|
Premier
anniversaire du RADAR-Togo
La protection des droits de l’homme
au centre des discussions
Alain Nococo
Le Réseau
contre les arrestations
et les détentions
arbitraires
(RADAR-Togo) a organisé avec l’appui du Centre
Culturel Américain (CCA), un panel de discussions
sur le thème : La Protection des droits de
l’Homme dans la procédure pénale. C’était le
jeudi 16 décembre dernier au campus universitaire de
Lomé à l’Auditorium de SYFED.
Cette rencontre d’une journée qui marque la première
sortie publique et la première activité du
RADAR-Togo a connu la participation des magistrats,
des avocats, des officiers de police judiciaire, des
députés à l’Assemblé Nationale (on notait la
présence du 2e vice président de
l’Assemblée Nationale,
M. Eric Kpadé),
des représentants des ONG et organisations de
défense des droits de l’homme, des enseignants et
étudiants de la faculté de droit de l’Université de
Lomé et des journalistes.
Par ce panel le RADAR s'inscrit aussi dans les
manifestations marquant la journée internationale
des droits de l'homme
qui se célèbre le 10
décembre de chaque année.
C’est le président du RADAR-Togo Maître
Kodjo
Dodzi Apévon qui a ouvert les
travaux de cette rencontre en présence de la
directrice du Centre Culturel Américain Mme Ellen
IRVINE. Celui-ci a, dans son mot d’ouverture,
remercié le centre culturel américain pour l’effort
qu’il déploie pour la promotion des Droits de
l’Homme au Togo et le soutien qu’il a apporté au
RADAR-Togo dans l’organisation de cette journée de
discussions sur un sujet sensible : la
protection des droits de l’homme.
Me
Apévon
a ensuite rappelé les circonstances
ou les raisons qui ont amené les avocats du barreau
et les journalistes de la presse privée à porter sur
les fonds baptismaux un 10 décembre 2003 le
RADAR-Togo dont l’objectif, comme son nom l’indique,
est de lutter contre toutes les formes
d’arrestations et de détention arbitraires. Selon Me
Apévon, c’est parvenu au constat qu’au Togo « les
arrestations pour des faits supposés ou réels qui ne
présentent aucun caractère de délits prévus par la
loi pénale et les détentions au-delà de la période
de garde à vue ou au-delà de la peine encourue sont
devenues légion » que les promoteurs du RADAR
ont décidé de le créer et se sont donné pour
objectif d’organiser des campagnes de
sensibilisation de l’opinion publique pour la
libération des personnes arrêtées ou détenues
arbitrairement; d'intervenir
auprès des pouvoirs publics notamment devant les
Cours et Tribunaux pour assurer la défense des
personnes arrêtées ou détenues arbitrairement, ou
menacées d’arrestation arbitraire;
d'oeuvrer à l’indépendance de
la magistrature et autres institutions de protection
des citoyens contre les arrestations et les
détentions arbitraires; de
contribuer à l’adoption par
les pouvoirs publics de textes devant garantir les
citoyens contre les arrestations et les détentions
arbitraires etc. Il a enfin remercié les
participants pour leur présence qui, a-t-il dit,
témoigne de l’importance qu’ils apportent
aux
objectifs de son association.
Après le discours d’ouverture du
président du RADAR-Togo, la directrice du centre
culturel américain, Mme Ellen Irvine a, dans son
intervention, félicité le RADAR-Togo pour son
initiative et relevé l’importance que le centre
culturel américain accorde aux questions des droits
de l’homme et aux libertés fondamentales ; ce qui,
a-t-elle dit, justifie sa présence à ce panel de
discussions sur la protection des droits de l’homme.
Elle a enfin souhaité que de telles rencontres se
perpétuent, et que de ces discussions, sortent des
propositions et recommandations concrètes pour des
actions à entreprendre sur le terrain.
Après ces deux discours, les
participants ont suivi quatre exposés présentés par
d’éminents juristes et praticiens de droit.
Le premier exposé intitulé
"Notions
générales de droit pénal et les droits de l’homme"
a été présenté par Lambert Dosseh d’ALMEIDA,
Directeur de Cabinet au Ministère de la Justice et
Enseignant de Droit Privé à la Faculté de Droit de
l’Université de Lomé. Celui-ci a d’abord défini la
notion d’infraction, le procès pénal, les sanctions
pénales et ensuite montré la relation qui existe
entre le droit pénal et les droits de l’homme.
Le 2e exposé
intitulé "L’enquête
préliminaire et la mise sous mandat de dépôt"
a été présenté par Marc FIAWONOU Conseiller à la
Cour d’Appel de Lomé.
Le 3e exposé présenté par
M. AGBETOMEY K. Conseiller à la Cour Suprême a porté
sur "La
détention préventive, l’instruction et le secret
d’innocence".
Le 4e et dernier exposé a
été présenté par Me Isabelle AMEGANVI Avocat au
Barreau de Lomé et membre du RADAR-Togo. Elle a
entretenu l’assistance sur
"la
protection du droit des prévenus dans la phase du
jugement pénal".
Ces exposés suivis de débats ont
permis aux participants de cerner certaines notions
qu’ils maîtrisaient peu ou
mal et d’avoir une idée sur
la cause des maux qui gangrènent la justice
togolaise notamment la corruption, la lenteur dans
le traitement des dossiers, la partialité des juges,
les décisions illégales prises
par
certains responsables du parquet et les difficultés
que les avocats rencontrent à la prison civile de
Lomé pour s’entretenir avec leurs clients.
Pour sa première sortie, on peut dire que le
RADAR-Togo a fait un pas de réussi puisque que les
participants se sont séparés sur une note de
satisfaction souhaitant que le RADAR-Togo organise
dans les jours à venir ce genre de rencontre à
l’intérieur du pays pour entretenir ces populations
sur les détentions arbitraires et les droits de
l’homme. C’est avec une oreille attentive que le
président du RADAR-Togo a pris acte de cette
doléance. Remerciant les participants pour l’honneur
qu’ils ont fait au RADAR-Togo en acceptant de
consacrer leur temps pour venir assister à ces
discussions, le Président du RADAR-Togo a promis que
son organisation fera de son mieux en dépit de ses
moyens limités, pour
atteindre les objectifs qu’il
s’est fixés. Il a alors invité toutes les bonnes
volontés et tous ceux qui s’intéressent aux
questions des droits de l’homme à venir se joindre à
son organisation pour une sensibilisation plus
accrue des populations sur ces aspects fondamentaux
des droits de l’homme car, citant Kenneth Minogue:
« si l’idée que les hommes
ont un droit à la vie est mieux répandue, peut-être
cela préviendra-t-il ces atteintes et ces
manquements » |