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« Plusieurs jours pour
le voleur, un seul jour pour le propriétaire ».
Qu’elle est bien juste cette phrase des
comédiens du groupe ivoirien
"Faux pas facher"
dans la comédie « L’esprit Babi Zoto. »
Combien ont-il déjà volé
sans qu'on n'en sache nib de nib, ces "sauveurs"
de la force Licorne? Déjà en janvier, des militaires du dispositif
Licorne avaient été impliqués dans le casse
de Bouaké. Quatre militaires français
avaient profité du pillage de la BCEAO de
Bouaké pour dérober 38 millions de francs
CFA (57.000 euros) qu’ils ont tenté
d’échanger en France contre les diamants du
sang, alors qu'ils avaient la garde des
locaux.
Sacrée France ! L’armée française
ne formerait-elle que des voleurs ? La
France montre son véritable visage d’hyène,
qui ne se nourrit que de charognes, qui
s’enrichit du chaos. Le chaos en Afrique est
une veine de richesse pour la France : c’est
évident. L’interventionnisme outré de la
France en Côte d’Ivoire n’est que le
prétexte fallacieux pour une hémorragie
financière et économique.
Enfin une explication
se dessine sur l’opération
de
toilettage à la BCEAO,
le
retrait des
billets de banque de la série 1992 entamée
le 15 septembre 2004 dans toutes les agences
de la BCEAO dans la zone de l’UEMOA :
arrêter le blanchiment de billets de banques
volés dans les succursales de Korhogo en
août 2004 et à Bouaké en septembre 2003.
Cette opération que les commerçants
redoutaient peut trouver une satisfaction.
Quant au casse des militaires, c'est tout
bêtement un non voyant qui se fait prendre
sa miche de pain rassie par le fils du
magnat du quartier.
Un vilain pan vient de tomber dévoilant
l’hideux visage de la France, la très
fanfaronne et esbroufeuse France. Ce que
cette France chauvine distillait dans
l’ombre vient de s’éclater, éclaboussant le
président Jacques Chirac qui n’a pu
poursuivre son séjour à New York,
éclaboussant la Marseillaise, éclaboussant
le drapeau tricolore, éclaboussant la devise
française. Spluch ! Un infect bain
putrescent de gadoue d’avanie:
ah, sommes nous vraiment une nation de
filous? Ces pauvres africains viennent de
nous découvrir.
Le casse des 12 soldats de
l’opération Licorne, basée en Côte d’Ivoire,
est l’image hautement et fortement
représentative de la politique française de
l’Afrique. 65 millions de francs CFA,
(100 000 euros) volés à Man, à 570 Km
d’Abidjan. Des citoyens d’une « grande
nation » occidentale, voler un pays du
tiers-monde qui plus est en guerre ! C’est
d’une épouvante invraisemblable. Et
pourtant !
Ainsi donc les 4 000
soldats français de l’opération Licorne ne
sont en Côte d’Ivoire que pour piller, tuer
et voler. 4 000 voleurs lâchés dans un pays
en guerre. 4000 cambrioleurs sans foi ni loi,
chargés par le ténébreux Chirac de
parachever l’œuvre de sape commencée par les
vendus nationaux. Chirac ne pouvait mieux
« aider » la Côte d’Ivoire de Félix
Houphouët-Boigny, lui le plus Africains des
Français. Dans le Rapport de 100 pages
N°87, 2001-2002, (Rapport
spécial sur l’aide au développement,
Sénat, Commission des finances), l’ancien
ministre du Budget de François Mitterrand,
Michel Charasse se réjouit de la présence de
l’armée française qui permet d’ « assurer un
minimum d’ordre et de service publics ».
Service public ! (Sic).
On disait et savait la
Françafrique inhumaine, néo-fasciste, néo-
impérialiste et responsable de tous les
conflits armés en Afrique. Partout où ses
colossaux appétits de pétrole, de diamant de
sang, d’or, de cacao et de café ; de toutes
ces richesses africaines mal gérées par des
dictateurs d’opérette ubuesques, sujets
d’une métropole sangsue, ont été menacés,
la France a fait sauter le couvercle de la
boite de Pandore. Au Congo lorsque Lissouba
négociait des marchés de pétrole avec des
compagnies pétrolières américaines,
les dirigeants français
ont allumé un brasier, armant tour à tour
milices rebelles et soldats royalistes
et installant enfin leur marionnette.
Mais le Congo n'est pas
la Côte d'Ivoire et Gbagbo n'est pas
Lissouba.
C’est la même stratégie
du « tout à moi ou cendre pour tous » que
Chirac a rééditée en Côte d’Ivoire alors que
le président Laurent Gbagbo négociait des
marchés avec les Italiens, les Asiatiques et
les Américains. Parce qu’en réalité, les
marchés offerts gratuitement par la momie
qu’était devenue Félix Houphouët-Boigny,
symbole vivant du félon délateur, « piaillant
et susurrant et plastronnant dans les salons
de la condescendance » (David Diop), tous
ces marchés se sont révélés improductifs
pour les Ivoiriens. Il s’avérait opportun
que le Président renégocie d’autres marchés
bénéfiques à la Côte d’Ivoire et non à la
seule France. Chirac avait vu rouge et
déclaré la guerre à Gbagbo via une « Force
nouvelle », armée pour combattre « la force
ancienne ». Même après le coup d’Etat de
Linas Marcoussis, même quand Gbagbo avait
confié d’importants marchés au groupe
Bolloré, l’appétit d’ogre de Chirac n’avait
pas été assouvi.
Quand au sommet de la
Pauvreté le même Chirac déclare à New York
que « lutter contre la guerre, c’est lutter
contre la pauvreté », on ne peut avoir qu’un
sourire amer et douter de sa bonne foi quand
on sait toutes les guerres que la France
manigance, allume et entretient pour tous
ses réseaux françafricains. Et lorsque
Michel Charasse triomphe avec 432,8 millions
d’euros d’aide à la Côte d’Ivoire, en 2002,
au nom de la « Doctrine d’Abidjan », on peut
dire que la guerre a été déclarée en Côte
d’Ivoire pour récupérer les millions d’euros
d’aide apportés à ce pays.
Combien de
milliers d’euros ont-ils déjà pillés
auxquels iront s’ajouter les 100 000 euros
volés par des soldats français ? Et Michel
Charasse s’offusque et conditionne « la
reprise des relations de l’Etat ivoirien
avec les institutions financières
internationales » à
l’établissement d’une réelle transparence
sur les importants flux financiers. Ceux-ci,
environ 210 millions de francs CFA, selon
les conclusions d’un audit réalisé à la
demande des bailleurs internationaux, sont
le produit des prélèvements sur la filière
stratégique "café-cacao"
et dont
l’utilisation demeurait inexpliqué ». Un
riche voleur qui est choqué qu’un
cul-terreux soit corrompu.
La France a gelé
la majorité de ses engagements de l’Aide
Française au Développement (AFD), au nom de
cette « Doctrine d’Abidjan » et envoie ses
mercenaires voler les coffres de la BCEAO à
Mans. Une agence que ces militaires étaient
justement chargés de surveiller.
Les douze militaires
détrousseurs de la succursale de la BCEAO,
ont été rapatriés en France pour être
entendus par la justice française. Pourquoi ?
La justice ivoirienne n’est-elle pas en
mesure de régler un crime commis sur son
territoire ? A la disparition du journaliste
Guy-André Kieffer, c’est la police française
qui a entendu, perquisitionné et saisi
l’ordinateur et plusieurs documents de
Léonard Guédé-Pépé, présumé premier
responsable de la disparition du journaliste
franco-canadien. Il faut rappeler que
celui-ci enquêtait sur une fumeuse affaire
de transfert d’argent entre la Côte d’Ivoire
et la Guinée-Bissau. Pourquoi ne laisse-t-on
pas les douze forbans répondre de leur
forfait devant la justice ivoirienne ? Qui
est le plaignant dans ce délit ? L’Etat
français ou la république de Côte d’Ivoire ?
ou la BCEAO?
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