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Les Tatas Tembermas désormais
inscrits au patrimoine mondial par l’UNESCO
Justin Hèzu Tiyé
En juillet 2004, l’UNESCO
a classé les Takientas dans le pays des Katammariba
(les Tatas en pays
Temberma) comme patrimoine mondial sous la référence
1140 (Région de la Kara
N10 04 00.0 E1 08 00.0).
Situé dans la
préfecture de la Kéran, (région de la Kara), le
village Nadoba qui abrite
les Tatas, au nord-est, village Temberma, est l’un
des sites touristiques togolais qui
attirent de nombreux visiteurs. Les maisons
d’un style original, constituent un ensemble
de tourelles en terre glaise à deux étages,
d’un grenier, d’une petite étable pour les
caprins, d’une cuisine et d’une cour pour les
rites cérémoniels. Certaines tourelles sont
parfois couvertes de paille ou d’une dalle de
la même terre. On y retrouve des
catacombes familiaux des membres de la
famille décédés. Koutammakou, le pays des
Katammariba, s’étend au-delà de la frontière
du Bénin qui est célèbre au Togo pour
son élevage de pintades et sa production
d’œufs de pintades très bon marché et couvre
une superficie de 50 000 hectares. Il est
mouillé par le fleuve Kéran et quelques cours
rivières.
L’Unesco justifie
cette inscription des Takientas au titre des biens
du patrimoine mondial par
les critères (v) et (vi.)
" Critère (v) : Le Koutammakou est un
exemple exceptionnel de système de
peuplement traditionnel qui est toujours
vivant et dynamique, soumis à des systèmes et
pratiques traditionnels et durables, et qui
reflète la culture singulière des Batammariba,
notamment les maisons à tourelles Takienta.
Critère (vi) : Le Koutammakou
est un témoignage éloquent de la force de
l’association spirituelle entre les peuples et le
paysage, tel qu’il se manifeste dans l’harmonie
entre les Batammariba et les ressources naturelles
environnantes. "
Le Koutammakou du pays
des Batammariba, ira rejoindre ainsi que les 154
biens inscrits cette année
dans la Liste du patrimoine mondial qui compte
désormais 788 biens
inscrits avec 611 biens culturels, 154 biens
naturels, et 23 biens mixtes, situés
dans 134 Etats parties.
Il faudrait ajouter que cette année, le
Tombeau des Askia au Mali a été aussi classé
patrimoine mondial ainsi que la Ville Portugaise de
Mazagan à El Jadida au Maroc, les Aires protégées de
la région du Cap en Afrique du Sud.
Il y a pourtant une
grosse inquiétude : les jeunes générations ne se
donnent plus la peine de construire des tatas ou
plutôt n’ont pas l’art de cette architecture. Ceux
qui sont partis en ville à la faveur de l’exode
rural reviennent rarement ou s’établissent ailleurs.
La culture du coton et l’élevage permettent aux
autres de se construire des maisons en banco ou pour
les plus fortunés en dur, avec des toits de tôle
ondulée, de tuile ou de dalles en ciment coulé. Dans
certaines maisons, les tatas tombent en ruine et il
est à craindre que d’ici à quelques années, ces
tatas qui ont attiré touristes et curieux, ne soient
plus qu’amas de terre glaise.
Cette fierté brandie
par les politiques n’a pourtant pas décidé le
gouvernement d’Eyadema,
depuis 40 ans qu’il est au pouvoir,
à faciliter l’accès au village Nadoba et
ses environs en bitumant la rue impraticable
en saison de pluie. Ç'aurait été
au moins une retombée
palpable des devises que le tourisme génère
au pays d’Eyadema.
Dans une interview accordée à Marchés Nouveaux,
dans son N° 2 de Janvier 1998, le ministre du
tourisme et des loisirs d’alors, Dafo Elia, avançait
les chiffres de 132 000 arrivées avec un chiffre
d’affaire de 16 milliards de FCFA chaque année
jusqu’en 1990. Chiffres tombés en 1993 à 32 000
arrivées pour 1 milliards de FCFA. 100 000 arrivées
en 1997 avec ????? de milliards ?. Il ne le dit pas.
Mais les milliards des autres années étaient
largement suffisants pour bitumer la route de Nadoba
et de ses environs. Si les dîners de galas
et les distributions de billets
d'argent ne prenaient l’entièreté du trésor
togolais.
Source principale:
UNESCO WORLD HERITAGE |