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11 Nov. 2004

BCEAO/Démonétarisation
80 pour cent des billets concernés sont déjà retirés de la circulation
Mathias Akoulansa

Il a été organisé hier mercredi 10 novembre 2004, une conférence de presse au siège de la BECEAO à Lomé aux fins de faire un bilan à mi-parcours de l’opération des échanges des billets de la gamme 1992.

Commencée le 15 septembre 2004 cette opération d’échange concerne les anciens billets de 10 000F, de 5000F, 2500F, de 1000F et de 500F. A en croire le Directeur national de la BCEAO, M. Ayewanou Gbeassor, 700 milliards sur les 900 milliards dans les huit Etats de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont été retirés de la circulation. Ce qui fait un pourcentage de 80 pour cent pour une durée de 56 jours. « Nous espérons récupérer les 20 pour cent d’ici le 31 décembre 2004, dernier délais », a déclaré le dirceteur.

Au Togo, l’opération se déroule normalement car plus de 130 centre d’échange sont ouverts aux guichets de la BCEAO, des différentes banques de la place, des caisses d’épargnes, des Trésors et des postes.75 milliards sont retirés sur les 85 millions assignés de récupération.

Au souhait du président en exercice de l’Uemoa, le Nigérien Mamadou Tandja, d’étendre les opérations d’échange sur un an, le Directeur a répondu que si d’ici le 31 décembre ils n’ont pas atteint les résultats escomptés, ils verront ce qu’ils peuvent faire. « Mais nous invitons les populations à se rendre dans les centres d’échange pour faire les opérations. Le plus tôt sera le mieux », a-t-il conclu

17 Sept. 2004

Assainissement à la BCEAO:
Plus de 600 millions de billets retirés de la circulation dans le delai du 15 septembre au 31 décembre 2004
Samuel Batchati
 
Consulter aussi:
La France humiliée: Les militaires de l'opération Licorne donnent un bain d’avanie à toute la France 09-22-04
Honte internationale: Douze militaires français arrêtés pour le vol de 100.000 euros à la BCEAO de Man 09-21-04
 
Le 15 septembre 2004 a démarré l’opération de retrait de la circulation de tous les billets de 500, 1000, 2500, 5000 et 10 000 francs émis en 1992, soit une masse fiduciaire de 650 millions de billets estimés à près de 850 milliards de francs CFA dans toute la zone CFA de l’Afrique de l’Ouest. Cette opération couvre la zone de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) : Togo, Bénin, Niger, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali. Cette opération qui a démarré le 15 septembre s’étendra jusqu’au 31 décembre de cette année. A compter du 1er janvier 2005, aucun de ces billets ne sera plus utilisable. Les nouvelles coupures de 1000 F, 2000, 5000 et 10 000, déjà en circulation, remplaceront ces anciennes coupures. Une pièce de cinq cents francs remplacement le billet de la même valeur.

Malgré la détermination des autorités de la BCEAO, cette opération ne semble pas enthousiasmer les Togolais. Surtout la pièce de 500 est confondue à celle de 250. Et les commerçants et les commerçantes n’apprécient pas que des escrocs profitent de leur mépris. Surtout, on ne comprend pas pourquoi changer ces billets, aucune explication sérieuse n’accompagnant l'opération dont on peut déjà douter de la réussite. Le delai est visiblement trop court et l'information risque de ne pas atteindre les population des villages. L'opération coûtera 40 millions d'euros à la BCEAO, selon "Libération" du 15 septembre 2004.

Déjà courant juillet 2004, tous les anciens billets de 5000 frappés de la lettre A, étaient interdits de transactions. Plusieurs rumeurs avaient accompagné au Togo cet état de chose. La plus plausible est celle qui affirme que ces billets proviendraient d'un des  casses des banques ivoiriennes. Le premier casse est celui de le BCEAO à Abidjan le 27 août 2002, peu avant le déclenchement de la rebellion ivoirienne. Ce casse avait permis à ses auteurs d'emporter 15 sacs de CFA estimés à l'époque à 2,670 milliards de francs. Ce casse n’a pas encore dit son mystère. En septembre 2003, la succursale de la BCEAO à Bouaké en zone rebelle a été cambriolée et 18 milliard de francs CFA avaient été emportés.

L’autre rumeur, un peu plus farfélue, mais non moins imaginable, parle d’Ivoiriens qui seraient venus opérer un casse de 50 millions à la BCEAO de Kara. Les 50 millions en coupure de 5 mille, porteraient donc la lettre A. Ces rumeurs n’avaient été relayées par aucun média. Aucune réaction officielle n’avait non plus expliqué pourquoi ce refus d’accepter les billets de 5 mille frappés de la lettre A, jusqu’à un communiqué lacunaire de la BCEAO qui annonce simplement le retrait de ces billets et d’autres de 1992 de la circulation.

Une explication est pourtant fournie par le site de propagande du RPT : la BCEAO ferait un toilettage du CFA. Des millions de faux billets auraient été coupés en Slovénie, à Ljubljana et auraient envahi l’Afrique entière à partir de la Belgique, la France et Tambacounda au Sénégal. Le sieur Ahmet Bulent Hazer est cité comme le commanditaire de cette vaste arnaque et un ancien ministre de Mobutu, P Willy Mishiki, aujourd’hui dans le commerce est lui aussi cité comme l’intermédiaire en France.

On peut dire que c’est une campagne perdue d’avance car près de 25 000 coupures de faux nouveaux billets circulent déjà. En août 2003, deux mois après que ces nouveaux billets de 10 000 avaient été lancés, la brigade financière de Cotonou avait saisi  15 000 fausses coupures.

Et si les faussaires étaient les agents de la BCEAO !

 

Des billets de la BCEAO
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