|
Décision de l'Union
européenne: La boutique aux marches de soutien cause
plusieurs morts et blessés
Mathias Akoulansa
Les organisateurs
la marche marche
du Samedi 20 Novembre 2004
se défendent de ce que la marche devait aboutir
à la résidence privé du chef de
l'Etat et qu’ils ignorent ceux ou celui qui a
détourné la marche vers Lomé 2. Le
palais des congrès et la
résidence de Lomé 2 sont diamétralement
opposés, le premier au sud à quelques encablures de
la mer et le second en face de l’Université de Lomé.
La plupart des marches partent de Fréau jardin, de
la colombe de la paix ou de l’immeuble OBA.
Selon les organisateurs, celle
d’hier, partie de l’immeuble OBA,
devait aboutir au palais des congrès. Or de
l’immeuble OBA à Lomé 2, il y a bien plus de 5
kilomètres. Si les responsables n’ont pas réussi à
arrêter et à canaliser la foule vers le palais des
congrès, ce n’est pas par incapacité mais par
volonté. Délibérément on a voulu conduire la foule à
Lomé 2 pour quelques francs et surtout pour quelques
faveurs. |
|
Le
RPT a rouvert « sa
boutique aux marches de
soutien » qui a atteint son
apothéose hier avec la mort de plusieurs personnes à
la réssidence d'Eyadema de Lomé 2.
La version officielle parle de 13 morts, mais le
bilan pourrait être plus lourd. Certaines radio
locales ont avancé le chiffre de 60 morts et des
centaines de blessés. Un communiqué du gouvernement
affirme que le chef de l'Etat que de telles
manifestations avaient pour but d'encenser, a
ordonné une enquête pour déterminer les mobiles des
bousculades. La vraie question est de savoir
s'il fallait en arriver là, au sujet d'une décision
assortie de conditionnalités qu'à l'avance
on sait que le gouvernement togolais ne pourra
satisfaire. Il semble que les liesses se justifient
par le fait qu'Eyadema est désormais rassuré d'avoir
son fauteuil présidentiel intact jusqu'en 2008 même
si l'on sait que les élections législative ne seront
pas transparentes et que la reprise totale de la
coopération reste hypothétique. Il s'agit de gagner
du temps. Eyadema l'a fait entre 1998 et 2003 et a
pu preserver son fauteuil. Il le fera encore entre
2003 et 2008.
Les rues togolaises sont
entrées dans une effervescence et une
ébullition sans pareilles dès
le 16 Novembre 2004, juste au lendemain de
la décision de l’UE
mettant fin aux consultations avec le Togo.
Les tapages du gouvernement ont surpris même certains
opposants qui ont fait des déclarations avant
d'avoir analysé la décision en question.
L’interprétation biaisée
à dessein de la décision de l’UE
a jeté des centaines de
pauvres hères dans les rues.
Désoeuvrés, malheureux salariés,
vieillards, ceux qui
croient comprendre tout à la
politique et ceux
qui n'y comprennent rien,
ceux qui font de la surenchère de zèle
et tous les opportunistes. Tout ce pauvre
monde a franchi la frontière de l’amertume et de la
désespérance et est allé,
certainement espérant empocher un de ces billets que
d'habitude le despote jette sur ses milliers de
visiteurs.
Au RPT on s’agite pour une décision
qui pourtant conditionne la reprise complète
de la coopération avec le Togo à
l'organisation d'élections libres et transparentes,
en faisant fi de ce que «l'Union
européenne se réserve le droit de modifier les
mesures appropriées.»
Le RPT fait croire au petit peuple que la
coopération a été rétablie. La décision aurait coupé
net les derniers remparts de l’opposition togolaise.
C'est donc «la victoire du
bien sur le mal».
L'’Union Européenne
explique pourtant dans sa
lettre adressée au
Premier Ministre togolais
Koffi Sama à quoi il faudra
s'attendre après la clôture des consultations:
«À la suite
des consultations, reconnaissant les engagements
réalisés à ce stade et vu les importantes activités
encore à mettre en oeuvre, il a été décidé d'arrêter
les mesures appropriées suivantes au titre de
l'article 96, paragraphe 2, point c) de l'accord de
Cotonou:»
Point 1 et 7- Volet
humanitaire:
«la mise en œuvre des
projets financés sur les reliquats des 6e et 7e
Fonds européen de développement (FED) et qui ont
pour objectif de répondre aux besoins de la
population ainsi que ceux qui encouragent le respect
des éléments essentiels de l'accord de Cotonou, à
savoir le respect des droits de l'homme et des
principes démocratiques et l'Etat de droit, est
poursuivie. »;
«les actions à
caractère humanitaire, la coopération commerciale et
les préférences dans les domaines liés au commerce
ne sont pas affectées.»
Point 2- Aide pour la mise en oeuvre des
engagements pris à Bruxelles:
«A ce titre, la
Commission procédera entre autres à l'adoption de la
décision de financement du Programme "4ème
recensement général de la population et de
l'habitat";
Point 3, 4 et 5- L'allocation du 9ème FED
conditionnér à des élections transparentes:
«la notification de
l'allocation au titre du 9e FED sera réalisée une
fois que le cadre électoral, garantissant un
processus électoral transparent et démocratique, et
acceptable par toutes les parties, a été établi et
que la date pour l'organisation des élections
législatives a été fixée.»
Point 6- «les
contributions aux projets régionaux seront examinées
au cas par cas;»
Au fait l’UE n’avait
pas interrompu la totalité de ses aides au Togo.
Elle avait continué à financer les ONG pour des
programmes sociaux et éducatifs. Il s’agit
aujoud'hui et tout simplement
d’un assouplissement
eu égard à l'application des 22 engagements pris par
le Premier ministre Koffi Sama devant l'UE le 14
avril 2004 et surtout dans la perspective de
l'organisation d'un cadre électoral transparent et
acceptable par tous.
|