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28 Nov. 2004

Médias et VIH/ SIDA
Les journalistes informés sur les techniques de reportages en matière de VIH/SIDA
Alain Nococo

Le monde entier célèbre chaque 1er décembre, la journée mondiale de lutte contre le SIDA instituée le 1er décembre 1998 par l’OMS.  En prélude à cette journée  dont le thème cette année est  Femmes, Filles, VIH et SIDA et vu que toute campagne efficace dans la lutte contre la pandémie du SIDA nécessite l’implication des médias, le Centre Culturel Américain, a convié le mardi 23 novembre 2004, les journalistes togolais des médias privés et publics à  une visioconférence animée depuis l’Ambassade des Etats Unis à Paris par Mme Diane Seligsohn, journaliste indépendante d’origine américaine et vivant à Paris. Cette visioconférence a été retransmise en direct dans deux pays de l’Afrique de l’Ouest : le Mali et le Togo. L’objectif de cette visioconférence à laquelle ont assisté des journalistes, des représentants des organisations en lutte contre le sida et des médecins, était d’informer les journalistes sur les techniques de reportages en matière de VIH/SIDA, c’est-à-dire, comment les journalistes doivent se prendre pour aborder le sujet avec des personnes malades du sida.  L’oratrice a alors indiqué quelques pistes qui constituent pour le journaliste des sources d’information.

Pour Mme Diane Seligsohn, d’abord, la première source pour le journaliste dans le reportage sur le VIH/SIDA, c’est le journaliste lui-même. Qu’est-ce qu’il sait à propos du sida? Connaît-il des personnes ou, a-t-il à côté des personnes qui vivent avec le Sida? Quel jugement fait-il de la maladie? Cette source qui, si elle est bien maîtrisée, devra permettre au journaliste d’aborder sans difficulté les personnes vivant avec le sida  qui peuvent alors accepter de lui  parler.

Aux journalistes de la presse audiovisuelle, l’oratrice a dit que le journaliste doit connaître le public à qui il s’adresse ; les préjugés et tabous de ce public et savoir alors se prendre pour aller au-delà de tous tabous et préjugés pour que son message passe.

D’autres sources ont été énumérées par l’oratrice, notamment la nécessité d’avoir un carnet d’adresse des personnes à qui on peut faire appel, la possibilité d’aller à la rencontre des personnes vivant avec le VIH/SIDA, la nécessité d’établir des relations de confiance avec ces personnes.

Dans le rôle que doit jouer la presse dans cette campagne de lutte contre la pandémie du sida,  Mme Diane a souhaité que les journaux privés ou publics consacrent  des colonnes tout le long de l’année à des articles sur le sida et n’attendent pas le 1er décembre pour en faire un large échos. A cet effet, elle propose que des journaux  initient des thèmes créatifs et variés sur le sujet qui pourraient intéresser beaucoup de personnes. Pour terminer son point de presse, elle a insisté  sur la nécessité qu’il y a au Togo et au Mali à trouver les voies et moyens pour briser ces tabous qui freinent toute campagne de sensibilisation et qui favorisent la propagation de la maladie.

Cette visioconférence s'est terminé avec des questions-débats qui ont permis aux journalistes des deux pays  d’acquérir d’autres connaissances en matière de VIH/SIDA.

Il faut rappeler que c’est le 1er  décembre 1998 que l’Organisation mondiale de la santé OMS a lancé la première journée mondiale de  lutte contre le Sida. Cette journée est rapidement devenue une des dates commémoratives réussies au monde puisqu’elle est célébrée partout à travers le monde. Et depuis lors, c’est l’ONUSIDA qui coordonne les activités de cette campagne. Mais, cette campagne n’a pas réussi à exprimer son plein potentiel aux niveaux local et national, du fait de sa nature mondiale et, peut être, en raison de son association étroite avec les organismes des Nations Unies. C’est pourquoi, cette année, indique-t-on, la campagne entre dans une phase de transition stimulante en impliquant étroitement la société civile et les ONG.

«En même temps qu’elle opère une orientation thématique sur les femmes, les filles, le VIH et le SIDA, elle renforce le rôle de la société civile en confiant aux ONG la direction de la Campagne jusqu’à présent assumée par l’ONUSIDA», indique une note stratégique de la Campagne mondiale 2004 contre le sida.

En informant les médias sur les techniques de reportages sur le VIH/ SIDA, il ne fait nul doute que cette politique s’inscrit dans cette nouvelle dynamique, puisque les ONG et la société civile doivent avoir pour appui les médias qui constituent un outil important donnant aux personnes victimes les moyens et la possibilité de s’exprimer.

 

 
   

 
 
 

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