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Actualité

12 juin 2004

Revue de presse de la semaine du 7 au 11 juin 2004
Daniel Garidan

Reprenant un passage  de notre article (togoforum.com) intitulé « Qui du gouvernement togolais ou de l’UFC dit la vérité » où nous parlions de « flou » et  qui, dit-il,  nous a fait subir la foudre de certains lecteurs qui ont trouvé nos propos tendancieux, ‘’Motion d’Information’’ note qu’ « Il y a comme une espèce d’hypocrisie organisée dont personne n’ose parler », au sujet des pièces d’identité du leader de l’UFC. Sinon « pourquoi cette fois-ci, l’obtention de ces pièces semble relever de l’impossible » alors qu’en d’autres temps des interventions extérieures avaient permis à Gilchrist Olympio de les obtenir. Pour notre confrère, « la réponse tient à une véritable unanimité qui s’est faite au sein des partenaires extérieurs du Togo et au sein du régime et de ses affiliés pour que Gilchrist Olympio ne revienne pas au Togo à l’occasion du processus de dialogue. C’est là la vérité que tout le monde sait, mais dont personne n’ose parler ouvertement ». (voir plus bas)
Bonne lecture et à la semaine prochaine !

LE COMBAT du peuple N°451  
Du lundi 07 juin 2004

Consultations UE- Togo  Fin de la mission d’évaluation
Le chef de la délégation Mme Piergrossi déclare : ‘’Avec un mois et demi, vous ne pouvez pas changer le monde’’

Après avoir rapporté les propos du chef de la délégation de l’UE au sortir de l’audience avec le chef de l’Etat, « Le Combat du Peuple » note que « Eu égard à ce qui précède, il est permis de dire que le processus de consultations entre l’UE et le Togo est désormais lancé et que le climat est plutôt à l’optimisme ».

OMBRE & LUMIÈRE
De l’Union de l’opposition traditionnelle  Le Jeu des alliances désormais ouvert

Notant qu’avec l’ouverture des consultations entre le Togo et l’UE, « l’opposition dite  traditionnelle a subi une mutation vers le bas », le journal relève que « désormais, l’illusion de l’union n’est plus acceptée par certains partis qui considèrent qu’il est temps de mettre un terme à la comédie qui consiste à faire croire à l’opinion que l’on se concerte alors qu’en réalité, chaque parti affûte ses armes pour aller seul à la bataille ». Pour le confrère, « pendant de longues années, on a assisté à de faux scénario d’union qui consiste à afficher une synergie de circonstance face au RPT pour finalement claquer la porte avec fracas en imputant le tort à certains partis présentés trop souvent péjorativement comme modérés ». Citant les partis comme le CAR et l’UFC qui, dit-il, « excellent dans cette stratégie » et se référant aux expériences douloureuses  de 1993, 1994, 1998 et 2003,  « Le Combat du Peuple » s’en prend vivement à ceux qui parlent aujourd’hui d’union : « Aujourd’hui, des personnes comme Fabre n’hésitent pas à évoquer sournoisement l’éventualité d’une stratégie commune pour amuser la galerie. On sait que pour M. Fabre, ce qui compte en premier, c’est les humeurs de son mentor M. Gilchrist Olympio. C’est pour cela qu’il verse dans un monolithisme à fleur de peau. Même lorsqu’on discute des sujets  d’intérêt national, ce qui le préoccupe, c’est le passeport de M. Olympio. Et pourtant, M. Olympio n’est pas en résidence surveillée. Il circule librement à travers le monde. Il arrive au Togo quand cela l’arrange. Il crie au loup lorsqu’il veut jouer à la victime ».

D’autre part, le journal pense qu’après plus de dix ans de lutte sans succès, l’opposition devrait pouvoir se remettre en cause, prendre du recul et pour mieux sauter car, « en politique, il faut tenir compte du fait que l’adversaire est une réalité autant que soi » et éviter de vivre sur le passé.

Constant que les choses bougent du côté du pouvoir, alors que « l’opposition continue à patauger dans ses propres contradictions », le confrère estime que le jeu des alliances est ouvert et que pour arriver à al démocratie tous les créneaux doivent être exploités. « Ceux qui pensent que la démocratie se fera seulement le jour où ils seront au pouvoir, doivent se donner les moyens de leur politique. Et ceux qui pensent que la démocratie est possible par  jeu d’alliance doivent pouvoir tenter l’expérience ».

Le comble du ridicule :
Des dirigeants des partis de l’opposition bourrés de complexe

C’est le constat que fait  notre confrère, qui dit ne pas comprendre cette tendance  des leaders de l’opposition togolaise à se tourner vers les « Blancs » pour résoudre leurs problèmes alors qu’ils n’arrivent pas à se parler entre eux.

« Depuis le début du processus démocratique au Togo, certains hommes politiques bourrés de complexes s’imaginent que la clé de nos difficultés se trouve entre les mains des grandes puissances occidentales qui ont d’autres champs à fouetter. C’est parce qu’ils sont dans cette logique qu’ils passent le plus clair de leur temps à harceler les Européens et les Américains comme pour leur demander de venir chasser Eyadema du pouvoir. C’est aussi et surtout parce qu’ils croient que le salut viendra de l’extérieur, qu’ils ne font rien entre eux pour renverser le rapport de force », écrit-il.

Rappelant au passage le refus de certains partis politiques, notamment le CAR, la CDPA et l’UFC de rencontrer la délégation des ACP en mission exploratoire au Togo, de prendre part à un atelier sur la décentralisation organisé par le gouvernement togolais et d’assister à l’ouverture solennelle du dialogue national, le confrère se dit surpris de constater que « ce front de refus a ridiculement gambadé pour répondre à l’invitation de la mission d’évaluation de l’UE ». Et il se pose alors la question : « Est-il raisonnable que des politiciens qui veulent dialoguer refusent de répondre aux invitations de leur adversaire et courent vers des étrangers pour fustiger cet adversaire ? ». Pour le confrère, « dans ce groupe, c’est surtout JP Fabre de l’UFC qui s’est particulièrement singularisé à travers des déclarations à l’emporte-pièce du genre : Nous n’avons aucune envie de participer au énième folklore du régime Eyadema…M. Fabre pour  qui la délivrance de passeport à son mentor passe avant tout le reste, commence sérieusement à scandaliser certains Togolais. En effet, face au comportement arrogant et irresponsable de M. Fabre, un lecteur nous a demandé si ce dernier est vraiment animé d’un sentiment patriotique, s’il a réellement de l’ambition pour le pays ou s’il n’est guidé que par son propre ego qui trouve ses racines dans un mélange, libano-togolo-français ? ».

En tout état de cause, souligne le journal, « on ne peut pas concevoir que des hommes qui veulent conquérir le pouvoir pour l’exercer, puissent continuer à se comporter de façon aussi  servile dès qu’il s’agit des ‘’blancs’’ » 

Litige foncier et démolition d’immeuble en construction à Agoenyivé
Le Dr Bayor au centre des intrigues

Le confrère s’est intéressé à ce dossier pour, dit-il apporter sa part de vérité, compte tenu de l’intérêt qu’il porte à la justice togolaise et à l’intégrité des juges chargés de dire le droit.

« Il y a quelques semaines, un immeuble en chantier à Agoènyivé, non loin de la bretelle qui part de la route nationale de Lomé- Cinkassé vers Mission- Tové, a été démoli. L’opération qui s’est déroulée avec l’assistance d’éléments des forces de l’ordre et qui, de ce fait, devrait bénéficier d’une présomption de régularité a suscité et continue de susciter les commentaires les plus fous…  Les résultats de nos investigations et les preuves que nous détenons indiquent que l’immeuble en question appartient au Dr Mohamed Bayor qui l’érigeait sur un terrain litigieux, objet d’une procédure encore pendante devant les tribunaux togolais. Et c’est sur la base d’une Ordonnance de référé N° 192/2004 rendue par le tribunal de première instance de Lomé le 07 avril 2004 que la démolition est intervenue », écrit le confrère qui, revenant sur l’origine du litige, met en cause le ministre de la justice qui dit-il, se serait fortement impliqué dans cette affaire. Et le journal de se demander : « Le ministre voudrait-il se substituer à la justice ? Quel est au juste  son rôle dans cette affaire ? S’il veut faire de son cabinet le lieu de procès, pourquoi n’introduirait-il pas une demande de transfert pour se voir confier le dossier en lieu et place de la justice ? ». En tout état de cause, souligne la publication « le ministre Foli-Bazi qui s’implique dans cette affaire et dont la couverture passive ou active favorise certains comportements malheureux doit faire attention pour ne pas porter préjudice à l’institution qu’il est appelé à servir ».   

MOTION d’Information N° 273
Du lundi 07 juin 2004

Mission d’évaluation de l’UE : Les leaders politiques tiraillés entre frustration, colère et pessimisme  

Le journal a recueilli les réactions des leaders politiques à ce sujet : lisez plutôt 

Jean Pierre Fabre (UFC) :
« Le gouvernement cherche à contourner l’application des engagements pris »

Nous avons donné notre sentiment sur l’application des engagements. En ce qui nous concerne, nous sommes très préoccupés ; nous avons dit que le bilan n’est pas satisfaisant et nous souhaiterions que l’Union Européenne use de son influence sur les autorités togolaises pour les amener à respecter les engagements, notamment l’engagement de libérer les prisonniers politiques, l’engagement de laisser les partis et responsables politiques circuler librement, le cas des pièces d’identité de M. Gilchrist Olympioet puis l’engagement d’ouvrir un dialogue crédible avec l’opposition. 

Nous espérons avoir été compris. Nous avons exposé à la mission d’évaluation les raisons qui nous ont poussé à ne pas participer à l’ouverture du dialogue. Pour nous, on ne peut pas ouvrir un dialogue et dire aux délégués d’attendre que, l’on reprenne contact avec eux dans quelques semaines pour leur dire de quoi on va discuter. Ce n’est pas sérieux. Nous ne pouvions cautionner cette façon de gérer les choses. Nous avons attiré l’attention du gouvernement sur la nécessaire préparation du dialogue.  

On a l’impression que le gouvernement a été contraint de prendre des engagements dont il cherche à contourner l’application. Nous avons exigé la libération des détenus politiques ; en réponse, le gouvernement les fait juger comme des détenus de droit commun et les fait condamner à des peines très lourdes. Ce n’est pas sérieux. L’on ne peut pas prétendre rechercher l’apaisement et adopter  de telles attitudes de provocation.  

Dama Dramani (RPT) :
« Le RPT est favorable au dialogue, et est prêt à discuter de tous les sujets »
Le RPT est venu comme toutes les autres formations politiques rencontrer la mission de l’Union Européenne. Nous sommes venus confirmer que le RPT est le parti dont est issu le gouvernement. Donc les 22 engagements pris par le gouvernement togolais engagent le RPT et le RPT est prêt à apporter son appui à la mise en œuvre de ces engagements.  

Nous sommes disposés au dialogue sur toutes les questions pouvant améliorer le cadre politique togolais. Nous ne sommes pas pour les préalables ; le RPT n’a pas de préalables au dialogue. Quels que soient le cadre que le gouvernement aura fixé, la structure et le sujet, nous serons partie prenante au dialogue en tant que formation politique. Le RPT est favorable au dialogue, et est prêt à discuter de tous les sujets. Aucun sujet n’est tabou pour nous. Nous ne fuyons pas le dialogue et nous ne cherchons pas à contourner quoi que ce soit. 

Zarifou Ayéva (PDR) :
« Lorsqu’on veut préparer la pâte, on ne se demande pas avec quelle sauce on veut la manger »
Nous avons tenu à manifester notre désaccord auprès de nos amis de l’Union Européenne  sur la manière dont les choses se passent. Nous n’avons pas voulu nous réfugier derrière les problèmes de protocole. Mais il y a des situations dans lesquelles, l’accessoire prend le pas sur l’essentiel. L’essentiel de rencontrer la mission, l’accessoire c’est de savoir les conditions dans lesquelles on les rencontre.  

Lorsqu’on invite les partis politiques et qu’on donne une heure à certains et qu’on ne donne que trente minutes à d’autres, ça pose problème. Nous avons tenu à soulever ce problème devant la délégation de l’UE. Si on invite des partis politiques à une rencontre, on doit les mettre sur les mêmes pieds d’égalité.  

Demain nous lirons encore dans la presse togolaise que les grands partis ont eu une heure et les petits partis n’ont eu que quelques minutes. Voilà pour les problèmes de forme, mais pour les problèmes de fond liés à la mise en œuvre des engagements nous avons tenu à dire à la délégation de l’Union Européenne que nous sommes allés à Bruxelles parce que nous croyons à ce que le pays devait faire pour sortir de la crise et nous avons toujours joué le jeu en allant à Colmar, en allant à Ouaga, en nous battant pour que l’accord cadre de Lomé soit signé à Lomé.

Donc nous devons rester sur cette lancée et c’est ce que nous avons fait. Maintenant, le gouvernement est la pièce maîtresse des engagements. C’est le gouvernement qui a pris un certain nombre d’engagements. Sachant le gouvernement s’emploiera dans l’intérêt de tous les togolais à mettre en œuvre ces engagements, nous avons dit à la mission de l’UE que nous sommes allés à la séance d’ouverture du dialogue pour monter notre bonne disponibilité. 

Notre bonne disposition continuera tout au long du dialogue. Les problèmes que nous avons en tant que partis politiques, nous les poserons pendant le déroulement du dialogue et nous devons le faire sans poser des conditions. « Lorsqu’on veut préparer la pâte, on ne se demande pas avec quelle sauce on veut la manger ». 

WOLOU Komi (PSR) :
« Nous ne sommes pas totalement satisfaits de ce qui se fait …. »
 
Nous ne sommes qu’au début du dialogue et nous pensons qu’il faudrait dès maintenant corriger tout ce qui peut constituer un obstacle au bon déroulement des discussions. Nous ne sommes pas totalement satisfaits de ce qui se fait ; il y a des imperfections ; il aurait fallu que le gouvernement initie des contacts multilatéraux préalables pour bien préparer ce dialogue. Si cela avait été fait, je crois qu’on aurait évité les difficultés que nous connaissons aujourd’hui. 

Ce dialogue commence dans un climat tendu. Nous avons fait part à la mission de l’UE, de nos inquiétudes et des insuffisances que nous avons relevées dans la préparation du dialogue. Il est souhaitable que le dialogue soit convoqué dans d’autres conditions que celles qui ont été faites. Nous avons donné à la délégation, notre point de vue, sur la manière de rectifier le tir.  

Edem Kodjo de la CPP :
« Les choses bougent et il faut aider les choses à bouger davantage
. »

            Nous avons été à Bruxelles d’abord parce que comme nous avons eu l’occasion de l’expliquer maintes fois, cette initiative prise dans, le cadre de la convention  de Cotonou était la seule depuis les élections présidentielles.

            Le pays tournait à rond, rien ne se passait et tout le monde se demandait ce qu’on allait devenir ; cette initiative était très importante et lorsque nous avons été sollicités pour y prendre part, nous n’avons pas hésité, nous sommes allés. Et je répète que si c’était à refaire, nous le referions. Il s’agissait d’aller et au fond de prendre part à quelque chose d’historique puisque tout le monde reconnaît qu’aujourd’hui, je dis bien tout le monde, que l’essentiel des revendications traditionnelles de l’opposition sont prises en charge par les 22 engagements.    Alors, je crois qu’on devait nous remercier plutôt que de faire autre chose. Nous sommes fiers d’avoir fait ce travail et je répète que si c’était à recommencer je recommencerais avec alacrité.

            Nous avons demandé que tout soit mis en œuvre pour que ce processus soit un succès parce que les togolais ont besoin de ce succès pour reprendre espoir.  Il y a une autre mission qui viendra pour un autre rapport, c’est seulement après cette mission  que nous devons parler d’espoir ou de pas d’espoir.

            A mon humble avis, les premiers pas sont positifs. Si je suis devant vous aujourd’hui interviewé par vous, c’est déjà la preuve que les choses changent et bougent ; cela n’aurait pas été possible peut-être avant hier. Mais aujourd’hui c’est possible et ça se fait dans la décontraction de tout le monde aussi bien vous même que moi même ; et tout le monde est satisfait c’est quelque chose d’intéressant pour notre pays. Donc les choses bougent et il faut aider les choses à bouger davantage. C’est ça qu’il faut faire ; il ne faut pas rester sur la touche, faut pas rester au bord de la route pour prendre le train lorsqu’il a commencé à marcher comme l’a dit mon collègue Ayéva. 

Martin Aduayom de la CDPA
«  Les problèmes sont politiques et c’est politiquement qu’il faut les  régler »
Nous voudrions un dialogue qui puisse aboutir réellement à des résultats correspondant  aux aspirations du peuple togolais. Par conséquent nous préférons s’il est nécessaire prendre le train en marche en sachant ou il nous conduit plutôt que vde nous précipiter dedans pour qu’il nous conduise là où nous ne voulons pas ; c’est ça le problème.          Maintenant, préparer un dialogue, cela signifie clairement qu’il faut qu’ensemble nous sachions qui et qui dialoguent. au jour d’aujourd’hui nous voudrions être clair. Il y a certains qui gouvernent avec le RPT mais qui se disent opposant ; on ne peut pas être au gouvernement et être opposant en même temps. Ceux là il faut qu’ils s’arrangent pour être dans la délégation du RPT.

            Le dialogue autrement dit doit mettre face à face l’opposition et la mouvance présidentielle. Nous notre approche, c’est contrairement à ce que dit le président du comité des ambassadeurs ACP M. OBIA ce dialogue n’est pas du tout un dialogue technique. C’est un dialogue politique. Les problèmes sont politiques et c’est politiquement qu’il faut les  régler. Donc c’est entre les partis politiques d’abord  qu’il faut les régler. Par conséquent, il est important que dans sa phase préparatoire l’on puisse définir le rôle qu’on attend de la société civile.

Lawson Nicolas du PRR.
« Il faut qu’on s’assoie entre gens responsables »

C’est un exercice difficile pour moi parce que cela me fait mal de savoir que mon pays est en crise, mes compatriotes souffrent, la misère est partout et tout est dégradé et que ce soit des gens de l’extérieur qui viennent  nous de faite ce que nous devons faire. C’est un scandale. Nous ne devons pas accepter cet état de choses. Il y a paraît-il 22 engagements qui ont été pris, il faut que le gouvernement se mette au travail pour respecter les 22  engagements. Si vous acceptez les 22 engagement, vous les réalisez. Vous n’avez pas besoin de dialogue pour réaliser les 22 engagements si vous les acceptez bien sûr. Si vous ne les acceptez pas, c’est autre chose. Alors puisqu’ils ont accepté les 22 engagements qu’ils se mettent au travail et qu’ils les respectent. Le problème de notre pays, c’est cela. Des gens ne travaillent pas, les élites africaines ne veulent pas travailler. Alors nos sommes humiliés et c’est l’extérieur qui doit nous dicter ce que nous allons faire pour que les choses marchent chez nous ; c’est un scandale.

J’ai dis aux membres de la délégation de l’Union Européenne que je les remercie parce qu’ils essaient d’aide notre pays mais en fait la réalité c’est que le gouvernement respecte les 22 engagements que le gouvernement a pris et ça s’arrête là. Ecoutez, le président Eyadéma envoie son Premier ministre en Côte d’Ivoire pour régler les problèmes de la Côte d’Ivoire.

Pourquoi il ne reçoit pas ses opposants. Pourquoi il ne reçoit pas Me Agboyibor, Kodjo et les autres.

            Nous avons été candidats comme lui à l’élection présidentielle. Nous sommes des gens responsables. Nous pouvons nous asseoir avec lui pour discuter des problèmes de ce pays avec lui et avec lui seulement. Parce que c’est lui qui détient aujourd’hui le pouvoir dans ce pays. Alors nous sommes prêts. Nous sommes des gens responsables et il faut qu’on s’assoie entre gens responsables, les gens qui ont voulu assumer le destin de ce pays et qu’on dise ce qui est bien et qu’on fasse ce qui est bien.

            On dit qu’il a tendu la main à l’opposition, il a tendu la main à qui ? Moi on m’a donné 0,2% après toute cette campagne que j’ai faite. Ce n’est pas réaliste ; on veut me ridiculiser, m’humilier. Je demande qu’on me paie au moins mon argent, mes 20 millions. On peut me ridiculiser au moins qu’on me rende mon argent que je suis aller trouver difficilement quelque part. Je le dis et je le répète, c’est le général Eyadéma qui a la solution de ce pays ; c’est lui qui a la clé comme il disait qu’ »il avait la clé de la sécurité, aujourd’hui il a la clé de la solution politique. Alors qu’il ne nous envoie pas ces petits gars pour dire qu’ils vont discuter avec nous. On ne veut pas discuter avec eux.

Combévi Agbodjan de la HAAC
«  Quand on commet une infraction, il faut l’assumer, l’exercer dignement et avec performance ».

Nous avons rencontré la commission de l’Union Européenne pour leur rappeler que contrairement à ce qu’on dit, la HAAC est une institution indépendante qui assume ses responsabilités, qui a des attributions propres en toute indépendance sans intervention du gouvernement ni des ministres. Les efforts ont été faits, le ministre de la communication a réuni une commission qui s’est occupée de la dépénalisation de la presse, il appartient maintenant aux journalistes de ne pas continuer à injurier parce qu’on  ne peut pas injurier des citoyens, jeter leur honneur dans la boue sans être inquiété. Si l’Etat ne le fait pas, les citoyens le feront. ET quand on commet une infraction, il faut l’assumer, l’exercer dignement et avec performance. 

Mission d’évaluation de l’UE :
Le contre rapport du CAR qui a mis à nu le rapport gouvernemental

C’est ce rapport que nous avons publié dans une des nos précédentes éditions

Polémique autour de pièces d’identité de Gilchrist Olympio : Le régime RPT et ses associés ne veulent pas d’un retour de Gilchrist Olympio au Togo
Reprenant un passage  de notre article (togoforum.com) intitulé « Qui du gouvernement togolais ou de l’UFC dit la vérité » où nous parlions de « flou » et  qui, dit-il,  nous a fait subir la foudre de certains lecteurs qui ont trouvé nos propos tendancieux, ‘’Motion d’Information’’ note qu’ « Il y a comme une espèce d’hypocrisie organisée dont personne n’ose parler », au sujet des pièces d’identité du leader de l’UFC. Sinon « pourquoi cette fois-ci, l’obtention de ces pièces semble relever de l’impossible » alors qu’en d’autres temps des interventions extérieures avaient permis à Gilchrist Olympio de les obtenir. Pour notre confrère, « la réponse tient à une véritable unanimité qui s’est faite au sein des partenaires extérieurs du Togo et au sein du régime et de ses affiliés pour que Gilchrist Olympio ne revienne pas au Togo à l’occasion du processus de dialogue. C’est là la vérité que tout le monde sait, mais dont personne n’ose parler ouvertement ».

Par ailleurs, ’Motion d’Information’’ note que les adversaires du président de l’UFC s’appuient sur sa déclaration à l’annonce des 22 engagements pris par le gouvernement togolais, « il ne rentrerait pas au pays parce que les conditions de sécurité ne lui paraissaient pas suffisantes pour effectuer ce déplacement », pour justifier leur refus.  En conséquence, se demande
-t-il « Gilchrist Olympio aurait-il, depuis cette déclaration, reçu des assurances fermes pour sa sécurité ? »

Outre cette déclaration prém
âturée, le confrère relève deux erreurs fondamentales. La première selon lui, tient à la façon de poser le problème. « Gilchrist Olympio n’est pas le seul leader politique de l’opposition togolaise à qui on refuse de délivrer un passeport ». Le journal cite le cas du leader de l’UDS-Togo Antoine  Folly qui, depuis deux ans, est privé de son passeport togolais malgré toutes  les formalités administratives effectuées auprès du service du passeport et qui sont restées sans suite et « toutes les tracasseries fiscales, administratives, professionnelles et sécuritaires auxquelles sont soumis les responsables politiques nationaux ou locaux de l’opposition ».

La deuxième, estime-t-il, est récurrente. « L’exigence du retour de Gilchrist Olympio serait facile à obtenir dans le cadre d’une vaste coalition de l’opposition que dans le cadre restreint de l’UFC seule. Les verdicts populaires de juin 1998 et de juin 2003 imposent au leader de l’UFC, un devoir de rassemblement de tous les démocrates togolais », indique le journal, qui estime que « le rassemblement des forces démocratiques togolaises par Gilchrist Olympio aurait eu la vertu de constituer autour de lui, le bouclier ‘’sociopolitique’’ qui le sortirait de l’isolement dans lequel il s’enfonce d’année en année ».

« La dimension historique du combat du fils de Sylvanus Olympio empêche que la personnalité de Gilchrist soit enfermée dans le cadre réduit d’un parti, aussi important soit-il. Tout montre à l’évidence que, plus on avance dans le temps, moins la capacité de l’UFC à affronter seule le rouleau compresseur du RPT s’effrite », mentionne le journal.     

Mission d’évaluation de l’UE à Lomé :
« Bruxelles refuse de se laisser abuser par de simples annonces et attend des actes concrets »

C’est la conclusion que tire ‘’Motion d’Information’’ après avoir constaté que la déclaration laconique du chef de la délégation de l’UE a suscité un certain optimisme chez les autorités togolaises qui y voient  donc un premier pas positif dans le sens d’une normalisation des relations entre le Togo et l’UE.

 « Les autorités togolaises s’attendaient donc à un satisfecit de la part de la délégation UE et même à l’annonce d’une reprise prochaine de la coopération entre Bruxelles et le Togo. Eyadema et ses partisans ont dû très vite déchanter. La mission d’évaluation a refusé d’emblée, de s’enfermer dans le rapport gouvernemental, préférant mener sur le terrain un véritable travail d’investigations et de contrôle de l’exécution des engagements pris par le gouvernement. Le constat général fait par la mission à l’issue de sa mission reflète l’impression de la plupart des observateurs ; le gouvernement togolais a annoncé sa volonté d’œuvrer dans le sens du respect des engagements pris ; il a posé quelques timides actes symboliques ; mais, pour l’essentiel, on relève peu d’actes tendant à concrétiser les intentions proclamées », souligne le confrère. En conséquence, relève le journal, « la mission  européenne aurait clairement fait remarquer aux autorités togolaises, que la reprise du dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition figurant en tête des engagements, n’est pas toujours effective contrairement à ce que semble insinuer le rapport gouvernemental ».

A l’analyse des actes timides posés sur le terrain par le pouvoir  depuis le 14 avril, ‘’Motion d’Information’’ s’aperçoit que la démarche du gouvernement togolais « est plus faite de ruses et de duperies que d’honnêteté et de vérités ». Pour lui, cela prouve à suffisance que « les autorités togolaises ne veulent pas déroger à leurs habitudes de toujours, celles consistant à abuser les Togolais et les partenaires extérieurs par des annonces et du saupoudrage sans jamais poser aucun acte concret pour traduire dans les faits, les belles intentions annoncées ». Mais, précise le journal, « cette fois-ci, il semble que l’UE, échaudée, ne soit plus disposée à se laisser abuser par de simples déclarations d’un régime qui n’a jamais respecté aucun engagement qu’il a pris dans le passé ».

LE REGARD N° 390
Du mardi 08 juin 2004

Application des engagements pris à Bruxelles  Ce que les partis politiques ont dit aux experts de l’UE  à Lomé
Reprenant les déclarations des leaders des formations politiques (RPT, PDR, PSR, CAR, PRR)  au sortir de leur rencontre avec la délégation de l’UE, ‘’Le Regard’’ souligne qu’ « au sujet de l’application des 22 engagements, s’établit un schéma dicté par l’attitude du pouvoir en place. D’un côté, ‘’les bons’’ (RPT, ses oppositions constructive- RSDD, MOCEP, UDPS, JUVENTO- et préférée, CPP, PDR) la CNDH et le MTDLDH se disent satisfaits de la manière dont les engagements sont appliqués. De l’autre, les ‘’mauvais’’, CAR, l’UFC, CDPA, PSR, estiment que les résultats ne sont pas satisfaisants et qu’il reste efforts à faire. Tous ont invoqué des exemples concrets pour étayer leur argumentation. Le mot de fin appartient à l’UE ».  

Mme Anna Sylvia Piergrossi, chef de la mission d’évaluation UE
Il est trop tôt pour faire un bilan

Le confrère reprend ainsi les propos du chef de la délégation de l’UE tenus au sortir de l’audience samedi 05 juin dernier avec le chef de l’Etat et  interpelle l’opposition à sortir de son mutisme en descendant sur le terrain pour « mettre le gouvernement à l’épreuve »,  que de se complaire « dans l’inaction et le défaitisme » en se contentant de murmurer dans son coin. Cependant, estime la publication, « rien n’est encore joué, pour l’instant. C’est lorsqu’on arrivera sur les engagements portant sur l’organisation des élections, la révision des statuts de la CNDH et de la HAAC, la révision du code électoral en partant de l’Accord Cadre de Lomé et de la révision de la Constitution qu’on pourra mesurer le degré de volonté du gouvernement togolais quant au respect des engagements pris ». 

Deux missions qui ne se ressemblent pas  

C’est un petit billet de notre confrère que nous vous faisons lire
 :
« La mission du comité des ambassadeurs ACP avait débarqué à Lomé dans l’impréparation sans informer les partis politiques avec lesquels elle devrait conférer. Mais bien avant l’arrivée de ses deux experts à Lomé, la mission d’évaluation de l’UE avait pris des dispositions pour informer directement ses interlocuteurs.

Les membres de la mission de l’UE ont parlé peu mais ils ont surtout écouté. Ils ont pensé à leurs mandants en évitant des commentaires hâtifs avant leur rapport. Le chef de la délégation de la mission UE a été circonspect dans ses propos contrairement à Jacques Obia qui s’est livré à des shows médiatiques.

La mission ACP était invitée par le Premier ministre pour soutenir le gouvernement tandis que celle de l’UE a été mandatée par l’UE conformément à l’engagement n° 4.2 »  

Les inconséquences d’un piètre diplomate : La Mission ACP  a pollué l’atmosphère politique au Togo

Titre « Le Regard » qui, comme nombre de Togolais, s’indigne des propos tenus par ce diplomate congolais lors de son dernier séjour à Lomé et trouve regrettable que « la mission ACP arrivée en pompier se transforme en pyromane ». Pour le journal de mardi, « la rancœur que Jacques Obia a étalée à l’égard des partis qui n’avaient pas jugé nécessaire de le rencontrer lors de sa première mission, l’a sans doute, amené à polluer l’atmosphère politique déjà très délicate ».  En se comportant comme il l’a fait, estime la publication, « l’ambassadeur congolais a donné l’impression qu’il était venu pour régler ses comptes aux responsables de partis qui n’avaient pas  jugé opportun de le rencontrer lors de sa première mission ».

En revanche,  souligne le journal, « quand on veut aider  un pays à résoudre une longue crise qui plonge ses racines dans la méfiance et l’intolérance politique, on n’y débarque pas comme un éléphant dans un magasin de porcelaine pour se livrer à de la provocation ».

En tout état de cause,  estime « Le Regard », « l’exhibition médiatique désobligeante à laquelle s’est livrée le chef de la délégation de la mission ACP n’est pas de nature à arranger les choses. On ignore pour quelle raison il a déclaré de façon péremptoire que des partis s’excluent en refusant le dialogue alors même que le chef de l’Etat dans son discours avait dit que le dialogue devra s’ouvrir dans les semaines à venir. Comment sait-il que ces partis ont refusé un dialogue qui n’a pas encore démarré ? ».

« Au risque de se ridiculiser. Jacques Obia est le prototype de diplomate tel que perçu sous les Républiques bananières d’Afrique », conclut « Le Regard »

Document transmis à la mission d’évaluation : Le CAR relève les insuffisances dans l’application des engagements

Le contre rapport du CAR en question que nous avons publié

LE POINT de la semaine N° 002
Du mercredi 09 juin 2004  

Droits de l’Homme et Consultations UE- Togo : La FIDH se prononce aujourd’hui à Paris sur le cas du Togo
‘’Le Point de la Semaine’’
annonce qu’après son séjour au Togo du 07 au  14 février 2004, la FIDH s’apprête à publier un rapport accablant sur le Togo intitulé : Togo : l’arbitraire comme norme et 37 ans de dictature et qu’en marge de cela, une conférence de presse du président de la LTDH est prévue ce 09 juin 2004 à Paris. Le journal publie un texte publié par la FIDH dans la perspective de cette conférence de presse.

Réponse aux préalables ou début du dialogue national : Koffi Sama invite enfin les partis politiques pour des consultations

Annonçant que le premier ministre Koffi Sama a adressé une lettre d’invitation aux partis politiques concernés par le dialogue national pour des séries de discussions avec une délégation gouvernementale, le confrère se demande si le Front de refus constitué par le CAR, la CDPA et l’UFC vont répondre à l’invitation du premier ministre, eux qui avaient boycotté la cérémonie d’ouverture du dialogue posant des préalables. Cependant, souligne le confrère,  « on ignore s’il est question de discussions sur les préalables ou si c’est le dialogue qui ainsi commence ».   

Fin de la mission d’évaluation des engagements : L’UE attend des actes concrets
Titre à son tour ‘’Le Point de la Semaine’’. Partant du décalage que la commission de l’UE aurait relevé entre le contenu du rapport gouvernemental et ses investigations faites sur le terrain, notre confrère note que « tout le vœu des Togolais est que le gouvernement démente ce constat navrant en donnant, exemples concrets à l’appui, la preuve de sa bonne foi politique ». Même si depuis la prise des engagements, le constat d’une volonté de respect, ainsi que l’esprit d’initiative sont établis, « il reste que cette volonté soit doublée d’une politique d’actions concrétisées, mesurables sur le terrain ». 

Dégradation de l’état des rues à Lomé après la pluie : Nids de poule ou poches d’accidents ?
C’est la question que se pose le confrère au contact de la réalité que vivent les populations de Lomé en ces temps de pluie. Lomé la belle, Lomé  la capitale présente actuellement un état piteux et déshonorant. Les rues sont devenues des marres, voire des lacs et presque impraticables. Deux cas ont attiré l’attention de notre confrère.

Le premier cas, c’est le tronçon de la Nationale N° 3 à partir du rond point de Port de Lomé en allant à Anèho. « En effet, dans ces environs, les routes ont perdu de leur superbe pourtant, c’est des routes hautement  commerciales. Elles ont fait place aux nids de poule qui s’élargissent démesurément et au jour le jour sous la pression des frottements quotidiens et de l’érosion », constate-t-il

Le second cas selon notre confrère, se situe au niveau de Gbadago, jonction Boulevard des Armées Avenue Champs de course : « C’est presque une impasse, le passage côté nord à ce carrefour n’est plus praticable. La permanence est occupée par un lac puant. C’est une véritable jungle au passage. A côté des mauvaises odeurs c’est un grand trou qui est laissé par les eaux issues des dernières pluies. Il reste qu’un seul petit filet de route pour lequel automobilistes, cyclistes et même les piétons se battent pour occuper », décrit le journal qui trouve « regrettable que personne ne s’en soucie malgré les multiplications des accidents ».

Sport  Eliminatoires CAN/Mondial 2006 : 1ère journée  Valse des favoris et impuissance des Eperviers
Revenant sur la défaite des Eperviers en match comptant sur les éliminatoires cumulés de la CAN et du Mondial 2006, battus samedi 5 juin dernier à Lusaka par un score étriqué de 1 but à zéro, le journal relève que « même s’il n’y a pas lieu de trop s’inquiéter pour ce nouveau faux pas, les Togolais se sont tout de même réveillés le samedi dernier avec une certaine gueule de bois pour la simple raison que beaucoup avaient misé sur une victoire, au pire, sur un match nul de nos représentants tant l’ossature emmenée à Lusaka avait de l’allure avec à la pointe de son attaque un certain Adébayor Shéyi Emmanuel ». « Voilà le Togo qui commence encore par se compliquer la situation dans son groupe », ajoute-t-il. Par ailleurs, le journal rapporte les résultats des  autres matchs tout en relevant les favoris des différents groupes.

Côte d’Ivoire Grandes manœuvres pour reprendre la guerre : Le plan d’attaque de Gbagbo
« Il est écrit quelque part, que sous le règne de Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire ne connaîtra difficilement la paix. En tout cas, les actes quotidiens que pose le chef de l’Etat ne sont pas de nature à amener les Ivoiriens à vivre ensemble. A la tête d’un pays divisé entre le Sud et le Nord, il s’autorise des audaces. Même les plus insensées », écrit ‘’Le Point de la Semaine’’ avant de publier  l’article du quotidien  ivoirien ‘’Le Patriote’’ sur le plan d’attaque en question.

LA TRIBUNE DU PEUPLE N° 114
Du mercredi 09 juin 2004

Un mois et demi après la signature des 22 engagements : Quel bilan peut-on établir ?

  • Les avancées sur le terrain
  • Constat de la première mission

« Le premier élément fondamental, pour qu’il y ait dialogue, est la volonté manifeste des uns et des autres, des différents acteurs de la vie politique togolaise. Mieux, tous les Togolais se sentent concernés par le dialogue. Les uns et les autres s’interrogent quotidiennement : où en est-on, est-ce que cela avance ? Les uns et les autres se demandent pourquoi depuis l’ouverture solennelle le 27 mai 2004, il ne se passe plus rien. Le fait que les membres de la mission de l’UE n’aient pas pu se prononcer sur le bilan d’étape fait l’objet de spéculations. En réalité, le dialogue a bel et bien commencé et l’on peut parler du début d’exécution des 22 engagements pris par le gouvernement le 14 avril 2004 à Bruxelles. Alors, quelle évaluation peut-on faire de cette exécution ? », Écrit pour sa part La Tribune du Peuple qui souligne que « la facette la plus impressionnante des progrès constatés sur le terrain concerne l’évolution du paysage médiatique », les autres domaines enregistrant une lenteur déplorable dans l’exécution des engagements.

La Tribune du Peuple sous ce titre publie également la déclaration du chef de la délégation de l’UE, les réactions du CAR, de la CDPA, de même que les documents du CAR et de l’UFC remis à la mission de l’UE.

Scission consommée à la NDP  Justin Yidi crée la branche ‘’Démocratique’’

Fait nouveau pour notre confrère qui accepte aujourd’hui de publier un communiqué venant de la NDP. Il n’ y a pas si longtemps, ce confrère n’avait pas hésité à traiter de corrompus et de manipulés les organes qui avaient ouvert leurs colonnes à ce mouvement dont certains membres avaient osé porter des critiques à l’endroit de leur parti. Peut-on aussi voir à travers cette volte face une autre forme de manipulation, un parti pris ou tout simplement un devoir d’informer qui passe nécessairement par l’acceptation de toutes opinions, mêmes contraires à la ligne éditoriale du journal ? Personne ne peut pour l’instant le dire, mais toujours est-il  que le confrère publie ici une mise de la NDP- Démocratique avec ce chapeau : « La lutte d’influence qui oppose Gilbert Atsu à son ancien porte- parole pour le contrôle de la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP) a franchi un palier supplémentaire. Justin Yidi, décidé à annihiler toute influence de Gilbert Atsu sur le mouvement, se décide à se démarquer définitivement de celui qui continue de se proclamer président de la NDP »
 

Dans sa rubrique LUCARNE, Tribune du Peuple écrit : Pour la paix des braves 

Citant La Bruyère qui disait : « Ne songer qu’à soi et au présent, source d’erreur dans la  politique », le journal souligne que « Incontestablement, Gnassingbé Eyadema, le chef de l’Etat, président fondateur du RPT et Gilchrist Olympio, le président national de l’UFC  sont de loin et à bien d’égards les deux hommes qui sont en tête dans les fantasmes politiques des Togolais ». Notant qu’autour de ces deux personnages, des hommes luttent d’un côté  pour la pérennisation du pouvoir et de l’autre pour la fin du règne Eyadema, le confrère indique qu’ « au-delà de toutes les agitations politiques qu’on observe ici et là, l’enjeu est clair. Il suffirait qu’un jour Gnassingbé Eyadema et Gilchrist décident de faire la paix des braves pour que tout se mette en place pour un Togo nouveau. Une question de volonté politique, de compromis, de sacrifices mutuels, de pardon, d’oubli du passé et d’amour des Togolais. Tout ce qui manque à l’étape actuelle à nos deux hommes quoique dans un camp comme de l’autre, on pérore le contraire ».

CARREFOUR N° 398
Du jeudi 10 juin 2004  

Démarrage du dialogue national ce jour : Des consultations s’ouvrent avec les partis politiques
Titre de son côté Carrefour qui indique par ailleurs que le dialogue qui s’ouvre ce jour se fera sur la base de l’Accord de Cotonou signé le 23 juin 2000 et non sur la base de la Convention de Lomé IV sur laquelle s’était déroulé l’accord cadre de Lomé. Se référant aux dispositions de l’article 8 de l’accord de Cotonou qui stipule que ‘’le dialogue est mené avec toute la souplesse nécessaire. Il peut selon les besoins être formel ou informel, se dérouler dans le cadre institutionnel et en dehors de celui-ci’’ le journal semble donner raison au gouvernement qui, dit-il, « a choisi des dispositions intermédiaires (formel et informel) selon que l’accord de Cotonou instaure des discussions permanentes dans le temps ». En conséquence, il pense qu’apparemment, « il n’y aura pas un cadre de discussions qui réunirait toutes les catégories concernées par le dialogue dans un lieu où les partenaires discuteraient face à face comme cela a pu se faire à la salle Fazao lors de la conférence nationale en 1991 » et reproche alors au gouvernement d’ « avoir admis dans ses engagements qu’il organiserait ce dialogue dans un cadre structuré et transparent ».    « Pourvu que les politiques en viennent à s’entendre sur les concepts qui provoqueraient des blocages inutiles et que ce dialogue aboutisse à encourager la compréhension mutuelle pour sauver la nation », avertit Carrefour

Après le passage de la mission d’évaluation : Le plus important reste encore à faire
Constate La Référence de la semaine (Carrefour) qui note qu’au cours du passage de la mission de l’UE, l’on a enregistré deux tendances : la première ;  les satisfaits composée des partis de l’opposition constructive et les associés à l’ouverture des consultations UE- Togo à Bruxelles, la CPP et le PDR et la deuxième ; les insatisfaits c’est-à-dire ceux qui pensent que très peu de choses seulement a été fait,  constituée des autres partis de l’opposition traditionnelle et les Rénovateurs. Analysant les documents du CAR et de l’UFC  remis à l’UE et qui relèvent un certain nombre de manquements dans l’application des 22 engagements, « Carrefour » conclut qu’ « on peut dire aujourd’hui que rien n’est encore joué, même si l’optimisme est de mise pour certains ». Pour notre confrère, « le gouvernement vient de passer un examen et attend les résultats. Mais au même moment, il doit continuer la mise en œuvre des engagements en tenant compte des manquements relevés par les uns et les autres. Et c’est bien ça  le plus important ».     

Bénin : Mathieu Kérékou : « Je ne m’accrocherai pas au pouvoir »
Le journal publie un article de notre confrère  Francis Kpatindé de Jeune Afrique l’Intelligent J.A.I. N°2265 du 06 au 12 juin 2004  qui rapporte les propos que le président Kérékou lui a confiés,  sur les spéculations au sujet d’une éventuelle modification de la loi fondamentale en vue de se pérenniser au pouvoir,  lors d’une récente audience privée.

Campus de Lomé : Les forces de l’ordre obligent les étudiants à composer sous les gaz lacrymogènes
Le journal révèle que des affrontements ont eu lieu mardi dernier sur le campus universitaire de Lomé entre forces de l’ordre et étudiants qui tentaient de boycotter, en guise de solidarité avec leurs camarades emprisonnés, les examens qui s’y déroulaient. « Comme on le voit, les autorités semblent avoir choisi la manière forte pour résoudre à leur façon, la crise universitaire », souligne le confrère, qui invite par ailleurs les étudiants à revoir leur  « méthode de revendication et contraindre les autorités à discuter en allant directement vers elles » car dans tous les cas, ils seront les perdants, les autorités étant en position de force.

CROCODILE N° 678  
Du jeudi 10 juin 2004

Dialogue inter togolais : Koffi Sama commence ce jeudi les vraies consultations avec le CAR, l’UFC, la CDPA…

Annonçant pour sa part que le Premier ministre à la tête d’une équipe gouvernementale  va rencontrer les partis constituant le ‘’Front du refus’’ à savoir la CDPA, l’UFC le jeudi 10 juin et le CAR le vendredi 11 juin, Crocodile  note que, « ce qui est déplorable dans le dialogue qui va s’ouvrir entre le pouvoir, l’opposition et la société civile est qu’il s’ouvre juste pour satisfaire les engagements pris devant l’UE et non pour satisfaire les vraies aspirations du peuple togolais », car souligne-t-il «  si  c’est pour satisfaire les profondes  aspirations des Togolais, le pouvoir n’aurait pas attendu Bruxelles pour permettre aux partis politiques de circuler librement sur leur propre territoire pour y battre campagne par exemple, pour amener les détenus politiques qui croupissent dans les geôles devant les tribunaux, voire de libérer d’autres ».

Application des 22 engagements pris à Bruxelles : Le pouvoir togolais tourne en round
Au sujet du séjour  de la mission  d’évaluation de l’UE dont nombre de publications ont rendu compte sans être plus affirmatif sur son impression, Crocodile affirme pour sa part que celle-ci est « repartie insatisfaite ». Fort de cela, le journal interpelle le chef de l’Etat qui, « au pouvoir depuis près de 40 ans se devra de faire son bilan pour saisir cette occasion des 22 engagements afin de colmater la brèche », pour, dit-t-il,  « une porte de sortie honorable ».    

Me Agboyibo assigne Harry Olympio en justice
Le journal publie le communiqué du CAR qui cite le sieur Harry Olympio à comparaître le mercredi 16 juin devant le tribunal correctionnel de Lomé pour diffusion par voie de presse de document diffamatoire falsifié 

Crise de l’Université de Lomé: Après l’arrestation des ‘’casseurs’’, libérez des innocents
 
C’est le cri d’alarme que lance notre confrère en direction du pouvoir, et ne comprend pas que les étudiants condamnés à de lourdes peines puissent  croupir  encore en prison alors que certains individus se sont présentés au chef de l’Etat le 20 mai dernier pour revendiquer la paternité des troubles et casses survenus sur le campus de Lomé les 28 et 30 avril.

« Le 20 mai 2004, un groupe de 7 jeunes gens se sont présentés au chef de l’Etat et ont revendiqué la paternité des troubles et des casses survenus sur le campus les 28 et 30 avril. Ils voulaient se prêter au jeu de lecture de motion et faire des louanges de la ‘’clémence’’ et de la ‘’magnanimité’’ d’Eyadema, afin de sucer du miel (argent) qui, dit-on, coule à flot à Lomé 2…. Cette fois-ci, le président semble avoir bouché les oreilles et les flatteurs ont manqué leur appât. Les jeunes gens, après leur aveu, ont été arrêtés et de nos jours ils sont en prison et attendent de répondre de leurs actes », écrit notre confrère qui, au regard de tout cela, estime que « les étudiants condamnés par la justice devraient, si la justice a encore un sens au Togo, recouvrer la liberté » puisqu’ils sont « disculpés par les aveux de ceux qui ont tenté de bénéficier de la ‘’magnanimité’’ et de la ‘’clémence’’ du chef de l’Etat ».

FORUM DE LA SEMAINE N° 06 
Du jeudi 10 juin 2004  

Le temps des comptes : Me Agboyibo assigne Harry Olympio en justice Titre de son côté Forum de la Semaine dans sa manchette  

Nouveau rapport accablant de la  FIDH sur le Togo ‘’L’arbitraire comme norme et 37 ans de dictature’’

La torture, une pratique courante, au nom de ‘’l’ordre public’’
Titre à la Une notre confrère qui publie aux pages 4, 5 & 8 le texte intégral du rapport que les autorités togolaises qualifient de scandaleux et de ridicule.


Dialogue inter togolais : Reprise des hostilités : Le gouvernement rencontre l’opposition à partir d’aujourd’hui
Titre Forum de la Semaine qui indique par ailleurs qu’ « aucun détail ne permet de situer la nature des rencontres », ni de « dire s’il s’agit du démarrage du dialogue proprement dit ou des travaux préparatifs » et note qu’en tout état de cause que, tous les partis de l’opposition,