BCEAO/Démonétarisation
80
pour cent des billets
concernés sont déjà retirés de la
circulation
Mathias
Akoulansa
Il a été organisé hier mercredi 10 novembre
2004, une
conférence de presse au siège de la BECEAO à
Lomé aux fins de faire un bilan à mi-parcours
de l’opération des échanges des billets de
la gamme 1992.
Commencée le 15
septembre 2004 cette opération
d’échange concerne les anciens billets de 10
000F, de 5000F, 2500F,
de 1000F et de 500F.
A en croire le Directeur national de
la BCEAO, M.
Ayewanou Gbeassor, 700 milliards sur les 900
milliards dans les huit Etats de l’Union
économique monétaire ouest-africaine (UEMOA)
ont été retirés de la circulation. Ce qui
fait un pourcentage de 80 pour cent pour une
durée de 56 jours.
« Nous espérons récupérer les 20 pour
cent d’ici le 31 décembre 2004, dernier
délais », a déclaré le dirceteur.
Au Togo, l’opération se
déroule normalement car plus de 130 centre
d’échange sont ouverts aux guichets de la
BCEAO, des différentes banques de la place,
des caisses d’épargnes, des Trésors et des
postes.75 milliards sont retirés sur les 85
millions assignés de récupération.
Au souhait du président
en exercice de l’Uemoa, le Nigérien Mamadou
Tandja, d’étendre les opérations d’échange
sur un an, le Directeur a répondu que si
d’ici le 31 décembre ils n’ont pas atteint
les résultats escomptés, ils verront ce
qu’ils peuvent faire. « Mais nous
invitons les populations à se rendre dans
les centres d’échange pour faire les
opérations. Le plus tôt sera le mieux »,
a-t-il conclu |
| Le 15 septembre 2004 a
démarré l’opération de retrait de la
circulation de tous les billets de 500,
1000, 2500, 5000 et 10 000
francs émis en 1992, soit une masse
fiduciaire de 650 millions de billets estimés à près de 850 milliards de francs
CFA dans toute la zone CFA de l’Afrique de
l’Ouest. Cette opération couvre la zone de
l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest
Africaine) : Togo, Bénin, Niger, Burkina
Faso, Côte d’Ivoire, Mali. Cette opération
qui a démarré le 15 septembre s’étendra
jusqu’au 31 décembre de
cette année. A
compter du 1er janvier 2005,
aucun de ces billets ne sera plus
utilisable. Les nouvelles coupures de 1000 F, 2000, 5000
et 10 000, déjà en circulation, remplaceront
ces anciennes coupures. Une pièce de cinq
cents francs remplacement le billet de la même
valeur. Malgré la
détermination des autorités de la BCEAO, cette opération ne semble pas
enthousiasmer les Togolais. Surtout la pièce
de 500 est confondue à celle de 250. Et les
commerçants et les commerçantes n’apprécient
pas que des escrocs profitent de leur mépris.
Surtout, on ne comprend pas pourquoi
changer ces billets, aucune explication
sérieuse n’accompagnant
l'opération dont
on peut déjà douter de la réussite.
Le delai est visiblement trop court
et l'information risque
de ne pas atteindre les population des
villages. L'opération coûtera 40 millions
d'euros à la BCEAO, selon
"Libération"
du 15 septembre 2004.
Déjà courant juillet 2004, tous les anciens
billets de 5000 frappés de la lettre A,
étaient interdits de transactions. Plusieurs
rumeurs avaient accompagné
au Togo cet état de
chose. La plus plausible est celle qui
affirme que ces billets proviendraient
d'un des casses
des banques ivoiriennes.
Le premier casse est celui de le BCEAO à
Abidjan
le 27 août 2002,
peu avant le déclenchement de la rebellion
ivoirienne. Ce casse avait permis à ses
auteurs d'emporter 15 sacs de CFA estimés à
l'époque à 2,670 milliards de francs. Ce
casse n’a pas encore dit son mystère.
En septembre 2003, la succursale de la BCEAO
à Bouaké en zone rebelle a été cambriolée et
18 milliard de francs CFA avaient été
emportés.
L’autre rumeur, un peu
plus farfélue, mais non moins imaginable,
parle d’Ivoiriens qui seraient venus opérer
un casse de 50 millions à la BCEAO de Kara.
Les 50 millions en coupure de 5 mille,
porteraient donc la lettre A. Ces rumeurs
n’avaient été relayées par aucun média.
Aucune réaction officielle n’avait non plus
expliqué pourquoi ce refus d’accepter les
billets de 5 mille frappés de la lettre A, jusqu’à
un communiqué
lacunaire de la BCEAO
qui annonce simplement
le retrait de ces billets et d’autres de
1992 de la circulation.
Une explication est pourtant fournie par
le site de propagande du RPT : la BCEAO
ferait un toilettage du CFA.
Des millions de faux billets auraient été
coupés en Slovénie, à Ljubljana
et auraient
envahi l’Afrique entière à partir de la
Belgique, la France et Tambacounda au
Sénégal. Le sieur Ahmet Bulent Hazer est cité
comme le commanditaire de cette vaste
arnaque et un ancien ministre de Mobutu, P
Willy Mishiki, aujourd’hui dans le commerce
est lui aussi cité comme l’intermédiaire en
France.
On peut dire que c’est une campagne
perdue d’avance car près de 25 000 coupures
de faux nouveaux billets circulent déjà. En
août 2003, deux mois après que ces nouveaux
billets de 10 000 avaient été lancés, la
brigade financière de Cotonou avait saisi
15 000 fausses coupures.
Et si les
faussaires étaient les agents de la BCEAO !
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