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La dépêche fait un rappel
émouvant des exactions de l'armée
française en Afrique depuis 1947. Le bi-hebdomadaire
reprend ces quelques lignes de
Charles Van Sanoitte,
correspondant de Reuter à Douala.
Le faits se déroulent entre 1956 et
1961: «....Vers
3 heures du matin, un camion militaire
emmène au cimetière les cadavres et une
équipe de prisonniers les enterre nus et
sanglant dans un grand trou... Si un
malheureux respire encore, on l’enterre
vivant...
- Le Bac en
ciment : les prisonniers nus sont
enchaînés, accroupis dans des bacs en
ciment avec de l’eau glacée jusqu’aux
narines, pendant des jours et des
jours... Un système perfectionné de fils
électriques permet de faire passer des
décharges du courant dans l’eau des
bacs. Un certain nombre de fois la nuit,
un des geôliers « pour amuser » met le
contact. On entend alors un hurlement de
damnés, qui glacent de terreur les
habitants loin à la ronde. Les
malheureux, dans les bacs de ciment,
deviennent fous... Oui j’affirme que
cela se passe depuis des années
notamment au camp de torture et
d’extermination de Manengouba (Nkongsamba).
»
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"La Dépêche"
12-26-04
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LE COMBAT
du peuple N° 477
Du lundi, 20 décembre 2004
Relations Togo Union- Européenne : Le président
Eyadema a écrit au commissaire Louis Michel :
· La
Période des législatives déjà fixée
Titre à la Une notre confrère qui indique que,
depuis l’ouverture jusqu’à la clôture des
consultations entre l’UE et le Togo, le pouvoir
togolais sous l’impulsion du président Eyadema,
déploie des efforts incommensurables pour
obtenir la reprise de la coopération et ensuite
la matérialisation de cette reprise entre le
Togo et l’UE. Et c’est dans ses efforts pour la
reprise de la coopération que le confrère nous
apprend que le chef de l’Etat a adressé une
lettre au Commissaire européen Louis Michel
(lettre remise à celui-ci par le président de
l’assemblée nationale Fambaré Natchaba la
semaine dernière) après que celui-ci ait adressé
au gouvernement une lettre (dont Le Combat du
Peuple qualifie le ton de cavalier)
rappelant la position de l’UE.
Selon le confrère, le président de la République
apporte dans cette correspondance des réponses
aux préoccupations de l’UE.
C’est dans cette perspective,
indique le confrère que « le vote du projet du
code électoral qui était sur le bureau de
l’assemblée nationale a été reporté sine die,
permettant la reprise du dialogue avec la partie
radicale de l’opposition ». Pour le confrère, «
cette concession, même si elle est perçue dans
le camp de l’opposition comme une victoire, est
un signal fort qui montre la volonté politique
du président de trouver, coûte que coûte, une
solution et sortir définitivement de la crise ».
Par ailleurs, le journal
nous révèle que, « dans cette même lettre, la
période des futures élections législatives a été
fixée. Il appartient à la CENI qui sera bientôt
mise en place après le vote du nouveau code
électoral, d’en fixer définitivement la date.
En déterminant la période des
élections, le président a planté le décor. La
balle est donc dans le camp des experts
électoraux qui doivent gérer la suite ». Aussi
estime –t-il que cet esprit d’ouverture, cette
nouvelle dynamique, qui a permis « la rencontre
du 15 décembre courant au cours de la quelle
trois partis, le CAR, la CDPA et l’UFC ont
soumis des propositions à Monsieur le Premier
ministre au sujet du cadre électoral », une
nouvelle dynamique qui selon lui, doit être
encouragée.
A propos des propositions
des trois partis politiques, le confrère indique
que ce qui a retenu plus son attention, ce sont
les conditions d’éligibilité. Pour Le Combat
du Peuple, « cette s proposition démontre la
mauvaise foi de certains hommes politique
togolais. Car, le délai de résidence pour les
législatives a été prévu par la constitution de
1992. Cette disposition constitutionnelle a été
déjà appliquée en 1994 à l’UTD dont la victoire
de l’un des candidats élu a été purement et
simplement invalidée.
Qui plus est, cette disposition
existait bel et bien avant l’élection
présidentielle de 1993 à laquelle plusieurs
candidats de l’opposition ont pris part »
En tout état de cause, le
journal pense que, « l’opposition doit faire
très attention sur certains points d’autant que
lorsqu’on fait une loi pour un homme, la loi est
forcement mauvaise. De même lorsqu’on fait une
loi contre une personne, elle est fatalement
mauvaise. La propension délibérée de poser des
exigences, a priori, inacceptables par
l’adversaire, n’est pas de nature à permettre
une avancée dont tout le pays a urgemment
besoin, car si le Togo perd le bénéfice de 20
millions de dollars à cause de l’intransigeance
de certains politiciens en mal de stratégie
d’avenir, ceux-ci seront condamnés par
l’histoire »
Le
grand défi : La classe politique et le cadre
électoral : Les contours d’un dialogue de
sourds
Le Combat du
Peuple note que de
tous les engagements pris par le gouvernement
togolais pour résorber le déficit démocratique
dont on lui reproche, ce sont ceux qui portent
sur les questions politiques qui tardent à être
mis en œuvre, « non parce qu’il y a forcément
défaut de bonne volonté, mais tout simplement
parce que la classe politique n’a pas réussi à
accorder les violon en son sein ». Alors que,
pendant que les deux parties se tiraillaient,
le temps jouait contre le Togo qui doit fixer
avant la fin de l’année la date des élections
faute de qui, il perd 20 des 40 millions qui lui
sont alloués au titre du 9e FED.
« C’est une situation que nous avons toujours
dénoncée d’autant plus que la fuite de l’aide a
toujours été préjudiciable au Togo. La classe
politique aurait pu s’entendre sur un minimum
pour que le Togo n’en soit pas là aujourd’hui.
Le grand défi reste pour chacun de cerner les
contours du dialogue pour éviter des souffrances
aux togolais qui n’ont que des besoins vitaux. A
chacun de mettre de l’eau dans son vin »
Marche contre la hausse des prix de carburant :
Un flop : Une tempête dans un verre d’eau
* Seulement quelques
centaines de participants
En tout cas, c’est ce qui croit l’auteur de
l’article qui visiblement, ne partage pas
l’initiative des trois partis politiques.
« Il faut noter pour mémoire que
cette marche annoncée à grands renforts, de
tapages médiatiques a été un véritable flop. En
effet, cette manifestation n’a drainé que
quelques centaines de participants, moins d’un
millier selon de nombreux observateurs. Un signe
de démobilisation qui ne trompe pas.
Devant cette situation,
l’honnêteté intellectuelle nous commande de dire
que les partis de l’opposition ne font plus
recette. Les Togolais lassés par plusieurs
années de lutte sans résultat expriment leur
dépit et leur exaspération en refusant de
s’associer à des manifestations sans tête ni
queue et sans lendemains.
Certes, cette marche s’explique mais le mieux
serait qu’elle soit le fait des syndicats et des
associations de défense du pouvoir d’achat des
citoyens. De la sore, elle peut connaître une
suite à travers des discussions ultérieures avec
l’Etat. En revanche la récupération politique
que les partis politique UFC, CAR, PSR,
UDS-Togo ont tenté faire a enlevé à l’acte
toute crédibilité. Il faut retenir la leçon pour
l’avenir »
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Motion d"information
N'a
pas paru cette semaine
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AGNI L’ABEILLE N° 19
Du lundi, 20 décembre 2004
Un journal ivoirien fait des
révélations : Le chef de l’Etat togolais victime d’une escroquerie : 100
millions de FCFA Eyadema fâché, fait arrêter l’auteur principal et le jette en
prison
C’est un journal ivoirien Soir Info qui a
rapporté l’information. Selon ce confrère que AGNI reprend, deux jeunes gens
ivoiriens Coulibaly Ibrahim dit ‘’Coul’’ et Koné Guillaume Joseph dit
Dôgô’’, connus dans les milieux de la police ivoirienne pour leur implication
dans les affaires d’escroquerie, ont décidé de mettre en place un réseau en vue
de soutirer des millions au chef de l’Etat togolais. Pour réussir leur coup, ils
ont décidé de faire appel à un plus âgé qu’eux. Leur choix a porté sur le
chanteur Noël Dourey ; celui-ci devait jouer le rôle du colonel Touré ex-aide de
camp du président Houphouët-Boigny. L’opération commence par des fax qu’il
envoie au président de la République l’informant qu’un groupe d’individus se
prépare à Abidjan et à Ouga pour attaquer contre son pays. Et pour déjouer en
préparation, ils proposent 200.000.000F. Très sensible à ce genre d’infos, le
chef de l’Etat son émissaire à Abidjan avec une valise de 100 millions comme
avance. Après avoir reçu les cent millions, les trois individus se partagèrent
le magot et sablèrent le champagne. Après une enquête menée par les services de
sécurité togolais, il s’est avéré que ce coup n’était en réalité qu’une mise en
scène destinée à abuser de la magnanimité du chef de l’Etat togolais. C’est
ainsi que une stratégie a été mise sur pied dans le but d’arrêter ces jeunes
hommes. Selon Soir Info, c’est lors de l’un de ses voyages à Accra que le
président Eyadema, qui donné l’air de mettre au courant de rien appela en
personne Noël Dourey, sous le nom du colonel Touré pour lui demander d’effectuer
en compagnie de ses amis le déplacement à Accra en vue de leur dire merci.
C’est alors que le faux colonel Touré fut arrêté.
« A la lecture de cet article du journal paru sur le site abidjan.net et sur
information d’un confrère ivoirien, nous avons poussé nos investigations pour en
savoir davantage sur cette sulfureuse affaire d’escroquerie. Une source proche
du pouvoir a reconnu les faits. Donc il ressort que les informations publiée par
le confrère sont vraies. L’artiste ivoirien devenu un escroc croupi à la prison
de Lomé. Seulement le journal ne mentionne pas le cas de Coulibaly Ibrahim qui a
été arrêté en même temps que lui au Ghana », indique AGNI.
Malgré
les menaces, les intimidations et le changement
d’itinéraire, la marche de l’opposition a eu
lieu
Le journal rapporte
la marche de samedi 18 décembre dernier
organisée par quatre formations politiques pour
protester contre la hausse des prix du
carburants.
Après une tentative de braquage sans
succès : 4 malfrats Ibos abattus à Klouvi et Bè-Kpota
Lit-on à la Une de notre confrère avec des images de
deux malfrats abattus. La scène s’est déroulée le dimanche dans ce quartier
populaire de Lomé. Selon le journal qui rapporte les faits, les quatre malfrats
d’origine nigériane, les Ibos en l’occurrence ont pu être abattus grâce à la
conjugaison et à la vigilance de la population et des forces de l’ordre.
Décès d’une militante de 1ère
heure de l’UFC :L’opposition radicale a perdu une combattante, la ‘’dame de
fer’’ Johson Laetitia
Le journal nous apprend que celle qui faisait bouger
l’opposition lors de ses différentes activités vient de tourner le dos. Elle ne
pourra plus, dit-il, crier ‘’helou’’ comme ce fut le cas en 1998 aux
lendemains des élections Et le journal de faire un bref rappel de son engagement
politique jusqu’à son exil en 2003. Selon notre confrère, la militante Laetitia
sera conduite à sa dernière demeure le 22 décembre 2004 à Agouégan dans la
préfecture des Lacs
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LE REGARD N° 418
Du mardi, 21 décembre 2004
Eyadema tente d’influencer le Commissaire
Européen
Titre à la Une Le Regard. En page
intérieur notre confrère publie une photo de
Louis Michel sur une grosse moto piquée sur le
site Internet du gouvernement togolais, en haut
de la photo, il est écrit : Le Togo vous
souhaite bonne arrivée. C’est expressif
« Après avoir fêté bruyamment la prétendue
reprise de la coopération, l’Etat RPT a
entrepris une offensive diplomatique intense
pour tenter d’obtenir le déblocage des fonds du
9ème FED sans respecter les
conditionnalités contenues dans la lettre du 15
novembre pour laquelle il avait dansé et sacrifié
des vies humaines le 20 novembre. Ainsi, le
pouvoir RPT observe l’attitude de quelqu’un qui
veut aller au paradis sans passer par la mort.
Les autorités togolaises croient que l’arrivée de
Louis Michel à la tête de la Commission au
Développement et à l’Aide Humanitaire constitue
un boulevard à exploiter et qu’il suffit de le « séduire »
pour obtenir ce qu’elles veulent.
C’est ainsi que ces derniers temps, des
émissaires du pouvoir togolais se sont rendus à
Bruxelles pour tenter d’influencer Louis Michel.
A Koffi Sama, le Commissaire européen avait dit
qu’il faut discuter du cadre électoral avec
l’opposition. Après le Premier ministre, Natchaba
a pris le relais pour transmettre une lettre du
chef de l’Etat à Louis Michel. Pris au piège des
faucons du régime qui s’activent à maintenir leur
privilège vaille que vaille, le Timonier aurait
signifié à Louis Michel que son gouvernement a
fait l’essentiel et que ce sont les trois partis
CAR, UFC, CDPA qui bloquent tout et prennent
le peuple togolais en otage. A Bruxelles, on
est étonné d’entendre ce discours qui insinue
l’influence des partis dont on dit pourtant
qu’ils « ne représentent rien ». Cet
argument n’est pas pris au sérieux. En revanche
un document de l’UFC retraçant les dessous des
modifications de la loi électoraleet de la
Constitution a « ouvert les yeux » aux
décideurs de l’UE qui minimisaient l’ampleur de
la magouille programmée. Le Général Président,
indique t-on à Bruxelles, voulait convaincre son
interlocuteur de l’impossibilité de réaliser un
cadre électoral dans les délais avec ces trois
partis qu’il considère comme des « ennemis du
peuple ». La réponse obtenue par Natchaba
n’aurait pas comblé les attentes du « Guide
Eclairé ».
Edem Kodjo et Zarifou Ayéva entrèrent alors dans
la danse. Les deux anciens ministres d’Eyadema,
hier opposants et aujourd’hui, métayers de l’Etat
RPT auraient tenté de solliciter une audience
auprès de Louis Michel pour lui expliquer le bien
fondé des préoccupations du gouvernement
togolais. Selon nos sources, Edem Kodjo aurait
mis en avant son titre d’ancien Premier
ministre et d’ancien Secrétaire Général de l’OUA.
Même flanqué de M. Ayéva qui raconte à qui veut
l’entendre qu’il maîtrise mieux que quiconque les
rouages de la Commission européenne, le « Roi »
Kodjo n’a pu rencontrer Louis Michel.
Il apparaît donc que la rencontre sur le cadre
électoral n’était qu’un folklore de plus parce
qu’on ne peut pas considérer à l’avance qu’il
est impossible d’aboutir à un consensus avec
l’opposition et faire semblant de dialoguer avec
cette même opposition. Les trois partis
politiques ont jugé nécessaire d’informer le
Commissaire européen de l’attitude de la
mouvance présidentielle qui cherche à obtenir le
reliquat du 9ème FED sans satisfaire
aux conditions énoncées par l’UE.
On raconte que le chef de l’Etat aurait fixé une
date mettant ainsi la charrue avant les bœufs.
Cette démarche ne peut qu’être interprétée comme
une astuce visant à obtenir le « beurre et
l’argent du beurre ». Les « ennemis du
peuple » ont fait onze petites propositions
abandonnant ainsi l’exigence de la restauration
de l’Accord Cadre de Lomé. Une journée marathon
suffit pour réaliser un consensus autour du cadre
électoral si le gouvernement est véritablement
animé de bonne volonté. Si d’aventure notre pays
perdait les 20 millions d’Euros le gouvernement
en assurera l’entière responsabilité pour avoir
passé tout le temps à amuser la galerie. Il est
plus facile de respecter les conditionnalités
pour obtenir l’aide de l’UE que d’obtenir ce
qu’on veut en empruntant des sentiers
parallèles. Les décisions à l’UE ne dépendant
pas du Commissaire Européen qui, seul, ne peut
influencer aucune décision. Il faut le savoir et
aller à l’essentiel ».
Suite du dialogue de sourds :Le Gouvernement
coincé par 11 propositions de trois partis
« Le Premier ministre
Koffi Sama a malgré lui, convoqué les partis de
l’opposition traditionnelle pour discuter du
cadre électoral, le mercredi 15 décembre dernier.
Pendant cinq heures, les participants ont bavardé
et se sont séparés sans rien sortir de concret.
Il faut signaler que la proposition remise par
les trois partis (CDPA, UFC, CAR) a embarrassé et
pris à contre-pied les représentants de l’Etat
RPT et ses alliés qui se seraient préparés pour
humilier leurs adversaires. Selon Me Agboyibo, ni
le RPT ni le gouvernement n’ont dit s’ils
acceptent les propositions ou s’ils les
rejettent. S’il ressort que les divergences
subsistent au sujet du sens à donner au cadre
électoral, les représentants de la CPP Aïdam
Cornelius et du PDR, (ex dissident du CAR),
Kolani Henri en vrais métayers du pouvoir RPT
optant pour la fuite en avant, ont à mots
couverts, rejeté les propositions des trois
partis en écartant d’emblée la constitution du
cadre électoral avant l’examen des propositions.
Dans la salle, les représentants de Edem Kodjo et
Zarifou Ayéva s’en prenaient au groupe des trois
à la place du RPT.
Mais en lisant le communiqué du porte-parole du
gouvernement, on sent une dose d’embarras et
d’amertume. Ce n’est pas de gaieté de cœur que M.
Pitang Tchalla et ses collègues barons qui se
croient suffisants et qui ont tendance à dévaluer
et à minimiser l’influence des trois partis se
retrouvent devant ces derniers pour discuter de
ce que leur gouvernement a passé tout le temps à
rejeter.
Au moment où nous mettions sous presse, on nous
signale que les faucons du régime suggèrent le
rejet en bloc des onze propositions du trio (CAR,
UFC, CDPA). Ils seraient encouragés en cela par
la CPP et le PDR. Selon le communiqué du
gouvernement « les autres partis politiques
ont fait remarquer que ni la constitution ni le
médiateur ne font partie des 22 engagements
souscrits par le gouvernement le 14 avril à
Bruxelles ». A y voir de près, ce
raisonnement est d’autant plus farfelu qu’il
dénote du refus délibéré de la discussion sur le
vrai problème du processus électoral. Qu’on se le
rappelle : après avoir charcuté le code électoral
consensuel, l’Assemblée Nationale RPT a rapporté
les modifications correspondantes dans la
constitution. C’est connu de tous, la
constitution est la Loi des lois. Si l’on se
contente seulement de revoir le code en le
débarrassant de certaines dispositions alors que
ces mêmes dispositions se retrouvent dans la loi
fondamentale, on n’aura rien fait parce qu’en
définitive, c’est la constitution qui prime. Les
points visés par les propositions du trio (CAR,
CDPA, UFC) se retrouvent également dans la
constitution.
-
Le mode de scrutin qui passe à un tour
aussi bien pour la présidentielle que les
législatives (cf art. 176 et 193 de la loi
modificative du 7 février 2004 et art.51 et 60 de
la loi constitutionnelle modificative du 31
décembre 2003).
-
Le parlement qui passe à deux chambres (cf
art. 51 de la loi constitutionnelle modificative
du 31 dec. 2002
-
Les prérogatives du chef de l’Etat qui
sont renforcées, (cf art. 64, 66, 67, 71, 77 et
81 de la loi constitutionnelle modificative du
31 dec.2002.
-
Des mesures d’exclusion à l’encontre des
candidats potentiels qui sont introduites :
nationalité, délai de résidence, contraintes
forcées à l’encontre des avocats, etc, (cf art.
170 ; 209 de la loi modificative du 7 fév. 2003
et art.5 de la loi modificative du 9 octobre
2003 ; art. 62 de la loi constitutionnelle
modificative du 31 déc. 2002).
-
Le suffrage indirect qui est introduit (cf
art N°2 de la loi électorale modificative du 7
janvier 2003)
-
La nomination des tiers des membres du
Sénat par le chef de l’Etat (cf art52 de la loi
constitutionnelle du 31 décembre 2002)
-
La limitation du mandat présidentiel à
deux quinquennats qui est supprimé (cf art. 59 de
la loi constitutionnelle modificative du 31 dec.
2002.
-
La commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI) qui est dépouillée de ses
prérogatives d’organisation des élections et
réduite à une instance de décorum, (cf art. 11 du
projet de loi, dit d’amendement adopté en conseil
des ministres le 27 octobre 2004)
-
Le ministère de l’intérieur, responsable
des fraudes et irrégularités en 1998 et en 2003
qui est consacré organisateur des scrutins
(art.40 du projet de loi adopté en conseil des
ministres le 27 octobre 2004).
-
Etc.
On ne saurait donc discuter du
code électoral sans viser tout ce qui touche
aux
élections dont la constitution, à
moins d’opter pour la politique de l’autruche.
Un autre problème non moins profond se situe au
niveau du règlement des points de désaccord au
sein du cadre électoral. Dire que « le Premier
ministre a constaté que le cadre constitué par
les six partis politiques et deux associations
féminines n’est plus remis en cause » ne
règle pas du tout le problème. Parce qu’à ce
jour, les participants à ce dialogue ne sont
jamais parvenus au moindre consensus sur la
procédure de règlement de points de divergence.
Le cadre du dialogue a une configuration. D’un
côté, le RPT et ses alliés CPP et PDR, de
l’autre, le CAR, la CPDA et l’UFC. Il n’a jamais
été convenu comme l’a souvent laissé croire le
porte parole du gouvernement que lorsqu’il y a
divergence, le RPT doit l’emporter en comptant
sur les autres participants acquis à sa cause au
nom d’une fausse majorité imposée. De plus, c’est
bien beau de crier sur tous les toits que « le
médiateur ne fait pas partie des 22 engagements ».
Mais ce que personne ne peut nier, c’est que le
Premier ministre n’est pas habilité à trancher
lorsqu’il y a divergence entre l’opposition
traditionnelle d’une part et le RPT et ses alliés
de l’autre. Koffi Sama qui est lui-même du RPT ne
peut être juge et partie. Tout ce qu’il fait est
en faveur de son parti. Si l’on refuse l’idée de
médiateur sans trouver à l’avance le moyen de
régler des points de divergence, ce sera parti
pour un dialogue de sourds.
L’autre désaccord qui subsiste tourne autour de
la destination ou de l’usage que fera le
gouvernement des 11 propositions soumises par les
trois partis. Le gouvernement considère ces
propositions comme de simples suggestions à
verser au dossier alors que les initiateurs les
considèrent comme des points de préoccupation à
prendre en compte. Les trois partis considèrent
qu’il n’est pas question pour eux de se poser
en métayer de l’Etat RPT comme le sont la CPP et
le PDR. Il va sans dire que c’est lorsqu’on
règlera tous ces problèmes et qu’on se mettra
d’accord sur les modalités et les procédures de
règlement des points de divergence que le
dialogue véritable aura lieu pour déboucher sur
des résultats satisfaisants. Sinon on continuera
à tourner en rond et à mentir à soi-même en
croyant abuser les communautés nationale et
internationale ».
Un
‘’aventurier politique’’ au dialogue ‘’gnassional’’
« Je vous renvoie à
la lecture des 22 engagements. Ce n’est indiqué
nulle part qu’on pouvait reprendre la
constitution à ce niveau des discussions. Je
répète que dans l’entendement du
‘’législateur de l’Union Européenne’’,
c’est que qui trop embrasse mal étreint. On
estime que si nous embrassons tous les problèmes
en même temps, nous n’irons nulle part. Donc la
sagesse a voulu qu’on prenne les choses étapes
par étapes ».

Ce ne sont pas les propos d’un
liseur de motion RPiTeuse. Ça vient de Cornelius
Aïdam, l’un des gueulards de la Conférence
nationale « venus de France » qui avec
Antoine Folly s’étaient illustrés par leurs
propos particulièrement haineux et incendiaires à
l’égard du Général Eyadema et son régime. (A vos
archives). Aujourd’hui, 3ème
vice-président de la CPP et coursier de Edem
Kodjo, l’homme n’arrête pas d’exprimer des
positions qui témoignent qu’il était de ceux-là
que Gnassingbé Eyadema qualifiait
d’aventuriers politiques, c’est-à-dire, ces
petits politiciens tombés dans la politique par
hasard et qui ne savent pas ce qu’ils font. Dans
le cas d’espèce, Aïdam Cornelius aurait pu
justifier sa position sur le cadre électoral en
avouant que les propositions des autres partis de
l’opposition mettent en péril un certain « deal »
qu’il y a entre son parti et le parti « gnassional ».
Est-il écrit quelque part dans les engagements
qu’il faut aller étape par étape ? Est-ce parce
que dans les 22 engagements on ne parle pas de
constitution qu’il faut y laisser figurer des
dispositions correspondantes à celles qu’on
pourrait être amené à revoir au niveau du code
électoral sachant bien que la loi fondamentale
prime sur toute autre loi ?
Il y a d’autres manières
d’exprimer son soutien à un régime qu’on s’est
plu à vilipender parce qu’on est pressé de vite
manger ».
Qu’a-t-on
fait des images du débat ?
Dans l’un de ses
communiqués qu’il a l’habitude de concevoir pour
vilipender ses adversaires, le politicien Pitang
Tchalla avait dit que l’opposition a refusé que
les débats soient enregistrés pour l’histoire.
Mais avec le charcutage des images de la
rencontre du 14 octobre, tout le monde a compris
qu’il visait un but inavoué puisque
l’enregistrement a été falsifié, amputé et monté
pour être envoyé à Bruxelles pour les besoins de
la cause.
Lors de la dernière rencontre,
Pitang Tchalla et ses collègues ont refusé que
les débats soient retransmis en direct pour
éviter toute manipulation. De même, ils avaient
refusé que les journalistes de la presse privée y
assistent. Et lorsque par précaution, il a été
proposé qu’une sorte de comité mixte s’assure que
les images sont fidèlement enregistrées avant
leur retransmission sur les médias (ce que Koffi
Sama aurait même approuvé), le ministre de la
communication s’y était opposé, estimant qu’il
n’appartient pas aux politiciens d’indiquer aux
professionnels des médias, ce qu’ils doivent
faire. L’enregistrement des débats qui ont duré
cinq heures n’a pas été rediffusé sur la TVT.
Dans les milieux proches de l’opposition, on ne
doute pas que Pitang Tchalla ait, comme à son
habitude, falsifié l’enregistrement à des fins
de manipulation et que la non diffusion des
débats sur la TVT vise à éviter que les
participants et les téléspectateurs ne constatent
les dégâts
Le
secret du cadre électoral
Des juristes de haut
niveau ont étudié les modifications apportées à
la constitution et au code électoral togolais
pour parvenir à une conclusion révélatrice des
réelles intentions des charcutiers de la loi.
Le verrouillage du processus électoral se
situe à deux niveaux :
1-
Pour rendre facile les fraudes en amont,
les partis de l’opposition sont
exclus de la commission
des listes et cartes. Le RPT, aidé par ses
militants chefs traditionnels y sont
omniprésents, pour respecter des consignes
données.
2-
Si l’opposition parvenait à déjouer la
fraude matérielle, elle n’y pourra rien
devant la fraude
juridique : si elle remportait même 80 sièges
sur 81 à l’assemblée, d’abord la constitution
toilettée autorise le chef de l’Etat à nommer
Premier ministre qui il veut et en dehors de la
majorité parlementaire. Ensuite, les députés
n’auront aucune valeur parce que le Sénat est
armé pour bloquer les lois de l’Assemblée. Dans
ce Sénat, le RPT s’est octroyé une majorité avant
toute élection. A partir du moment où le chef de
l’Etat nomme le 1/3 des membres du Sénat, il
suffit que le RPT gagne les locales dans
seulement huit des trente préfectures pour avoir
la majorité.
Conclusion, avec le code
électoral issu du toilettage, si l’opposition
gagnait par miracle, la Constitution est là pour
l’empêcher de jouir de sa victoire. Alors, à quoi
cela sert d’aller à des élections pour gagner et
ne pas pouvoir exercer son pouvoir de décision ?
Aller aux législatives sans revoir ces deux
verrous, c’est comme on dit chez nous, « verser
de l’eau sur le dos du canard ». Et si à
l’Union Européenne on insiste sur le cadre
électoral, c’est en considération de cette
situation »
La marche de protestation
sur fond d’intimidation à Lomé
Après avoir rendu
compte de la marche, notre confrère, note :
« A défaut de pouvoir interdire la marche, parce
que sous pression de l’engagement 3.3, le
pouvoir togolais a tenté de dissuader la
manifestation. Tout avait commencé par la
conférence de presse du Ministre du commerce M.
Tankpadja Lalle qui a fustigé les organisateurs
de la marche. Durant deux jours des individus se
réclamant de syndicats de transporteurs ont
défilé sur la TVT pour menacer tous ceux qui
prendront part à cette manifestation. Des tracts
menaçant avaient même circulé dans la ville de
Lomé ».
Et dans
des brèves sur cette manifestation, notre
confrère écrit :
La manif qui dérange
« Lorsque le RPT
déploie des moyens énormes pour organiser des
marches de soutien achetées, l’opposition
n’éprouve aucune inquiétude et ne fait aucun
bruit là-dessus. Mais il a fallu l’annonce d’une
manifestation de protestation pour faire passer
des nuits blanches aux tenants du régime.
A défaut de pouvoir interdire la
marche de l’opposition, le gouvernement, pris de
panique, a multiplié des gesticulations en
faisant intervenir ses « bitosards » pour
dissuader la marche. On raconte que des barons
n’ont pas fermé l’œil dans la nuit du vendredi à
samedi comme si le ciel allait leur tomber sur la
tête. La radio et la télévision ont été mises à
contribution pour vilipender les organisateurs.
Le Président de l’assemblée nationale est même
allé jusqu’à affirmer que cette manifestation est
‘’antinationale’’ peut-être parce qu’en
bon profiteur du Togo, il y a des lustres qu’il
n’a plus payé du carburant de sa propre poche. La
manif a été dévaluée médiatiquement au journal
télévisé pour faire croire au Timonier que ce qui
s’est passé est insignifiant.
Mais à voir la manière dont les tenants du
pouvoir RPT ont été pris de panique suite à
l’annonce de cette marche, on se demande s’ils ne
finiront pas par se suicider ou quitter le pays
si l’opposition multiplie des marches de
protestation aussi bien à Lomé qu’à l’intérieur
du pays au nom de l’engagement 3.3. »
Zéro mort, zéro blessé
« ‘’On marche quand
ça ne marche pas’’. La marche du 18 décembre
dernier n’avait rien de commun avec celle du 20
novembre au cours de laquelle, les organisateurs
ont sacrifié des vies humaines sur l’autel de la
désinformation. La marche du 18 décembre n’était
ni achetée ni forcée encore moins l’expression
d’une joie mensongère. A 13 heures 13mn, on n’a
enregistré aucun mort, ni aucun blessé.
Contrairement à ce qu’avait fait l’Etat RPT,
aucun responsable de l’opposition n’a dépensé des
millions de FCFA pour organiser la marche. On
n’a pas sorti des notes circulaires pour obliger
des travailleurs à marcher. Personne n’a non plus
mis des gros camions à disposition pour aller
ramasser des gens à l’intérieur du pays pour les
déverser à Lomé comme le RPT a l’habitude de le
faire. Est-ce donc parce que les tenants du
pouvoir RPiTeux sont conscients que les marches
de l’opposition sont volontaires et non achetées
qu’ils s’agitent à la moindre rumeur ? »
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AKEKLE LE
SCORPION N° 251
Du lundi, 20 décembre 2004
Rumeur
malveillante ou réalité : Small Poppy a
engrossé deux filles Vrai ou faux ?
Se demande notre
confrère qui, pour infirmer ou confirmer ces
rumeurs, a approché l’artiste de la chanson de
Hip-Hop Lawson Latévi Elolo alias
Small Popy. Il ressort de l’entretien
que notre confrère a eu l’artiste, qu’il s’agit
e’une rumeur répandue par des esprits
malveillants qui veulent nuire à la renommée du
jeune artiste. « J’ai effectivement appris comme
vous la rumeur de mauvais goût qui a circulé
autour de moi. C’est la Radio Kanal FM qui fut
la 1ère à répandre ces inepties….Je
voudrais insister pour dire que tout est faux !
J’ai actuellement une copine et c’est avec elle
que je fais des projets. Que vais-je lui dire si
je posais un tel acte comme on se plaît à me
coller ?… Non, soyons sérieux ! Quel objectif
veut-on atteindre en me jetant an pâture à ces
nombreux fans de la musique Hip Hop,
ces jeunes qui me
considèrent comme leur idole ? Je rassure mes
fans que Small Popy est resté et
reste le Small Popy qu’ils connaissent et je ne
me permettrai pas un tel écart dans ma vie » a
déclaré le jeune artiste à notre confrère. Il
est donc clair que le tout ‘’Petit Chiot’’
Small Popy n’a pas accompli la sale
prouesse qu’on voulait lui coller. Engrosser
trois filles au même moment peut paraître une
prouesse élogieuse dans certains milieux mais
pour ce jeune artiste qui fait la joie et le
plaisir des tous petits, ce serait une faute
trop vulgaire et donc impardonnable pour ses
fans », conclut le journal
Vol à
mains armées à Gbenyedji dimanche matin : Grâce à
la collaboration entre les forces de l’ordre et
la population 4 Ibos abattus, un passant atteint
par balles
Il s’agit de l’affaire
évoquée plus haut par le confrère AGNI. A
la Une de son édition, Akeklé publie les images
des quatre malfrats abattus et l’arsenal
découvert sur eux. Et notre confrère de jeter des
fleurs aux forces de l’ordre pour la rapidité
avec laquelle ils ont riposté à ces malfrats.
Egalement il remercie la population pour son
attitude qui a permis de mettre hors d’état de
nuire des gangsters.
La police
togolaise fait des prouesses à encourager :
Les
assassins de la dame Afolabi Amina épouse du
commissaire Agbotsé sont découverts
Cette affaire a été
largement traitée la semaine par certains
confrères. Il semble, qu’en fait, il s’agit d’un
véritable bitos ; la dame, mise en cause dans
cette affaire d’assassinat de Mme Afolabi que
certains confrères ont rencontrée à son domicile,
s’étonne de la médiatisation de l’affaire.
Personne ne peut comprendre ce qui se passe
autour de cette affaire que certains confrères
ont fait leur chou gras
Au
marché d’Akodessawa, la mère d’un bébé vole des
pagnes
« Le mercredi 15
décembre dernier, dans le marché d’Akodesséwa,
une jeune femme d’une trentaine d’années a dérobé
un tas de pagnes. Elle a aussitôt arrêtée par la
propriétaire qui a constaté le vol. La voleuse
subissait les rackets des badauds quand
intervient la police… », indique le confrère qui
rapporte par ailleurs le récit des faits par un
témoin.
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LE POINT de la
semaine
N'a
pas paru cette semaine

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La Dépêche N° 254
Du mercredi, 22 décembre 2004
Manifestation contre la hausse des prix des
produits pétroliers
·
Pourtant des manœuvres autour
d’une marche ?
«
En dépit des
manœuvres de toutes sortes, la marche organisée
par quatre partis politiques de l’opposition
(CAR, PSR, UDS – Togo et UFC) et visant à
protester contre la hausse des prix des produits
pétroliers décidée par le gouvernement, a eu
lieu le Samedi 18 décembre 2004 à Lomé. Dans la
déclaration ayant sanctionné cette marche, les
organisateurs ont appelé leurs militants et
sympathisants, les travailleurs, les masses
laborieuses ainsi que l’ensemble des forces
vives de la nation togolaise à se mobiliser
pour obtenir l’abrogation de l’arrêté
ministériel portant augmentation du prix des
carburants. Selon eux, cet arrêté « traduit une
fois encore le mépris et le cynisme que le
gouvernement et le régime en place au Togo
affichent à l’égard des laborieuses populations
togolaises ». L’arrêté du 1er
décembre 2004 constitue une hausse de trop
imposée aux Togolais, après les augmentations en
série des prix notamment de l’eau, de
l’électricité, du téléphone, etc., depuis la
dévaluation du F CFA, sans le moindre ajustement
conséquent des salaires, des pensions et des
bourses d’études, ont-il souligné.
Au-delà de tous les commentaires, il y a lieu de
s’interroger pourquoi cette manifestation a fait
l’objet de tant de manœuvres d’intimidation,
notamment le changement d’itinéraire, la montée
au créneau des liseurs de motion et la diffusion
des tracts de menaces.
Initialement prévue pour débuter au château de
Bè et aboutir au stade de Béniglato en passant
par le Boulevard F.H. Boigny, le boulevard
circulaire, le boulevard de la République et le
boulevard circulaire, la marche s’est vue
imposée par le gouvernement un nouvel
itinéraire. Celui-ci part du château de Bè pour
s’achever au même lieu de chute mais en
empruntant l’avenue de l’Entente, le boulevard
circulaire, la fontaine lumineuse, l’avenue de
La Libération, le Fréau Jardin, l’avenue de la
Nouvelle Marche, la rue de la gare, le boulevard
de la République et le boulevard circulaire.
L’autre surprise est l’apparition sur nos écrans
de ces liseurs de motions se réclamant des
syndicats de transporteurs et de taxi-motos mais
qui s’en prennent à ceux qui ont eu le courage
de faire ce que ces soi-disant syndicats étaient
supposés faire pour défendre leurs propres
intérêts et ceux des populations. Quel
contraste ?
Venons-en aux tracts. Pourquoi cherche – t – on à empêcher par des menaces une
marche pacifique dans un pays qui se veut démocratique ? Qui sont les auteurs de
ces tracts qui en réalité sabotent sans le savoir la politique du pouvoir
toujours prêt à clamer sur tous les toits que le Togo est un Etat de droit ?
L’honnêteté politique voudrait que le gouvernement ouvre une enquête pour
démasquer ces auteurs et prouver sa bonne foi.
A toutes ces gesticulations, il convient d’ajouter la couverture de la
manifestation par la TVT qui s’est particulièrement illustrée dans un travail
parcellaire et partisan : le cameraman ne voyait pas souvent la foule (puisque
le journaliste ne parlait que de cinq cents) mais seulement des badauds et
quelques zémidjans. A la lecture de la déclaration, il s’est contenté de fixer
le lecteur sans prendre soins de balayer autour de lui les "cinq cents"
manifestants constatés par le journaliste comme cela se fait d’habitude pour les
marchés du RPT. Au même moment, la TV7 (télévision privée) montrait une foule de
marcheurs accompagnant les leaders des 4 partis politiques et scandant des
slogans pour exprimer leur ras-le-bol. Vive la presse privée.
Faut-il alors conclure qu’il y a eu deux marches : l’une pour la TVT avec ses
« cinq cents marcheurs, et l’autre pour l’opposition rapportée par la TV7 ? Où
est donc le professionnalisme que martèle matin et soir le ministre de la
Communication, M. Pitang Tchalla ? »
Honte aux syndicats des
transporteurs
« Dans notre parution précédente, nous dénoncions
l’intoxication des syndicats de conducteurs de véhicule et de taxi-moto face à
la hausse des prix des produits pétroliers. Nous avons même devancé les
évènements en annonçant une éventuelle marche de soutien au chef de l’Etat pour
ses bienfaits.
Et oui, à peine nous avons fini de le dire que nos syndicats se sont mis à
l’œuvre. En effet c’est la FSTAMO (Fédération Syndicale des Conducteurs de
Taxi-Motos – Kpalimé) qui a ouvert le banc le vendredi. Ils ont marché de
Kpalimé jusqu’à Lomé II pour témoigner leur reconnaissance au président Eyadema
pour sa clairvoyance en augmentant les prix des produits pétroliers. Il ne leur
restait qu’à demander au maître des lieux d’en faire davantage pour le bonheur
du peuple. Le lendemain, c’est le tour des syndicats des conducteurs de
véhicules de dénoncer la récupération politique des ennemis du peuple,
c’est-à-dire l’opposition (qui devrait organiser une marche de protestation et
non de soutien comme on en a l’habitude), pour leur dire que la hausse des prix
ne regarde que seul les syndicats de transporteurs. Comme s’ils sont les seuls à
avoir des véhicules. Les fonctionnaires, les leaders des partis d’opposition et
leurs militants vont-ils à pied ou à vélo ? S’ils veulent manifester c’est parce
qu’ils sont manipulés par l’opposition, selon ces syndicats.
On dirait que nous sommes dans un monde entièrement à
part ou rien n’est normal. Lorsque nos syndicats comparent le prix de notre pays
aux prix des pays enclavés comme le Burkina-Faso, le Mali … ils feignent
d’oublier que ces produits arrivent d’abord à Lomé et sont transportés ensuite
jusqu’à destination. Même si les pays producteurs de pétrole leur en offraient
gratuitement, le coût de transport fera que ces produits seront forcement vendus
pour au moins amortir le transport. Et de plus les salaires des fonctionnaires
de ces pays n’ont rien à avoir avec les salaires de misère que les gens gagnent
ici.
Que dire de notre voisin de
l’ouest, c’est-à-dire le Ghana qui a toujours un prix plus bas que le notre
malgré son niveau de vie nettement supérieur au notre ?
Les responsables de nos syndicats doivent se prendre au sérieux car nous savons
que leur rôle principale est de racketter les tickets auprès des conducteurs et
mener un train de vie impressionnant avec plusieurs maisons, voitures
climatisées, et plusieurs maîtresses, etc., alors qu’au même moment, leurs
syndiqués végètent dans la misère avec leurs véhicules qui ne rapportent plus
grand-chose. A entendre ce que disent les taximen, les zémidjans en ville, ils
feront mieux de les défendre au lieu de défendre le gouvernement à travers des
motions bidon qui n’engagent qu’eux-mêmes.
Dans tous les pays, lorsqu’il y a hausse de prix sur tel
ou tel produit, les syndicats se mobilisent pour contraindre le gouvernement à
revoir les choses. Le cas du Nigeria, un pays producteur de l’or noir, est
édifiant.
Nos syndicats devraient avoir
honte. Comment comprendre qu’au lendemain de l’annonce de l’augmentation des
prix, ils se sont précipités d’appliquer les tarifs exorbitants à
leurs clients. C’est du
mépris !!!
Reprise du dialogue national : Un
revirement ou une farce du gouvernement
Le chef du gouvernement, M.
Koffi SAMA a rencontré à la salle Entente du CASEF le mercredi 15 Décembre 2004
les partis politiques et les membres de la société civile siégeant au dialogue
national. Il s’agit des partis de l’opposition traditionnelle en l’occurrence le
CAR, la CDPA, la CPP ; le PDR et l’UFC, des organisations de la société civile,
notamment la GFD2 et du RPT parti au pouvoir.
L’ordre du jour de cette nième rencontre des acteurs politiques nationaux était
: « l’étude du cadre électoral ». Il faut rappeler que c’est sur une divergence
d’interprétation du « cadre électoral » que le dialogue national ouvert le 27
août 2004 et qui devrait permettre une sortie de crise en associant tous les
acteurs de la vie socio-politique togolaise à la gestion de l’Etat, a été
suspendu suite au refus du RPT de considérer tous les aspects qui gravitent
autour du « cadre électoral ». Pour le RPT ce concept se réduit au seul code
électoral.
Le PM a voulu, à cette nouvelle rencontre écouter les parties au dialogue
national et notamment leur conception du cadre électoral. C’est sur cette base
que le front CAR-CDPA-UFC a présenté sa préoccupation qui se résume en une série
de propositions concrètes en onze (11) points essentiels. Il s’agit pour eux de
trouver des solutions consensuelles concernant :
- la CENI et les structures électorales
locales
- les conditions d’éligibilité aux
différentes élections
- les cas d’incompatibilité avec le
mandat de député
- le mode de désignation des sénateurs
- le mode de scrutin
- le découpage électoral
- le montant de cautionnement pour les
diverses élections
- le recensement électoral
- le règlement du contentieux électoral
- l’observation des élections
- l’environnement institutionnel.
Les débats de la rencontre ont été axés sur cette plate-forme et après 4 heures
de discussion, les travaux ont été suspendus et renvoyés à une date ultérieure.
Le motif de cette suspension : le RPT estime que n’ayant pas pris effectivement
connaissance du document il ne peut en discuter. Face à cette politique de fuite
en avant propre au RPT, les participants au dialogue adoptent une attitude
attentiste.
Pour le leader du CAR, Me AGBOYIBO « il faut absolument aller au-delà du code
électoral lorsqu’on
parle du cadre électoral ». Au
sujet de leur plate-forme, il a dit que certaines organisations et certains
participants « ont réagit mais ni le RPT ni le gouvernement n’ont pour l’instant
dit s’ils acceptent ou non les propositions, donc nous attendons leur réponse
pour savoir si nous allons vers un code électoral accepté par tous ».
De son côté, le professeur Gnininvi, secrétaire général de la CDPA s’est réjoui
que pour une première fois, le PM a daigné mentionner dans son invitation
l’ordre du jour de la rencontre. Pour lui, « le code électoral est une partie
du cadre électoral et c’était un peu mettre la charrue devant les bœufs que de
commencer à élaborer un code électoral sans avoir convenu des grandes idées qui
doivent conduire à son élaboration. »
L’UFC se montre plutôt prudente face à l’attitude du RPT fidèle à sa politique
de diversion et de fuite en avant et celle de vouloir gagner du temps.
Les alliés du pouvoir (CPP et PDR) sont confiants. M. Sanvee de Tové de la CPP
reconnaît que les partis ont une compréhension plurielle du cadre électoral. Il
sera question, estime-t-il d’étudier les propositions faites par les autres
partis pour que prochainement nous puissions aller « à l’utile, au nécessaire et
à l’urgent » dans la réalisation rapide des 22 engagements.
Au regard de cette rencontre, on se demande si le gouvernement revient à de
meilleurs sentiments ou si c’est une farce ? Un revirement serait à notre
entendement salutaire pour tous car il permettrait d’aboutir à un consensus sur
le cadre électoral acceptable par tous les partis et de nous acheminer ainsi
vers des élections libres, transparentes, crédibles et démocratiques. Ce qui
amènerait nos partenaires à refaire confiance à notre gouvernement pour une
reprise pleine de la coopération.
Dans le cas contraire, le Togo se prédispose à perdre 20 millions d’euros des 40
promis au titre du 9ème FED dont l’allocation sera réalisée « une
fois que sera défini un cadre électoral transparent et démocratique accepté par
toutes les parties ». Il faut rappeler que les fonds dont devait bénéficier
notre pays s’élevaient à 100 millions d’euros. Mais ce montant a progressivement
chuté depuis trois ans, conformément à l’accord de Cotonou qui prévoit que tout
pays dont l’aide est suspendue pour déficit démocratique et non respect des
droits humains, voit sa part réduite de 20% par an.
Nous espérons que le gouvernement s’est engagé dans une
phase de non retour dans la résolution de cette crise car le compte à rebours a
commencé. Le Togo qui a déjà perdu 60 millions d’euros, ne dispose que de moins
de deux semaines pour sauver 20 millions sur les 40 millions d’euros restants.
L’Union Européenne moins encore le peuple togolais ne se laissent plus flouer
par le folklore. Il faut passer aux actes ; le patriotisme doit prendre le pas
sur nos intérêts partisans afin de soulager le peuple longtemps meurtri .
Commission anti-corruption : M. Assiongbon Folivi sur la défensive
Suite à notre article intitulé :
« Qui peut arrêter les dérives de M. Assiongbon Folivi ?» paru dans LA DEPECHE
N° 253, du 08 décembre 2004, nous avons enregistré des réactions tous azimuts du
Président de la Commission anti-commission.
Premièrement Monsieur Folivi nous a dépêché d’urgence un
de ses collaborateurs en la personne de l’officier de police KASSANG avec qui
nous avons eu une séance marathon. Les échanges entre l’envoyé de la Commission
avec notre directeur de publication ont porté sur les accusations contre les
responsables de la CCIT en général et l’ancien secrétaire général, M. TCHOHOU en
particulier.
Au cours de cette rencontre, M. KASSANG a présenté un document dans lequel on
retrouve des cas de mission qu’il qualifie de malversation. Dans ce document, on
retrouve les missions effectuées par l’ancien Secrétaire général de la CCIT à
Kara et à l’extérieur du pays.
La Commission trouve que la
plupart de ces missions sont des missions privées et que surtout les provisions
de route sont généralement dépensées, occasionnant des frais supplémentaires
remboursés par la Chambre de Commerce.
Mais le paradoxe dans cette
affaire, c’est que la Commission n’a pas pu démontrer que les documents relatifs
à ces missions étaient faux ou falsifiés ou que ces missions n’ont jamais été
effectuées dans le compte de la Chambre. Autrement dit, si ces missions sont
décidées par la Chambre et dûment signées par le Président de cette Institution
selon les règles régissant ses activités, alors que reproche-t-on à l’ancien
Secrétaire Général, M. TCHOHOU ?
M. TCHOHOU pouvait-il refuser les missions qui lui ont
été confiées par ses supérieurs ? Parcourir 1000 km en voiture aller et retour
avec tous les risques d’accident que cela comporte, M. TCHOHOU mérite-t-il cette
humiliation ?
Toutes ces interrogations nous laissent perplexes sur les
accusations de la Commission.
Si la Commission avait découvert
des cas avérés de malversation, ou mieux si elle nous démontrait que les ordres
de mission étaient falsifiés par M. TCHOHOU, le journal La Dépêche devrait la
féliciter.
Au-delà de tout, il y a lieu de
s’interroger : un audit qui coûte en 10 jours 23 millions de francs pour une
somme de 30 millions de francs détournée en 4 ans, si détournement il y a,
étant donné que les justificatifs présentés ne sont pas convaincants !.
Quelle procédure comptable le
cabinet Marseillais et la Commission anti-corruption ont-ils mis en place pour
éviter des détournements au sein des sociétés auditées ?
Sur un autre registre, dans sa parution du 12 novembre
2004, le journal "Bonne Gouvernance" tout en publiant le droit de réponse de MM.
TCHOHOU EGBARE et BROUHM, invite La Dépêche et les autres organes de presse qui
critiquent sa gestion de lui indiquer les gros poissons à prendre. La presse
privée togolaise lui avait déjà ouvert des pistes. Par exemple lorsque l’audit
international avait audité IFG, La Dépêche avait interpellé la Commission à
publier les résultats de cet audit. A ce jour, rien n’a été fait. L’ancien PM
Kodjo AGBEYOME avait également dénoncé dans son brûlot les malversations au
niveau de l’IFG et du Port autonome de Lomé largement diffusées par la presse
privée. La Commission ne s’est même pas gênée.
Au Port et à l’Aéroport de Lomé, les douaniers et les policiers se plaignent de
l’évasion fiscale sous leurs yeux. Des tonnes de marchandises qui sortent et
entrent sans qu’on ne paye des taxes. Qui organise cette évasion fiscale qui tue
notre économie ? M. Folivi et son équipe ne peuvent pas nous dire qu’ils ne
connaissent pas les auteurs de cette évasion fiscale.
Que dire de l’Affaire Brasserie du Bénin révélée par les journaux Forum de la
Semaine et Motion d’Information ?
Si la Commission voulait collaborer avec la presse privée, lors de la Journée
mondiale de lutte contre la corruption, elle aurait pu inviter toute la presse
et non les médias d’Etat seuls pour visiter la Commission.
Voilà donc des pistes d’or à explorer si M. Folivi se sent courageux. De deux
choses l’une. Ou la Commission anti-corruption est créée pour rendre des comptes
à des gens qu’elle cible (ce qu’elle fait si bien), ou elle met tout le monde au
même pied d’égalité en ouvrant des débats publics sur sa gestion. Le président
de la République a créé la Commission, certes mais c’est à la nation qu’il faut
rendre des comptes car les membres de la Commission anti-corruption ne doivent
pas perdre de vue que leurs énormes indemnités proviennent des contribuables
togolais.
Les femmes pasteurs et nous
Le Chef de l’Etat a tout récemment accordé une audience
aux femmes pasteurs. Lorsqu’on se présente à Lomé 2 et que l’on n’a rien à dire,
le mieux n’est-il pas de se taire ? L’on pourrait alors passer le temps aux
causeries où l’on parlerait facilement de la pluie et du beau temps. De telles
causeries à notre avis ne sont pas interdites à Lomé2 si le Chef de l’Etat a du
temps.

Mais lorsque pour plaire au
Président de la République, l’on prend l’intérêt à évoquer le passé politique du
pays et à le comparer avec le régime actuel en accordant à ce dernier un avis
très favorable, on tombe vite dans l’erreur et le débat reste ouvert. Et l’on
sait que le passé politique du pays à chaque fois qu’on l’évoque, se confond
avec le régime Olympio qu’on cherche à diaboliser uniquement pour obtenir
quelques compensations matérielles du maître du séant.
Sylvanus Olympio a commis bien des erreurs à la tête du
pays mais le régime actuel en commet également ; en tout cas, il ne fait pas
mieux que le régime précédent. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas
l’admettre. Que dire de la corruption, de l’incurie, de laisser-aller qui
règnent à tous les niveaux de notre administration ? Seul Dieu est parfait et ne
se trompe donc jamais. A moins de nommer toute la population ministre du moins à
de hautes fonctions, tout homme au pouvoir ne peut jamais donner satisfaction à
tout le monde. Il y aura toujours des mécontents. Et l’on ne commet des erreurs
au pouvoir qu’en croyant bien faire pour le bien être de la population. Aucun
Chef d’Etat n’est animé de mauvaises intentions dans l’exercice de ses
fonctions. L’histoire seule jugera.
Le temps de cesser de dénigrer
l’ancien régime n’est-il pas sonné ? En fait que disent les femmes pasteurs en
audience à Lomé 2 ? Elles y étaient pour remercier le Chef de l’Etat pour sa
magnanimité et sa politique en faveur de la liberté de religion au Togo. Est-ce
là une doléance qui mérite une audience chez le Chef de l’Etat ? Ces femmes
n’ont-elles pas d’autres doléances plus préoccupantes et qui intéresseraient la
politique générale du pays ? C’est de la flânerie à Lomé 2.
L’étonnement est grand lorsqu’on entend ces femmes ajouter que « Si autrefois,
il était rare de voir au Togo une jeune fille faire des études, aujourd’hui il
est presque banal de constater que des Togolaises effectuent de brillantes
carrière, universitaires au pays comme à l’étranger ». A quel objectif répond
une telle déclaration ? A quelle actualité faut-il la rattacher ? A vrai dire,
elles ont fait perdre un temps précieux au Chef de l’Etat si c’est bien cela
l’objet de leur audience.
Sous Sylvanus Olympio on a vu les émissaires du Chef de
canton et ceux de Chef de village passer de maison en maison discourir sur le
bien fondé de l’école et demander alors aux parents d’envoyer leurs enfants à
l’école. C’est également sous Olympio que la dot telle qu’elle était
traditionnellement pratiquée dans certaines contrées du pays a été supprimée. En
pays Kabyè par exemple, on dotait les filles dès leur bas âge parfois même dès
que l’enfant est encore au sein. La dot fut supprimée pour permettre aux filles
d’aller à l’école. Que faire encore de mieux pour l’émancipation de la jeune
fille ? Nos femmes pasteurs le reconnaissent-elles ?
Tout le problème du Togo d’aujourd’hui consiste à mettre le pays au travail. Le
Chef de l’Etat ne vient-il pas d’inviter « les Togolais au travail rigoureux et
bien fait » et aussi « à la tolérance ».
Mais peut-on encore demander aux Togolais de se mettre au
travail quand on sait qu’il suffit de prendre part à une manifestation publique
organisée par le parti au pouvoir pour avoir à chaque fois de quoi ne pas mourir
de faim. Lorsqu’on mobilise une population – cas de la Chine au début de
l’installation du régime socialiste – c’est pour participer à une tâche utile
pour la société.
Le RPT peut mobiliser ses militants pour balayer nos
routes qui deviennent de plus en plus sales. Mais ce parti préfère mobiliser ses
militants pour aller chanter les louanges au Chef de l’Etat et en récompense ils
reçoivent un peu de quoi avoir l’argent de poche. Peut-on demander aux Togolais
d’être tolérants que le parti au pouvoir ne l’est pas. C’est au nom de la
tolérance que Dahuku Péré et Messan Agbéyomé Kodjo sont exclus du RPT. C’est
également au nom de la tolérance que les antennes et les colonnes de nos médias
d’Etat sont ouvertes à des désœuvrés prétendus dissidents de l’opposition
radicale qui passent le temps à jeter l’anathème sur les leaders qui refusent de
regarder dans la même direction que le RPT. Que dire de ceux qu’on avait entre
temps jetés en prison pour leur appartenance aux parties de l’opposition
notamment à l’UFC ?
Un jour viendra où le RPT saura qu’il a secrété plus de
mécontents que les partis d’opposition qu’il passe le temps à accuser de tous
les maux. Ce jour n’est pas encore loin.
L’armée française et la répression en Afrique
Accusée
d’avoir tout récemment commis des atrocités en Côte-d’Ivoire en donnant l’ordre
à ses militaires de tirer sur les manifestants pourtant désarmés, la France se
défend en faisant savoir que ses soldats n’ont agi qu’en situation de légitime
défense. Peut-on accepter un tel argument alors que les militaires français
n’ont pas été agressés sur leur propre territoire ? Mais quelle était
l’intention du gouvernement français en intervenant militairement en Côte
d’Ivoire ? Les militaires français y étaient-ils pour une quelconque parade
humanitaire ? Entre les militaires français dotés d’armes lourdes et les
manifestants ivoiriens aux mains nues, si légitime défense il y a selon
l’argument du gouvernement français, force est de reconnaître que la riposte
est disproportionnée et n’a donc aucune valeur légitime.
En tout cas, ce n’est pas la première fois que les
militaires français commettent de telles atrocités en Afrique noire. La
répression des manifestants en Afrique noire par les soldats français a une
longue histoire qui fait même l’objet d’une certaine chronocité :
1947: une révolte
menée par le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM) fut
sauvagement réprimée dans le sang et le Mouvement fut dissous. Jean Roux
témoigne : « … A Madagascar, nous assistons actuellement à un regroupement
national autour des idées du MDRM dissous. Les cadres de ce parti ont tous été
arrêtées et, a l’issue d’un grand procès à Tananarive, les responsables du MDRM
sont à peu près tous condamnés à mort ou à de lourdes peines de travaux forcés
et de détention… La répression était telle que certains leaders de ce parti,
mains et pieds attachés furent jetés dans les forêts sauvages à partir des
avions… Le gouvernement français a, par la déclaration de son représentant le
Haut Commissaire, reconnu officiellement en quelque sorte l’ampleur de la
répression : 80.000 « rebelles » tués à la suite de mouvements insurrectionnels
de mars 1947 pour 200 victimes européens… »
De 1956 –1961, "les
militaires français ont fait régner l’ordre au Cameroun."
La répression s’abat en pays Bamiléké dont les victimes sont les membres de
l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Max Bardet, un pilote d’hélicoptère
raconte : « Ils ont massacré de 300.000 à 400.000 personnes, un vrai génocide.
Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les
Bamilékés n’avaient aucune chance… Les villages avaient été rasés un peu comme
Attila ».
Un journaliste, Charles Van Sanoitte, correspondant de Reuter à Douala décrit
lui aussi « le régime effroyable des camps de tortures et d’extermination »
dont il a été témoin horrifié. Quelques exemples de tortures en pays Bamiléké, -
la Balançoire : les patients, tous menottés les mains derrière le dos et
entièrement nus, dans une pièce à peine éclairée, sont tour à tour attachés, la
tête en bas, par les deux gros orteils, avec des fils de fer qu’on serre avec
des tenailles, et les cuisses largement écartées. On imprime alors un long
mouvement de balançoire sur une trajectoire de 8 à 10 mètres. A chaque bout, un
policier ou militaire, muni d’une longue chicotte rigide d’un mètre, frappe
d’abord les fesses, puis le ventre, visant spécialement les parties sexuelles
puis le visage, la bouche, les yeux... Le sang gicle jusque sur les murs et se
répand de tous côtés. Si l’homme est évanoui, on le ranime avec un seau d’eau en
plein visage... L’homme est mourant quand on le détache. Et l’on passe au
suivant.
Vers 3 heures du matin, un camion militaire emmène au
cimetière les cadavres et une équipe de prisonniers les enterre nus et sanglant
dans un grand trou... Si un malheureux respire encore, on l’enterre vivant...
- Le Bac en ciment : les prisonniers nus sont enchaînés, accroupis dans
des bacs en ciment avec de l’eau glacée jusqu’aux narines, pendant des jours et
des jours... Un système perfectionné de fils électriques permet de faire passer
des décharges du courant dans l’eau des bacs. Un certain nombre de fois la nuit,
un des geôliers « pour amuser » met le contact. On entend alors un hurlement de
damnés, qui glacent de terr | | | | | | | | |