Actualité

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

Sites

Éditorial

11 Nov. 2004

 

Togo : scénario catastrophe:
En attendant que le nouveau code électoral soit publié au JO, l’opposition semble inexistante
Samuel Batchati

Tout paraît tassé depuis l’échec du second round des négociations du dialogue inter-togolais. La vie politique semble aller de soi. Comme si tout allait bien. Comme si les objectifs poursuivis par les uns et les autres sont atteints. A l’évidence, le RPT, parti au pouvoir a atteint ses objectifs : faire traîner les négociations et jouer des prolongations dans un dialogue de sourds. Pendant ce temps le conseil des ministres du mercredi 27 octobre a adopté un nouveau projet de code électoral. Bien entendu l’opposition n’a pas participé à l’adoption de ce code électoral. En ce moment le parlement étudie le nouveau code électoral pour son adoption. Et rien ne prévoit que l’Assemblée nationale rejette ce que le gouvernement a adopté en conseil des ministres. Cela ne s’est jamais produit, et ce n’est pas demain la veille que l’Assemblée RPT rejettera un projet de code électoral proposé par le gouvernement RPT.

Dans ce nouveau projet de code électoral, le gouvernement déclare avoir doté la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) " davantage de prérogatives dans le contrôle et la supervision du processus électoral ". Désormais la CENI se compose de treize (13), membres au lieu de neuf (9) précédemment, dont 5 du parti au pouvoir, cinq de l’opposition, un magistrat de la Cour d’Appel et deux représentants de la société civile. Allez farfouiller du côté du choix de ces deux représentants de la société civile et vous verrez bien qu’il s’agira d’une affaire de camaraderie. Du reste, Monsieur Edem Kodjo estime que le code électoral adopté est meilleur à celui sur la base duquel ont été organisées les élections présidentielle de juin 2003: «La nouveauté de ce texte est que la CENI a de vrais pouvoirs. Le renforcement et l’amélioration des moyens de contrôle de la CENI sont remarquables. Il s’agit d’une répartition des tâches entre le Ministère de l’Intérieur et la CENI. Contrairement à ce que les détracteurs du texte affirment, le Ministère de l’Intérieur ne dispose pas de la haute main sur les opérations électorales de manière exclusive» (voir Interview)

Si des questions essentielles se dégagent par rapport à la composition de cette CENI, on peut se demander pourquoi un parti politique peut s’arroger le droit de fournir 4 membres et réserver 4 autres membres pour une dizaine de partis de l’opposition, une opposition qui se fait la guerre à l’intérieur. Comment le choix de ces 4 membres se fera-t-il ? Il flotte à l’horizon comme des pugilats de discours et de communiqués. Pendant que l’opposition se livrera son éternelle guéguerre, le RPT, avec plusieurs longueurs d’avance, fourbira d’autres armes pour d’autres coups tordus.

Il s’agit là d’un nouveau traquenard qui se prépare pour le peuple togolais tout entier. Le peuple déchiré entre l’opposition et le parti au pouvoir est victime de la technique " Split-the-cat " suggérée aux couples qui se séparent et qui ne savent pas qui du mari ou de l’épouse partira avec le chat. Alors chaque partie, de chaque côté de la chambre propose au chat au centre une boite de Ron-Ron. Le chat ira à la boite de Ron-Ron qui aiguise ses appétits. Dans le cadre du peuple togolais, Eyadema semble bien avoir belle partie avec tous les millions qu’il distribue à tour de bras. En retour Eyadema se gargarise des dithyrambes nauséeuses de la vermine qui plus le loue plus ramasse des billets de banque. Il est clair le peuple va à Eyadema parce que Eyadema a la boite d’argent qui attire le peuple affamé. Cette logique "ploutomaniaque" amènerait à déduire que " le peuple togolais aime Eyadema "

Quant à l’opposition, calfeutrée dans un égocentrisme suicidaire, elle ne tente même pas une reconquête de ce peuple qui l’a soutenu aux premiers moments du combat démocratique. Aucune action pour fouetter l’ardeur de ce peuple et l’encourager à moins de résignation. Aujourd’hui le peuple s’inquiète-il toujours des notions abstraites de justice, d’égalité, de sécurité sociale, de droits de l’homme ? Le Togolais lambda réfléchit maintenant minimum vital. Jeté dans un combat de survie, il préfère la logique du ventre à celle de l’honneur. Depuis plus de 10 ans, l’opposition a toujours posé l’incertaine équation propagandiste : DEMOCRATIE = BONHEUR / RICHESSE. La dialectique " conquête de la démocratie c’est faire la guerre à la pauvreté " n’a pas marché. La merveilleuse machine de l’opposition qui promettait le nirvana au peuple togolais est rouillée et la mécanique bloquée. L’attelage d’inefficacités, de couardise et de guéguerre n’a engendré qu’échecs, exil et licenciement; n’a conduit qu’au désespoir et au dégoût de soi. L’amertume a inhibé la confiance et l’ardeur à supporter le combat politique s’est estompée.  

En attendant que ce code électoral soit publié au journal officiel, l’opposition semble inexistante. Inactive. Au fait qui de l’opposition ou du pouvoir devait s’activer pour relancer le dialogue puisqu’il a semblé que le dialogue était le seul remède au mal togolais ? L’inaction et le silence de l’opposition sont plus que déplorables. L’opposition est bien naïve de rester engoncée dans une logique caduque des augures de l’UE. L’euphorie béate d’un attentisme teinté de farniente fait le malheur du peuple togolais. Aucune tactique n’a remplacé celle ringarde des discours aux contenus kafkaïens d’un Togo déliquescent, véritable château hanté, saccagé par Eyadema et sa clique. La politique ne s’encombre pas d’éthique, certes, et tous les coups bas sont donnés même s’ils ne sont pas permis. Jusque-là l’opposition a décrié les crimes avérés du despote de Lomé 2 sans parvenir à élaborer une stratégie claire de prise de pouvoir. Parce qu’une politique sans stratégie viable est vouée à l’échec. Et pourtant on apprend dans les couloirs que l'opposition dite traditionnelle participara aux élections législatives si celles-ci venaient à être organisées sur la base d'un code électoral adopté sans elle.

Dans ce contexte d’action souterraine du parti au pouvoir en vue de caresser l’opinion internationale dans le sens du poil et d’inaction consternante de l’opposition, l’UE, l'ultime recours, doit rester vigilante. Car l’observation brute que tente d’imposer le parti au pouvoir est celle d’une opposition involontaire, inconsciente, de mauvaise foi et décidée à saboter la vie politique au Togo. Si l’UE tombe dans cette logique désastreuse, et donne le satisfecit d’une reprise de la coopération avec la dictature d’Eyadema, ce sera l’apocalypse assurée pour les Togolais. Eyadema et sa chapelle se frotteront bien les mains. Car ils auront réussi à flouer L’UE. Une victoire inestimable. Victoire du mal sur le bien. Le Prométhée de l’enfer.

 

 
 
 

Find Scholarships Today!

 
 
 

You'll be amazed at the prices at CallingCards.com

 
 
 

Job.com

 
 
 

 
 

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

Tribune | Interviews | Débats | AgoraPress | Economie | Culture | Chatroom | Sites

 

Sports Careers