pagnes
« Le mercredi 15
décembre dernier, dans le marché d’Akodesséwa,
une jeune femme d’une trentaine d’années a dérobé
un tas de pagnes. Elle a aussitôt arrêtée par la
propriétaire qui a constaté le vol. La voleuse
subissait les rackets des badauds quand
intervient la police… », indique le confrère qui
rapporte par ailleurs le récit des faits par un
témoin.
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LE POINT de la
semaine
N'a
pas paru cette semaine

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La Dépêche N° 254
Du mercredi, 22 décembre 2004
Manifestation contre la hausse des prix des
produits pétroliers
·
Pourtant des manœuvres autour
d’une marche ?
«
En dépit des
manœuvres de toutes sortes, la marche organisée
par quatre partis politiques de l’opposition
(CAR, PSR, UDS – Togo et UFC) et visant à
protester contre la hausse des prix des produits
pétroliers décidée par le gouvernement, a eu
lieu le Samedi 18 décembre 2004 à Lomé. Dans la
déclaration ayant sanctionné cette marche, les
organisateurs ont appelé leurs militants et
sympathisants, les travailleurs, les masses
laborieuses ainsi que l’ensemble des forces
vives de la nation togolaise à se mobiliser
pour obtenir l’abrogation de l’arrêté
ministériel portant augmentation du prix des
carburants. Selon eux, cet arrêté « traduit une
fois encore le mépris et le cynisme que le
gouvernement et le régime en place au Togo
affichent à l’égard des laborieuses populations
togolaises ». L’arrêté du 1er
décembre 2004 constitue une hausse de trop
imposée aux Togolais, après les augmentations en
série des prix notamment de l’eau, de
l’électricité, du téléphone, etc., depuis la
dévaluation du F CFA, sans le moindre ajustement
conséquent des salaires, des pensions et des
bourses d’études, ont-il souligné.
Au-delà de tous les commentaires, il y a lieu de
s’interroger pourquoi cette manifestation a fait
l’objet de tant de manœuvres d’intimidation,
notamment le changement d’itinéraire, la montée
au créneau des liseurs de motion et la diffusion
des tracts de menaces.
Initialement prévue pour débuter au château de
Bè et aboutir au stade de Béniglato en passant
par le Boulevard F.H. Boigny, le boulevard
circulaire, le boulevard de la République et le
boulevard circulaire, la marche s’est vue
imposée par le gouvernement un nouvel
itinéraire. Celui-ci part du château de Bè pour
s’achever au même lieu de chute mais en
empruntant l’avenue de l’Entente, le boulevard
circulaire, la fontaine lumineuse, l’avenue de
La Libération, le Fréau Jardin, l’avenue de la
Nouvelle Marche, la rue de la gare, le boulevard
de la République et le boulevard circulaire.
L’autre surprise est l’apparition sur nos écrans
de ces liseurs de motions se réclamant des
syndicats de transporteurs et de taxi-motos mais
qui s’en prennent à ceux qui ont eu le courage
de faire ce que ces soi-disant syndicats étaient
supposés faire pour défendre leurs propres
intérêts et ceux des populations. Quel
contraste ?
Venons-en aux tracts. Pourquoi cherche – t – on à empêcher par des menaces une
marche pacifique dans un pays qui se veut démocratique ? Qui sont les auteurs de
ces tracts qui en réalité sabotent sans le savoir la politique du pouvoir
toujours prêt à clamer sur tous les toits que le Togo est un Etat de droit ?
L’honnêteté politique voudrait que le gouvernement ouvre une enquête pour
démasquer ces auteurs et prouver sa bonne foi.
A toutes ces gesticulations, il convient d’ajouter la couverture de la
manifestation par la TVT qui s’est particulièrement illustrée dans un travail
parcellaire et partisan : le cameraman ne voyait pas souvent la foule (puisque
le journaliste ne parlait que de cinq cents) mais seulement des badauds et
quelques zémidjans. A la lecture de la déclaration, il s’est contenté de fixer
le lecteur sans prendre soins de balayer autour de lui les "cinq cents"
manifestants constatés par le journaliste comme cela se fait d’habitude pour les
marchés du RPT. Au même moment, la TV7 (télévision privée) montrait une foule de
marcheurs accompagnant les leaders des 4 partis politiques et scandant des
slogans pour exprimer leur ras-le-bol. Vive la presse privée.
Faut-il alors conclure qu’il y a eu deux marches : l’une pour la TVT avec ses
« cinq cents marcheurs, et l’autre pour l’opposition rapportée par la TV7 ? Où
est donc le professionnalisme que martèle matin et soir le ministre de la
Communication, M. Pitang Tchalla ? »
Honte aux syndicats des
transporteurs
« Dans notre parution précédente, nous dénoncions
l’intoxication des syndicats de conducteurs de véhicule et de taxi-moto face à
la hausse des prix des produits pétroliers. Nous avons même devancé les
évènements en annonçant une éventuelle marche de soutien au chef de l’Etat pour
ses bienfaits.
Et oui, à peine nous avons fini de le dire que nos syndicats se sont mis à
l’œuvre. En effet c’est la FSTAMO (Fédération Syndicale des Conducteurs de
Taxi-Motos – Kpalimé) qui a ouvert le banc le vendredi. Ils ont marché de
Kpalimé jusqu’à Lomé II pour témoigner leur reconnaissance au président Eyadema
pour sa clairvoyance en augmentant les prix des produits pétroliers. Il ne leur
restait qu’à demander au maître des lieux d’en faire davantage pour le bonheur
du peuple. Le lendemain, c’est le tour des syndicats des conducteurs de
véhicules de dénoncer la récupération politique des ennemis du peuple,
c’est-à-dire l’opposition (qui devrait organiser une marche de protestation et
non de soutien comme on en a l’habitude), pour leur dire que la hausse des prix
ne regarde que seul les syndicats de transporteurs. Comme s’ils sont les seuls à
avoir des véhicules. Les fonctionnaires, les leaders des partis d’opposition et
leurs militants vont-ils à pied ou à vélo ? S’ils veulent manifester c’est parce
qu’ils sont manipulés par l’opposition, selon ces syndicats.
On dirait que nous sommes dans un monde entièrement à
part ou rien n’est normal. Lorsque nos syndicats comparent le prix de notre pays
aux prix des pays enclavés comme le Burkina-Faso, le Mali … ils feignent
d’oublier que ces produits arrivent d’abord à Lomé et sont transportés ensuite
jusqu’à destination. Même si les pays producteurs de pétrole leur en offraient
gratuitement, le coût de transport fera que ces produits seront forcement vendus
pour au moins amortir le transport. Et de plus les salaires des fonctionnaires
de ces pays n’ont rien à avoir avec les salaires de misère que les gens gagnent
ici.
Que dire de notre voisin de
l’ouest, c’est-à-dire le Ghana qui a toujours un prix plus bas que le notre
malgré son niveau de vie nettement supérieur au notre ?
Les responsables de nos syndicats doivent se prendre au sérieux car nous savons
que leur rôle principale est de racketter les tickets auprès des conducteurs et
mener un train de vie impressionnant avec plusieurs maisons, voitures
climatisées, et plusieurs maîtresses, etc., alors qu’au même moment, leurs
syndiqués végètent dans la misère avec leurs véhicules qui ne rapportent plus
grand-chose. A entendre ce que disent les taximen, les zémidjans en ville, ils
feront mieux de les défendre au lieu de défendre le gouvernement à travers des
motions bidon qui n’engagent qu’eux-mêmes.
Dans tous les pays, lorsqu’il y a hausse de prix sur tel
ou tel produit, les syndicats se mobilisent pour contraindre le gouvernement à
revoir les choses. Le cas du Nigeria, un pays producteur de l’or noir, est
édifiant.
Nos syndicats devraient avoir
honte. Comment comprendre qu’au lendemain de l’annonce de l’augmentation des
prix, ils se sont précipités d’appliquer les tarifs exorbitants à
leurs clients. C’est du
mépris !!!
Reprise du dialogue national : Un
revirement ou une farce du gouvernement
Le chef du gouvernement, M.
Koffi SAMA a rencontré à la salle Entente du CASEF le mercredi 15 Décembre 2004
les partis politiques et les membres de la société civile siégeant au dialogue
national. Il s’agit des partis de l’opposition traditionnelle en l’occurrence le
CAR, la CDPA, la CPP ; le PDR et l’UFC, des organisations de la société civile,
notamment la GFD2 et du RPT parti au pouvoir.
L’ordre du jour de cette nième rencontre des acteurs politiques nationaux était
: « l’étude du cadre électoral ». Il faut rappeler que c’est sur une divergence
d’interprétation du « cadre électoral » que le dialogue national ouvert le 27
août 2004 et qui devrait permettre une sortie de crise en associant tous les
acteurs de la vie socio-politique togolaise à la gestion de l’Etat, a été
suspendu suite au refus du RPT de considérer tous les aspects qui gravitent
autour du « cadre électoral ». Pour le RPT ce concept se réduit au seul code
électoral.
Le PM a voulu, à cette nouvelle rencontre écouter les parties au dialogue
national et notamment leur conception du cadre électoral. C’est sur cette base
que le front CAR-CDPA-UFC a présenté sa préoccupation qui se résume en une série
de propositions concrètes en onze (11) points essentiels. Il s’agit pour eux de
trouver des solutions consensuelles concernant :
- la CENI et les structures électorales
locales
- les conditions d’éligibilité aux
différentes élections
- les cas d’incompatibilité avec le
mandat de député
- le mode de désignation des sénateurs
- le mode de scrutin
- le découpage électoral
- le montant de cautionnement pour les
diverses élections
- le recensement électoral
- le règlement du contentieux électoral
- l’observation des élections
- l’environnement institutionnel.
Les débats de la rencontre ont été axés sur cette plate-forme et après 4 heures
de discussion, les travaux ont été suspendus et renvoyés à une date ultérieure.
Le motif de cette suspension : le RPT estime que n’ayant pas pris effectivement
connaissance du document il ne peut en discuter. Face à cette politique de fuite
en avant propre au RPT, les participants au dialogue adoptent une attitude
attentiste.
Pour le leader du CAR, Me AGBOYIBO « il faut absolument aller au-delà du code
électoral lorsqu’on
parle du cadre électoral ». Au
sujet de leur plate-forme, il a dit que certaines organisations et certains
participants « ont réagit mais ni le RPT ni le gouvernement n’ont pour l’instant
dit s’ils acceptent ou non les propositions, donc nous attendons leur réponse
pour savoir si nous allons vers un code électoral accepté par tous ».
De son côté, le professeur Gnininvi, secrétaire général de la CDPA s’est réjoui
que pour une première fois, le PM a daigné mentionner dans son invitation
l’ordre du jour de la rencontre. Pour lui, « le code électoral est une partie
du cadre électoral et c’était un peu mettre la charrue devant les bœufs que de
commencer à élaborer un code électoral sans avoir convenu des grandes idées qui
doivent conduire à son élaboration. »
L’UFC se montre plutôt prudente face à l’attitude du RPT fidèle à sa politique
de diversion et de fuite en avant et celle de vouloir gagner du temps.
Les alliés du pouvoir (CPP et PDR) sont confiants. M. Sanvee de Tové de la CPP
reconnaît que les partis ont une compréhension plurielle du cadre électoral. Il
sera question, estime-t-il d’étudier les propositions faites par les autres
partis pour que prochainement nous puissions aller « à l’utile, au nécessaire et
à l’urgent » dans la réalisation rapide des 22 engagements.
Au regard de cette rencontre, on se demande si le gouvernement revient à de
meilleurs sentiments ou si c’est une farce ? Un revirement serait à notre
entendement salutaire pour tous car il permettrait d’aboutir à un consensus sur
le cadre électoral acceptable par tous les partis et de nous acheminer ainsi
vers des élections libres, transparentes, crédibles et démocratiques. Ce qui
amènerait nos partenaires à refaire confiance à notre gouvernement pour une
reprise pleine de la coopération.
Dans le cas contraire, le Togo se prédispose à perdre 20 millions d’euros des 40
promis au titre du 9ème FED dont l’allocation sera réalisée « une
fois que sera défini un cadre électoral transparent et démocratique accepté par
toutes les parties ». Il faut rappeler que les fonds dont devait bénéficier
notre pays s’élevaient à 100 millions d’euros. Mais ce montant a progressivement
chuté depuis trois ans, conformément à l’accord de Cotonou qui prévoit que tout
pays dont l’aide est suspendue pour déficit démocratique et non respect des
droits humains, voit sa part réduite de 20% par an.
Nous espérons que le gouvernement s’est engagé dans une
phase de non retour dans la résolution de cette crise car le compte à rebours a
commencé. Le Togo qui a déjà perdu 60 millions d’euros, ne dispose que de moins
de deux semaines pour sauver 20 millions sur les 40 millions d’euros restants.
L’Union Européenne moins encore le peuple togolais ne se laissent plus flouer
par le folklore. Il faut passer aux actes ; le patriotisme doit prendre le pas
sur nos intérêts partisans afin de soulager le peuple longtemps meurtri .
Commission anti-corruption : M. Assiongbon Folivi sur la défensive
Suite à notre article intitulé :
« Qui peut arrêter les dérives de M. Assiongbon Folivi ?» paru dans LA DEPECHE
N° 253, du 08 décembre 2004, nous avons enregistré des réactions tous azimuts du
Président de la Commission anti-commission.
Premièrement Monsieur Folivi nous a dépêché d’urgence un
de ses collaborateurs en la personne de l’officier de police KASSANG avec qui
nous avons eu une séance marathon. Les échanges entre l’envoyé de la Commission
avec notre directeur de publication ont porté sur les accusations contre les
responsables de la CCIT en général et l’ancien secrétaire général, M. TCHOHOU en
particulier.
Au cours de cette rencontre, M. KASSANG a présenté un document dans lequel on
retrouve des cas de mission qu’il qualifie de malversation. Dans ce document, on
retrouve les missions effectuées par l’ancien Secrétaire général de la CCIT à
Kara et à l’extérieur du pays.
La Commission trouve que la
plupart de ces missions sont des missions privées et que surtout les provisions
de route sont généralement dépensées, occasionnant des frais supplémentaires
remboursés par la Chambre de Commerce.
Mais le paradoxe dans cette
affaire, c’est que la Commission n’a pas pu démontrer que les documents relatifs
à ces missions étaient faux ou falsifiés ou que ces missions n’ont jamais été
effectuées dans le compte de la Chambre. Autrement dit, si ces missions sont
décidées par la Chambre et dûment signées par le Président de cette Institution
selon les règles régissant ses activités, alors que reproche-t-on à l’ancien
Secrétaire Général, M. TCHOHOU ?
M. TCHOHOU pouvait-il refuser les missions qui lui ont
été confiées par ses supérieurs ? Parcourir 1000 km en voiture aller et retour
avec tous les risques d’accident que cela comporte, M. TCHOHOU mérite-t-il cette
humiliation ?
Toutes ces interrogations nous laissent perplexes sur les
accusations de la Commission.
Si la Commission avait découvert
des cas avérés de malversation, ou mieux si elle nous démontrait que les ordres
de mission étaient falsifiés par M. TCHOHOU, le journal La Dépêche devrait la
féliciter.
Au-delà de tout, il y a lieu de
s’interroger : un audit qui coûte en 10 jours 23 millions de francs pour une
somme de 30 millions de francs détournée en 4 ans, si détournement il y a,
étant donné que les justificatifs présentés ne sont pas convaincants !.
Quelle procédure comptable le
cabinet Marseillais et la Commission anti-corruption ont-ils mis en place pour
éviter des détournements au sein des sociétés auditées ?
Sur un autre registre, dans sa parution du 12 novembre
2004, le journal "Bonne Gouvernance" tout en publiant le droit de réponse de MM.
TCHOHOU EGBARE et BROUHM, invite La Dépêche et les autres organes de presse qui
critiquent sa gestion de lui indiquer les gros poissons à prendre. La presse
privée togolaise lui avait déjà ouvert des pistes. Par exemple lorsque l’audit
international avait audité IFG, La Dépêche avait interpellé la Commission à
publier les résultats de cet audit. A ce jour, rien n’a été fait. L’ancien PM
Kodjo AGBEYOME avait également dénoncé dans son brûlot les malversations au
niveau de l’IFG et du Port autonome de Lomé largement diffusées par la presse
privée. La Commission ne s’est même pas gênée.
Au Port et à l’Aéroport de Lomé, les douaniers et les policiers se plaignent de
l’évasion fiscale sous leurs yeux. Des tonnes de marchandises qui sortent et
entrent sans qu’on ne paye des taxes. Qui organise cette évasion fiscale qui tue
notre économie ? M. Folivi et son équipe ne peuvent pas nous dire qu’ils ne
connaissent pas les auteurs de cette évasion fiscale.
Que dire de l’Affaire Brasserie du Bénin révélée par les journaux Forum de la
Semaine et Motion d’Information ?
Si la Commission voulait collaborer avec la presse privée, lors de la Journée
mondiale de lutte contre la corruption, elle aurait pu inviter toute la presse
et non les médias d’Etat seuls pour visiter la Commission.
Voilà donc des pistes d’or à explorer si M. Folivi se sent courageux. De deux
choses l’une. Ou la Commission anti-corruption est créée pour rendre des comptes
à des gens qu’elle cible (ce qu’elle fait si bien), ou elle met tout le monde au
même pied d’égalité en ouvrant des débats publics sur sa gestion. Le président
de la République a créé la Commission, certes mais c’est à la nation qu’il faut
rendre des comptes car les membres de la Commission anti-corruption ne doivent
pas perdre de vue que leurs énormes indemnités proviennent des contribuables
togolais.
Les femmes pasteurs et nous
Le Chef de l’Etat a tout récemment accordé une audience
aux femmes pasteurs. Lorsqu’on se présente à Lomé 2 et que l’on n’a rien à dire,
le mieux n’est-il pas de se taire ? L’on pourrait alors passer le temps aux
causeries où l’on parlerait facilement de la pluie et du beau temps. De telles
causeries à notre avis ne sont pas interdites à Lomé2 si le Chef de l’Etat a du
temps.

Mais lorsque pour plaire au
Président de la République, l’on prend l’intérêt à évoquer le passé politique du
pays et à le comparer avec le régime actuel en accordant à ce dernier un avis
très favorable, on tombe vite dans l’erreur et le débat reste ouvert. Et l’on
sait que le passé politique du pays à chaque fois qu’on l’évoque, se confond
avec le régime Olympio qu’on cherche à diaboliser uniquement pour obtenir
quelques compensations matérielles du maître du séant.
Sylvanus Olympio a commis bien des erreurs à la tête du
pays mais le régime actuel en commet également ; en tout cas, il ne fait pas
mieux que le régime précédent. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas
l’admettre. Que dire de la corruption, de l’incurie, de laisser-aller qui
règnent à tous les niveaux de notre administration ? Seul Dieu est parfait et ne
se trompe donc jamais. A moins de nommer toute la population ministre du moins à
de hautes fonctions, tout homme au pouvoir ne peut jamais donner satisfaction à
tout le monde. Il y aura toujours des mécontents. Et l’on ne commet des erreurs
au pouvoir qu’en croyant bien faire pour le bien être de la population. Aucun
Chef d’Etat n’est animé de mauvaises intentions dans l’exercice de ses
fonctions. L’histoire seule jugera.
Le temps de cesser de dénigrer
l’ancien régime n’est-il pas sonné ? En fait que disent les femmes pasteurs en
audience à Lomé 2 ? Elles y étaient pour remercier le Chef de l’Etat pour sa
magnanimité et sa politique en faveur de la liberté de religion au Togo. Est-ce
là une doléance qui mérite une audience chez le Chef de l’Etat ? Ces femmes
n’ont-elles pas d’autres doléances plus préoccupantes et qui intéresseraient la
politique générale du pays ? C’est de la flânerie à Lomé 2.
L’étonnement est grand lorsqu’on entend ces femmes ajouter que « Si autrefois,
il était rare de voir au Togo une jeune fille faire des études, aujourd’hui il
est presque banal de constater que des Togolaises effectuent de brillantes
carrière, universitaires au pays comme à l’étranger ». A quel objectif répond
une telle déclaration ? A quelle actualité faut-il la rattacher ? A vrai dire,
elles ont fait perdre un temps précieux au Chef de l’Etat si c’est bien cela
l’objet de leur audience.
Sous Sylvanus Olympio on a vu les émissaires du Chef de
canton et ceux de Chef de village passer de maison en maison discourir sur le
bien fondé de l’école et demander alors aux parents d’envoyer leurs enfants à
l’école. C’est également sous Olympio que la dot telle qu’elle était
traditionnellement pratiquée dans certaines contrées du pays a été supprimée. En
pays Kabyè par exemple, on dotait les filles dès leur bas âge parfois même dès
que l’enfant est encore au sein. La dot fut supprimée pour permettre aux filles
d’aller à l’école. Que faire encore de mieux pour l’émancipation de la jeune
fille ? Nos femmes pasteurs le reconnaissent-elles ?
Tout le problème du Togo d’aujourd’hui consiste à mettre le pays au travail. Le
Chef de l’Etat ne vient-il pas d’inviter « les Togolais au travail rigoureux et
bien fait » et aussi « à la tolérance ».
Mais peut-on encore demander aux Togolais de se mettre au
travail quand on sait qu’il suffit de prendre part à une manifestation publique
organisée par le parti au pouvoir pour avoir à chaque fois de quoi ne pas mourir
de faim. Lorsqu’on mobilise une population – cas de la Chine au début de
l’installation du régime socialiste – c’est pour participer à une tâche utile
pour la société.
Le RPT peut mobiliser ses militants pour balayer nos
routes qui deviennent de plus en plus sales. Mais ce parti préfère mobiliser ses
militants pour aller chanter les louanges au Chef de l’Etat et en récompense ils
reçoivent un peu de quoi avoir l’argent de poche. Peut-on demander aux Togolais
d’être tolérants que le parti au pouvoir ne l’est pas. C’est au nom de la
tolérance que Dahuku Péré et Messan Agbéyomé Kodjo sont exclus du RPT. C’est
également au nom de la tolérance que les antennes et les colonnes de nos médias
d’Etat sont ouvertes à des désœuvrés prétendus dissidents de l’opposition
radicale qui passent le temps à jeter l’anathème sur les leaders qui refusent de
regarder dans la même direction que le RPT. Que dire de ceux qu’on avait entre
temps jetés en prison pour leur appartenance aux parties de l’opposition
notamment à l’UFC ?
Un jour viendra où le RPT saura qu’il a secrété plus de
mécontents que les partis d’opposition qu’il passe le temps à accuser de tous
les maux. Ce jour n’est pas encore loin.
L’armée française et la répression en Afrique
Accusée
d’avoir tout récemment commis des atrocités en Côte-d’Ivoire en donnant l’ordre
à ses militaires de tirer sur les manifestants pourtant désarmés, la France se
défend en faisant savoir que ses soldats n’ont agi qu’en situation de légitime
défense. Peut-on accepter un tel argument alors que les militaires français
n’ont pas été agressés sur leur propre territoire ? Mais quelle était
l’intention du gouvernement français en intervenant militairement en Côte
d’Ivoire ? Les militaires français y étaient-ils pour une quelconque parade
humanitaire ? Entre les militaires français dotés d’armes lourdes et les
manifestants ivoiriens aux mains nues, si légitime défense il y a selon
l’argument du gouvernement français, force est de reconnaître que la riposte
est disproportionnée et n’a donc aucune valeur légitime.
En tout cas, ce n’est pas la première fois que les
militaires français commettent de telles atrocités en Afrique noire. La
répression des manifestants en Afrique noire par les soldats français a une
longue histoire qui fait même l’objet d’une certaine chronocité :
1947: une révolte
menée par le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM) fut
sauvagement réprimée dans le sang et le Mouvement fut dissous. Jean Roux
témoigne : « … A Madagascar, nous assistons actuellement à un regroupement
national autour des idées du MDRM dissous. Les cadres de ce parti ont tous été
arrêtées et, a l’issue d’un grand procès à Tananarive, les responsables du MDRM
sont à peu près tous condamnés à mort ou à de lourdes peines de travaux forcés
et de détention… La répression était telle que certains leaders de ce parti,
mains et pieds attachés furent jetés dans les forêts sauvages à partir des
avions… Le gouvernement français a, par la déclaration de son représentant le
Haut Commissaire, reconnu officiellement en quelque sorte l’ampleur de la
répression : 80.000 « rebelles » tués à la suite de mouvements insurrectionnels
de mars 1947 pour 200 victimes européens… »
De 1956 –1961, "les
militaires français ont fait régner l’ordre au Cameroun."
La répression s’abat en pays Bamiléké dont les victimes sont les membres de
l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Max Bardet, un pilote d’hélicoptère
raconte : « Ils ont massacré de 300.000 à 400.000 personnes, un vrai génocide.
Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les
Bamilékés n’avaient aucune chance… Les villages avaient été rasés un peu comme
Attila ».
Un journaliste, Charles Van Sanoitte, correspondant de Reuter à Douala décrit
lui aussi « le régime effroyable des camps de tortures et d’extermination »
dont il a été témoin horrifié. Quelques exemples de tortures en pays Bamiléké, -
la Balançoire : les patients, tous menottés les mains derrière le dos et
entièrement nus, dans une pièce à peine éclairée, sont tour à tour attachés, la
tête en bas, par les deux gros orteils, avec des fils de fer qu’on serre avec
des tenailles, et les cuisses largement écartées. On imprime alors un long
mouvement de balançoire sur une trajectoire de 8 à 10 mètres. A chaque bout, un
policier ou militaire, muni d’une longue chicotte rigide d’un mètre, frappe
d’abord les fesses, puis le ventre, visant spécialement les parties sexuelles
puis le visage, la bouche, les yeux... Le sang gicle jusque sur les murs et se
répand de tous côtés. Si l’homme est évanoui, on le ranime avec un seau d’eau en
plein visage... L’homme est mourant quand on le détache. Et l’on passe au
suivant.
Vers 3 heures du matin, un camion militaire emmène au
cimetière les cadavres et une équipe de prisonniers les enterre nus et sanglant
dans un grand trou... Si un malheureux respire encore, on l’enterre vivant...
- Le Bac en ciment : les prisonniers nus sont enchaînés, accroupis dans
des bacs en ciment avec de l’eau glacée jusqu’aux narines, pendant des jours et
des jours... Un système perfectionné de fils électriques permet de faire passer
des décharges du courant dans l’eau des bacs. Un certain nombre de fois la nuit,
un des geôliers « pour amuser » met le contact. On entend alors un hurlement de
damnés, qui glacent de terreur les habitants loin à la ronde. Les malheureux,
dans les bacs de ciment, deviennent fous... Oui j’affirme que cela se passe
depuis des années notamment au camp de torture et d’extermination de Manengouba
(Nkongsamba).
Toutes ces tortures pratiquées au Cameroun, dont l’objectif était d’éradiquer l’UPC,
se sont déroulées sous les ordres du Général Max Briand et du colonel Lamberton
avec l’aide des gens des réseaux français.
Au début des années quatre-vingt dix, la France et ses militaires
atterrissaient au Rwanda. L’opération Turquoise venait ainsi de voir le jour. On
mettra certainement du temps pour les vraies intentions qui ont motivé la France
à intervenir militairement au Rwanda. Que cache vraiment l’opération Turquoise ?
En tout cas le 10 décembre 1991 Matre Eric Gillet de la Fédération
internationale des droits de l’homme, publie un rapport où il affirme qu’au
Rwanda ce sont des officiers français qui conduisent les interrogations musclées
des combattants du FPR. Et Janvier Afrika, un membre des Réseaux donne des
précisions : « Les militaires français nous ont appris à capturer nos victimes
et à les attacher. Cela se passait dans une base au centre de Kigali. C’est là
qu’on torturait et c’est là également que l’autorité militaire française avait
ses quartiers. Dans ce camp j’ai vu les Français apprendre aux Interahamwe à
lancer des couteaux et à assembler des fusils. Ce sont les Français qui nous ont
formés - un commandant français - pendant plusieurs semaines d’affilées soit au
total quatre mois d’entraînement entre février 1991 et janvier 1992 ».
La répression au Rwanda sous l’égide des
militaires français est telle que les témoignages fusent de partout. « Nous
avons massacré 10.000 Tutsi du clan Bagogwé en 1 mois » dira Mark Huband. Jean
Carbonare pour sa part, croit savoir qu’il a eu « deux grands chocs dans ma vie.
Le premier, lorsque j’ai découvert qu’en Algérie on avait institutionnalisé la
torture. Le deuxième en janvier 1993, quand j’ai vu des instructeurs français
dans le camp militaire de Bigogwé situé entre Gisenyi et Ruhengeri. C’est là
qu’on amenait les civils par camion entiers. Ils étaient torturés et tués, puis
enterrés dans une fosse commune que nous avons identifiée près du cimetière de
Gisenyi.
Ce sont les militaires d’un pays qui se dit patrie des droits de l’homme qui se
livrent à de telles tortures. Faut-il rire ou pleurer ?
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FORUM DE
LA SEMAINE
N° 32
Du jeudi, 23 décembre 2004
Intenses pressions de l’UE sur le
Togo : Le Commissaire Louis Michel est attendu à Lomé
l’Assemblée RPT dissuadée de voter le Code électoral
Le commissaire européen au développement, M. Louis
Michel est attendu à Lomé avant la fin de cette semaine, a-t-on appris de
sources bien informées. Actuellement en tournée en Afrique, le Commissaire
européen arrive au Togo au moment où le dialogue inter togolais piétine et que
l’application des 22 engagements avance à reculons, le pouvoir RPT et ses
nouveaux alliés étant très décidés à mettre du pied dans le plat.
Deux fois
de suite, l’Assemblée monocolore a été dissuadée
par un événement de dernière minute, à ne pas
adopter le projet du code électoral controversé.
De sources proches de l’opposition indiquent
qu’une cassette charcutée et truquée du dernier
débat de la rencontre pouvoir et opposition du
15 décembre dernier aurait été envoyée par le
pouvoir à Bruxelles simulant un accord avec
l’opposition sur le texte du projet de loi
portant le code électoral.
Fort de ce montage, l’Assemblée monocolore
a voulu adopter hier le texte du projet de loi controversé mais, elle serait
dissuadée par l’Arrivée en fin de semaine du commissaire Louis Michel.
Ce dernier est depuis un certain temps sous
d’intenses séductions diplomatiques de la part du pouvoir togolais qui
entreprend tous les exercices possibles pour l’amener à prendre le triumvirat
CAR-CDPA-UFC comme des « ennemis de la reprise de la coopération » pour
que l’UE débloque les fonds du 9ème FED. Malheureusement, le
mécanisme de prise de décision de l’UE ne se résume pas au seul Commissaire
Louis Michel d’où l’impérieuse nécessité de chercher un apaisement en respectant
les conditionnalités de l’UE.
décision de dissolution de l’Assemblée RPT : Une
promesse d’ivrogne en perspective
La nouvelle est tombée hier nuit telle de l’eau sur les plumes d’un canard :
« le Président Eyadema a décidé de dissoudre au cours de l’année prochaine,
l’Assemblée nationale afin de permettre l’organisation des élections
législatives avant la fin du premier semestre 2005 ». Cette annonce lue sur
les chaînes nationales à l’issue du Conseil des ministres par M. Selom Klassou
de l’enseignement primaire et secondaire et suivie d’éloges interminable à
l’égard du décideur national a laissé les Togolais indifférents, tant ils ont
été abondamment floués par des promesses non- tenues du Général-Président.
L’on se souvient de cette fameuse « parole de militaire » prononcée sur
honneur devant le Président français Jacques Chirac par le guide éclairé
concernant son retrait du pouvoir après son second mandat et d’autres promesses
répétées de ne pas toucher à la constitution. Mais, ces différentes promesses
ont été ravalées par celui-là qui les a faites puis considérées par les Togolais
comme des promesses d’un homme ivre qui oublie tout après avoir retrouvé sa
lucidité.
Les observateurs avisés considèrent cette énième promesse
du Général-Président comme un clin d’œil à l’endroit de l’Union européenne afin
de bénéficier les 20 millions d’Euro que le Togo perdra à coup sûr le 31
décembre prochain et surtout à l’annonce de l’arrivée au Togo dans les tout
prochains jours du Commissaire européen au développement.
Arbitraire et abus d’autorité : Jean Paul Oumolou
kidnappé sur le campus, torturé puis jeté en prison. Le jeune leader des
Etudiants, exclu de l’Université de Lomé a été kidnappé, et torturé ce lundi 20
décembre 2004 par des miliciens à la solde du Président de l’Université de Lomé
M. Nicoué Gayibor avant d’être remis à la gendarmerie nationale qui l’a déféré à
la prison civile de Lomé le lendemain.
Alors qu’il était en train de faire des photocopies d’un
communiqué qu’il a préparé pour appeler ses camarades à une marche de soutien,
il a été séquestré par une horde de miliciens dont les témoins ont identifié la
plupart comme étant membre de la garde rapprochée du tout-puissant président de
l’Université M. Nicoué Gayibor.
Ensemble avec son collègue Dagbényo K. Oyono, ils ont été
molestés giflés et frappés violemment M. Dagbényo est arrivé à s’échapper avec
son vêtement déchiqueté tandis que M. Oumolou fut embarqué dans une voiture
blanche vers une destination inconnue.
Alertée, la Ligue Togolaise des droits de l’Homme (LTDH)
a dépêché une délégation composée du Président Adoté Ghandi Akwei et du Chargé
de Mission Jean-Baptiste DZILAN auprès des autorités de l’U.L. Ces dernières,
après moult digressions ont reconnu le kidnapping mais ont déclaré ne pas en
dire plus, donnant rendez-vous sur l’après-midi.
Et c’est en ce moment que le Secrétaire général de l’U.L, M. Tabo a déclaré que
le jeune Oumolou se trouverait à la gendarmerie nationale.
La délégation de la LTDH s’est rendu à la gendarmerie où
il a trouvé le jeune Oumolou très abattu avec un œil amoché et une blessure au
coude gauche. Il se tord de douleurs au niveau de ses côtes et du thorax. Il n’a
rien mangé depuis lors pendant que le Lieutenant qui commande le SRI a déclaré
l’avoir fait examiner à l’infirmerie du Camp de la gendarmerie.
La LTDH a sorti peu après un communiqué pour dénoncer « cette méthode
cavalière et brutale par laquelle les autorités académiques de l’UL choisissent
de régler les problèmes des étudiants ». Il ressort des investigations de la
ligue que Jean-Paul Oumolou ne menait aucune activité répréhensible sur le
campus lors de son arrestation.
Auxquels cas, ce seront les nombreux agents de sécurités, y compris les
gendarmes, réquisitionnés par le Président de l’Université pour traquer ces
meneurs des mouvements de revendications qui l’auront interpellé et de façon
professionnelle.
M. Gayibor pour noyer son chien a tout mis en œuvre pour l’accuser de rage.
C’est ainsi qu’il a remis à la délégation de la LTDH, un communiqué qu’il a fait
confectionner et qui dénonçait « une présidence de l’Université aux ordres du
pouvoir appelant à une grève générale, un campus mort, de boycott des cours et
un sit-in (sic) ». Un communiqué que M. Oumolou et ses collègues ne
reconnaissent pas, qui n’est d’ailleurs par signé et sur lequel le nom du leader
étudiant exclu est mal écrit. Comment M.Oumolou peut-il, lui-même, mal écrire
son nom ? Tout pour révéler qu’un crime n’est jamais parfait et qu’un criminel
commet toujours d’erreurs. La LTDH se prépare pour organiser une série de
manifestations en vue d’obtenir la libération immédiate sans condition de
Jean-Paul Oumolou.
D’ores et déjà, elle appelle les Togolais à se mobiliser
pour mettre fin à l’arbitraire érigé en méthode de gestion des affaires de la
cité par nos gouvernants. Voici le communiqué de la LTDH public au lendemain de
son arrestation.
Devoir de mémoire : Des voix
s’élèvent pour le rapatriement des restes de Sylvanus Olympio le 13 janvier 2005
13 janvier
1963-13 janvier 2005, il y a 42 ans, le père de l’indépendance togolaise,
Sylvanus Epiphanio Kwani Olympio a été fauché par des balles mortelles d’une
soldatesque ayant pour figure de proue un sergent démobilisé de l’armée
française.
Depuis lors, après une parodie de gestion étatique de
quatre ans, une junte s’était installée au pouvoir et voue une haine
inextinguible non seulement à la descendance de la victime mais aussi à sa
mémoire. C’est ainsi que contrairement à tous les autres pays colonisées à
travers le monde entier, aucune rue, aucun monument ni édifice ne porte le nom
du leader de ceux qui se sont sacrifiés pour hisser le drapeau togolais au
firmament du concert des Nations.
Tout était mis en œuvre pour effacer son nom des livres de l’Histoire Togolaise
enseignée dans nos écoles. On avait même exigé en vain que son portrait soit
retiré de la salle de conférence du siège de l’OUA à Addis-Abeba. Le seul fait
dans le temps, de trouver sa photo ou un recueil portant son nom sur un citoyen
togolais valait à ce dernier au moins un long emprisonnement suivi d’une
déchéance à vie à l’issue d’atroces tortures et autres traitements inhumains et
dégradants, et au pire une disparition pour toujours. Les choses se sont
amoindries après la CNS. Mais officiellement il n’a pas toujours sa place.
Ce fait est plus que choquant lorsque l’on se souvient que le capitaine
d’aviation Jerry John Rawlings lorsqu’il était Président de la République
ghanéenne a fait visiter à son hôte togolais le général Eyadema lors de sa
visite à Accra, des monuments érigés en mémoire du père de l’indépendance
ghanéen Kwami N’Krumah.
Pour le Front
pour la Libération divine du Peuple noir, dont le leader Nyigble Michel a tenu
une conférence débat ce 10 décembre 2004 à l’Hôtel Mercure Sarakawa, « la
personnalité et la dignité de cet homme célèbre sont bafouées depuis que son
sang a coulé sur la terre de nos Aïeux » et cet état de fait est la source
des conflits en Afrique car le sang de celui-là qui faisait partie de la vague
des pères de l’indépendance d’Afrique des années 60 « réclame justice et tout
le continent qui était reste coi et passif à l’époque s’est embrasé ».
Pour cela , le Front réclame que le reste de Sylvanus Olympio qui se trouve
actuellement à Agoué sur le territoire béninois, soit rapatrié le 13 janvier
prochain pour lui permettre de bénéficier « des cérémonies funéraires avec
tous les honneurs nationaux, lui ériger un monument à la place de l’indépendance
du Togo en le réhabilitant dans la légalité de son droit de père de
l’Indépendance du Togo ».
Grand banditisme au Togo : Quand
la horde des malfrats nigérians débarquent
Titre notre confrère. Selon lui, de l’escroquerie en
passant par les vols à main armée et des assassinats tous azimuts dans la
capitale togolaise, sont le fait des étrangers d’origine nigériane. Il dénonce
le silence ou la complaisance des autorités face à cet état de chose.
« Disons-le tout de go, il ne s’agit pas
de voir à travers ce constat qui va suivre une quelconque forme de xénophobie ou
toute autre réaction primaire du genre. La communauté nigériane au Togo n’est
pas qu’une bande de truands ou de malfrats de haut vol, des ‘’high way
robbers’’ comme on le dirait en anglais », écrit-il.
« Aussi paradoxale que cela puisse paraître, depuis que cette horde de tueurs
couvre de ces forfaits les rues de Lomé, on n’a jamais entendu une protestation
des officiels togolais. Pourtant c’est connu de tout le monde, le gros de la
troupe des malfrats et autres truands qui pourrissent la renommée du Togo est
constitué de Nigérians Ibo. On sera dans un pays normal qu’on aurait droit, à
raison d’ailleurs, à une réaction officielle, du moins dans les arcanes
diplomatiques. Mais rien ! Comment comprendre dans une affaire de vol à main
armée qui a connu la mort de 4 malfrats Ibos, la représentation diplomatique de
ce pays n’ait pas été convoquée pour protestation, surtout quand on sait que
c’est elle qui a en charge la communauté nigériane par le biais de ses services
consulaires. Ou, veut-on, que ces méchants garçons passent une grande partie des
Togolais de la vie à trépas avant de réagir ? », s’interroge le journal
Braquage de Madame M.M. à Klouvi (Bè) :
2 Ibo lapidés et 2 autres abattus
Les choses auraient pu mal
tourner pour Madame M….M… propriétaire d’une boutique au grand marché de Lomé si
dame chance ne s’était mêlée. Car on connaît les méthodes de ces bandes armées
qui terrorisent Lomé depuis quelques années.
Le dimanche 19 Décembre dernier, Madame M….M… et sa maisonnette ne s’attendaient
sûrement pas à la visite de ces quatre malfrats qui firent irruption dans leur
concession, les menaçant avec des pistolets.
Selon les informations, ce fut le chauffeur qui sentit premièrement que les
quatre hommes n’étaient pas venus pour leur raconter les vérités bibliques en ce
jour béni du seigneur. Il s’éclipsa furtivement pour se cloîtrer dans les
toilettes. Au même moment les maraudeurs, sous la menace de leurs armes,
délestèrent Madame M….M… de ses économies et du fruit de ses ventes de la
veille. Le tout fut bouclé en quelques minutes et après avoir mis hors d’état de
bouger les occupants de la maison, ils ressortent comme si de rien n’était. Mais
il était dit qu’en ce dimanche 19 Décembre 2004, ils emporteraient leur forfait
en enfer.
Les curieux avaient trouvé bizarre que quatre hommes d’allures suspicieuses
sortent de cette maison de Madame M….M…, d’habitude si calme, dans la
précipitation, les mains chargées. Les malfrats ayant senti les regards curieux
qui se posaient sur eux, avaient commencé par paniqués et l’un d’eux eut la
malheureuse idée d’exhiber son arme. Il n’y avait donc plus de doute sur leurs
personnes. Tout le quartier Klouvi fut ameuté et commença la chasse à l’homme.
C’est ici qu’il faut souligner le réflexe du chauffeur qui s’était muré dans les
toilettes. Les malfrats se repliaient à pied n’ayant pas pu mettre la main sur
le véhicule de la dame.
La meute des poursuivants grossissait à chaque ruelle et sublime remarque dans
la foule, de petits futés ont remarqué que les malfrats avaient des pistolets
artisanaux à un coup, donc rechargeable après chaque tir. Entre-temps, ils
atteignirent le Bd F.H Boigny au niveau de l’hôtel Diana. Celui qui apparemment
couvrait la retraite du groupe se retrouva à court de munitions et fut rattrapé
par la foule qui le lapida sans retenue jusqu’à ce qu’il agonisa. Les trois
autres réussirent à franchir le petit pont Boka situé sur la partie asséchée de
la lagune et atteignirent Bè-Kpota. Sous toujours la menace de la foule qui
s’enhardissait après avoir mis hors d’état de nuire le premier. Un autre fut
maîtrisé au niveau des rails. Les deux derniers, sentant la situation tournée au
vinaigre, eurent l’idée de trouver un véhicule pour faciliter leur fuite.
L’occasion leur fut offerte par un fidèle de l’Eglise Mission pour le salut sise
sur le Bd de l’Oti. Les deux malfrats braquèrent le pauvre et tentèrent de
l’extirper de l’habitacle. Mais ils furent rattrapés par leur destin. Un
militaire de l’opération BRA de Bè-Kpota qui suivaient la scène ne leur laissa
pas le temps de poursuivre leur cavale. Au finish, tous les quatre sont tués. Et
d’après les premiers constats faits sur les lieux, ce sont des Nigérians, plus
précisément des Ibo.
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CARREFOUR N° 415
Du jeudi, 23 décembre 2004
L’assemblée
nationale capitule de nouveau et renvoie
l’adoption du code électoral à plus tard
C’est le gros titre à
la Une de notre confrère. « Si ce report a été
décidé pour permettre au pouvoir d’accorder ses
violons avec l’opposition, on peut dire que
l’Assemblée a fait œuvre utile. Dans le cas
contraire, on sera au regret de constater qu’il
n’y a eu que perte de temps », estime le
confrère.
La loi de finances 2005 adoptée par l’Assemblée
Nationale : Le Parlement déterminé à contrôler
les ministres dans l’exécution de leurs crédits
Violation des franchises universitaires Jean
Paul Oumolou kidnappé sur le campus de
l’Université de Lomé
Le ministre Klassou part en guerre contre les
cotisations parallèles et les cours de
répétition. Mais a-t-il les moyens de sa
politique ?
Ce sont là les grands titres du journal
Carrefour. Nous ne sommes pas en mesure de vous
donner le contenu de ces articles compte tenu de
certaines difficultés. Mais de l’accepter
en
comptant trouver satisfaction chez les autres
confrères.
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CROCODILE N° 704
Du jeudi, 23 décembre 2004
L’ultimatum de l’UE pèse dans la dissolution
prochaine de l’Assemblée
Gros titre à la Une du
journal de jeudi avec en prime les photos du
chef de l’Etat togolais Gnassingbé Eyadema et du
président de la Commission européenne Manuel
Baroso.
Selon
Crocodile, le rappel de la commission des
conditionnalités pour la reprise de la
coopération a produit des effets. « En effet, à
la suite du conseil des ministres hier mercredi
22 décembre 2004, le gouvernement annonce son
intention de dissoudre l’assemblée nationale et
de tenir les législatives dans le premier
semestre de la nouvelle année 2005. Cette
annonce plate et vague du gouvernement n’a de
consistance que de vouloir faire croire à la
communauté internationale que le Togo est en
train de respecter la feuille de route qui lui
impose l’obligation d’organiser les élections
législatives et locales de façon claire et
acceptable par tous », écrit-il. Quelle
considération peut-on accorder à l’annonce du
gouvernement de dissoudre l’assemblée nationale
et d’organiser des élections anticipées ? »
s’interroge puis que, dit-il, il ne faut pas
oublier que le régime Eyadema ne respecte pas la
parole donnée
Discussion
sur le cadre électoral :Le pouvoir accélère
lentement par peur des élections transparentes
« L’invitation que le
PM Koffi Sama a adressée aux partis politiques
et à deux associations de la société civile pour
discuter effectivement du cadre électoral le
mercredi 15 décembre dernier est arrivée un peu
trop tard. Elle montre à suffisance que les
calculs politiciens et mesquins freinent
toujours toutes les démarches louables pour
sortir le Togo de l’ornière. Sinon comment
comprendre le grand retard accusé par le
gouvernement dans la convocation de cette
réunion »
Nouveau
report du vote du code électoral : L’Assemblée
s’offre en spectacle
L’assemblée nationale
a reporté pour la 3e fois le vote du
code électoral. Ce que Crocodile qualifie de
spectacle. « Ce spectacle désolant et désopilant
qu’offre l’assemblée RPT à la population,
atteste qu’elle n’est qu’une chambre
d’enregistrement au service exclu d’un homme.
Elle a le devoir, si elle représente réellement
le peuple, de renvoyer le gouvernement à aller
discuter avec l’opposition avant l’étude d’un
quelconque texte de loi relatif au code
électoral, capital dans le dénouement de la
crise que traverse le Togo »
Fixation de
la date des législatives : Le gouvernement
maintient le flou
Le gouvernement a
décidé en conseil des ministres de mercredi 22
décembre, de dissoudre l’assemblée nationale et
d’organiser les élections anticipées avant la
fin du premier semestre 2005. Pour le journal,
« il apparaît clairement de cette décision, que
le pouvoir marmotte une date pour l’organisation
des élections législatives pour ne pas perdre
encore une fois 20 millions d’Euros sur le
reliquat du 9e FED. Cette date des
législatives jetée dans la marre est une
décision unilatérale du gouvernement, qui en
réalité n’avance en rien la résolution de la
crise togolaise
Des faits sociaux aux faits politiques : Des
Togolais ont franchi le cap de l’ânerie à
l’idiotie
Le confrère évoque le
cas de ces Togolais qui sont montés sur les
écrans de la TVT pour soutenir le gouvernement
pour avoir augmenté les prix des carburants.
« Cette ignominie ressemble à un mélodrame dans
lequel une victime s’associe à son assassin pour
obtenir une prime auprès d’un assureur. Ici ce
n’est même pas le cas puisque les gens envoyés
au devant n’ont aucune valeur et personnalité
devant leurs associés qui peuvent décider de
tout à leur endroit », souligne le journal
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LE
CANARD Indépendant N° 32
Du vendredi, 24
décembre 2004
UE- Togo : Le Commissaire Louis Michel
arrive à Lomé lundi
De source
généralement bien informée, on annonce
l’arrivée à Lomé du commissaire européen à
la coopération, au développement et aux
actions humanitaire, Louis Michel. Cette
visite va s’effectuer à un moment où se pose
la question cruciale de « l’amélioration
consensuelle du cadre électoral ».
D’après certaines indiscrétions,
c’est l’annonce de l’arrivée prochaine de
l’ancien chef de la diplomatie belge qui a
dissuadé l’Assemblée nationale d’adopter la
nouvelle loi modifiant le code électoral.
La semaine passée, des journaux
de la presse ont allégué « d’intenses
pressions de Lomé II, sur Louis Michel »
dans le but d’obtenir la pleine reprise de
la coopération sans respecter les nouvelles
conditionnalités.
De source proche de Bruxelles, on
indique que Lomé II reproche à l’U.E de
faire la part belle à l’opposition radicale.
L’arrivée de Louis Michel contribuera t-elle
à dégager un consensus autour du cadre
électoral ? L’enjeu ici sera de sauver les
reliquats du 9ème FED, consacrant
du coups la pleine reprise de la coopération
entre l’U.E et le Togo.
Interview de Me Abi Tchessa, SG du PSR
‘’Si le Gouvernement ne revoit pas à la
baisse les prix des produits pétroliers,
nous amplifierons les manifestations’’
Moins
d’une semaine après la marche de
protestation contre la hausse des prix du
carburant, initiée par le CAR, l’UDS-Togo,
l’UFC et le PSR, votre hebdomadaire s’est
approché du Secrétaire Général du PSR, Me
Abi Tchessa pour faire le point et tirer les
leçons….
Le samedi 18
Décembre 2004, un regroupement de quatre
partis politiques dont le PSR, a organisé
une marche pour protester contre la hausse
abusive des prix du carburant.
Le Canard :
Comment avez-vous trouvé la mobilisation ?
Me Abi TCHESSA :
La marche a été organisée, comme vous l'avez
dit vous-mêmes, par quatre (04) partis
d'opposition: le CAR, l'UDS - TOGO, l'UFC et
le PSR pour protester contre la hausse
abusive des prix à la pompe des quatre
produits pétroliers: essence, super, pétrole
et gaz oil.
Les populations de Lomé sont sorties
massivement pour exprimer leur ras-le-bol
face au racket fiscal dont elles sont
victimes, sans aucune contre partie réelle
pour elles.
La manifestation, qui a commencé à
Bè-Château pour finir au stade Béniglato, a
été une marche héroïque et patriotique.
C'est une véritable démonstration de force
de l'opposition démocratique.
Cette cavalcade doit
être comprise sous deux angles. D'une part,
il s'agissait pour les populations de
protester contre une mesure impopulaire du
Gouvernement qui fait partie d'une
gigantesque entreprise de paupérisation des
masses, en particulier les plus vulnérables.
D'autre part, les partis politiques
d'opposition ont clairement envoyé un signal
fort au gouvernement qui, d'un côté nous
sert un discours totalement démagogique de
reprise de la coopération et de l'autre,
procède à des prélèvements injustifiés et
abusifs sur les populations laborieuses du
Togo sous le couvert des taxes sur le
carburant.
Les populations
seront toujours derrière nous pour
poursuivre la contestation jusqu'à la baisse
des prix.
Que dites-vous
de l’impressionnant déploiement des forces
de l’ordre, et de l’itinéraire imposé à la
marche ?
Me Abi TCHESSA :
Les forces de l'ordre ont été dignes et se
sont comportés comme on pouvait le
souhaiter. L'objectif de la marche est
général et ne peut que trouver appui dans
toutes les couches socioprofessionnelles du
pays. Les forces de l'ordre n'ont fait que
jouer leur rôle d'encadrement de la marche,
même si le Gouvernement en les positionnant
à tous les points, en voulait dérider le
public de rester à la maison.
Quant à l'itinéraire
que le Gouvernement nous a imposé à la toute
dernière minute, soyez rassurés que ce
changement n'a eu aucun effet significatif
sur la mobilisation des populations de la
commune de Lomé.
Quelles sont
les actions à venir que vous comptez mener
pour l’abrogation de la mesure de hausse des
prix des produits pétroliers ?
Me Abi TCHESSA :
Nous avons démontré le samedi 18 décembre
2004 que les partis politiques d'opposition
incarnent toujours l'espoir de changement
dans le pays. Mais nous ne pouvons pas nous
contenter du succès de cette manifestation
qui fut réelle. Elle nous a unis et à
l'avenir nous continuerons de mener la lutte
pour le salut de notre pays et 1 'honneur de
la République. Si le Gouvernement ne revoit
pas à la baisse les prix des produits
pétroliers à la pompe, nous amplifierons les
manifestations pacifiques avec le soutien
des populations pour l'y obliger.
Pensez-vous que l’objectif de la
marche du samedi a été atteint ?
Me Abi TCHESSA :
L'objectif a été partiellement atteint en ce
sens que,au-de1à des partis politiques,
c'est le peuple entier qui désapprouve la
mesure gouvernementale de hausse des prix
des produits pétroliers. Toutefois, il
convient de rester toujours mobilisés pour
ramener le Gouvernement au bon sens afin
qu'il agisse dans l'intérêt des populations
et ne se tourne vers autre chose que cet
objectif.
Amélioration consensuelle du cadre
électoral : L’assemblée Nationale reporte
une fois encore l’adoption du code électoral
Pour la
troisième fois, l’Assemblée Nationale vient
de renvoyer sine die, une séance devant
aboutir à l’adoption de la loi modifiant le
code électoral. L’adoption de cette loi
entre dans le cadre du respect de
l’engagement 1.3 qui prévoit une
« amélioration consensuelle du cadre
électoral ».
Elaboré par un comité ad hoc
mis en place par le Premier ministre et voté
dans le cadre du dialogue national, cette
loi est contestée par trois partis de
l’opposition traditionnelle ; CAR, CDPA, UFC.
Les trois formations politiques après avoir
longtemps refusé de participer aux
discussions sur le projet du comité, ont
soumis le 15 Décembre 2004, des propositions
en 11 points dans le cadre du dialogue.
Ces propositions qui n’ont
pas été « rejetées », n’ont pu, non
plus, faire l’objet de discussion dans le
cadre du dialogue national. On ignore en
outre si ces propositions ont eu des échos
favorables au niveau de l’Assemblée
Nationale. Le Président du parlement Fambaré
Natchaba est connu dans l’opinion comme
étant l’un des faucons du régime hostile à
toute ouverture.
Une autre difficulté prévaut
dans l’approche que les uns et les autres
ont de l’engagement 1.3. Pour certains,
l’amélioration du cadre électoral inclut
également des modifications à apporter à des
dispositions constitutionnelles relatives à
l’élection présidentielle.
D’ autres, par contre, estiment que les 22
engagements ne prévoyant pas la reprise de
la présidentielle, les amendements doivent
être circonscrits dan l’esprit des 22
engagements aux élections législatives et
locales.
Selon nos
informations, le commissaire Louis Michel
arrive à Lomé le lundi 27 Janvier. Contactée
par notre rédaction, la délégation de l’U.E
à Lomé a confirmé l’information mais n’a
donné aucune précision sur la date de son
arrivée. « Oui, une visite du commissaire
Louis Michel à Lomé est programmée »,
s’est on contenté de nous répondre au niveau
de la délégation.
Les observateurs espèrent que l’arrivée de
Louis Michel contribuera à régler les
problèmes en suspend et à donner une
nouvelle accélération à la poursuite de la
mise en œuvre des engagements. Au niveau de
l’Assemblée, on affirme que le « code
électoral sera voté ». Le conseil des
ministres vient d’annoncer pour le premier
semestre de 2005, la tenue des élections
législatives anticipées.On indique à
Bruxelles que l’ex Ministre des Affaires
étrangères du gouvernement belge, évoquera
également avec le pouvoir togolais la
question des prisonniers politiques.
Plusieurs militaires croupissent toujours
sans jugement en prison.
Droit de
l’homme : Jean Paul Oumolou déféré en prison
L’ancien Président du
Collège des Délégués de l’Université de
Lomé, Jean-Paul Oumolou a été déféré à la
prison civile de Lomé dans la journée du
mercredi 22 Janvier 2004. De source proche
du conseil de sa défense, trois chefs
d’accusations pèsent sur lui ; violences
volontaires, outrage envers agents de
l’autorité publique et destruction de biens
publics et privés.
Selon un communiqué de la
Ligue Togolaise des Droits de l’Homme ( LTDH),
c’est le lundi 20 Décembre 2004, que
Jean-Paul Oumolou « a été enlevé par des
individus et embarqué de force à bord d’un
véhicule de couleur blanche vers une
destination inconnue ». La scène s’était
produite sur le campus universitaire de Lomé
aux environs de 19 h 00.
D’après l’organisation de
défense des droits de l’homme, « … ce
n’étaient pas les forces de l’ordre
régulière qui avaient procédé à
l’interpellation du jeune Oumolou
Jean-Paul ». Elle déplore en outre les
mauvais traitements dont-il a fait l’objet
dans les locaux de la Gendarmerie Nationale,
ainsi que « les conditions dégradantes de
sa détention ».
Du 28 au 30 Avril 2004, Jean-Paul
Oumolou était le chef de file du mouvement
de revendications estudiantines. Il avait
été, comme ses camarades, arrêtés et déposés
en prison avant de bénéficier d’une mesure
de libération.
Le campus
universitaire traverse depuis 1990, une
crise. Les conditions d’études et de vie des
étudiants sont de plus en plus dégradantes
pendant que les œuvres universitaires sont
de plus en plus onéreuses et inaccessibles à
la majorité des étudiants. Les
revendications sont étouffées voire
violemment réprimées. Pour toute réponse à
des revendications, les autorités
gouvernementale allèguent « une
manipulation politique ».
La
mobilisation en question
Tout observateur sérieux s’est sûrement
posé la question de la relative mobilisation
lors de la marche de protestation du samedi
dernier. A vue d’œil, elle a été bien
faible. Les raisons ? D’aucuns ont évoqué la
vaste campagne d’intimidations qui a précédé
la manifestation. D’autres ont déploré
l’absence ou l’insuffisance de motivation de
la part des organisateurs. D’autres encore
ont, quant à eux, fait le constat d’une
plaie sociale en cours dans les rangs de
l’opposition depuis longtemps. Il s’agit de
la désaffection qui s’est emparée des
militants et sympathisants de la cause du
changement. Ce dernier argument semble
malheureusement tenir la route. Tenez ! le
pouvoir RPT n’est pas à sa première campagne
de dissuasion à la veille d’une
manifestation de l’opposition. Mais ces
campagnes n’ont nullement émoussé l’ardeur
de l’opposition. La vérité est que les
querelles intestines et les conflits de
leadership ont fini par sérieusement entamer
la force de mobilisation des leaders
politiques. A preuve, qu’est-ce qui explique
qu’à la marche du samedi, certains cadres
politiques des partis organisateurs, sont
arrivés en nombre raisonnable, tandis que
d’autres étaient à peine visibles ? Est ce
une question d’incertitude ou d’indécision ?
L’opposition gagnerait à comprendre qu’elle
est en train de perdre la rue qui était sa
principale force d’action.
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Nouvel
ECHO N° 322
Du vendredi, 24 décembre 2004
Face aux manœuvres du gouvernement : Le
chef de l’Etat prend ses responsabilités
*Dissolution de l’Assemblée Nationale
*Elections
législatives prévues pour juin prochain
Le code électoral a
vraiment la peau dure. Pour une troisième
fois l’Assemblée Nationale a encore mis la
queue entre les pattes. Le forcing ne mène à
nulle part. le gouvernement et son ASSEMBLEE
RPT doivent le comprendre et revenir pour
écouter la voix de la raison.
Mercredi dernier, les députés se sont
retrouvés pour adopter le projet du code
électoral contesté. mais contre toute
attente et pendant que les parlementaires
étaient en train de jeter les derniers coups
d’œil dans leurs documents, le Président de
l’Assemblée Nationale annonce le report sine
die de la séance sans plus de précision.
Cette fois-ci, ce report n’a pas beaucoup
surpris étant donné qu’il n’y a pas encore
une semaine que le gouvernement togolais par
la voix de son Premier ministre Koffi Sama
avait convié les partis de l’opposition
traditionnelle pour débattre du cadre
électoral. A partir de là, il était
inopportun que Natchaba convoque les
députés pour une adoption d’un code
électoral étant entendu que lors des
dernières discussions, le CAR, l’UFC et la
CDPA avaient fait onze propositions pour
aboutir à un consensus dans le processus
engagé.
Dans une lettre adressée au Commissaire au
Développement et à l’Action Humanitaire de
la Commission de l’UE, M. Louis Michel, les
trois partis, le CAR, la CDPA, l’UFC ont
indiqué qu’étant donné que le cadre
électoral à élaborer doit être acceptable
par tous, ils ont eu à préciser dans leur
document qu’au cas où les propositions
formulées ne rencontreraient pas l’accord de
la délégation du pouvoir, il faudrait avant
toute discussion au fond, chercher du
consensus requis. Mais le pouvoir a voulu en
faire à sa tête tout en ignorant qu’on ne
badine pas avec les conditionnalités de l’UE.
L’institution européenne est formelle. Il
faut un cadre électoral et un code électoral
acceptables par tous et organiser des
élections transparentes, équitables et
sérieuses. Ce sont les conditions que pose
l’UE pour que le Togo puisse bénéficier des
fonds du 9ème FED.
Mais tout porte à croire que Koffi Sama et
les siens s’en moquent et font ce qui leur
passe par la tête. Ils veulent aller au
paradis sans passer par la mort. Eyadema l’a
vite compris et a décidé de prendre tout de
suite ses responsabilités. Car en fin de
compte, c’est à lui que revient le dernier
mot.
Il faut signaler que le chef de l’Etat a
failli tomber dans le piège des manœuvres
des profiteurs de la crise togolaise. C’est
ce qui l’a amené à dépêcher des émissaires
auprès de Louis Michel pour le convaincre
des avancées significatives enregistrées par
le gouvernement dans l’application des
engagements. Mais ce dernier est formel. Il
a renvoyé le Premier ministre à revoir la
lettre du 15 novembre tout en lui demandant
d’aller discuter avec son opposition du
cadre électoral et non du code électoral.
Non satisfait, Eyadema a adressé une lettre
au même commissaire et c’est Fambaré
Natchaba qui a été désigné pour la lui
transmettre. Dans cette lettre, le Général
tentait de convaincre le commissaire
européen que c’est l’opposition qui bloque
tout et qui prend le peuple en otage et
qu’il était impossible de revoir le cadre
électoral dans les délais. Mais c’était
peine perdue. L’UE n’a pas plié.
Le 14 décembre dernier, elle avait déjà
lancé un ultimatum au gouvernement togolais
l’invitant à annoncer les dates des
élections législatives sous peine de perdre
20 millions d’Euros restant sur les
reliquats des 40 millions d’euros au titre
du 9ème FED.
C’est certainement face à cette position de
l’UE que le gouvernement togolais et
l’Assemblée Nationale ont été amenés à
capituler. La principale conséquence de
cette situation a été la décision prise par
le Conseil des ministres mercredi dernier de
dissoudre l’Assemblée nationale et de
convoquer le corps électoral dans le premier
semestre de l’année qui s’annonce. On parle
de juin 2005. Mais cette décision du conseil
des ministres laisse sceptiques plusieurs
observateurs de la scène politique
togolaise. Beaucoup disent ne plus avoir foi
en ce que le Général et ses courtisans
disent surtout s’il s’agit de procéder à un
profond changement dans la gestion des
affaires de l’Etat. Ils en ont déjà l’amère
expérience avec l’élection présidentielle de
2003 où le Général Président avait juré sur
sa parole de militaire qu’il n’allait plus
briguer un autre mandat et qu’il devait
aller se reposer. Mais à la fin, tout le
monde a su ce qui s’est passé. Mais pour
cette fois-ci, étant donné que le fauteuil
présidentiel n’est pas visé par les
engagements, beaucoup de Togolais
s’attendent à ce que pour cette fois-ci, la
parole de militaire soit respectée. Les
Togolais ne doivent pas être ces experts en
promesses non tenues. Cette fois-ci, le
Big Boss y mettra de tout son poids pour
en finir avec les profiteurs de la crise
togolaise en vue de remettre les pays sur
les rails. Pour ce faire, le pouvoir
togolais doit jouer franc jeu afin que comme
l’indique le communiqué du conseil des
ministres, « les partis politiques de
l’opposition puissent jouer enfin le jeu de
la démocratie et participer aux échéances de
2005 ».
Il faut rappeler que les 11 propositions de
l’opposition « extrémistes » ne sont pas de
la merde à boire. Il appartient donc au
gouvernement RPT et à ses alliés que sont la
CPP et le PDR de faire preuve de volonté
pour permettre aux Togolais de sortir de
cette impasse indescriptible. Cette fois-ci,
le chef de l’Etat doit être plus ferme,
décidé et très dur pour que les Togolais ne
soient pas otages de ses courtisans. Le
Patron doit comprendre également que ceux
qui l’entourent ne sont là que pour gâter
sa politique. Il doit avoir le courage de
s’en débarrasser pour enfin voir clair dans
la gestion de la cité… Mon Général, il est
temps. Si cette décision de dissoudre
l’Assemblée et de convoquer le corps
électoral dans six mois vient à se réaliser,
le peuple vous applaudira.
Dialogue inter togolais : Le recours à un
médiateur fait peur au RPT, à la CPP et au
PDR
Le mercredi 15
décembre denier, les protagonistes de la
crise togolaise se sont rencontrés pour
plancher sur le cadre électoral. Après plus
de quatre heures de discussions, le Premier
Ministre a clôturé la réunion sans la
moindre indication sur la suite des échanges
concernant le cadre électoral. Tout est pour
le moment dans l’impasse.
En effet, à la réunion du 15 décembre, les
trois partis dits de l’ « opposition
radicale », CAR, CDPA, et UFC ont laissé
tomber les exigences formulées dès
l’ouverture du dialogue le 27 Mai 2004 et
ont transmis séance tenante au chef du
gouvernement, M. Koffi SAMA, une lettre dans
laquelle ils ont fait onze propositions aux
fins de faciliter le déroulement du
dialogue. Il s’agit de : la CENI et les
structures électorales locales ; les
conditions d’éligibilité aux différentes
élections ; les cas d’incompatibilité avec
le mandat de député ; le mode de désignation
des sénateurs ; le mode de scrutin ; le
découpage électoral ; le montant du
cautionnement pour les diverses élections ;
le recensement électoral ; le règlement du
contentieux électoral ; l’observation des
élections ; l’environnement institutionnel.
Le gouvernement et le RPT n’ont pas réagi à
ces propositions. Mais c’est plutôt les deux
partis frères de l’opposition, CPP et PDR,
qui ont surpris de par leur réaction. ils ne
sont pas allés par quatre chemins pour
rejeter les onze propositions censées offrir
un scrutin libre et transparent. « Dans le
cadre électoral, je vous ai parlé du code de
la presse, de la HAAC, du texte sur le
financement des partis politiques,… du texte
sur la CNDH, je vous parle du code
électoral. Naturellement dans le code
électoral, il y a des allusions à la
constitution mais vous ne verrez nulle part
dans les 22 engagements, une action
quelconque relative à la constitution »,
tels sont les propos qui sont sortis de la
bouche du 3ème vice-président
de la CPP, M. Cornelius AÏDAM. En clair, la
CPP est d’accord avec les modifications
apportées à la constitution. Pourtant,
pendant la présidentielle du 1er juin, le
romancier –président de la CPP avait dénoncé
dans toutes les préfectures où il était
passé la candidature du chef de l’Etat.
Quelle garantie a – t – on eu aujourd’hui
pour opérer ce virage à 180 degré ? Pourquoi
notre « Marcoussis préventif » ne peut – il
pas revenir sur la constitution comme c’est
le cas en Côte d’Ivoire ? Passons.
En réalité, on ne peut pas parler du cadre
électoral sans aborder la constitution qui
demeure l’âme de toute une nation. Telles
que les choses se présentent aujourd’hui ;
il serait difficile à la classe politique de
parvenir au compromis. Même si « ni la
constitution ni le médiateur ne font partie
des 22 engagements », il est nécessaire
voire indispensable de recourir à un
médiateur neutre. Il sera difficile pour le
Premier Ministre qui est du RPT de trancher
sur un point qui divise l’opposition
traditionnelle et la mouvance
présidentielle. Il ne peut pas être juge et
partie. Seul un médiateur neutre saura
aborder avec toutes les parties les points
de divergence pour les amener au consensus.
Sinon, les politiques togolais continueront
de faire de sur-place et hypothéqueront
toutes les chances de reprise effective de
coopération avec l’UE.
Dernier
show médiatique d’un politicien tombé en
disgrâce : Harry Olympio en perdition, se
cherche et joue encore au théâtre
Dans la nuit de
mardi 21 décembre2004, Guy Mario a reçu dans
son émission, Express Info, sur TV2, le 2ème vice-président
de l’Assemblee Nationale, M.Eric KPADE et le
leader du RSDD, M. Harry O. OLYMPIO. Il
était question de la situation politique
actuelle.
Pendant le débat, plusieurs questions
touchant le cadre électoral étaient
revenues. Comme s’il n’attendait que ce
moment, celui qui déclare qu’ils « iront
jusqu’au bout du monde avec leur parti », a
fait savoir que le Code électoral qui est
sur la table de l’Assemblée Nationale, n’est
pas bon. Pour étayer son opinion, il affirme
qu’il n’y a pas de dispositions qui
prévoient qu’un député puisse regagner son
siège à l’hémicycle après avoir été appelé à
servir la nation. Plusieurs fois le chantre
de la Nouvelle Opposition Positive
Intelligente (NOPI) est revenu sur cet
aspect du problème.
Sur cette photo, il n’y a que Harry OLYMPIO.
Le leader du RSDD s’est photographié. En
effet, le landernau politique togolais a
connu des élections législatives anticipées
le 27 octobre 2002. L’opposition
démocratique les avaient boycottées. Quelle
aubaine !, s’est écrié l’ancien Ministre. Un
beau matin, le type réunit quelques
particules et crée le Collectif des Partis
de l’Opposition Constructive (CPOC).
Véritable trouvaille. Pour entretenir le
mirage, le RPT a octroyé deux
circonscriptions électorales au RSDD dont
l’un des élus est Harry OLYMPIO. Dans
l’hémicycle, les particules se retrouvent et
créent ce que eux-mêmes appellent
« Opposition parlementaire ». Dans le
gouvernement post électoral, il fut nommé
« Ministre des députés » c’est –à- dire
Ministre Chargé des Relations avec le
Parlement, poste qu’il a occupé jusqu à la
présidentielle du 1er juin
2003.
Le Premier Ministre qui a été reconduit, a
maintenu Harry OLYMPIO à son poste dans sa
nouvelle équipe. Ce qui n’a pas été du goût
du leader du RSDD. il a fixé la barre très
haute et ne voulait pas demeurer le
« dernier des Ministres ». A l’époque, tout
son souffle n’était que « Réconciliation »
et voulait quelque chose comme le ministère
de l’Intérieur afin d’atteindre son
objectif. N’ayant pas eu gain de cause, il a
démissionné. Crime de lèse majesté. Harry
OLYMPIO avait proprement été lavé par ses
pairs du CPOC. Ils l’ont même éjecté du
Collectif. Même sa suppléante ne s’était
reconnue en lui. Le patron de la NOPI a été
isolé comme un paria.
Et depuis, il fait seul le chemin. Il ne
peut plus retourner à l’Assemblée Nationale.
Son siège est solidement occupé par sa
suppléante qui apparemment, ne se réclame
plus de son parti.
Bref, Harry chôme.
Le plaisantin de « Harryvi »
se cherche et il a trouvé l’occasion pour se
donner une image. Mais il a raté sa sortie.
La jeunesse qu’il croit avoir ainsi sous sa
coupole le boude aujourd’hui. La preuve, la
dernière conférence-débat qu’il a voulu
animer au Foyer Pie XII a capoté.
Aujourd’hui, Harry est en disgrâce aux yeux
de tout le monde. Tout semble même faire
croire que le chef de l’Etat l’a rejeté.
« Orange pressée, on en rejette l’écorce ».
Voilà ce que Harry est devenu. Son « one man
show » ne dit plus rien à personne. Son
parti est en train de périr. RSDD périt et
ne représente que l’ombre de lui-même. C’est
pourquoi le sentant venir, il a déclaré
avoir créé la NOPI qui est en fait une
coquille vide.
C’est même un plaisantin qui joue avec la
vie des citoyens. Lors de son dernier procès
contre Me AGBOYIBO, il avait fait
emprisonner un jeune homme sous prétexte
qu’il était parmi ceux qui avaient cassé son
véhicule. Notre directeur de publication a
été obligé de faire un article à l’encontre
du jeune homme à la demande de Harry Olympio
avec pour promesse aux parents de libérer le
jeune homme dès la publication de l’article.
Mais c’était encore un coup. Le jeune n’a
pas été libéré après la publication de
l’article. Aujourd’hui, notre directeur de
publication a à dos les parents du jeune
homme.
En outre, ce qui a fait sourire les
téléspectateurs, c’est que l’ancien ministre
a déclaré que quatre partis politiques de
l’opposition n’ont pas pu au cours de leur
marche de samedi dernier, drainer cinq cents
militants, alors que lui Harry a mobilisé
des milliers de jeunes lors de sa
convention. Mais ce qu’il a oublié de dire
est que ces militants sont convoyés par
camions entiers à partir des villages
environnants et à qui il a promis ciel et
terre. N’avait-il pas à la fin pris la
tangente en s’esquivant par les ascenseurs
pour redescendre par une sortie dérobée,
laissant à l’entrée principale de l’hôtel 2
Février ses militants ?
Les
leçons de la marche qui a fait peur
*Le test mérite d’être renouvelé
*Au-delà de tout, l’Union de l’opposition
s’impose
Avec tout ce qui
s’est passé jeudi 16 et vendredi 17
décembre, personne n’a pensé que la marche
de protestation de l’opposition contre la
hausse des prix des carburants aurait pu
avoir lieu samedi 18 décembre. Des menaces
et intimidations ont fusé de toute part pour
décourager les populations. C’est le
ministre du Commerce, de l’Industrie, des
Transports et du Développement de la Zone
franche, M. Tankpadja Lalle qui a donné le
ton en organisant un point de presse dans la
journée de jeudi 16 décembre au cours duquel
il a justifié la hausse des prix des
produits pétroliers et regretté le fait que
des partis politiques exploitent cette
hausse à des fins inavoués. « C’est
paradoxal que ceux-là mêmes qui ont demandé
la rupture de la coopération et qui font
tout pour en empêcher la reprise, sont ceux
qui vont marcher pour faire abroger l’arrêté
portant augmentation des prix du carburant.
Le peuple togolais sait où est son intérêt
et ne se laissera pas faire », a déclaré
le ministre.
Ensuite, les médias d’États et les journaux
proches du pouvoir sont rentrés dans la
danse. Ils ont été ouverts aux liseurs de
motion et aux délégués de certains syndicats
fantômes pour menacer les marcheurs
potentiels. Il y a même une publication qui
a annoncé en manchette : « La marche de
samedi va drainer des morts »
Nonobstant les intimidations et menaces,
nombreux sont les Loméens qui sont sortis
pour fustiger cette « hausse abusive » des
prix des carburants. Bien que l’itinéraire
ait été changé au dernier moment, les
manifestants ont évité les affrontements et
sont pliés au nouvel itinéraire fixé par les
autorités gouvernementales. Tout s’est
déroulé dans un esprit civilisé jusqu’à
Beniglato pour le meeting. Les « saboteurs »
ont déchanté. L’opposition a gagné son pari.
Les sommités de tous les partis étaient
présentes. Me Abi Tchessa du PSR, Bob
Akitani et Jean-Pierre Fabre de l’UFC, Me
Agboyibo du CAR ont tour à tour pris la
parole pour expliquer à l’assistance les
raisons de la tenue de cette manifestation
et montrer que « le gouvernement rackette
les Togolais » avec cette hausse des
prix du carburant.
C’était aussi l’occasion pour eux de revenir
sur le dialogue inter togolais, le cadre
électoral et la position qu’ils entendent
prendre vis-à-vis du gouvernement dans le
cadre de ce dialogue. La manifestation a
pris fin avec la lecture de la déclaration
présentée par M. Etienne Tchagolé de l’UDS-
Togo (Voir ci-dessous).
Même si les manifestants sont estimés à
trois cents ou cinq cents personnes, comme
le laisse croire le communiqué
gouvernemental, il faut reconnaître que
cette marche constitue une victoire pour
l’opposition. C’est une marche qui a fait
mal et sûrement que dans les jours à venir
il y aura des contre- marcheurs. Dans le
journal de 20 heures de samedi, au lieu d’un
reportage en bonne et due forme, on s’est
contenté de tronquer les images accompagnées
de la lecture d’un communiqué du
gouvernement. Même au cours du conseil des
ministres de mercredi dernier, on est revenu
sur cette marche. « Ces habitués des
surenchères démagogiques » se frottent
les mains parce qu’ils ont atteint leurs
objectifs.
Au-delà de cette marche, il faut que
l’opposition démocratique s’unisse pour
mener des actions concertées. Comme l’a si
bien dit Me Agboyibo samedi 18 décembre à
Beniglato : « Nous devons dépasser nos
petits problèmes pour être unis afin que le
peuple soit derrière nous ». Tous les
partis en formant un seul bloc et en menant
ces genres de manifestations aussi bien à
Lomé qu’à l’intérieur du pays, obligera le
pouvoir à lâcher du lest. Aujourd’hui,
aucune formation politique ne peut pas faire
seule la route. Une telle attitude risque de
fragiliser l’opposition et de renforcer le
pouvoir dans sa politique d’Autriche. Même
si on a toujours fait de bons scores aux
élections présidentielles, les législatives
doivent être abordées avec clairvoyance. Ce
n’est plus le chef de parti à qui on voue
une admiration sans précédent qui est
concerné, mais bien des individus qui ont
marqué leur milieu par des actes utiles.
Les Togolais et l’eldorado américain : Ce
qu’on cache sur les contours de la loterie
visa
Le programme annuel
de loterie visa, DV-2006 a été
officiellement ouvert le vendredi 5 novembre
2004 et se poursuit jusqu’au vendredi 7
janvier 2005. Pour l’occasion, Lomé est
inondée de banderoles invitant les candidats
à venir faire les opérations. Des centres
d’informatique ont spontanément vu le jour.
Dans certains centres, tout le matériel est
au point, la connexion est permanente et
tout se déroule normalement. Par contre,
d’autres ne sont équipés d’un PC vieillot
qui fait à peine le traitement de texte. Ce
sont les professionnels de la sous-traitance
qui peuplent ces genres de centres. Ils font
la prise de vue, collectent les données et
se rendent dans les cybers pour l’envoi des
candidatures.
Chaque année, les choses se passent ainsi.
Et la pauvreté aidant, nombreux sont les
Togolais qui participent ces dernières
années à ce jeu de loterie visa. L’eldorado
c’est au pays de l’Oncle Sam. C’est le
paradis sur terre.
En effet, les candidats sélectionnés sont
avisés par courrier et reçoivent de plus
amples informations concernant notamment les
frais de dossier au sujet de leur
immigration aux États-Unis. C’est à partir
de ce moment que le processus commence. Des
gens qui ont joué avec le statut de
célibataire sont désormais courtisés. Comme
en Afrique on tient aux familles, on exige
qu’un tel bonheur soit partagé entre les
membres de la famille. Les réunions de
famille sont multipliées pour s’entendre sur
le neveux ou la nièce, le cousin ou la
cousine, le frère ou la sœur à donner en
mariage au gagnant où à la gagnante. Le
mariage étant fictif, le divorce se fait
juste après avoir foulé le sol américain.
Dans un autre cas, le gagnant qui, faute de
moyens, étant incapable de payer les
formalités, a recours à ce mariage
imaginaire avec quelqu’un issu d’une famille
nantie. C’est ainsi qu’on voit de belles
créatures épouser des hommes horriblement
laids. Pendant tout le temps que doit durer
le processus, les mariés doivent se visiter
et apprendre à être de vrai couple. Il y a
des écoles qui sont créées et dans
lesquelles on dispense des cours 100%
loterie visa. C’est là où les « mariés pour
le visa » vont bénéficier des conseils. De
plus, ils sont fréquents dans les centres de
prière pour demander que le Père bénisse
leur couple.
A la veille de l’interview, les deux mariés
sont obligés de passer la nuit dans la même
maison, histoire de se partager quelques
secrets. Et le matin avant de partir, ils se
montrent les slips pour permettre à l’autre
d’avoir une idée sur la couleur. Puisqu’on
sursure qu’à l’interview, on peut demander à
l’homme de donner la couleur de slip de sa
femme et vice versa. En cas de réponse non
concordante, ils sont disqualifiés.
En outre, ce n’est pas tout le monde qui
gagne la loterie visa qui obtient le visa.
Certains gagnants ne terminent pas les
formalités. Malgré les dépenses colossales
effectuées pour les analyses et consorts,
ils n’ont pas la réponse définitive devant
conduire à la demande de visa. Tout est
bloqué au niveau du Département d’État.
C’est le premier cas.
Le second c’est que la réponse définitive
revient et c’est à l’Ambassade des
États-Unis à Lomé qu’on signifie aux
candidats que le métier qu’ils ont choisi ne
passe plus. C’est ainsi que certains
menuisiers qui ont fait la demande dans la
première vague ont eu gain de cause. Les
autres menuisiers qui ont suivi, ont été
priés de rentrer chez eux. Mais si vous avez
les moyens, vous pouvez acheter le visa en
corrompant le réseau de mafieux qui rode
autour du consulat.
Comme on le voit,
gagner au programme annuel de loterie visa
ne suffit pas d’avoir le visa. Le processus
est encore long et jonché d’épines. |
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