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Le commissaire
européen
Louis Michel a rencontré la classe politique
togolaise
Mathias Akoulansa
La reprise de la
coopération et du dialogue national au centre des
discussions
Réaction des leaders politiques
Déclaration de M. Louis Michel |
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Le Commissaire européen au Développement et à
l’Action Humanitaire, l’ancien chef de la diplomatie
belge M. Louis Michel a quitté
Lomé Lundi
soir après une journée marathon de
discussions avec l’ensemble de la classe politique
togolaise élargie à deux associations féminines
représentant la société
civile. Cette visite au Togo de
Louis Michel s’inscrit dans le cadre la mise
en
œuvre
des 22 engagements que le gouvernement
Sama
a pris le 14
avril dernier pour corriger
le déficit
démocratique au Togo.
Accueilli à l’aéroport international de Niamtougou
vers 7 heures du
matin brumeux de lundi
par le Premier
Ministre Koffi Sama, l’hôte togolais a eu droit à
un accueilli qualifié de
"chaleureux,
de populaire et
d'authentique" des populations de
Doufelgou et de la Kozah. Rien n’a été laissé au
hasard. Des groupes folkloriques en passant par les
groupes d’animation politique, Louis Michel aura
goûté à ce dont Eyadema
aura habitué son peuple à faire le mieux, la danse,
les folklore de tous genre. Ce qu'on appelle
abusisement au Togo, les richesses
culturelles. C’est après cet accueil
"authentiquement
togolais"
que le Commissaire européen au Développement et à
l’Action Humanitaire a eu une séance de travail avec
le chef de l’Etat à son domicile à Pya.
Le Général Président était pour la circonstance
entouré du Premier Ministre Koffi Sama, du Président
de l’Assemblée Nationale Fambaré Ouattara Natchaba
et de
plusieurs membres du gouvernement. A
l’issue de cette séance de travail, le commissaire
Louis Michel "après
avoir enregistré chez le président Eyadema une
réelle volonté politique d’ouverture",
a rassuré à celui-ci que les 20 % de l’aide de l’UE
au titre du 9e FED qui auraient dû être
perdus, ne le seront pas. « En tout état de
cause, même si on n’a pas le temps de le notifier en
cette fin d’année, je peux déjà dire que les 20% qui
auraient dû être perdus par le Togo, ne le seront
pas. Je peux rassurer le président sur cette
question. Ces 20% seront mis à la disposition du
Togo dès qu’on le notifiera et c’est probablement au
début de l’année prochaine », a-t-il déclaré à
la presse. Cette séance de travail fut suivie d’un
déjeuner offert par le président Eyadema toujours
dans sa résidence de Pya.

Après
l’étape de Kara qui a duré plus de sept heures
d’horloge, l’hôte togolais est arrivé à Lomé vers 14
heures pour y rencontrer les cinq partis de
l’opposition traditionnelle et les deux associations
féminines représentant la société
civile.
La
séance de travail a eu pour cadre l’Hôtel Corinthia
2 Février (au 33e étage.) Assisté du
Délégué de l’UE au Togo avec résidence à Accra M.
Stefan Frowein et de son directeur de cabinet, M.
Louis Michel, apparemment épuisé par les sept heures
de temps passé dans la Kozah, a tant bien que mal
commencé sa séance de travail à 15h20mn. Il a, en
premier et à leur demande, reçu les trois partis
dits radicaux de
l’opposition à savoir le CAR, la CDPA et l’UFC.
Suivront ensuite la CPP conduite par Edem Kodjo, le
PDR de M. Zarifou Ayéva, du GFDD conduite par Mme
Amendah et du REFAMP-Togo conduite par Mme Kissem
Tchangaï-Walla. Il était prévu que chaque parti ou
associations devait avoir droit à 30mn, mais compte
de l’importance des sujets et des préoccupations des
uns et des autres, certaines délégations sont allées
au-delà des 50mn. Les discussions, semble-t-il, ont
été franches, sincères et empreintes de ferveur et
de courtoisie. En tout cas, les différents
représentants des partis ont tenu à l’exprimer à
leur sortie et espèrent que cette rencontre permette
la reprise du dialogue.
C’est vers 21h45 que Louis Michel s’est envolé pour
Accra après avoir rencontré dans les salons de
l’aéroport international de Lomé Tokoin, pour
quelques minutes, les ambassadeurs de l’UE au
Togo.
Voici
les réactions à chaud des leaders politiques
recueillies à leur sortie de la rencontre. Louis
Michel a également fait une déclaration à la fin de
la rencontre que nous vous présentons également.
Réaction des leaders
politiques:
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Me Agboyibo
Nous avons été reçus
par le commissaire au développement et à l’action
humanitaire de l’UE. On lui a exposé avec détail les
onze propositions de nos trois partis. On les a
approfondi, il a réagi. Globalement, il s’est montré
compréhensif. Et nous pouvons dire que son passage
va être déterminant pour la reprise du dialogue
national. Je crois que c’est ça qui est le plus
important pour la séance de ce jour.
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Prof. Gnininvi
Comme l’a dit Me Agboyibo, nous avons passé en revue
les 11 points. Vous êtes tous au courant, la
semaine dernière la presse les a publiés, nous les
avons passé en revue et puis nous avons fait nos
observations pour les justifier et je pense que
bonne note a été prise. Et je ne vais pas dire que
le commissaire nous a promis des miracles. Mais au
moins, nous lui avons fourni des arguments pour
pouvoir plaider ces onze propositions.
Vous n’avez
pas parlé
des 22 engagements ?
Effectivement, nous avons parlé de
ces 22 engagements aussi. Mais c’est sur la base de
ces 22 engagements que nous avons déposé sur la
table du gouvernement ces 11 propositions qui
constituent notre contribution.
Mais selon certaines informations,
les propositions ont été rejetées par le RPT
Aujourd’hui, nous avons rencontré le
commissaire, nous n’avons pas rencontré le RPT.
Nous avons fait part de nos inquiétudes quant à
cette façon de réagir du RPT mais, je pense comme je
vous disais, il a pris note de nos arguments pour
essayer de les porter là où il faut.
Est-ce que vous êtes prêts à aller à
des élections ?
Et ce n’est jamais de gaîté de cœur
qu’un parti s’abstienne d’aller aux élections parce
que c’est une perte sèche pour un parti politique de
refuser d’aller aux élections. A condition que ce ne
soit pas des élections gagnées d’avance par celui
qui les organise.
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Akitani-Bob
Pourquoi avoir été reçu ensemble
(c-à-d, pourquoi les trois partis CAR, CDPA et UFC
ont préféré être reçus ensemble):
Parce que nous avons des points de vue communs et
nous pensons pouvoir avancer dans cette voie |
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Edem Kodjo:
Eh bien, je viens de
rencontrer le commissaire européen Louis Michel dans
le cadre de sa mission, vous savez très bien
pourquoi il est ici. Il est venu ici pour voir et
entendre les Togolais. Il a vu et il a entendu. Et
je crois que désormais il lui appartient de tirer
les conclusions qui s’imposent. Et c’est ce que nous
avons fait. J’ai eu à exprimer au nom de mon parti,
un certain nombre de préoccupations qui sont des
préoccupations qui sont liées à la mise en œuvre des
22 engagements. Ces 22 engagements ont été à mon
sens convenablement et correctement appliqués
jusqu’à présent. Et nous avons même vu que le chef
de l’Etat a décidé de procéder à la dissolution
anticipée de l’assemblée nationale et d’organiser
les élections législatives avant la fin du 1er
semestre. Ce qui est l’une des revendications, si
j’ose m’exprimer ainsi, de l’UE. Donc, c’est tout
cela que nous avons vu le commissaire Louis Michel.
Je vous dis clairement qu’il lui appartient
désormais de tirer les conclusions qui s’imposent.
Je vous remercie |
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Zarifou Ayéva:
Le commissaire Louis
Michel est en visite au Togo essentiellement pour se
faire une idée de la situation que vit notre pays.
Voilà en gros.
De quoi avez-vous
discuté concrètement?
Oh ! De beaucoup de choses. Vous
savez, lorsque nous nous retrouvons devant une
personnalité de ce rang, nous sommes obligés de dire
ce que nous pensons, ce que nous savons de la
situation dans notre pays. Nous avons passé en revue
le passé un peu lointain du pays, le présent et nous
avons débordé sur le futur, l’avenir. Qu’est-ce que
nous voulons faire de notre pays, tout cela, nous
l’avons expliqué au commissaire Louis Michel.
Des 22 engagements ?
Bien sûr !
Et le code électoral ?
Le code électoral et le cadre
électoral, je pense que quelque part, c’est des
tempêtes qu’on organise dans un verre d’eau.
Pourquoi je dis cela. Le code électoral est un texte
qu’on nous demandait de réviser, de revoir pour
qu’il soit acceptable et non accepté. Qu’il soit
acceptable par les parties en présence. Cela veut
dire que, quoi que vous fassiez, il y aura toujours
des gens qui ne seront pas d’accord. Et c’est
normal. Si nous étions tous d’accord, en ce moment
il ne devait même plus avoir de problème. Alors, et
lorsqu’on vient parler ensuite du cadre électoral,
le cadre électoral a été défini, précisé dans des
demandes qui sont mentionnées dans les engagements.
Et ça avait été dit le 25 août lors de la réunion du
dialogue. Alors, lorsqu’on revient poser le problème
du concept du cadre électoral et à cela, on joint
des notions comme la révision de la constitution,
nous devons faire très attention. La révision de la
constitution, j’ai lu et relu les différentes
dispositions qui ont été convenues le 14 avril à
Bruxelles. Et comme par hasard, j’y étais. Pendant
les quatre heures de discussions, je n’ai pas
entendu parler d’une quelconque révision de la
constitution. Et il se fait qu’aujourd’hui, certains
centrent le débat sur la révision de la
constitution. Moi, je suis d’accord, je suis
d’accord sur tout sauf sur la faisabilité. Est-ce
que dans le contexte du moment, nous avons les
arguments pour pouvoir faire une révision
constitutionnelle ? Pourquoi je dis cela,
c’est-à-dire que, une constitution c’est comme une
boîte de pandore, quand vous l’ouvrez, il vous est
difficile de vite la fermer. Voilà ! Quand vous
ouvrez la boîte de pandore le diable sort et pour
l’attraper, c’est tout un problème. Alors qu’est-ce
qu’on refuse et qu’est-ce qu’on ne refuse pas ? Si
vous demandez tel aspect, le RPT va demander tel
aspect. Et ça va devenir la surenchère. Voilà le
risque que comporte la révision de la constitution.
On ne prendra pas seulement en compte vos exigences.
Pour faire la balance, le RPT va formuler des
exigences. Est-ce que vous pouvez gérer cela ? C’est
pour ça que nous avons dit ceci : il faut procéder
étape par étape. Nous avons la possibilité de
modifier et nous l’avons fait au niveau du code
électoral. Allons aux élections législatives, créons
une nouvelle légitimité. Aujourd’hui, le parlement
est à 100% RPT. Est-ce qu’il est normal déjà de
demander à un parlement RPT de réviser la
constitution ? Moi, je considère que ce n’est pas
normal. Je ne m’inscrirai pas dans cette logique
parce que demain, s’il révise à moitié ou s’il
révise au tiers, qu’est-ce qu’il va vous dire :
c’est ce que j’ai pu faire, je ne pouvais pas faire
autre chose.
A l’état actuel du code
électoral, est-ce qu’on peut aller aux élections ?
On peut aller aux élections à tout
moment, avec n’importe quel document. Le problème
des élections ce n’est pas un problème de code.
C’est un problème de volonté politique, il faut que
tout le monde le sache.
M Ayéva, le code pose un
problème, il n’y a pas de consensus là-dessus.
Mais, je vous ai dit, c’est comme si
vous ne me suivez pas. Je dis que le code, il doit
être acceptable par tous, il ne sera jamais accepté
par tous. Est-ce que c’est parce que certains ne
l’acceptent pas, il n’est pas bon ? Aucun code au
monde n’est bon. On ne sait pas faire un document
qui obtienne l’unanimité de ceux à qui il s’adresse.
Non ! Ça n’existe pas. Nous devons dans notre pays,
faire l’effort de modérer nos exigences. C’est ça
que nous appelons avancer étape par étape. Nous
devons aller d’abord aux législatives. Et
aujourd’hui, il y a moyen d’y aller. Nous devons
continuer à nous battre. Il y a encore des choses à
discuter pour organiser les élections. Et lorsque
cette assemblée législative est mise en place, il
faut que l’opposition soit bien représentée là-bas.
Et c’est à nous de nous battre. Et en ce moment là,
les présidentielles qui arrivent, on s’attachera aux
révisions constitutionnelles parce que les révisions
constitutionnelles fondamentales concernent les
présidentielles et non les législatives.
Monsieur Ayéva, vous n’êtes pas
sans savoir que le code contient des dispositions
qui ne permettent pas la transparence des élections
Comme quoi ? Citez-moi
La CENI face au ministère de
l’intérieur.
Dans les pays comme le nôtre, vous
ne pouvez pas faire des élections en mettant le
ministère de l’intérieur entre parenthèse. Nous
devons nous dire la vérité. Quelle que soit
l’organisation qu’on mettra en place, la CENI n’est
pas outillée pour résoudre tous les problèmes
électoraux. C’est pourquoi, on a mis la CENI en
liaison ou en accord avec le ministère de
l’intérieur. Il appartient aux gens qui sont en
place de prendre leur responsabilité et d’agir.
Lorsqu’on demande à l’opposition de nommer des gens
dans ces instances-là, on ne peut pas nommer un
élève de CEG pour diriger une commission électorale
ou de diriger une commission de carte. Il appartient
aux partis politiques de prendre leur responsabilité
et de nommer des gens qui sont capables de faire le
travail et de rendre compte.
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M. Dama
Dramani RPT:
Nous venons de rencontrer le commissaire européen
chargé du développement et de l’action humanitaire
dans le cadre du dialogue qui se poursuit. Nous
avons fait une discussion très franche et sincère.
Le RPT a exposé sa vision du dialogue national et sa
position sur les différents points qui sont en
discussion au niveau du dialogue national. Et le
commissaire européen nous a donné également son
point de vue qui n’est pas du tout différent de la
position du RPT. Donc, c’est une discussion qui
s’est bien très bien déroulée.
Quelle est la position de votre
parti sur les points soulevés par certains partis
politiques, en ce qui concerne le code électoral et
le cadre électoral
Oui les partis de l’opposition, le
CAR, l’UFC, la CDPA ont adressé au premier ministre
une déclaration contenant leur point de vue sur ces
questions là. Le RPT a pris connaissance de ces
points et a formulé également sa réaction par
rapport à tous ces points. C’est le premier qui
était destinataire des propositions. Le RPT a
adressé sa réaction au premier ministre et le
premier ministre doit diffuser la réaction du RPT.
Est-ce à dire que dans les
prochains jours l’assemblée nationale va adopter le
code électoral tel que élaboré par le RPT ?
Ce que je peux vous dire, c’est que
le président de la République a annoncé son
intention de dissoudre l’assemblée pour permettre
d’aller aux élections anticipées. C’est parce que
nous avons fait suffisamment d’avancée ; vous savez
que tout ce qui est fait aujourd’hui en ce qui
concerne le cadre électoral, offre des conditions de
transparence et de régularité qui permettent
effectivement d’aller aux élections législatives
anticipées et le RPT se prépare à cela.
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Déclaration de M. Louis Michel:
Ma visite
au Togo et de mes rencontres avec les autorités
gouvernementales et le Président en particulier de
même que le Premier ministre, j’ai vraiment le
sentiment qu’il existe un espace pour positiver les
relations, pour essayer de véritablement, dont le
chef du gouvernement, rencontrer les attentes de
l’UE et les attentes aussi de l’opposition dont le
chef de l’opposition. Je crois aussi que il y a une
assez grande compréhension pour vouloir
véritablement aller vers des relations apaisées
entre les autorités gouvernementales et l’opposition
de manière à répondre à ce que l’UE a demandé.
D’abord, j’ai pris acte avec beaucoup de
satisfaction de l’annonce par le président qu’il y
avait des élections législatives soit en mars ou en
avril, je crois que c’est un élément important que
l’UE attendait. Je pense que dans le camp du
président il y a aussi une volonté de rencontrer les
attentes de l’UE par rapport au dialogue politique
et par rapport au code électoral, et donc là aussi,
il y a un espace pour se faire rencontrer les
points de vue. Pour ce qui concerne l’opposition, il
y a une opposition qui est évidemment un peu plus
radicale que l’autre mais je pense avoir compris que
elle est aussi disposée à aller positivement vers le
dialogue politique. Maintenant j’espère de toutes
mes forces que cela va se faire. Je resterai en tout
cas extrêmement proche de ce processus, je resterai
extrêmement engagé dans ce processus pour faire en
sorte que très très rapidement nous puissions
reprendre une coopération pleine et entière.
J’espère pouvoir maintenant assez rapidement notifié
la tranche du FED, c’est-à-dire la reprise de la
coopération avec le Togo dès que les conditions sont
remplies, mais on n’est pas loin de ces conditions,
donc je suis assez optimiste. Pour le moment, je
resterai à la disposition du Togo, des autorités
gouvernementales et des autorités de l’opposition
pour faire en sorte que les points de vue se
rapprochent, pour que l’on puisse avoir des
attitudes convergentes, ce qui est important pour la
population du Togo. Ce qui est important, c’est que
la coopération reprenne le plus vite possible,
que le Togo ait des relations normalisées avec l’UE.
C’est le vœu de l’UE, en tout cas, c’est aussi mon
vœu le plus cher.

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