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16 Sept. 2004

Véritable dialogue de sourds: Le pouvoir et l'opposition dos à dos
Opposition: Le dialogue national tel que le gouvernement le conçoit n’est pas de nature à déboucher sur des solutions susceptibles de dénouer la crise togolaise 
Pouvoir: «Le RPT est doublement surpris et outré par la tentative de l’UFC et du CAR de l’exclure du dialogue.

Communiqué de presse de l'opposition    

Le Premier ministre de la République togolaise, M. Koffi Sama a organisé le vendredi 10 septembre 2004 à Lomé, dans l’Immeuble administratif du CASEF, une réunion à laquelle ont pris part :

- deux délégations du Pouvoir (le parti RPT, le Gouvernement)

- 
cinq délégations de l’Opposition (le CAR, la CDPA, la CPP, le PDR, l’UFC)
- deux délégations de la société civile (le GF2D, le REFAMPT)

A l’ouverture de la rencontre, le Premier ministre a annoncé avoir reçu de deux partis d’opposition, l’UFC et le CAR, des correspondances remettant en cause le consensus qui serait intervenu à la réunion du 25 août 2004 sur le cadre du dialogue national. 

Les trois partis signataires du présent communiqué, le CAR, la CDPA et l’UFC ont tour à tour pris la parole pour déclarer qu’en réalité c’est la compréhension que le Premier ministre se fait de ce consensus à travers son rapport de synthèse qui pose problème et oblige à lui demander des clarifications sur la nature de la rencontre amorcée le 25 août 2004. 

Pour les trois signataires, le dialogue national que le Gouvernement semble avoir finalement accepté de reprendre après une longue période  de réticence, doit avoir lieu suivant les termes du point n° 1.1 des engagements de Bruxelles, entre d’une part, le Pouvoir incarné par les deux délégations ci-dessus rappelées, d’autre part,  « l’opposition traditionnelle » représentée par les cinq partis qui ont pris part au dialogue inter togolais de 1999, avec la participation de la société civile. Et c’est aux protagonistes du dialogue national ainsi identifiés, de s’accorder sur la présidence des travaux, l’ordre du jour des discussions, les modalités de prise de décisions, le sort des décisions précises… 

Or, de sa synthèse de la réunion du 25 août 2004 et des déclarations qu’il a faites à la réunion du 10 septembre 2004, il ressort que pour le Premier ministre, c’est au Gouvernement qu’il revient  d’office de diriger les travaux, de déterminer l’ordre du jour, de définir les autres modalités, et de décider du sort à réserver aux décisions prises. Des réunions ainsi conçues ne seraient que la poursuite des consultations que le Gouvernement a initiées le 28 mai 2004, avec la seule différence qu’elles sont limitées aux cinq partis de « l’opposition traditionnelle », au RPT et à deux organisations de la société civile. Le RPT y prendrait part au même titre que les cinq partis d’opposition, en toute autonomie par rapport au Gouvernement. Tout propos tendant à faire constater que les délégués du RPT constituent un ensemble avec la délégation du Gouvernement est décrié comme une façon d’exclure le RPT de la rencontre.

Les trois partis signataires du présent communiqué estiment que le dialogue national tel que le gouvernement le conçoit est très éloigné de celui auquel il s’est engagé le 14 avril 2004 à Bruxelles, et n’est pas de nature à déboucher sur des solutions susceptibles de dénouer la crise togolaise et de faire reprendre la coopération avec l’Union Européenne.

C’est pourquoi ils ont décidé de procéder à la consultation de leurs bases.

Les trois signataires, le CAR, la CDPA, et l’UFC tiennent par ailleurs à apporter un démenti formel aux allégations selon lesquelles, ils ont rejeté une proposition d’enregistrement des discussions. Au contraire ! Ils ont marqué leur accord pour une retransmission, même en direct, des débats lorsque les obstacles actuels à un véritable dialogue national auront été levés, et que celui-ci aura réellement démarré. Les populations pourront alors se rendre compte du positionnement politique et des argumentations des uns et des autres. 

Fait à Lomé, le 12 septembre 2004  

Pour :   

Le CAR   
Yawovi
  AGBOYIBO
La CDPA  
L. Messan GNININVI  
L’UFC
Emmanuel AKITANI BOB
Communiqué du RPT

Depuis 1992 l’Union Européenne a décidé unilatéralement et contrairement à la convention de Lomé liant la Communauté et les ACP, de suspendre ses relations de coopération avec le Togo sous le fallacieux prétexte de déficit démocratique dans le pays.

          On devait apprendre par la suite que c’est à la demande du gouvernement de transition de Joseph Koffigoh que cette sanction a été prise dans l’intention de faire rétablir la coopération si l’opposition togolaise gagnait l’élection présidentielle de 1993.

          Ce comportement antipatriotique qui constitue un acte de haute trahison est devenue une vérité historique jamais démentie.         

La suspension de la coopération de l’Union Européenne a causé de graves préjudices à notre pays privé pendant plus d’une décennie de l’essentiel de l’aide au développement aggravant ainsi la crise économique provoquée par les troubles socio-économiques notamment par la grève générale illimitée.         

La plus grande victime de la sanction de l’Union Européenne, c’est la population togolaise qui arrive difficilement à satisfaire ses besoins élémentaires y compris la santé et l’éducation.

          En vue d’alléger les souffrances du peuple  et d’assurer le progrès du pays, le président de la République, son Excellence Gnassingbé Eyadema, aidé par de nombreux pays et organisations amis, a déployé d’inlassables efforts diplomatiques auprès de la Commission européenne et auprès des pays membres de la Communauté pour obtenir la reprise de la coopération.         

L’opposition radicale quand à elle, elle a œuvré jusqu’à ce jour contre la reprise de la coopération malgré les conséquences désastreuses de la décision de l’Union Européenne sur le pays et sur sa population.         

A Paris, à l’occasion de la réunion préliminaire devant se pencher sur les conditions de sécurité du dialogue, les facilitateurs européens avaient proposé dans un communiqué que l’ensemble des partis politiques présents demandent la reprise de la coopération du Togo avec l’Union Européenne.             

A leur grande surprise, les partis d’opposition se sont vivement opposés à cette proposition qui n’avait été soutenue que par les représentants du RPT.

          A l’occasion de la signature de l’Accord Cadre de Lomé en présence des facilitateurs, les mêmes partis extrémistes avaient encore refusé la mention de la reprise de la coopération avec l’Union Européenne.

          Le chef de l’Etat poursuivant ses inlassables efforts a pris l’initiative d’inviter à Lomé II les principales formations politiques togolaises, les chefs traditionnels et les communautés religieuses (catholique, protestant, et musulmane), afin qu’ensemble un appel soit lancé à l’Union Européenne en vue de la reprise de la coopération avec notre pays. 

Pour la circonstance, les délégations des partis politiques invités (RPT, CAR , UFC, CDPA, CPP, PDR) étaient conduites par leurs premiers responsables. Celles des confessions religieuses dirigées respectivement par Mgr Kpodzro pour l’Eglise catholique, le modérateur Amiou pour l’Eglise protestante, et M. Idrissou Traoré Sakibou, président de l’Union musulmane. Les chefs traditionnels étaient conduits par le chef Agokoli, président de l’Union nationale des chefs traditionnels du Togo.         

L’initiative du président de la République avait pour but d’inviter la classe politique, les confessions religieuses et les chefs traditionnels à lancer un appel commun pour la reprise de la coopération afin que le Togo ne perde pas les avantages des reliquats du 8e FED et que ne soit pas hypothéqué le bénéfice du 9e FED.         

Tous les participants à cette rencontre, y compris les confessions religieuses, avaient salué et adhéré aux propositions du chef de l’Etat. Ce sont les mêmes partis radicaux qui se sont une fois encore, opposés et fait échouer cette ultime initiative.         

Pire, ils ont fait de la suspension de la coopération de l’Union Européenne un fonds de commerce politique honteux aux mépris de la misère de la population togolaise qu’ils veulent gouverner s’ils parvenaient au pouvoir.         

Grâce à ses efforts soutenus, le chef de l’Etat a fini par obtenir de l’Union Européenne, l’ouverture des consultations directes avec le gouvernement togolais le 14 avril 2004 conformément au titre II de l’Accord Cadre de Cotonou. C’est dans le cadre de ces consultations que le gouvernement a pris 22 engagements pour le renforcement des principes démocratiques et la consolidation de l’Etat de droit au Togo.         

En application des 22 engagements notamment l’engagement 1.1  le président de la République a ouvert le 27 mais 2004 un dialogue national susceptible d’amener la classe politique et la société civile à se parler pour trouver des solutions à la crise que traverse le pays depuis le 5 octobre 1990.         

Le Premier ministre a poursuivi le dialogue avec les différentes composantes de la nation appelées en consultation en vue de recueillir leurs contributions à la mise en œuvre des 22 engagements pris par le gouvernement le 14 avril 2004.         

Parallèlement, un comité composé des partis politiques et des représentants de la société civile a été mise en place pour réfléchir sur l’amélioration du code électoral et l’élaboration d’une loi sur le financement des partis politiques.  

Il faut signaler que les mêmes partis politiques extrémistes, UFC , CAR et CDPA  ont refusé de s’associer à ce processus qui a pour objet, rappelons-le, la mise en œuvre des 22 engagements en vue de la reprise de la coopération avec l’Union Européenne.         

Par contre, il faut saluer le comportement exemplaire et patriotique de deux partis politiques, la CPP, et le PDR dont les leaders ont fait le déplacement avec la délégation gouvernementale pour défendre les intérêts du pays et les intérêts du peuple togolais. 

          Tenant compte des résultats positifs enregistrés à l’issue des consultations entre la délégation gouvernementale et les forces vives du pays, le chef de l’Etat a instruit le Premier Ministre à recentrer le dialogue autour des principaux partis politiques et des représentants de la société civile choisis par le gouvernement en application de l’engagement 1.1 

          C’est ainsi qu’une réunion présidée par le Premier Ministre s’est déroulée le 25 août 2004 avec la participation de la délégation gouvernementale, les six (6) principaux partis politiques à savoir, le RPT, la CPP, le CAR, le PDR, l’UFC et la CDPA ainsi que deux associations féminines, le GF2D et la REFAMP. Le RPT est au allé au dialogue national de bonne foi pour apporter sa contribution à la solution des problèmes du pays. 

          A tous les niveaux, le RPT s’est conformé à l’esprit du dialogue défini par le président de la République le 27 mai 2004 à savoir qu’il s’agit d’un dialogue ouvert, sans exclusive et sans préalable. 

          Le RPT a tout fait pour préserver, au cours des débats, un climat d’entente qui facilite la réunion d’un consensus autour des sujets mis en discussion dans le cadre de la mise en œuvre des 22 engagements, malgré les actes incessants de provocations au cours des débats. 

          Le RPT a participé à la réunion du 25 août 2004 dans cette ouverture d’esprit et a fait des concessions pour accepter les compromis arrêtés par les participants par consensus. 

          S’agissant du cadre du dialogue, le RPT rappelle que c’est l’UFC qui a proposé que le cadre de la réunion du 25 août 2004 soit accepté comme cadre du dialogue. 

          C’est également sur la proposition de l’UFC que la réunion a convenu qu’il n’est pas nécessaire de créer un comité préparatoire et que les 22  engagements peuvent constituer l’ordre u jour des discussions en y ajoutant des questions connexes au titre de l’engagement 1.1. 

Tous les participants à la réunion du 25 août ont approuvé les propositions de l’UFC sauf le CAR qui a manifesté son désaccord  tout en déclarant qu’il se ralliait à la décision de la majorité. Il a été également dit que c’est le gouvernement, signataire des engagements, qui doit diriger les débats.

          Les déclarations des participants à la presse à la suie de ladite réunion confirment le consensus qui en est sorti. 

          Le RPT est donc surpris de voir qu’à la réunion de ce 10 septembre 2004 l’UFC, la CDPA et le CAR sont revenus systématiquement sur les points qui ont l’objet de consensus le 25 août 2004, notamment le cadre, le contenu, l’ordre du jour et la direction du dialogue qui revient au gouvernement, seul comptable des engagements qu’il a pris devant l’Union Européenne. 

          Le RPT est doublement surpris et outré par la tentative de l’UFC et du CAR de l’exclure du dialogue. Ces deux partis prétendent que le RPT doit prendre part au dialogue en s’intégrant dans une délégation de la mouvance présidentielle. C’est ce qui apparaît dans les correspondances adressées au Premier Ministre par ces deux partis qui n’ont pas manqué de le souligner dans la salle de réunion. 

          Ils s’agit là d’une manière déguisée de répéter ce que le Haut Conseil de la République (HCR) a fait en 1991 en prononçant la dissolution du RPT 

          De haute lutte, le RPT a réussi à se maintenir sur la scène politique et a contribué positivement à l’avènement du pluralisme politique. 

          Aujourd’hui, le RPT est au pouvoir. Il n’est pas au pouvoir par décret mais par le résultat des urnes aussi bien aux élections législatives depuis 1994 qu’aux présidentielles depuis 1993. Le RPT estime qu’il n’y a pas d’autres moyens d’arriver au pouvoir en démocratie que de se soumettre au verdict des urnes. 

          Comme les autres partis politiques, le RPT est concerné par le renforcement des principes démocratiques et de l’Etat de droit dans notre pays. C’est cela l’objet du dialogue aux termes de l’engagement 1.1. Pourquoi alors, le RPT n’aurait-il pas le droit de prendre part au dialogue en tant que principal acteur politique du pays ? Si cette hypothèse absurde devait se réaliser, quel serait l’adversaire des partis de l’opposition sur le terrain ? Le RPT ne saurait se confondre au gouvernement car c’est le gouvernement qui repose sur sa majorité RPT. 

          L’action de notre parti ne saurait non plus, malgré les prétentions de nos adversaires, se résumer à l’action du gouvernement .

          Le Rassemblement du Peuple Togolais prendra donc la place qui est la sienne dans ce dialogue de la dernière chance. Il apportera activement sa contribution à la mise en œuvre des 22 engagements et fera sa part d’efforts pour la reprise de la coopération avec l’Union Européenne. 

          Il est évident que le CAR, l’UFC et la CDPA sont allés à la réunion du 10 septembre 2004 dans l’esprit de faire de la provocation pour obtenir la rupture du dialogue, la remise en cause des consultations avec l’Union Européenne et la reprise de la coopération attendue par le peuple togolais durement éprouvé par de nombreuses années de privation de l’aide au développement.  

          Le RPT qui demeure attaché à la paix, à la sécurité et la stabilité du pays, ne saurait rester les bras croisés devant les agissements irresponsables des partis politiques qui cherchent à détruire le pays. Il est donc hors de question que notre parti laisse se développer aujourd’hui encore l’esprit de la Conférence Nationale qui a mis le pays à feu et à sang. 

          Le RPT réaffirme son attachement aux institutions républicaines. Le Togo n’est pas la propriété de personne. Le RPT demande au gouvernement de prendre des dispositions qui s’imposent pour éviter le désordre et que le pays ne soit pris en otage par une minorité de partis politiques qui tentent de prendre le pouvoir sans passer par les urnes.

Pour le RPT
Le secrétaire général
Dama DRAMANI
 

 
 
 

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