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Droits de l'homme à
l’épreuve des 22 engagements :
La CNDH s’engage à redorer son blason et
mobilise ses énergies pour
"la
promotion et protection des droits de l’homme au
Togo"
Alain Nococo
Du 08 au 10 septembre dernier,
s’est tenu à la FOPADESC à Agoènyivé à Lomé, un
séminaire de formation sur les
«’instruments
et mécanisme de promotion et de protection des
droits de l’homme».
Organisé par la Commission Nationale des Droits
de l’Homme (CNDH) à l’intention des médias
publics et privés, des ONG, des associations
oeuvrant dans le domaine des droits de l’homme
et des membres de la commission, ce séminaire de
trois jours a permis à la soixantaine de
participants venus de Lomé et de l’intérieur du
pays de s’imprégner des différents instruments
nationaux, régionaux et internationaux de
promotion et de protection des droits de
l’homme.
C’est le président de la CNDH M.
Komi Gnondoli qui a ouvert les travaux du
séminaire entouré pour la circonstance de ses
proches collaborateurs. Après avoir brossé la
situation des droits de l’homme dans le monde en
général et au
Togo en particulier et relevé
les différentes entraves auxquelles sont
confrontées les institutions de protection et de
défense des droits de l’homme dans l’exécution
de leur mission, l’orateur a appelé toutes les
institutions et associations de promotion et de
protection des droits de l’homme à une
collaboration plus accrue en vue de renforcer
les actions en faveur de la démocratie et de
l’Etat.
Au total, neuf communications ont été présentées
au cours de ces trois jours de séminaire. Ces
communications présentées par des experts et
juristes rompus dans le domaine des droits de
l’homme, ont porté sur les questions relatives
entre autres aux droits de l’enfant, à
l’interdiction de la torture, à la protection
des réfugiés, à la conduite d’une enquête, à la
contribution des médias à la promotion et
protection des droits de l’homme.
Ces exposés ont, selon les organisateurs du
séminaire, permis à la soixantaine de
séminaristes de reconvertir leur mentalité en
vue du renforcement et de l’intensification du
fonctionnement des différentes structures
impliquées dans la promotion et la protection
des droits de l’homme au Togo.
Les débats laborieux et enrichissants qui ont
suivi les différentes communications ont permis
aux délégués de faire un certain nombre de
recommandations notamment :
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le renforcement de l’autorité morale et de
l’autonomie financière de la CNDH;
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la décentralisation de
celle-ci en vue de la rapprocher des
justiciables;
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la création d’un cadre de
collaboration entre les médias et les
organisations de promotion et de protection
des droits de l’homme;
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| -
la formation des décideurs
et journalistes des médias pour une
meilleure connaissance des droits de l’homme;
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| -
la nécessité d’adapter le
droit interne aux différentes normes
internationales relatives aux droits de
l’homme;
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| -
la mise à la disposition des
citoyens d’une ligne verte au niveau
de la CNDH pour les appels urgents en vue de
permettre à la commission de s’auto saisir
sans attendre des requêtes;
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| -
la subvention des médias,
etc. |
En tout état de cause et comme
dirait l’autre, il n’est jamais trop tard pour
mieux faire, et nous pensons qu’il faut tout
de
même saluer la tenue de ce
séminaire qui permettra sans nul doute à la CNDH
de sortir des sentiers battus et de s’engager
résolument dans la défense et la protection des
droits des citoyens longtemps bafoués par une
administration trop puissante.
Des recommandations
pertinentes certes,
mais le gros
du travail
réside dans le prise en compte
de ces recommandations par le pouvoir politique
réputé dans son mépris total pour les droits de
l'homme au Togo,
surtout à l'approche, pendant ou après les
élections présidentielles.
Rappelons que la CNDH est
une institution créée en 1987 par le Général
Président Eyadema
lui-même. Elle est
devenue une institution d’Etat par la
constitution du 14 octobre 1992 qui consacre
son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique.
Chargée de la protection et de la défense des
droits des citoyens togolais, la commission
s’est illustrée depuis
1993
dans un silence coupable face
aux
atteintes aux droits de l’homme et autres abus
portés devant elle. Les organisations sœurs et
les personnes victimes de violations n’ont de
cesse dénoncer le dysfonctionnement qui
caractérise l’institution. Mais ses dirigeants
ont crié au chantage et à la manipulation.
Mais le PM Koffi Sama a reconnu subrepticement
son dysfonctionnement le 14 avril à Bruxelles en
s’engageant à revoir ses statuts afin de la
rendre plus crédible
d'une part vis-à-vis des
citoyens dont
elle est appelée à défendre les
droits et d'autre
part, vis-à-vis de la
communauté internationale
trop habituée à la violation des droits de
l'homme au Togo et qu'elle doit convaincre.
Une commission a alors été mise sur pied et
serait à pied d'oeuvre
pour rendre un texte qui
tienne compte des contingences de l’heure. La
CNDH en organisant ce séminaire, a voulu donc
redorer son blason déjà terni et se mettre au
pas avant l’adoption de ce nouveau texte. |