Encore un nouveau round de
sourds au CASEF :
Le PM Koffi Sama
convoque
pour ce jeudi 14/10/04 l’opposition pour
l’examen de la loi modificative du code
électoral
(voir la suite)
Alain Nococo
Alors que le dialogue
national, objet de la l’engagement 1.1 qui
devrait ouvrir la voie à l’examen des autres
points, bat de l’aille ou n’a
même pas
encore
commencé, le gouvernement RPT
vient d’adresser une nouvelle lettre
d’invitation aux partis politiques pour un
énième round de concertations
pour ce jeudi 14 octobre
à 09
heures à la salle Entente du
CASEF à Lomé.
On le sait
désormais et c'est un article
de
Anne-Marie Mouradian
de RFI daté du 25
Septembre qui nous l'apprend, il suffit
désormais «que l’accord
électoral soit «acceptable» par toutes
les parties, et non «accepté» comme le
demandait la Commission de Bruxelles. Tout est
dans la nuance.»
Selon l'article de Anne-Marie
Mouradian, «à la demande
de la France, les 25 ont fini par légèrement
assouplir leur texte»
vis-à-vis des autorités togolaises.
Certainement que la nuance, la très grande
nuance, n'a pas échappé au partis politiques
togolais.
« Dans ce cadre du dialogue
en cours, j’invite votre parti à prendre part à
une réunion le 14 octobre 2004 à 9 heures à la
salle Entente du CASEF, pour examiner l’avant
projet de la loi portant modification du code
électoral élaboré par le comité mis en place à
cet effet »
C’est en ces termes que le
Premier Ministre Koffi Sama s’est adressé aux
formations politiques qui ont pris part aux
précédentes réunions entrant dans le cadre du
dialogue national.
Pour l’heure, on ignore
si les partis- maison qui étaient montés
au créneau après les rencontres du 25 août et 10
septembre 2004 pour réclamer leur place au
soleil ont également été conviés à cette
rencontre ou c’est seulement les cinq partis de
l’opposition traditionnelle et le RPT comme le
stipule l’engagement 1.1 qui prendront part à
cette rencontre. Mais ce que l’on sait
cependant, c’est que cette fois-ci, le PM a
pris soin de préciser l’ordre du jour de la
rencontre. C’est à dire l’examen de l’avant
projet de loi portant modification du code
électoral.
Comme on le voit, ce nouveau et
énième rendez-vous intervient à un moment où
persistent encore de profondes divergences sur
la conception même du dialogue que conduit le
gouvernement RPT depuis le 10 juin 2004.
On se rappelle que dans la lettre commune qu’ils
ont adressée le 21/09/04 au Premier Ministre, le
CAR, la CDPA et l’UFC avaient relevé des
insuffisances qui, selon eux, grèvent le bon
déroulement du dialogue et fait une série de
propositions pour un vrai dialogue entre le
pouvoir RPT et l’opposition traditionnelle en
vue de trouver des solutions justes et
équitables à la grave crise que traverse le
pays depuis plus de dix ans.
Mais
fidèle à son habitude et au mépris de tout bon
sens, M. Koffi Sama n’a pas daigné répondre à
la lettre de ces trois formations, confirmant
ainsi qu’il n’a aucun argument sérieux à opposer
aux différents points soulevés par les trois
partis dans leur lettre commune. Mais, c’est le
RPT comme toujours, qui a pris l’initiative de
répondre à la lettre des trois formations
politiques à travers un communiqué de presse
rendu public le 05 octobre 2004. Dans son
communiqué, qui ressemble à quelques exceptions
près au communiqué fleuve qu’il a publié après
la rencontre du 10 septembre dernier, le RPT au
lieu d’apporter sa contribution comme l’ont fait
les autres partis pour la poursuite du
dialogue, ne s’est pas empêcher de jeter une
nouvelle fois l’opprobre sur les trois partis
politiques qu’il accuse de vouloir par leur
démarche torpiller le dialogue national en
cours, confirmant de ce fait leur opposition à
la reprise de la coopération. Estimant que seul
le gouvernement comptable devant l’UE parce que
c’est lui qui a pris les 22 engagements à
Bruxelles, le RPT dans son communiqué rejette
catégoriquement l’idée d’un dialogue tel que
préconisent les trois partis politiques et
invite cependant le gouvernement à tout mettre
en œuvre pour la poursuite du dialogue dans les
conditions et cadre consensuel adoptés par la
réunion du 25 août 2004.
Cette réaction du RPT à une
correspondance qui ne lui était pas adressée
spécialement confirme la thèse selon laquelle le
gouvernement et le RPT devraient être considérés
dans le cadre du dialogue comme une seule force
et non deux forces distinctes.
Le jeudi donc, Koffi Sama et sa suite vont se
retrouver face à des opposants qui ne
représentent rien et dont on voudrait se
passer. Drôle de dialogue ! Un nouveau dialogue
de sourds en perspective d’autant que, l’avant
projet de loi modificative du code électoral
dont on dit qu’il serait le seul point à
l’ordre du jour a été élaboré par
un comité boudé par
l’opposition représentative à savoir le CAR, la
CDAP et l’UFC. N’ayant pas participé à
l’élaboration de cet avant projet de loi, il
est évident que les trois formations politiques
ne se sentiront pas liés par les travaux de ce
comité.
En attendant, les partis
politiques invités, du moins les trois partis de
la coalition CAR- CDPA- UFC, n’ont pas donné
encore de réponse quant
à leur
participation à cette rencontre. Contactés,
certains responsables de ces partis n’ont pas
voulu s’exprimer sur le sujet. Peut-être que
dans les prochains jours, ils feront connaître
leur position. Mais, ce que l’on sait toutefois,
c’est que selon certaines indiscrétions filtrées
des cercles de ces partis, si rencontre il doit
y avoir, elle ne doit porter uniquement que sur
le choix d’un médiateur pour la conduite du
dialogue. Ce qui veut dire que cette rencontre
dont l’ordre du jour a été unilatéralement fixé
par le gouvernement ne sera qu’un autre round
de sourds et l’honnêteté nous recommande
d’affirmer que cette rencontre a déjà échoué
avant d’avoir commencé. |