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Dans un article sans amphibologies, paru le 28
octobre 2004 sur le site web de
Hirondelle News Agency, l’avocat togolais, Me Jean Yaovi DEGLI, se
serait rendu coupable d’ «escroquerie,
malhonnêteté, fraude et tromperie.» L’avocat togolais aurait escroqué
l'ONU de plus de
300 000 dollars et aurait utilisé dans son équipe
les services de sa
compatriote Sylvia Olympio, qui n’avait pas la qualification adéquate pour ce genre
de travail. Secrétaire général de l’ADAD
(Association des Avocats de la Défense),
Me Dégli aurait
permis à Mme Sylvia Olympio de se faire enregistrer
comme avocate. Celle-ci a
travaillé au TPIR (Tribunal Pénal International pour
le Rwanda) de 1999 à 2003 et a
joui tout ce temps de
ces honoraires et autres frais.
Un compte bancaire
aurait été
ouvert à Arusha où les honoraires et frais
divers de Mme Olympio seraient
régulièrement versés.
Maître Dégli disposait d’une procuration et pouvait
effectuer des retraits d’argent sur le compte de Mme
Olympio. Ainsi sur plus de 380 000 dollars versés
sur le compte, parfois sur production de fausses
factures, Mme Olympio n’aurait perçu que 80 000 dollars
et les 300 000 dollars seraient allés à
l'épouse de Me DEGLI.
Ces révélations n’ont été possibles que grâce aux
enquêtes de la direction du BESCI, (Bureau du
service de contrôle interne des Nations Unies)
et surtout grâce à Mme Sylvia Olympio qui s'est auto
dénoncée.
Ancien sécretaire d'Etat chargé
des relations avec le parlement de transition, le
Haut Conseil de la République (HCR) avec rang de
ministre, Maître Dégli fut rapporteur général de la
Conférence nationale souveraine du Togo de Juillet à
Aoùt 1991. Après l'échec de la transition dirigé par
Maître Joseph Kokou Koffigoh dont il fut un fidèle,
le jeune et talentueux avocat s'est exilé d'abord au
Ghana puis en France où il
s'est inscrit au barreau
de Paris. Depuis 1997, Maître
Dégli travaillait au Tribunal Pénal International
d'Arusha en Tanzanie. Selon le journal Hirondelle
News Agency, «L’avocat togolais
représentait jusque-là les intérêts de l’ ancien
chef des opérations à l’état-major de l’armée, le
général de brigade Gratien Kabiligi accusé de
génocide, crimes contre l’humanité et crimes de
guerre dans le procès appelé "Militaires I"»
Le greffier du TPIR, le
Sénégalais Adama Dieng, dans un texte de 6 pages qui
détaille l'historique, le mécanisme de l'escroquerie
et les complicités de Me Yaovi DEGLI, ordonne l'exlusion
d'office de Me Jean Yaovi
Degli du TPIR.
Le gouvernement d’Eyadema a,
de son côté, trouvé depuis le 28 octobre 2004, matière à
commentaire. Les journaux ont relayé et amplifié
cette information. «Cette escroquerie n’éclabousse
pas les Togolais, fiers, honnêtes que nous sommes.
Elle n'éclabousse
que l’opposition» entend-on côté RPT. Eyadema a trouvé la
preuve que des milliards amassés avant 1990, se sont
envolés au cours de la transition
à cause de ce genre de comportement.
Il faut reconnaître que
les accusations contre Maître Dégli, si elles
s'avéraient, ne laisseraient pas indifferents tous
ceux des Togolais qui voyaient en ce jeune avocat un
atout pour la liberté au Togo. Déjà le simple fait
qu'il defendait les génocidaires Rwandais soulevait
des interrogations sur ses convictions profondes et
son engagement pour un Togo libre. N'était-ce pas là
une trop grande responsabilité, devant l'histoire, à
la vergès, alors que son pays le Togo souffre
sous les bottes de bourreaux batis dans le même bois
qu'Habiarimana?
Jean
Yaovi Dégli était Secrétaire général de l’Association des Avocats de la Défense
dans un procès dont «la
personnalité centrale [...]
est le colonel Theoneste Bagosora, directeur de
cabinet du ministre de la défense, considéré comme
le "cerveau" du génocide qui a fait environ 800.000
victimes parmi les Tutsis et les Hutus modérés entre
avril et juillet 1994.»
«Aloys Mutabingwa, le Représentant
du Rwanda auprès du Tribunal Pénal International
pour le Rwanda (TPIR) a demandé qu’une procédure
judiciaire soit engagée contre l’avocat togolais en
vue du recouvrement des 300 000 dollars. " Nous
prenons acte du fait que parmi les mesures prises,
figure son retrait de la liste du tribunal. C’est
une mesure importante mais elle n’est pas suffisante.
Il faudrait aller plus loin et traduire le concerné
devant une cour criminelle " car " C’est de l’argent
des Nations Unies ».
Source principale:
Hirondelle News Agency
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