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Des
offices religieux
en mémoire des morts du 20 Novembre
Daniel Garidan
Ce dimanche 28
novembre 2004 ont eu lieu au Palais des
Congrès de Lomé, en présence du Chef de l’Etat, des
dignitaires du régime, des chefs traditionnels et
des invités, des offices religieux en mémoire des
morts du 20 novembre 2004.
Combien étaient-ils? Nous autres avions donné le
chiffre de 195 après vérification auprès des
autorités hospitalières le 21 novembre et eu égard à
l'ambiance au CHU de Tokoin en notre présence. Le
gouvernement a annoncé et maintenu le chiffre figé
de 13 morts. aujourd'hui, peu importe le chiffre et
paix à l'âme de toute personne disparue pour des
raisons que seules expliquent la misèse ambiante des
victimes et la folie humaine des autres.
Depuis le déclenchement du processus démocratique
Eyadema s'est enfermé dans la mégalomanie légendaire
qu'on lui connaît depuis qu'il a importé l'animation
politique de chez Mobobu de l'ex-Zaïre. Cette folie
des grandeurs a fabriqué des oisifs et des
professionnels de marches de soutien qui saisissent
toutes les occasions pour rassembler de pauvres
hères aux portes du très magnanime Eyadema
Comme nous l’écrivons dans notre reportage,
la tragédie meurtrière du
samedi 20 novembre 2004 a fortement ébranlé le
régime Eyadema. Touché dans
son âme
profonde, le chef de l’Etat a convoqué le mercredi
24 novembre dernier, un conseil des ministres au
cours duquel il a décrété un deuil national de trois
jours les 25, 26 et 27 novembre 2004 en mémoire des
victimes de la bousculade et décidé l’organisation
d’offices religieux pour ce dimanche 28 novembre
2004.
Au cours du conseil des ministres présidé par le
chef de l’Etat lui-même, il a été décidé de faire un
don spécial aux familles
des
victimes décédées pour, dit-on, leur permettre de
faire face aux dépenses des obsèques, un don dont
le montant n’a
pas été communiqué. Le conseil des ministres a par
ailleurs confirmé le nombre de 13 morts et dénoncé
ce qu’il appelle « l’exploitation malsaine et
irrévérencieuse pour
les
morts faite par certains individus de ce malheureux
événement » et appelé les Togolais toutes tendances
et croyances confondues, « à faire front avec
dignité et patriotisme aux épreuves qui émaillent
notre vie commune ».
Pendant les trois jours de deuil national, les
drapeaux
sont restés
en berne. Et pour marquer sa sympathie et sa
compassion pour les ‘’13 patriotes tombés pour
que vive le Togo’’, le Général Président a dû
surseoir,
selon certaines sources,
à son déplacement de la capitale burkinabé où se tenait
un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de
l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Il a dû se faire représenter par son premier
ministre Koffi Sama.
Ce
qui a semblé intriguer et qu’il faut
relever ici, c’est que, après
cette tragédie meurtrière, on avait cru que le
général Eyadema touché par
le drame,
refuserait de recevoir quiconque viendrait encore
dans sa résidence pour chanter ses louanges. On en
était à cette pennée naïve
quand le samedi
(27 novembre) au soir, alors que les offices
religieux prévus pour ce dimanche 28 novembre
n’avaient pas encore lieu, qu’un groupe de femmes se
réclamant des femmes de l’Eglise Presbytérienne du
Togo, apparaît sur les écrans de la TVT pour louer
sa politique de paix, de bon voisinage et de
magnanimité et de grand médiateur dans les crises
africaines et vouer aux gémonies les leaders de
l’opposition. Cette déclaration faisait suite à une
audience que le chef de l’Etat venait de leur (ces
femmes) accorder à sa résidence privée à Lomé 2.
Qui dit que les habitudes de la maison ont la vie
dure au RPT ! C’était mal connaître l’homme,
infaillible et friand qu’il est de son propre
culte.
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