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20 Sept. 2004

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Douze militaires français arrêtés pour le vol de 100.000 euros à la BCEAO de Man
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ABIDJAN, 20 sept (AFP) - 15h49 - Douze militaires français ont été arrêtés pour le vol vendredi de 65 millions de francs CFA (100.000 euros) dans une succursale de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest (BCEAO) à Man (à l'ouest d'Abidjan), a annoncé lundi à Abidjan le porte-parole de Licorne, l'opération militaire française en Côte d'Ivoire.

Ces militaires, stationnés dans cette ville à 570 (bien 570) km à l'ouest d'Abidjan, étaient "en charge de la garde de cette succursale" située dans la zone de l'ex-rébellion qui contrôle le nord du pays, a indiqué le colonel Henry Aussavy.

"Ils ont profité de leur stationnement dans une succursale de la BCEAO de Man pour dérober cette somme", a ajouté le porte-parole, précisant que ces militaires avaient été rapatriés en France lundi par avion "pour être remis entre les mains de la justice française".

Ces militaires, qui devaient être relevés début octobre, comme le reste du contingent, ont été "pris grâce au dispositif de vigilance et de contrôle mis en place par le commandement de Licorne", a dit le colonel Aussavy.

"En parallèle de l'enquête judiciaire, des mesures disciplinaires ont été prises et une enquête de commandement a été ordonnée", a-t-il ajouté.

La BCEAO de Man faisait l'objet d'une surveillance stricte de la part des militaires de Licorne après les vols perpétrés dans les succursales de Bouaké (centre) et de Korhogo (nord) en septembre 2003 et en août 2004.

Ces deux agences avaient été pillées par des ex-rebelles qui avaient emporté à Bouaké environ 20 milliards de francs CFA (près de 30,45 millions d'euros), tandis que celle de Korhogo avait été dévalisée sans que le montant dérobé soit connu, selon des sources bancaires.

Quatre militaires français avaient profité du pillage de la BCEAO de Bouaké pour dérober 38 millions de francs CFA (57.000 euros) alors qu'ils en gardaient les locaux.

L'un deux, selon le tribunal français aux armées, avait pénétré dans la banque, alors qu'il n'aurait pas dû le faire, et s'était emparé d'un sac contenant de l'argent qu'il a partagé avec trois autres, dont deux étaient des tireurs d'élite postés sur le toit de la banque.

De retour à Abidjan, ils avaient chargé un employé civil ivoirien du camp militaire français du 43e bataillon d'infanterie de marine (BIMa), d'échanger ces francs CFA, inutilisables en France, contre des diamants.

Un contingent de 4.000 soldats français est stationné en Côte d'Ivoire dans la cadre du maintien de la paix dans ce pays, coupé en deux par une rébellion armée déclenchée le 19 septembre 2002.

Ce contingent appuie 6.300 Casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI). Ces deux forces servent de tampon entre les troupes gouvernementales et les ex-rebelles. Elles sont aussi stationnées dans les grandes villes du pays et effectuent des patrouilles parfois communes.

Les succursales de la BCEAO attisent les convoitises

ABIDJAN, 20 sept (AFP) - 19h13 - Les succursales de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO) dans le nord de la Côte d'Ivoire, sous contrôle des rebelles et déjà pillées plusieurs fois par ces derniers, attisent aussi la convoitise de soldats français, pris la main dans le sac vendredi.

En un an quatre "casses" ont été perpétrés dans cette zone, deux par des éléments des rebelles et deux par des soldats français, qui ont profité de la confusion d'une situation de "ni guerre ni paix" dans cette zone.

Les soldats français de Man, surpris vendredi avec l'équivalent de 100.000 euros en FCFA, ont essayé d'arrondir leurs soldes - pourtant confortables en "théâtre d'opération extérieure" - avant leur retour en France prévu début octobre.

Les hommes du contingent français Licorne sont relevés tous les quatre mois; au nombre de 4.000 au total, ils sont en Côte d'Ivoire dans le cadre d'une mission de rétablissement de la paix dans ce pays, coupé en deux depuis une tentative de coup d'Etat ratée contre le président Laurent Gbagbo en septembre 2002.

Lors des casses, les rebelles ont emporté des millions d'euros, soit des milliards de F.CFA, tandis que les soldats français déorbaient un peu plus de 100 millions de F.CFA (157.000 euros).

Ces braquages dénotent un "anarchie certaine" dans la zone nord, souligne un banquier d'Abidjan sous couvert d'anonymat. Il observe qu'"aucune banque n'est ouverte dans cette zone depuis deux ans, où l'administration traditionnelle a disparu" à la suite du coup d'Etat raté de la rébellion armée des Forces Nouvelles (FN).

En septembre 2003, des rebelles avaient pillé la BCEAO de Bouaké emportant environ 20 milliards de francs CFA (près de 30,45 millions d'euros), et celle de Korhogo (extrême nord), en août 2004, dont le montant dérobé n'est pas connu, selon des sources bancaires.

A Bouaké, quatre militaires français avaient, quelques jours après, profité du pillage pour y dérober encore 38 millions de francs CFA (57.000 euros) alors qu'ils en gardaient les locaux.

Vendredi dernier, à Man, une ville en zone rebelle située à 570 km au nord-ouest d'Abidjan, douze militaires français, stationnés dans cette ville pour assurer la sécurité et la préservation des biens, ont à nouveau succombé à l'appât du gain facile en emportant cette fois 65 millions de F CFAeuros).

Cette zone contrôlée par les Forces nouvelles (ex-rébellion), où se trouve également une grande partie des 6.300 Casques bleus des Nations unies, est "un peu une zone de non droit", indiquait récemment à l'AFP un des rares Français résident à Bouaké, sous couvert d'anonymat.

Il observait que "beaucoup d'habitudes ont été prises" et qu'il est facile de succomber "même pour des soldats" français.

Au siège de l'Opération Licorne lundi, après ce deuxième hold-up de militaires français, la discrétion était de rigueur.

Le porte-parole, le colonel Henry Aussavy a donné le montant du butin, précisant seulement que ces soldats, rapatriés lundi par avion, avaient été l'objet de "mesures disciplinaires" et que l'enquête en cours était "soumise à la confidentialité de toute enquête judiciaire".

A Paris, le porte-parole de l'état-major des armées le colonel Gérard Dubois a qualifié lundi ce vol d'acte "inadmissible, grave et inacceptable".

Cette affaire intervient alors que la BCEAO a commencé le 15 septembre de changer les billets de francs CFA de "type 1992", en circulation en Afrique de l'Ouest.

Cette opération a en partie pour objectif de contrecarrer les plans de blanchiment des organisateurs des braquages de Bouaké et Korhogo, dont les séries volées ont été numérotées. Certaines de ces séries ont déjà été repérées dans des banques au Mali.

"Dans ces conditions, il aurait été difficile pour les Français d'écouler leur butin" en raison des mesures prises par la BCEAO, observe encore un banquier.

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Vol des soldats français: "inadmissible, grave, inacceptable" (état-major)

PARIS, 20 sept (AFP) - 18h26 - Le vol commis par douze militaires français en Côte d'Ivoire, est un acte "inadmissible, grave et inacceptable", a jugé lundi le porte-parole de l'état-major des armées, le colonel Gérard Dubois.

"C'est inadmissible, grave et inacceptable", a indiqué à l'AFP le colonel Dubois, rappelant que 30.000 soldats français se sont jusqu'à présent relayés dans le cadre de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire.

Ce vol a été découvert par leur hiérarchie et les douze hommes étaient lundi en cours de rapatriement vers la France où "ils seront mis à la disposition de la justice française", selon lui.

Ces militaires, stationnés à Man, à 570 km à l'ouest d'Abidjan, sont soupçonnés d'avoir dérobé vendredi 65 millions de francs CFA (100.000 euros) dans une succursale de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest (BCEAO).

Ce vol est le deuxième perpétré par des soldats français dans l'opération Licorne. Quatre militaires français avaient profité du pillage par les rebelles de la BCEAO de Bouaké en septembre 2004 pour dérober 38 millions de francs CFA (57.000 euros) alors qu'ils en gardaient les locaux.

 

 
 
 

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