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L’opposition
togolaise a marché pour protester contre la
hausse des prix du
carburant
Anastasie Messan
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« C’est une victoire pour l’opposition »,
a lâché un militant de l’opposition au Château
d’eau de Bè, le point de départ de la marche
pacifique de protestation contre la hausse des prix
du carburant organisée par quatre partis de
l’opposition : CAR, PSR, UDS-Togo, UFC.
Ce constat est révélateur puisque le pouvoir est
passé par tous les moyens pour saboter la
manifestation. Ce n’est que dans la nuit de vendredi
17 décembre que le ministère de l’Intérieur a
notifié aux organisateurs que la marche ne pourrait
pas suivre l’itinéraire prévu dans l’appel du 09
décembre. Au lieu du Château d’eau de Bè (point de
départ), Boulevard Houphouët-Boigny, Boulevard
Circulaire, Fontaine lumineuse, Avenue de la
Libération, Boulevard de la République, Boulevard
Circulaire, Benigalto (Terrainvi pour le meeting ),
les manifestants seront obligés d’emprunter
l’itinéraire suivant : Château d’eau de Bè, Rue de
l’OCAM, , Boulevard Circulaire, Avenue de la
Libération, Boulevard du 24 janvier, Avenue de la
Nouvelle Marche, Rue de la Gare, Boulevard de la
République, Beniglato.
De plus, la télévision nationale a consacré toute
son édition de 20 heures à cette marche. Des
syndicats bidon aux liseurs de motions en passant
par le ministre du Commerce, de l’Industrie, des
Transports et du Développement de la Zone Franche
sont montés au créneau pour fustiger l’organisation
de la marche et menacer les populations.
Malgré tout
cela, les Togolais sont sortis samedi matin pour
exprimer leur ras-le-bol face à cette augmentation
abusive des prix du carburant. Même
l’impressionnante présence des Forces armées
togolaises dans toutes les rues ne les a pas
dissuadés. Ils sont près d’un millier à prendre le
départ au Château d’eau de Bè. On notait la présence
de Me Agboyibo du CAR, Me Abi Tchessa du PSR,
Etienne Tchagolé de l’UDS-Togo et de Bob Akitani de
l’UFC.
Sur les
pancartes et les banderoles on pouvait lire :
« Non au racket des populations par le gouvernement
togolais », « Non à la détérioration vertigineuse du
pouvoir d’achat des Togolais », «Les
femmes disent non à l’augmentation des prix du
carburant », « Halte à l’escroquerie », « 37 ans de
pouvoir, ça suffit » « Nous exigeons la révision du
cadre électoral »…
Après deux heures de marche, les manifestants se
sont retrouvés au stade de Beniglato pour le
meeting. Prenant en premier la parole, le
Secrétaire général du PSR, Me Abi Tchessa, a
adressé ses remerciements à tous ceux qui ont
participé à cette « marche patriotique et
héroïque » pour demander au gouvernement de « cesser
de racketter le peuple ».
Ensuite, Emmanuel Bob Akitani et Jean-Pierre Fabre
de l’UFC, Me Agboyibo du CAR se sont succédé pour
entretenir l’assistance sur les raisons de cette
marche et le développement de la situation politique
actuelle. « Malgré les intimidations, vous êtes
là. Cela prouve que vous êtes derrière nous. Si nous
ne trouvons pas satisfaction, nous serons obligés
d’organiser régulièrement ces genres de
manifestations », a déclaré Me Agboyibo avant
d’ajouter « Il faut dépasser nos petits problèmes
et privilégier l’intérêt du peuple ».
Le dernier intervenant fut
Etienne Tchagolé de l’UDS-Togo qui a donné lecture
de la déclaration ayant sanctionné la marche.
Tout
s'est
déroulé normalement et aucun incident n’a été
signalé.
Voici la
déclaration qui a sanctionné le meeting de ce samedi
matin qui marque la première sortie publique de
l’opposition depuis les
fameux
22 engagements
de Bruxelles pris
par le gouvernement togolais.
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A l’appel des leaders des partis
soussignés, les militants et sympathisants du
CAR, du PSR, de l’UDS-Togo, de l’UFC, ainsi que
les travailleurs et les populations de la
Commune de Lomé et des localités voisines, ont
massivement participé, ce jour, Samedi 18
décembre 2004, à travers les rues de la
capitale, à une marche pacifique, pour protester
contre les augmentations injustifiées,
excessives et cavalières des prix des produits
pétroliers, décidées par le gouvernement
togolais.
En effet, par arrêté du
Ministre du commerce , non rendu public au
moment de l’entrée en vigueur des nouveaux
tarifs, les prix par litre à la pompe des
produits pétroliers ont été majorés dans des
proportions dépassant 36% de hausse.
L’acte ainsi posé,
traduit une fois encore, le mépris et le cynisme
que le gouvernement et le régime en place au
Togo affichent à l’égard des laborieuses
populations togolaises.
En effet, la manière
sournoise dont la mesure d’augmentation a été
mise en vigueur, sans aucune annonce préalable,
sans aucun avertissement, montre le manque total
d’égard et de respect pour le Peuple togolais
souverain, que le régime en place considère
comme taillable à merci !
De plus, les
augmentations de tarifs des produits pétroliers
interviennent au Togo, au moment où, en raison
de la faiblesse quasi structurelle des taux de
change du dollar américain, mais aussi du
fléchissement notable des prix du baril de
pétrole brut sur les marchés internationaux, des
pays de la sous région, à l’instar de certains
pays industrialisés, procèdent à la diminution
de leurs tarifs pétroliers à la pompe.
Par ailleurs, la
structure des prix du pétrole, dont
l’incohérence et le manque de transparence ont
été relevés à plusieurs reprises mais en vain
par les partenaires au développement, continuent
de présenter des aberrations qui n’ont d’autres
justifications que la gestion mafieuse et le
racket fiscal organisés par les pouvoirs
publics, autour d’un secteur aussi vital que le
secteur de l’énergie, porteur de revenus
substantiels tant pour les professionnels du
secteur que pour l’Etat, et le facteur
stratégique de la production nationale et de la
croissance économique.
Enfin, cette mesure
d’augmentation intervient au moment où les
errements du régime RPT ont plongé l’économie
nationale dans une spirale de dépression, avec
son cortège de chômage et d’anéantissement du
pouvoir d’achat des travailleurs et des masses
laborieuses, d’aggravation de la pauvreté, de la
précarité et de la misère, sur toute l’étendue
du territoire national.
L’arrêté subreptice du
Ministre du commerce en date du 1er
décembre 2004, constitue la hausse de trop
imposée aux Togolais, après les augmentations en
série des prix, notamment de l’eau, de
l’électricité, du téléphone, etc., depuis la
dévaluation du franc CFA, sans le moindre
ajustement conséquent des salaires, des pensions
et des bourses d’étude.
C’est dire que notre
pays, connaît depuis bon nombre d’années, une
situation économique et sociale désastreuse dont
le gouvernement et le régime RPT en place,
portent l’entière responsabilité.
C’est dire aussi que le
gouvernement et le régime RPT, englués dans
leurs contradictions, dans leurs incohérences,
dans leur mauvaise foi, dans leur manque totale
de volonté politique, davantage préoccupés par
leurs intérêts égoïstes et mafieux, manquent
totalement d’initiatives et de projet
socio-économique pour sortir le pays de cette
situation qui perdure.
C’est dire enfin, que
l’incompétence et l’incapacité de ce régime qui
se refuse à toute réforme, a atteint des limites
telles, qu’il n’a plus vocation à répondre ni
aux attentes, ni aux aspirations du Peuple
togolais souverain, en termes de bonne
gouvernance politique et économique, de
transparence, de développement durable et de
bien-être physique et moral des fils et des
filles de notre pays le Togo.
En conséquence, les
partis politiques organisateurs de la marche de
protestation de ce jour, appellent leurs
militants et sympathisants, les travailleurs et
les masses laborieuses, et l’ensemble des forces
vives de la nation togolaise, à se mobiliser
pour obtenir l’abrogation de l’arrêté
ministériel portant augmentation du prix des
carburants.
Fait à Lomé, le 18 décembre 2004
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Pour
le CAR
Me Y. AGBOYIBO |
Pour
le PSR
Me T. ABI
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Pour
l’UDS-Togo
E.
TCHAGOLE |
Pour l’UFC
E. AKITANI BOB |
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