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26 déc. 2004

Revue de presse de la semaine du 20 au 26 décembre 2004
Par Daniel Garidan
Le Combat du peuple La Dépêche
Motion d'Information Le Forum de la semaine
Agni l'abeille Carrefour
Le Regard Crocodile
Akekle le Scorpion Le Canard Indépendant
Le Point de la Semaine Nouvel Echo
Que nos voeux de bonheur vous accompagnent pour la nouvelle année 2005.

La dépêche fait un rappel émouvant des exactions de l'armée française en Afrique depuis 1947. Le bi-hebdomadaire reprend ces quelques lignes de Charles Van Sanoitte, correspondant de Reuter à Douala. Le faits se déroulent entre 1956 et 1961: «....Vers 3 heures du matin, un camion militaire emmène au cimetière les cadavres et une équipe de prisonniers les enterre nus et sanglant dans un grand trou... Si un malheureux respire encore, on l’enterre vivant... - Le Bac en ciment : les prisonniers nus sont enchaînés, accroupis dans des bacs en ciment avec de l’eau glacée jusqu’aux narines, pendant des jours et des jours... Un système perfectionné de fils électriques permet de faire passer des décharges du courant dans l’eau des bacs. Un certain nombre de fois la nuit, un des geôliers « pour amuser » met le contact. On entend alors un hurlement de damnés, qui glacent de terreur les habitants loin à la ronde. Les malheureux, dans les bacs de ciment, deviennent fous... Oui j’affirme que cela se passe depuis des années notamment au camp de torture et d’extermination de Manengouba (Nkongsamba). » Cliquez pour lire "La Dépêche" 12-26-04

LE COMBAT du peuple N° 477
Du lundi, 20 décembre 2004


Relations Togo Union- Européenne : Le président Eyadema a écrit au commissaire Louis Michel :
·  La Période des législatives déjà fixée
Titre à la Une notre confrère qui indique que, depuis l’ouverture jusqu’à la clôture des consultations entre l’UE et le Togo, le pouvoir togolais sous l’impulsion du président Eyadema, déploie des efforts incommensurables pour obtenir la reprise de la coopération et ensuite la matérialisation de cette reprise entre le Togo et l’UE. Et c’est dans ses efforts pour la reprise de la coopération que le confrère nous apprend que le chef de l’Etat a adressé une lettre au Commissaire européen  Louis Michel (lettre remise à celui-ci par le président de l’assemblée nationale Fambaré Natchaba la semaine dernière) après que celui-ci ait adressé au gouvernement une lettre (dont Le Combat du Peuple qualifie le ton de cavalier)
rappelant la position de l’UE. Selon le confrère, le président de la République apporte dans cette correspondance des réponses aux préoccupations de l’UE.

C’est dans cette perspective, indique le confrère que «   le vote du projet du code électoral qui était sur le bureau de l’assemblée nationale a été reporté sine die, permettant la reprise du dialogue avec la partie radicale de l’opposition ». Pour le confrère, «  cette concession, même si elle est perçue dans le camp de l’opposition comme une victoire, est un signal fort qui montre la volonté politique du président de trouver, coûte que coûte, une solution et sortir définitivement de la crise ».

Par ailleurs, le journal nous révèle que, « dans cette même lettre, la période des futures élections législatives a été fixée. Il appartient  à la CENI qui sera bientôt mise en place après le vote du nouveau code électoral, d’en fixer définitivement la date.

En déterminant la période des élections, le président a planté le décor. La balle est donc dans le camp des experts électoraux qui doivent gérer la suite ». Aussi estime –t-il que cet esprit d’ouverture, cette nouvelle dynamique, qui a permis « la rencontre du 15 décembre courant au cours  de la quelle trois partis, le CAR, la CDPA et l’UFC ont soumis des propositions à Monsieur le Premier ministre au sujet du cadre électoral », une nouvelle dynamique qui selon lui, doit être  encouragée.

A propos des propositions des trois partis politiques, le confrère indique que ce qui a retenu plus son attention, ce sont les conditions d’éligibilité. Pour Le Combat du Peuple, « cette s proposition démontre la mauvaise foi de certains hommes politique togolais. Car, le délai de résidence pour les législatives a été prévu par la constitution de 1992. Cette disposition constitutionnelle a été déjà appliquée en 1994 à l’UTD dont la victoire de l’un des candidats élu a été purement et simplement invalidée.

Qui plus est, cette disposition existait bel et bien avant l’élection  présidentielle de 1993 à laquelle plusieurs candidats de l’opposition ont pris  part »

En tout état de cause, le journal pense que, « l’opposition doit faire très attention sur certains points d’autant que lorsqu’on fait une loi pour un homme, la loi est forcement mauvaise. De même lorsqu’on fait une loi contre une personne, elle est fatalement mauvaise. La propension délibérée de poser des exigences, a priori, inacceptables par l’adversaire, n’est pas de nature à permettre une avancée dont tout le pays a urgemment besoin, car si le Togo perd le bénéfice de 20 millions de dollars à cause de l’intransigeance de certains politiciens en mal de stratégie d’avenir, ceux-ci seront  condamnés par l’histoire »

Le grand défi : La classe politique et le cadre électoral : Les contours  d’un dialogue de sourds
Le Combat du Peuple note que de tous les engagements pris par le gouvernement togolais pour résorber le déficit démocratique dont on lui reproche, ce sont ceux qui portent sur les questions politiques qui tardent à être mis en œuvre, « non parce qu’il y a forcément défaut de bonne volonté, mais tout simplement parce que la classe politique n’a pas réussi à accorder les violon  en son sein ». Alors que, pendant que les deux parties se tiraillaient,  le temps jouait contre le Togo qui doit fixer avant la fin de l’année la date des élections faute de qui, il perd 20 des 40 millions qui lui sont alloués au titre du 9e FED.    « C’est une situation  que nous avons toujours dénoncée d’autant plus que la fuite de l’aide a toujours été préjudiciable au Togo. La classe politique aurait pu s’entendre sur un minimum pour que le Togo n’en soit pas là aujourd’hui. Le grand défi reste pour chacun de cerner les contours du dialogue pour éviter des souffrances aux togolais qui n’ont que des besoins vitaux. A chacun de mettre de l’eau dans son vin »

Marche  contre la hausse des prix de carburant : Un flop :  Une tempête dans un verre d’eau

* Seulement quelques centaines de participants

En tout cas, c’est ce qui croit l’auteur de l’article qui visiblement, ne partage pas l’initiative des trois partis politiques.

« Il faut noter pour mémoire que cette marche annoncée à grands renforts, de tapages médiatiques a été un véritable flop. En effet, cette manifestation n’a drainé que quelques centaines de participants, moins d’un millier selon de nombreux observateurs. Un signe de démobilisation qui ne trompe pas.

Devant cette situation, l’honnêteté intellectuelle nous commande de dire que les partis de l’opposition ne font plus recette. Les Togolais lassés par plusieurs années de lutte sans résultat expriment leur dépit et leur exaspération en refusant de s’associer à des manifestations sans tête ni queue et sans lendemains.

Certes, cette marche s’explique mais le mieux serait qu’elle soit le fait des syndicats et des associations de défense du pouvoir d’achat des citoyens. De la sore, elle peut connaître une suite à travers des discussions ultérieures avec l’Etat. En revanche la récupération politique que les partis  politique UFC, CAR, PSR, UDS-Togo ont tenté faire a enlevé à l’acte  toute crédibilité. Il faut retenir la leçon pour l’avenir »

Motion d"information
N'a pas paru cette semaine

AGNI L’ABEILLE N° 19
Du lundi, 20 décembre 2004

Un journal ivoirien fait des révélations : Le chef de l’Etat togolais victime d’une escroquerie : 100 millions de FCFA  Eyadema fâché, fait arrêter l’auteur principal et le jette en prison
C’est un journal ivoirien Soir Info qui a rapporté l’information. Selon ce confrère que AGNI reprend, deux jeunes gens ivoiriens Coulibaly Ibrahim dit ‘’Coul’’ et Koné Guillaume Joseph dit Dôgô’’, connus dans les milieux de la police ivoirienne pour leur implication dans les affaires d’escroquerie, ont décidé de mettre en place un réseau en vue de soutirer des millions au chef de l’Etat togolais. Pour réussir leur coup, ils ont décidé de faire appel à un plus âgé qu’eux. Leur choix a porté sur le chanteur Noël Dourey ; celui-ci devait jouer le rôle du colonel Touré ex-aide de camp du président Houphouët-Boigny. L’opération commence par des fax qu’il envoie au président de la République l’informant qu’un groupe d’individus se prépare  à Abidjan et à Ouga pour attaquer contre son pays. Et pour déjouer en préparation, ils proposent 200.000.000F. Très sensible à ce genre d’infos, le chef de l’Etat son émissaire à Abidjan avec une valise de 100 millions comme avance. Après avoir reçu les cent millions, les trois individus se partagèrent le magot et sablèrent le champagne. Après une enquête menée par les services de sécurité togolais, il s’est avéré que ce coup n’était en réalité qu’une mise en scène destinée à abuser de la magnanimité du chef de l’Etat togolais. C’est ainsi que une stratégie a été mise sur pied dans le but d’arrêter ces jeunes hommes. Selon Soir Info, c’est lors de l’un de ses  voyages à Accra que le président Eyadema, qui donné l’air de mettre au courant de rien appela en personne Noël Dourey, sous le nom du colonel Touré pour lui demander d’effectuer en compagnie de ses amis le déplacement à Accra  en vue de leur dire merci. C’est alors que le faux colonel Touré fut arrêté.

« A la lecture de cet article du journal paru sur le site abidjan.net et sur information d’un confrère ivoirien, nous avons poussé nos investigations pour en savoir davantage sur cette sulfureuse affaire d’escroquerie. Une source proche du pouvoir a reconnu les faits. Donc il ressort que les informations publiée par le confrère sont vraies. L’artiste ivoirien devenu un escroc croupi à la prison de Lomé. Seulement le journal ne mentionne pas le cas de Coulibaly Ibrahim qui a été arrêté en même temps que lui au Ghana », indique AGNI.

Malgré les menaces, les intimidations et le changement d’itinéraire, la marche de l’opposition a eu lieu
Le journal rapporte la marche de samedi 18 décembre dernier organisée par quatre formations politiques pour protester contre la hausse des prix du carburants.

Après une tentative de braquage sans succès : 4 malfrats Ibos abattus à Klouvi et Bè-Kpota
Lit-on à la Une de notre confrère avec des images de deux malfrats abattus. La scène s’est déroulée le dimanche dans ce quartier populaire de Lomé. Selon le journal qui rapporte les faits, les quatre malfrats d’origine nigériane, les Ibos en l’occurrence ont pu être abattus grâce à la conjugaison et à la vigilance de la population et des forces de l’ordre.

Décès d’une militante de 1ère heure de l’UFC   :L’opposition radicale a perdu une combattante, la ‘’dame de fer’’ Johson Laetitia
Le journal nous apprend que celle qui faisait bouger l’opposition lors de ses différentes activités vient de tourner le dos. Elle ne pourra plus, dit-il, crier ‘’helou’’ comme ce fut le cas en 1998 aux lendemains des élections Et le journal de faire un bref rappel de son engagement politique jusqu’à son exil en 2003.  Selon notre confrère, la militante Laetitia sera conduite à sa dernière demeure le 22 décembre  2004 à Agouégan dans la préfecture des Lacs

LE REGARD N° 418
Du mardi, 21 décembre 2004
Eyadema tente d’influencer le Commissaire Européen

Titre à la Une Le Regard.  En page intérieur notre confrère publie une photo de Louis Michel sur une grosse moto piquée sur le site Internet du gouvernement togolais, en haut de la photo, il est écrit : Le Togo vous souhaite bonne arrivée. C’est expressif

« Après avoir fêté bruyamment la prétendue reprise de la coopération, l’Etat RPT a entrepris  une offensive diplomatique intense pour tenter d’obtenir  le déblocage des fonds du 9ème FED sans respecter les conditionnalités contenues dans la lettre du 15  novembre pour laquelle il avait dansé et sacrifié des vies humaines le 20 novembre. Ainsi, le pouvoir RPT observe l’attitude de quelqu’un  qui veut aller au paradis sans passer par la mort.

Les autorités togolaises croient que l’arrivée de Louis Michel à la tête de la Commission au Développement et à l’Aide Humanitaire constitue un boulevard à exploiter et qu’il suffit de le « séduire » pour obtenir ce qu’elles veulent.

C’est ainsi que ces derniers temps, des émissaires du pouvoir togolais se sont rendus à Bruxelles pour tenter d’influencer Louis Michel. A Koffi Sama, le Commissaire européen avait dit qu’il faut  discuter du cadre électoral avec l’opposition. Après le Premier ministre, Natchaba  a pris le relais pour  transmettre une  lettre du chef de l’Etat à Louis Michel. Pris au piège des faucons du régime qui s’activent à maintenir leur privilège vaille que vaille, le Timonier  aurait signifié à Louis Michel que son gouvernement a fait l’essentiel et que ce sont les trois partis CAR, UFC, CDPA qui bloquent  tout et prennent  le peuple togolais en otage. A Bruxelles, on est étonné d’entendre ce discours qui insinue l’influence des partis dont on dit pourtant qu’ils « ne représentent rien ».  Cet argument n’est pas pris au sérieux. En revanche un document de l’UFC retraçant les dessous des modifications de  la loi électoraleet de la Constitution a « ouvert les yeux » aux décideurs de l’UE qui minimisaient  l’ampleur de la magouille programmée. Le Général Président, indique t-on  à Bruxelles, voulait convaincre son interlocuteur de l’impossibilité de réaliser un cadre électoral dans les délais avec ces trois partis qu’il considère comme des « ennemis du peuple ». La réponse obtenue par Natchaba n’aurait pas comblé les attentes du « Guide Eclairé ».

Edem Kodjo et Zarifou Ayéva entrèrent alors dans la danse. Les deux anciens ministres d’Eyadema, hier opposants et aujourd’hui, métayers de l’Etat RPT auraient tenté de solliciter une audience auprès de Louis Michel pour lui expliquer le bien fondé des préoccupations du gouvernement togolais. Selon nos sources, Edem Kodjo aurait mis en avant son titre  d’ancien Premier ministre  et d’ancien Secrétaire Général de l’OUA. Même flanqué de M. Ayéva qui raconte à qui veut l’entendre qu’il maîtrise mieux que quiconque les rouages de la Commission européenne, le « Roi » Kodjo n’a pu rencontrer Louis Michel.

Il apparaît donc que la rencontre sur le cadre électoral n’était qu’un folklore de plus parce qu’on ne peut pas considérer à l’avance  qu’il est impossible d’aboutir à un consensus avec l’opposition et faire semblant de dialoguer avec cette même opposition. Les trois partis politiques ont jugé nécessaire d’informer le Commissaire européen  de l’attitude de la mouvance  présidentielle qui cherche à obtenir le reliquat du 9ème FED sans satisfaire aux conditions énoncées par l’UE. 

On raconte que le chef de l’Etat aurait fixé une date mettant ainsi la charrue avant les bœufs. Cette démarche ne peut qu’être interprétée comme une astuce visant à obtenir le « beurre et l’argent du beurre ». Les « ennemis du peuple » ont fait onze petites  propositions abandonnant ainsi l’exigence de la restauration de l’Accord Cadre de Lomé.  Une journée marathon suffit pour réaliser un consensus autour du cadre électoral si le gouvernement est véritablement animé de bonne volonté. Si d’aventure notre pays perdait les 20 millions d’Euros le gouvernement en assurera l’entière responsabilité pour avoir passé tout le temps à amuser la galerie. Il est plus facile de respecter les conditionnalités pour obtenir l’aide de l’UE que d’obtenir ce qu’on veut en empruntant des sentiers parallèles.  Les décisions à l’UE ne dépendant pas du Commissaire Européen qui, seul, ne peut influencer aucune décision. Il faut le savoir et aller à l’essentiel ».

Suite du dialogue de sourds :Le Gouvernement coincé par 11 propositions de trois partis 
« Le Premier ministre Koffi Sama a malgré lui, convoqué les partis de l’opposition traditionnelle pour discuter du cadre électoral, le mercredi 15 décembre dernier.

Pendant cinq heures, les participants ont bavardé et se sont séparés sans rien sortir de concret. Il faut signaler que la proposition remise par les trois partis (CDPA, UFC, CAR) a embarrassé et pris à contre-pied les représentants de l’Etat RPT et ses alliés qui se seraient préparés pour humilier leurs adversaires. Selon Me Agboyibo, ni le RPT ni le gouvernement n’ont dit s’ils acceptent les propositions ou s’ils les rejettent.  S’il ressort que les divergences subsistent au sujet du sens à donner au cadre électoral, les représentants de la CPP Aïdam Cornelius et du PDR, (ex dissident du CAR), Kolani Henri  en vrais métayers du pouvoir RPT optant pour la fuite en avant, ont à mots couverts, rejeté les propositions des trois partis en écartant d’emblée la constitution du cadre électoral avant l’examen des propositions. Dans la salle, les représentants de Edem Kodjo et Zarifou Ayéva s’en prenaient au groupe des trois à la place du RPT.

Mais en lisant le communiqué du porte-parole du gouvernement, on sent une dose d’embarras et d’amertume. Ce n’est pas de gaieté de cœur que M. Pitang Tchalla et ses collègues barons qui se croient suffisants et qui ont tendance à dévaluer et à minimiser l’influence des trois partis se retrouvent devant  ces derniers pour discuter de ce que leur gouvernement a passé tout le temps à rejeter.

Au moment où nous mettions sous presse, on nous signale que les faucons du régime suggèrent le rejet en bloc des onze propositions du trio (CAR, UFC, CDPA). Ils seraient encouragés en cela par la CPP et le PDR.  Selon le communiqué du gouvernement « les autres partis politiques ont fait remarquer que ni la constitution ni le médiateur ne font partie des 22 engagements souscrits par le gouvernement le 14 avril à Bruxelles ». A y voir de près, ce raisonnement  est d’autant plus farfelu qu’il dénote  du refus délibéré de la discussion sur le vrai problème du processus électoral. Qu’on se le rappelle : après avoir charcuté le code électoral consensuel, l’Assemblée Nationale RPT a rapporté les modifications correspondantes  dans la constitution. C’est connu de tous, la constitution est la Loi des lois. Si l’on se contente seulement de revoir le code en le débarrassant de certaines dispositions alors que ces mêmes dispositions se retrouvent dans la loi fondamentale, on n’aura rien fait parce qu’en définitive, c’est la constitution qui prime. Les points visés par les propositions du trio (CAR, CDPA, UFC) se retrouvent également dans la constitution.

-         Le mode de scrutin qui passe à un tour aussi bien pour la présidentielle que les législatives (cf art. 176 et 193 de la loi modificative du 7 février 2004 et art.51 et 60 de la loi constitutionnelle modificative du 31 décembre 2003).
-         Le parlement qui passe à deux chambres (cf art. 51 de la loi constitutionnelle modificative du 31 dec. 2002

-         Les prérogatives du chef de l’Etat qui sont renforcées, (cf art. 64, 66, 67, 71, 77 et 81 de la loi constitutionnelle modificative du 31 dec.2002.

-         Des mesures d’exclusion à l’encontre des candidats potentiels qui sont introduites : nationalité, délai de résidence, contraintes forcées à l’encontre des avocats, etc, (cf art. 170 ; 209 de la loi modificative  du 7 fév. 2003 et art.5 de la loi modificative du 9 octobre 2003 ; art. 62 de la loi constitutionnelle modificative du 31 déc. 2002).

-         Le suffrage indirect qui est introduit (cf art N°2 de la loi électorale modificative du 7 janvier 2003)

-         La nomination des tiers  des membres du Sénat par le chef de l’Etat (cf art52 de la loi constitutionnelle du 31 décembre 2002)

-         La limitation du mandat présidentiel à deux quinquennats qui est supprimé (cf art. 59 de la loi constitutionnelle modificative du 31 dec. 2002.

-         La commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qui est dépouillée de ses prérogatives d’organisation des élections et réduite à une instance de décorum, (cf art. 11 du projet de loi, dit d’amendement adopté en conseil des ministres le 27 octobre 2004)

-         Le ministère de l’intérieur, responsable des fraudes et irrégularités en 1998 et en 2003 qui est consacré organisateur des scrutins (art.40 du projet  de loi adopté en conseil des ministres le 27 octobre 2004).

-         Etc.

On ne saurait donc discuter du code électoral sans viser  tout ce qui touche  aux élections dont la constitution, à moins d’opter pour la politique de l’autruche.

Un autre problème non moins profond se situe au niveau du règlement des points de désaccord  au sein du cadre électoral. Dire que « le Premier ministre a constaté que le cadre  constitué par les six partis politiques et deux associations féminines n’est plus remis en cause » ne règle pas du tout le problème. Parce qu’à ce jour, les participants à ce dialogue ne sont jamais parvenus au moindre consensus sur la procédure de règlement de points de divergence. Le cadre du dialogue a une configuration. D’un côté, le RPT et ses alliés CPP et PDR, de l’autre, le CAR, la CPDA et l’UFC. Il n’a jamais été convenu comme l’a souvent laissé croire le porte parole du gouvernement que lorsqu’il  y a divergence, le RPT doit l’emporter  en comptant sur les autres participants acquis  à sa cause au nom d’une fausse majorité imposée. De plus, c’est bien beau de crier sur tous les toits que « le médiateur ne fait pas partie des 22 engagements ». Mais ce que personne ne peut nier, c’est que le Premier ministre n’est pas habilité à trancher lorsqu’il y a divergence entre l’opposition traditionnelle d’une part et le RPT et ses alliés de l’autre. Koffi Sama qui est lui-même du RPT ne peut être juge et partie. Tout ce qu’il fait est en faveur de son parti. Si l’on refuse  l’idée de médiateur sans trouver à l’avance le moyen de régler des points de divergence, ce sera parti pour un dialogue de sourds.

L’autre désaccord qui subsiste tourne autour de la destination ou de l’usage que fera le gouvernement des 11 propositions soumises par les trois partis. Le gouvernement considère ces propositions comme de simples suggestions  à verser au dossier alors que les initiateurs les considèrent comme des points de préoccupation à prendre en compte. Les trois partis considèrent qu’il  n’est pas question pour eux  de se poser en métayer de l’Etat RPT comme le sont la CPP et le PDR. Il va sans dire que c’est lorsqu’on règlera tous ces problèmes et qu’on se mettra d’accord sur les modalités et les procédures de règlement des points de divergence que le dialogue véritable aura lieu  pour déboucher sur des résultats satisfaisants. Sinon on continuera à tourner en rond et à mentir à soi-même en croyant abuser les communautés nationale et internationale ».

Un ‘’aventurier politique’’ au dialogue ‘’gnassional’’
« Je vous renvoie à la lecture des 22 engagements. Ce n’est indiqué nulle part qu’on pouvait reprendre la constitution à ce niveau des discussions. Je répète que dans l’entendement du  ‘’législateur  de l’Union Européenne’’, c’est que qui trop embrasse mal étreint. On estime que si nous embrassons tous les problèmes en même temps, nous n’irons nulle part. Donc la sagesse a voulu qu’on prenne les choses étapes par étapes ».

Ce ne  sont pas les propos d’un liseur de motion RPiTeuse. Ça vient de Cornelius Aïdam, l’un des gueulards de la Conférence nationale « venus de France » qui avec Antoine Folly s’étaient illustrés par leurs propos particulièrement haineux et incendiaires à l’égard du Général Eyadema et son régime. (A vos archives). Aujourd’hui, 3ème vice-président  de la CPP et coursier de Edem Kodjo, l’homme n’arrête pas d’exprimer des positions qui témoignent qu’il était  de ceux-là que Gnassingbé Eyadema qualifiait  d’aventuriers politiques, c’est-à-dire,  ces petits politiciens tombés dans la politique par hasard et qui ne savent pas ce qu’ils font. Dans le cas d’espèce, Aïdam Cornelius aurait pu justifier sa position sur le cadre électoral en avouant que les propositions des autres partis de l’opposition mettent en péril un certain « deal » qu’il y a entre son parti  et le parti « gnassional ».

Est-il écrit quelque part dans les engagements  qu’il faut aller étape par étape ? Est-ce parce que dans les 22 engagements on  ne parle pas de constitution qu’il faut y laisser figurer des dispositions correspondantes à celles qu’on pourrait être  amené à revoir au niveau du code électoral sachant bien que la loi fondamentale prime sur toute autre loi ?

Il y a d’autres manières d’exprimer son soutien à un régime qu’on s’est plu à vilipender parce qu’on est pressé de vite manger ».

Qu’a-t-on fait des images du débat ?
Dans l’un de ses communiqués qu’il a l’habitude de concevoir pour vilipender ses adversaires, le politicien Pitang Tchalla avait dit  que l’opposition a refusé que les débats soient enregistrés pour l’histoire. Mais avec le charcutage des images de la rencontre du 14 octobre, tout le monde a compris qu’il visait un but inavoué puisque l’enregistrement a été falsifié, amputé et monté pour être envoyé à Bruxelles pour les besoins de la cause.

Lors de la dernière  rencontre, Pitang Tchalla et ses collègues ont refusé que les débats soient retransmis  en direct pour éviter toute manipulation. De même, ils avaient refusé que les journalistes de la presse privée y assistent. Et lorsque par précaution, il a été proposé qu’une sorte de comité mixte s’assure que les images sont fidèlement enregistrées avant leur retransmission sur les médias (ce que Koffi Sama aurait même approuvé), le ministre de la communication s’y était opposé, estimant qu’il n’appartient pas aux politiciens d’indiquer aux professionnels des médias, ce qu’ils doivent faire. L’enregistrement des débats qui ont duré cinq heures  n’a pas été rediffusé sur la TVT. Dans les milieux proches de l’opposition, on ne doute pas que Pitang Tchalla  ait, comme à  son habitude, falsifié l’enregistrement  à des fins de manipulation et que la non diffusion des débats sur la TVT vise à éviter que les participants et les téléspectateurs ne constatent les dégâts

Le secret du cadre électoral
Des juristes de haut niveau ont étudié les modifications apportées à la constitution  et au code électoral togolais pour parvenir à une conclusion révélatrice des réelles intentions des charcutiers  de la loi.

Le  verrouillage  du processus électoral se situe  à deux niveaux :

1-                          Pour rendre facile les fraudes en amont,  les partis de l’opposition sont exclus de la commission des listes et cartes. Le RPT, aidé par ses militants chefs traditionnels y sont omniprésents, pour respecter des consignes données.

2-                          Si l’opposition parvenait à déjouer la fraude matérielle, elle n’y pourra rien devant la fraude juridique : si elle  remportait même 80 sièges sur 81 à l’assemblée, d’abord la constitution toilettée autorise le chef de l’Etat à nommer Premier ministre qui il veut et en dehors de la majorité parlementaire. Ensuite, les députés n’auront aucune valeur parce que le Sénat est armé pour bloquer les lois  de  l’Assemblée. Dans ce Sénat, le RPT s’est octroyé une majorité avant toute élection. A partir du moment où le chef de l’Etat nomme le 1/3 des membres du Sénat, il suffit que le RPT gagne les locales dans seulement huit des trente préfectures pour avoir la majorité.

Conclusion, avec le code électoral issu du toilettage, si l’opposition gagnait par miracle, la Constitution est là pour l’empêcher de jouir de sa victoire. Alors, à quoi cela sert d’aller à des élections pour gagner et ne pas pouvoir exercer son pouvoir de décision ?

Aller aux législatives sans revoir ces deux verrous, c’est comme on dit chez nous, « verser de l’eau sur le dos du canard ». Et si à l’Union Européenne  on insiste sur le cadre électoral, c’est en considération de cette situation »

La marche de protestation sur fond d’intimidation à Lomé
Après avoir rendu compte de la marche, notre confrère, note :
« A défaut de pouvoir  interdire la marche, parce que sous pression de l’engagement 3.3,  le  pouvoir togolais a tenté de dissuader la manifestation.  Tout avait commencé par la conférence de presse du Ministre du commerce M. Tankpadja Lalle qui a fustigé les organisateurs de la marche. Durant deux jours des individus se réclamant de syndicats de transporteurs ont défilé sur  la TVT  pour menacer tous ceux qui prendront part à cette manifestation. Des tracts menaçant avaient même circulé  dans la ville de Lomé ».

Et dans des brèves sur cette manifestation, notre confrère écrit :
La manif qui dérange
« Lorsque le RPT déploie des moyens énormes pour  organiser des marches de soutien achetées, l’opposition n’éprouve aucune inquiétude et ne fait aucun bruit là-dessus. Mais il a fallu l’annonce d’une manifestation de protestation pour faire passer des nuits blanches aux tenants du régime.

A défaut de pouvoir interdire la marche de l’opposition, le gouvernement, pris de panique, a multiplié des gesticulations en faisant intervenir ses « bitosards » pour dissuader la marche. On raconte que des barons n’ont pas fermé l’œil  dans la nuit du vendredi à samedi comme si le ciel allait leur tomber sur la tête. La radio et la télévision ont été mises à contribution pour vilipender les organisateurs. Le Président de l’assemblée nationale est même  allé jusqu’à affirmer que cette manifestation est ‘’antinationale’’ peut-être  parce qu’en bon profiteur du Togo, il y a des lustres qu’il n’a plus payé du carburant de sa propre poche. La manif a été dévaluée médiatiquement au journal télévisé pour faire croire au Timonier que ce qui s’est passé est insignifiant.

Mais à voir la manière dont les tenants du pouvoir RPT ont été pris de panique suite à l’annonce de cette marche, on se demande s’ils ne finiront pas par se suicider  ou quitter le pays si l’opposition multiplie des marches de protestation aussi bien à Lomé qu’à l’intérieur du pays au nom de l’engagement 3.3. »

Zéro mort, zéro blessé
« ‘’On marche quand ça ne marche pas’’. La marche du 18 décembre dernier n’avait rien de commun avec celle du 20 novembre au cours de laquelle, les organisateurs ont sacrifié des vies humaines sur l’autel de la désinformation. La marche du 18 décembre n’était ni achetée ni forcée encore moins l’expression d’une joie mensongère. A 13 heures 13mn, on n’a enregistré aucun mort, ni aucun blessé. Contrairement à ce qu’avait fait l’Etat RPT, aucun responsable de l’opposition n’a dépensé des millions de FCFA pour organiser la marche.  On n’a pas sorti des notes circulaires pour obliger des travailleurs à marcher. Personne n’a non plus mis des gros camions à disposition pour aller ramasser des gens à l’intérieur du pays pour les déverser à Lomé comme le RPT a l’habitude de le faire. Est-ce donc parce que les tenants du pouvoir RPiTeux sont conscients que les marches de l’opposition sont volontaires et non achetées qu’ils s’agitent à la moindre rumeur ? »

AKEKLE LE SCORPION N° 251
Du lundi, 20 décembre 2004

Rumeur malveillante ou réalité :  Small Poppy a engrossé deux filles Vrai ou faux ?
Se demande notre confrère qui, pour infirmer ou confirmer ces rumeurs, a approché l’artiste de la chanson de Hip-Hop Lawson Latévi Elolo alias Small Popy. Il ressort de l’entretien que notre confrère a eu l’artiste,  qu’il s’agit e’une rumeur répandue par des esprits malveillants qui veulent nuire à la renommée du jeune artiste. « J’ai effectivement appris comme vous la rumeur de mauvais goût qui a circulé autour de moi. C’est la Radio Kanal FM qui fut la 1ère à répandre ces inepties….Je voudrais insister pour dire que tout est faux ! J’ai actuellement une copine et c’est avec elle que je fais des projets. Que vais-je lui dire si je posais un tel acte comme on se plaît à me coller ?… Non, soyons sérieux ! Quel objectif veut-on atteindre en me jetant an pâture à ces nombreux fans de la musique Hip Hop, ces jeunes qui me considèrent comme leur idole ? Je rassure mes fans que Small Popy est resté et reste le Small Popy qu’ils connaissent et je ne me permettrai pas un tel écart dans ma vie » a déclaré le jeune artiste à notre confrère. Il est donc clair que le tout ‘’Petit Chiot’’ Small Popy n’a pas accompli la sale prouesse qu’on voulait lui coller. Engrosser trois filles au même moment peut paraître une prouesse élogieuse dans certains milieux mais pour ce jeune artiste qui  fait la joie et le plaisir des tous petits, ce serait une faute trop vulgaire et donc impardonnable pour ses fans », conclut le journal    

Vol à mains armées à Gbenyedji dimanche matin : Grâce à la collaboration entre les forces de l’ordre et la population 4 Ibos abattus, un passant atteint par balles
Il s’agit de l’affaire évoquée plus haut par  le confrère AGNI. A la Une de son édition, Akeklé publie les images des quatre malfrats abattus et l’arsenal découvert sur eux. Et notre confrère de jeter des fleurs aux forces de l’ordre pour la rapidité avec laquelle ils ont riposté à ces malfrats. Egalement il remercie la population pour son attitude qui a permis de mettre hors d’état de nuire des gangsters.

La police togolaise fait des prouesses à encourager : Les assassins de la dame Afolabi Amina épouse du commissaire Agbotsé sont découverts
Cette affaire a été largement traitée la semaine par certains confrères. Il semble, qu’en fait, il s’agit d’un véritable bitos ; la dame, mise en cause dans cette affaire d’assassinat de Mme Afolabi  que certains confrères ont rencontrée à son domicile, s’étonne de la médiatisation de l’affaire. Personne ne peut comprendre ce qui se passe autour de cette affaire que certains confrères ont fait leur chou gras 

Au marché d’Akodessawa, la mère d’un bébé vole des pagnes
« Le mercredi 15 décembre dernier, dans le marché d’Akodesséwa, une jeune femme d’une trentaine d’années a dérobé un tas de pagnes. Elle a aussitôt arrêtée par la propriétaire qui a constaté le vol. La voleuse subissait les rackets des badauds quand intervient la police… », indique le confrère qui rapporte par ailleurs le récit des faits par un témoin.    

LE POINT de la semaine
N'a pas paru cette semaine

La Dépêche N° 254
Du mercredi, 22 décembre 2004

Manifestation contre la hausse des prix des produits pétroliers
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       Pourtant des manœuvres autour d’une marche ?
«  En dépit des manœuvres de toutes sortes, la marche organisée par quatre partis politiques de l’opposition (CAR, PSR, UDS – Togo et UFC) et visant à protester contre la hausse des prix des produits pétroliers décidée par le gouvernement, a eu lieu le Samedi 18 décembre 2004 à Lomé. Dans la déclaration ayant sanctionné cette marche, les organisateurs ont appelé leurs militants et sympathisants, les travailleurs, les masses laborieuses ainsi que l’ensemble des forces vives de la nation togolaise  à se mobiliser pour obtenir l’abrogation de l’arrêté ministériel portant augmentation du prix des carburants. Selon eux, cet arrêté « traduit une fois encore le mépris et le cynisme que le gouvernement et le régime en place au Togo affichent à l’égard des laborieuses populations togolaises ». L’arrêté du 1er décembre 2004 constitue une hausse de trop imposée aux Togolais, après les augmentations en série des prix notamment de l’eau, de l’électricité, du téléphone, etc., depuis la dévaluation du F CFA, sans le moindre ajustement conséquent des salaires, des pensions et des bourses d’études, ont-il souligné.

Au-delà de tous les commentaires, il y a lieu de s’interroger pourquoi cette manifestation a fait l’objet de tant de manœuvres d’intimidation, notamment le changement d’itinéraire, la montée au créneau des liseurs de motion et la diffusion des tracts de menaces.

Initialement prévue pour débuter au château de Bè et aboutir au stade de Béniglato en passant par le Boulevard F.H. Boigny, le boulevard circulaire, le boulevard de la République et le boulevard circulaire, la marche s’est vue  imposée par le gouvernement un nouvel itinéraire. Celui-ci part du château de Bè pour s’achever au même lieu de chute mais en empruntant l’avenue de l’Entente, le boulevard circulaire, la fontaine lumineuse, l’avenue de La Libération, le Fréau Jardin, l’avenue de la Nouvelle Marche, la rue de la gare, le boulevard de la République et le boulevard circulaire.

L’autre surprise est l’apparition sur nos écrans de ces liseurs de motions se réclamant des syndicats de transporteurs et de taxi-motos mais qui s’en prennent à ceux qui ont eu le courage de faire ce que ces soi-disant syndicats étaient supposés faire pour défendre leurs propres intérêts et ceux des populations. Quel contraste ?

Venons-en aux tracts. Pourquoi cherche – t – on à empêcher par des menaces une marche pacifique dans un pays qui se veut démocratique ? Qui sont les auteurs de ces tracts qui en réalité sabotent sans le savoir la politique du pouvoir toujours prêt à clamer sur tous les toits que le Togo est un Etat de droit ? L’honnêteté politique  voudrait que le gouvernement ouvre une enquête pour démasquer ces auteurs et prouver sa bonne foi.

A toutes ces gesticulations, il convient d’ajouter la couverture de la manifestation par la TVT qui s’est particulièrement illustrée  dans un travail parcellaire et partisan : le cameraman ne voyait pas souvent la foule (puisque le journaliste ne parlait que de cinq cents) mais seulement des badauds et quelques zémidjans. A la lecture de la déclaration, il s’est contenté de fixer le lecteur sans prendre soins de balayer autour de lui les "cinq cents" manifestants constatés par le journaliste comme cela se fait d’habitude pour les marchés du RPT. Au même moment, la TV7 (télévision privée) montrait une foule de marcheurs accompagnant les leaders des 4 partis politiques et scandant des slogans pour exprimer leur ras-le-bol. Vive la presse privée.

Faut-il alors conclure qu’il y a eu deux marches : l’une pour la TVT avec ses « cinq cents marcheurs, et l’autre pour l’opposition rapportée par la TV7 ? Où est donc le professionnalisme que martèle matin et soir le ministre de la Communication, M. Pitang Tchalla ? »

Honte aux syndicats des transporteurs
« Dans notre parution précédente, nous dénoncions l’intoxication des syndicats de conducteurs de véhicule et de taxi-moto face à la hausse des prix des produits pétroliers. Nous avons même devancé les évènements en annonçant une éventuelle marche de soutien au chef de l’Etat pour ses bienfaits.

Et oui, à peine nous avons fini de le dire que nos syndicats se sont mis à l’œuvre. En effet c’est la FSTAMO (Fédération Syndicale des Conducteurs de Taxi-Motos – Kpalimé) qui a ouvert le banc le vendredi. Ils ont marché de Kpalimé jusqu’à Lomé II pour témoigner leur reconnaissance au président Eyadema pour sa clairvoyance en augmentant les prix des produits pétroliers. Il ne leur restait qu’à demander au maître des lieux d’en faire davantage pour le bonheur du peuple. Le lendemain, c’est le tour des syndicats des conducteurs de véhicules de dénoncer la récupération politique des ennemis du peuple, c’est-à-dire l’opposition (qui devrait organiser une marche de protestation et non de soutien comme on en a l’habitude), pour leur dire que la hausse des prix ne regarde que seul les syndicats de transporteurs. Comme s’ils sont les seuls à avoir des véhicules. Les fonctionnaires, les leaders des partis d’opposition et leurs militants vont-ils à pied ou à vélo ? S’ils veulent manifester c’est parce qu’ils sont manipulés par l’opposition, selon ces syndicats.


On dirait que nous sommes dans un monde entièrement à part ou rien n’est normal. Lorsque nos syndicats comparent le prix de notre pays aux prix des pays enclavés comme le Burkina-Faso, le Mali … ils feignent d’oublier que ces produits arrivent d’abord à Lomé et sont transportés ensuite jusqu’à destination. Même si les pays producteurs de pétrole leur en offraient gratuitement, le coût de transport fera que ces produits seront forcement vendus pour au moins amortir le transport. Et de plus les salaires des fonctionnaires de ces pays n’ont rien à avoir avec les salaires de misère que les gens gagnent ici.

Que dire de notre voisin de l’ouest, c’est-à-dire le Ghana qui a toujours un prix plus bas que le notre malgré son niveau de vie nettement supérieur au notre ?

Les responsables de nos syndicats doivent se prendre au sérieux car nous savons que leur rôle principale est de racketter les tickets auprès des conducteurs et mener un train de vie impressionnant avec plusieurs maisons, voitures climatisées, et plusieurs maîtresses, etc., alors qu’au même moment, leurs syndiqués végètent dans la misère avec leurs véhicules qui ne rapportent plus grand-chose. A entendre ce que disent les taximen, les zémidjans en ville, ils feront mieux de les défendre au lieu de défendre le gouvernement à travers des motions bidon qui n’engagent qu’eux-mêmes.

Dans tous les pays, lorsqu’il y a hausse de prix sur tel ou tel produit, les syndicats se mobilisent pour contraindre le gouvernement à revoir les choses. Le cas du Nigeria, un pays producteur de l’or noir, est édifiant.

Nos syndicats devraient avoir honte. Comment comprendre qu’au lendemain de l’annonce de l’augmentation des prix, ils se sont précipités d’appliquer les tarifs exorbitants à leurs clients. C’est du mépris !!!

Reprise du dialogue national : Un revirement ou une farce du gouvernement
Le chef du gouvernement, M. Koffi SAMA a rencontré à la salle Entente du CASEF le mercredi 15 Décembre 2004 les partis politiques et les membres de la société civile siégeant au dialogue national. Il s’agit des partis de l’opposition traditionnelle en l’occurrence le CAR, la CDPA, la CPP ; le PDR et l’UFC, des organisations de la société civile, notamment la GFD2 et du RPT parti au pouvoir.

L’ordre du jour de cette nième rencontre des acteurs politiques nationaux était : « l’étude du cadre électoral ». Il faut rappeler que c’est sur une divergence d’interprétation du « cadre électoral » que le dialogue national ouvert le 27 août 2004 et qui devrait permettre une sortie de crise en associant tous les acteurs de la vie socio-politique togolaise à la gestion de l’Etat, a été suspendu suite au refus du RPT de considérer tous les aspects qui gravitent autour du « cadre électoral ». Pour le RPT ce concept se réduit au seul code électoral.

Le PM a voulu, à cette nouvelle rencontre écouter les parties au dialogue national et notamment leur conception du cadre électoral. C’est sur cette base que le front CAR-CDPA-UFC a présenté sa préoccupation qui se résume en une série de propositions concrètes en onze (11) points essentiels. Il s’agit pour eux de trouver des solutions consensuelles concernant :

- la CENI et les structures électorales locales

- les conditions d’éligibilité aux différentes élections

- les cas d’incompatibilité avec le mandat de député

- le mode de désignation des sénateurs

- le mode de scrutin

- le découpage électoral

- le montant de cautionnement pour les diverses élections

- le recensement électoral

- le règlement du contentieux électoral

- l’observation des élections

- l’environnement institutionnel.

Les débats de la rencontre ont été axés sur cette plate-forme et après 4 heures de discussion, les travaux ont été suspendus et renvoyés à une date ultérieure. Le motif de cette suspension : le RPT estime que n’ayant pas pris effectivement connaissance du document il ne peut en discuter. Face à cette politique de fuite en avant propre au RPT, les participants au dialogue adoptent une attitude attentiste.

Pour le leader du CAR, Me AGBOYIBO « il faut absolument aller au-delà du code électoral lorsqu’on
parle du cadre électoral ». Au sujet de leur plate-forme, il a dit que certaines organisations et certains participants « ont réagit mais ni le RPT ni le gouvernement n’ont pour l’instant dit s’ils acceptent ou non les propositions, donc nous attendons leur réponse pour savoir si nous allons vers un code électoral accepté par tous ».

De son côté, le professeur Gnininvi, secrétaire général de la CDPA s’est réjoui que pour une première fois, le PM a daigné mentionner dans son invitation l’ordre  du jour de la rencontre. Pour lui, « le code électoral est une partie du cadre électoral et c’était un peu mettre la charrue devant les bœufs que de commencer à élaborer un code électoral sans avoir convenu des grandes idées qui doivent conduire à son élaboration. »

L’UFC se montre plutôt prudente face à l’attitude du RPT fidèle à sa politique de diversion et de fuite en avant et celle de vouloir gagner du temps.

Les alliés du pouvoir (CPP et PDR) sont confiants. M. Sanvee de Tové de la CPP reconnaît que les partis ont une compréhension plurielle du cadre électoral. Il sera question, estime-t-il d’étudier les propositions faites par les autres partis pour que prochainement nous puissions aller « à l’utile, au nécessaire et à l’urgent » dans la réalisation rapide des 22 engagements.

Au regard de cette rencontre, on se demande si le gouvernement revient à de meilleurs sentiments ou si c’est une farce ? Un revirement serait à notre entendement salutaire pour tous car il permettrait d’aboutir à un consensus sur le cadre électoral acceptable par tous les partis et de nous acheminer ainsi vers des élections libres, transparentes, crédibles et démocratiques. Ce qui amènerait nos partenaires à refaire confiance à notre gouvernement pour une reprise pleine de la coopération.

Dans le cas contraire, le Togo se prédispose à perdre 20 millions d’euros des 40 promis au titre du 9ème FED dont l’allocation sera réalisée « une fois que sera défini un cadre électoral transparent et démocratique accepté par toutes les parties ». Il faut rappeler que les fonds dont devait bénéficier notre pays s’élevaient à 100 millions d’euros. Mais ce montant a progressivement chuté depuis trois ans, conformément à l’accord de Cotonou qui prévoit que tout pays dont l’aide est suspendue pour déficit  démocratique et non respect des droits humains, voit sa part réduite de 20% par an.

Nous espérons que le gouvernement s’est engagé dans une   phase de non retour dans la résolution de cette crise car le compte à rebours a commencé. Le Togo qui a déjà perdu 60 millions d’euros, ne dispose que de moins de deux semaines pour sauver 20 millions sur les 40 millions d’euros restants. L’Union Européenne moins encore le peuple togolais ne se laissent plus flouer par le folklore. Il faut passer aux actes ; le patriotisme doit prendre le pas sur nos intérêts partisans afin de soulager le peuple longtemps meurtri .

Commission anti-corruption :   M. Assiongbon Folivi sur la défensive
Suite à notre article intitulé : « Qui peut arrêter les dérives de M. Assiongbon Folivi ?» paru dans LA DEPECHE N° 253, du 08 décembre 2004, nous avons enregistré des réactions tous azimuts du Président de la Commission anti-commission.

Premièrement Monsieur Folivi nous a dépêché d’urgence un de ses collaborateurs en la personne de l’officier de police KASSANG avec qui nous avons eu une séance marathon. Les échanges entre l’envoyé de la Commission avec notre directeur de publication ont porté sur les accusations contre les responsables de la CCIT en général et l’ancien secrétaire général, M. TCHOHOU en particulier.

Au cours de cette rencontre, M. KASSANG a présenté un document dans lequel on retrouve des cas de mission qu’il qualifie de malversation. Dans ce document, on retrouve les missions effectuées par l’ancien Secrétaire général de la CCIT à Kara et à l’extérieur du pays.


La Commission trouve que la plupart de ces missions sont des missions privées et que surtout les provisions de route sont généralement dépensées, occasionnant des frais supplémentaires remboursés par la Chambre de Commerce.

Mais le paradoxe dans cette affaire, c’est que la Commission n’a pas pu démontrer que les documents relatifs à ces missions étaient faux ou falsifiés ou que ces missions n’ont jamais été effectuées dans le compte de la Chambre. Autrement dit, si ces missions sont décidées par la Chambre et dûment signées par le Président de cette Institution selon les règles régissant ses activités, alors que reproche-t-on à l’ancien Secrétaire Général, M. TCHOHOU ?

M. TCHOHOU pouvait-il refuser les missions qui lui ont été confiées par ses supérieurs ? Parcourir 1000 km en voiture aller et retour avec tous les risques d’accident que cela comporte, M. TCHOHOU mérite-t-il cette humiliation ?

Toutes ces interrogations nous laissent perplexes sur les accusations de la Commission.

Si la Commission avait découvert des cas avérés de malversation, ou mieux si elle nous démontrait que les ordres de mission étaient falsifiés par M. TCHOHOU, le journal La Dépêche devrait la féliciter.

Au-delà de tout, il y a lieu de s’interroger : un audit qui coûte en 10 jours 23 millions de francs pour une somme de 30 millions de francs détournée en  4 ans, si détournement il y a, étant donné que les justificatifs présentés ne sont pas convaincants !.

Quelle procédure comptable le cabinet Marseillais et la Commission anti-corruption ont-ils mis en place pour éviter des détournements au sein des sociétés auditées ?

Sur un autre registre, dans sa parution du 12 novembre 2004, le journal "Bonne Gouvernance" tout en publiant le droit de réponse de MM. TCHOHOU EGBARE  et BROUHM, invite La Dépêche et les autres organes de presse qui critiquent sa gestion de lui indiquer les gros poissons à prendre. La presse privée togolaise lui avait déjà ouvert des pistes. Par exemple lorsque l’audit international avait audité IFG, La Dépêche avait interpellé la Commission à publier les résultats de cet audit. A ce jour, rien n’a été fait. L’ancien PM Kodjo AGBEYOME avait également dénoncé dans son brûlot les malversations au niveau de l’IFG et du Port autonome de Lomé largement diffusées par la presse privée. La Commission ne s’est même pas gênée.

Au Port et à l’Aéroport de Lomé, les douaniers et les policiers se plaignent de l’évasion fiscale sous leurs yeux.  Des tonnes de marchandises qui sortent et entrent sans qu’on ne paye des taxes. Qui organise cette évasion fiscale qui tue notre économie ? M. Folivi et son équipe ne peuvent pas nous dire qu’ils ne connaissent pas les auteurs de cette évasion fiscale.

Que dire de l’Affaire Brasserie du Bénin révélée par les journaux Forum de la Semaine et Motion d’Information ?


Si la Commission voulait collaborer avec la presse privée, lors de la Journée mondiale de lutte contre la corruption, elle aurait pu inviter toute la presse et non les médias d’Etat seuls pour visiter la Commission.

Voilà donc des pistes d’or à explorer si M. Folivi se sent courageux. De deux choses l’une. Ou la Commission anti-corruption est créée pour rendre des comptes à des gens qu’elle cible (ce qu’elle fait si bien), ou elle met tout le monde au même pied d’égalité en ouvrant des débats publics sur sa gestion. Le président de la République a créé la Commission, certes mais c’est à la nation qu’il faut rendre des comptes car les membres de la Commission anti-corruption ne doivent pas perdre de vue  que leurs énormes indemnités proviennent des contribuables togolais.

Les femmes pasteurs et nous
Le Chef de l’Etat a tout récemment accordé une audience aux femmes pasteurs. Lorsqu’on se présente à Lomé 2 et que l’on n’a rien à dire, le mieux n’est-il pas de se taire ? L’on pourrait alors passer le temps aux causeries où l’on parlerait facilement de la pluie et du beau temps. De telles causeries à notre avis ne sont pas interdites à Lomé2 si le Chef de l’Etat a du temps.

Mais lorsque pour plaire au Président de la République, l’on prend l’intérêt à évoquer le passé politique du pays et à le comparer avec le régime actuel en accordant à ce dernier un avis très favorable, on tombe vite dans l’erreur et le débat reste ouvert. Et l’on sait que le passé politique du pays à chaque fois qu’on l’évoque, se confond avec le régime Olympio qu’on cherche à diaboliser uniquement pour obtenir quelques compensations matérielles du maître du séant.

Sylvanus Olympio a commis bien des  erreurs à la tête du pays mais le régime actuel en commet également ; en tout cas, il ne fait pas mieux que le régime précédent. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas l’admettre. Que dire de la corruption, de l’incurie, de laisser-aller qui règnent à tous les niveaux de notre administration ? Seul Dieu est parfait et ne se trompe donc jamais. A moins de nommer toute la population ministre du moins à de hautes fonctions, tout homme au pouvoir ne peut jamais donner satisfaction à tout le monde. Il y aura toujours des mécontents. Et l’on ne commet des erreurs au pouvoir qu’en croyant bien faire pour le bien être de la population. Aucun Chef d’Etat n’est animé de mauvaises intentions dans l’exercice de ses fonctions. L’histoire seule jugera.

Le temps de cesser de dénigrer l’ancien régime n’est-il pas sonné ? En fait que disent les femmes pasteurs en audience à Lomé 2 ? Elles y étaient pour remercier le Chef de l’Etat pour sa magnanimité et sa politique en faveur de la liberté de religion au Togo. Est-ce là une doléance qui mérite une audience chez le Chef de l’Etat ? Ces femmes n’ont-elles pas d’autres doléances plus préoccupantes et qui intéresseraient la politique générale du pays ? C’est de la flânerie à Lomé 2.

L’étonnement est grand lorsqu’on entend ces femmes ajouter que « Si autrefois, il était rare de voir au Togo une jeune fille faire des études, aujourd’hui il est presque banal de constater que des Togolaises effectuent de brillantes carrière, universitaires au pays comme à l’étranger ». A quel objectif répond une telle déclaration ? A quelle actualité faut-il la rattacher ? A vrai dire, elles ont fait perdre un temps précieux au Chef de l’Etat si c’est bien cela l’objet de leur audience.

Sous Sylvanus Olympio on a vu les émissaires du Chef de canton et ceux de Chef de village passer de maison en maison discourir sur le bien fondé de l’école et demander alors aux parents d’envoyer leurs enfants à l’école. C’est également sous Olympio que la dot telle qu’elle était traditionnellement pratiquée dans certaines contrées du pays a été supprimée. En pays Kabyè par exemple, on dotait les filles dès leur bas âge parfois même dès que l’enfant est encore au sein. La dot fut supprimée pour permettre aux filles d’aller à l’école. Que faire encore de mieux pour l’émancipation de la jeune fille ? Nos femmes pasteurs le reconnaissent-elles ?

Tout le problème du Togo d’aujourd’hui consiste à mettre le pays au travail. Le Chef de l’Etat ne vient-il pas d’inviter « les Togolais au travail rigoureux et bien fait » et aussi « à la tolérance ».


Mais peut-on encore demander aux Togolais de se mettre au travail quand on sait qu’il suffit de prendre part à une manifestation publique organisée par le parti au pouvoir pour avoir à chaque fois de quoi ne pas mourir de faim. Lorsqu’on mobilise une population – cas de la Chine au début de l’installation du régime socialiste – c’est pour participer à une tâche utile pour la société.

Le RPT peut mobiliser ses militants pour balayer nos routes qui deviennent de plus en plus sales. Mais ce parti préfère mobiliser ses militants pour aller chanter les louanges au Chef de l’Etat et en récompense ils reçoivent un peu de quoi avoir l’argent de poche. Peut-on demander aux Togolais d’être tolérants que le parti au pouvoir ne l’est pas. C’est au nom de la tolérance que Dahuku Péré et Messan Agbéyomé Kodjo sont exclus du RPT. C’est également au nom de la tolérance que les antennes et les colonnes de nos médias d’Etat sont ouvertes à des désœuvrés prétendus dissidents de l’opposition radicale qui passent le temps à jeter l’anathème sur les leaders qui refusent de regarder dans la  même direction que le RPT. Que dire de ceux qu’on avait entre temps  jetés en prison pour leur appartenance aux parties de l’opposition notamment à l’UFC ?

Un jour viendra où le RPT saura qu’il a secrété plus de mécontents que les partis d’opposition qu’il passe le temps à accuser de tous les maux. Ce jour n’est pas encore loin.

L’armée française et la répression en Afrique
Accusée d’avoir tout récemment commis des atrocités en Côte-d’Ivoire en donnant l’ordre à ses militaires de tirer sur les manifestants pourtant désarmés, la France se défend en faisant savoir que ses soldats n’ont agi qu’en situation de légitime défense. Peut-on accepter un tel argument alors que les militaires français n’ont pas été agressés sur leur propre territoire ? Mais quelle était l’intention du gouvernement français en intervenant militairement en Côte d’Ivoire ? Les militaires français y étaient-ils pour une quelconque parade humanitaire ? Entre les militaires français dotés d’armes lourdes et les manifestants ivoiriens aux mains nues, si légitime défense il y a selon l’argument du gouvernement français, force est de reconnaître que la riposte est  disproportionnée et n’a donc aucune valeur légitime.

En tout cas, ce n’est pas la première fois que les militaires français commettent de telles atrocités en Afrique noire. La répression des manifestants en Afrique noire par les soldats français a une longue histoire qui fait même l’objet d’une certaine chronocité :

1947
: une révolte menée par le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM) fut sauvagement réprimée dans le sang et le Mouvement fut dissous. Jean Roux témoigne : « … A Madagascar, nous assistons actuellement à un regroupement national autour des idées du MDRM dissous. Les cadres de ce parti ont tous été arrêtées et, a l’issue d’un grand procès à Tananarive, les responsables du MDRM sont à peu près tous condamnés à mort ou à de lourdes peines de travaux forcés et de détention… La  répression était telle que certains leaders de ce parti, mains et pieds attachés furent jetés dans les forêts sauvages à partir des avions… Le gouvernement français a, par la déclaration de son représentant le Haut Commissaire, reconnu officiellement en quelque sorte l’ampleur de la répression : 80.000 « rebelles » tués à la suite de mouvements insurrectionnels de mars 1947 pour 200 victimes européens… »

De 1956 –1961,
"les militaires français ont fait régner l’ordre au Cameroun." La répression s’abat en pays Bamiléké dont les victimes sont les membres de l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Max Bardet, un pilote d’hélicoptère raconte : «  Ils ont massacré de 300.000 à 400.000 personnes, un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les Bamilékés n’avaient aucune chance… Les villages avaient été rasés un peu comme Attila ».

Un journaliste, Charles Van Sanoitte, correspondant de Reuter à Douala décrit lui aussi «  le régime effroyable des camps de tortures et d’extermination » dont il a été témoin horrifié. Quelques exemples de tortures en pays Bamiléké, - la Balançoire : les patients, tous menottés les mains derrière le dos et entièrement nus, dans une pièce à peine éclairée, sont tour à tour attachés, la tête en bas, par les deux gros orteils, avec des fils de fer qu’on serre avec des tenailles, et les cuisses largement écartées. On imprime alors un long mouvement de balançoire sur une trajectoire de 8 à 10 mètres. A chaque bout, un policier ou militaire, muni d’une longue chicotte rigide d’un mètre, frappe d’abord les fesses, puis le ventre, visant spécialement les parties sexuelles puis le visage, la bouche, les yeux... Le sang gicle jusque sur les murs et se répand de tous côtés. Si l’homme est évanoui, on le ranime avec un seau d’eau en plein visage... L’homme est mourant quand on le détache. Et l’on passe au suivant.


Vers 3 heures du matin, un camion militaire emmène au cimetière les cadavres et une équipe de prisonniers les enterre nus et sanglant dans un grand trou... Si un malheureux respire encore, on l’enterre vivant...

- Le Bac en ciment : les prisonniers nus sont enchaînés, accroupis dans des bacs en ciment avec de l’eau glacée jusqu’aux narines, pendant des jours et des jours... Un système perfectionné de fils électriques permet de faire passer des décharges du courant dans l’eau des bacs. Un certain nombre de fois la nuit, un des geôliers « pour amuser » met le contact. On entend alors un hurlement de damnés, qui glacent de terr