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Communiqué du
RPT
Depuis 1992 l’Union
Européenne a décidé unilatéralement et
contrairement à la convention de Lomé liant
la Communauté et les ACP, de suspendre ses
relations de coopération avec le Togo sous
le fallacieux prétexte de déficit
démocratique dans le pays.
On devait
apprendre par la suite que c’est à la
demande du gouvernement de transition de
Joseph Koffigoh que cette sanction a été
prise dans l’intention de faire rétablir la
coopération si l’opposition togolaise
gagnait l’élection présidentielle de 1993.
Ce comportement
antipatriotique qui constitue un acte de
haute trahison est devenue une vérité
historique jamais démentie.
La suspension de la
coopération de l’Union Européenne a causé de
graves préjudices à notre pays privé pendant
plus d’une décennie de l’essentiel de l’aide
au développement aggravant ainsi la crise
économique provoquée par les troubles
socio-économiques notamment par la grève
générale illimitée.
La plus grande victime de
la sanction de l’Union Européenne, c’est la
population togolaise qui arrive
difficilement à satisfaire ses besoins
élémentaires y compris la santé et
l’éducation.
En vue
d’alléger les souffrances du peuple et
d’assurer le progrès du pays, le président
de la République, son Excellence Gnassingbé
Eyadema, aidé par de nombreux pays et
organisations amis, a déployé d’inlassables
efforts diplomatiques auprès de la
Commission européenne et auprès des pays
membres de la Communauté pour obtenir la
reprise de la coopération.
L’opposition radicale
quand à elle, elle a œuvré jusqu’à ce jour
contre la reprise de la coopération malgré
les conséquences désastreuses de la décision
de l’Union Européenne sur le pays et sur sa
population.
A Paris, à l’occasion de
la réunion préliminaire devant se pencher
sur les conditions de sécurité du dialogue,
les facilitateurs européens avaient proposé
dans un communiqué que l’ensemble des partis
politiques présents demandent la reprise de
la coopération du Togo avec l’Union
Européenne.
A leur grande surprise,
les partis d’opposition se sont vivement
opposés à cette proposition qui n’avait été
soutenue que par les représentants du RPT.
A l’occasion de
la signature de l’Accord Cadre de Lomé en
présence des facilitateurs, les mêmes partis
extrémistes avaient encore refusé la mention
de la reprise de la coopération avec l’Union
Européenne.
Le chef de
l’Etat poursuivant ses inlassables efforts a
pris l’initiative d’inviter à Lomé II les
principales formations politiques
togolaises, les chefs traditionnels et les
communautés religieuses (catholique,
protestant, et musulmane), afin qu’ensemble
un appel soit lancé à l’Union Européenne en
vue de la reprise de la coopération avec
notre pays.
Pour la circonstance, les
délégations des partis politiques invités (RPT,
CAR , UFC, CDPA, CPP, PDR) étaient conduites
par leurs premiers responsables. Celles des
confessions religieuses dirigées
respectivement par Mgr Kpodzro pour l’Eglise
catholique, le modérateur Amiou pour
l’Eglise protestante, et M. Idrissou Traoré
Sakibou, président de l’Union musulmane. Les
chefs traditionnels étaient conduits par le
chef Agokoli, président de l’Union nationale
des chefs traditionnels du Togo.
L’initiative du président
de la République avait pour but d’inviter la
classe politique, les confessions
religieuses et les chefs traditionnels à
lancer un appel commun pour la reprise de la
coopération afin que le Togo ne perde pas
les avantages des reliquats du 8e
FED et que ne soit pas hypothéqué le
bénéfice du 9e FED.
Tous les participants à
cette rencontre, y compris les confessions
religieuses, avaient salué et adhéré aux
propositions du chef de l’Etat. Ce sont les
mêmes partis radicaux qui se sont une fois
encore, opposés et fait échouer cette ultime
initiative.

Pire, ils ont fait de la
suspension de la coopération de l’Union
Européenne un fonds de commerce politique
honteux aux mépris de la misère de la
population togolaise qu’ils veulent
gouverner s’ils parvenaient au
pouvoir.
Grâce à ses efforts
soutenus, le chef de l’Etat a fini par
obtenir de l’Union Européenne, l’ouverture
des consultations directes avec le
gouvernement togolais le 14 avril 2004
conformément au titre II de l’Accord Cadre
de Cotonou. C’est dans le cadre de ces
consultations que le gouvernement a pris 22
engagements pour le renforcement des
principes démocratiques et la consolidation
de l’Etat de droit au Togo.
En application des 22
engagements notamment l’engagement 1.1 le
président de la République a ouvert le 27
mais 2004 un dialogue national susceptible
d’amener la classe politique et la société
civile à se parler pour trouver des
solutions à la crise que traverse le pays
depuis le 5 octobre 1990.
Le Premier ministre a
poursuivi le dialogue avec les différentes
composantes de la nation appelées en
consultation en vue de recueillir leurs
contributions à la mise en œuvre des 22
engagements pris par le gouvernement le 14
avril 2004.
Parallèlement, un comité
composé des partis politiques et des
représentants de la société civile a été
mise en place pour réfléchir sur
l’amélioration du code électoral et
l’élaboration d’une loi sur le financement
des partis politiques.
Il faut signaler que les
mêmes partis politiques extrémistes, UFC ,
CAR et CDPA ont refusé de s’associer à ce
processus qui a pour objet, rappelons-le, la
mise en œuvre des 22 engagements en vue de
la reprise de la coopération avec l’Union
Européenne.
Par contre, il faut
saluer le comportement exemplaire et
patriotique de deux partis politiques, la
CPP, et le PDR dont les leaders ont fait le
déplacement avec la délégation
gouvernementale pour défendre les intérêts
du pays et les intérêts du peuple togolais.
Tenant compte
des résultats positifs enregistrés à l’issue
des consultations entre la délégation
gouvernementale et les forces vives du pays,
le chef de l’Etat a instruit le Premier
Ministre à recentrer le dialogue autour des
principaux partis politiques et des
représentants de la société civile choisis
par le gouvernement en application de
l’engagement 1.1
C’est ainsi
qu’une réunion présidée par le Premier
Ministre s’est déroulée le 25 août 2004 avec
la participation de la délégation
gouvernementale, les six (6) principaux
partis politiques à savoir, le RPT, la CPP,
le CAR, le PDR, l’UFC et la CDPA ainsi que
deux associations féminines, le GF2D et la
REFAMP. Le RPT est au allé au dialogue
national de bonne foi pour apporter sa
contribution à la solution des problèmes du
pays.
A tous les
niveaux, le RPT s’est conformé à l’esprit du
dialogue défini par le président de la
République le 27 mai 2004 à savoir qu’il
s’agit d’un dialogue ouvert, sans exclusive
et sans préalable.
Le RPT a tout
fait pour préserver, au cours des débats, un
climat d’entente qui facilite la réunion
d’un consensus autour des sujets mis en
discussion dans le cadre de la mise en œuvre
des 22 engagements, malgré les actes
incessants de provocations au cours des
débats. 
Le RPT a
participé à la réunion du 25 août 2004 dans
cette ouverture d’esprit et a fait des
concessions pour accepter les compromis
arrêtés par les participants par consensus.
S’agissant du
cadre du dialogue, le RPT rappelle que c’est
l’UFC qui a proposé que le cadre de la
réunion du 25 août 2004 soit accepté comme
cadre du dialogue.
C’est également
sur la proposition de l’UFC que la réunion a
convenu qu’il n’est pas nécessaire de créer
un comité préparatoire et que les 22
engagements peuvent constituer
l’ordre u jour des discussions en y ajoutant
des questions connexes au titre de
l’engagement 1.1.
Tous les participants à
la réunion du 25 août ont approuvé les
propositions de l’UFC sauf le CAR qui a
manifesté son désaccord tout en déclarant
qu’il se ralliait à la décision de la
majorité. Il a été également dit que c’est
le gouvernement, signataire des engagements,
qui doit diriger les débats.
Les
déclarations des participants à la presse à
la suie de ladite réunion confirment le
consensus qui en est sorti.
Le RPT est donc
surpris de voir qu’à la réunion de ce 10
septembre 2004 l’UFC, la CDPA et le CAR sont
revenus systématiquement sur les points qui
ont l’objet de consensus le 25 août 2004,
notamment le cadre, le contenu, l’ordre du
jour et la direction du dialogue qui revient
au gouvernement, seul comptable des
engagements qu’il a pris devant l’Union
Européenne.
Le RPT est
doublement surpris et outré par la tentative
de l’UFC et du CAR de l’exclure du dialogue.
Ces deux partis prétendent que le RPT doit
prendre part au dialogue en s’intégrant dans
une délégation de la mouvance
présidentielle. C’est ce qui apparaît dans
les correspondances adressées au Premier
Ministre par ces deux partis qui n’ont pas
manqué de le souligner dans la salle de
réunion.
Ils s’agit là
d’une manière déguisée de répéter ce que le
Haut Conseil de la République (HCR) a fait
en 1991 en prononçant la dissolution du RPT
De haute lutte,
le RPT a réussi à se maintenir sur la scène
politique et a contribué positivement à
l’avènement du pluralisme politique.
Aujourd’hui, le
RPT est au pouvoir. Il n’est pas au pouvoir
par décret mais par le résultat des urnes
aussi bien aux élections législatives depuis
1994 qu’aux présidentielles depuis 1993. Le
RPT estime qu’il n’y a pas d’autres moyens
d’arriver au pouvoir en démocratie que de se
soumettre au verdict des urnes.
Comme les
autres partis politiques, le RPT est
concerné par le renforcement des principes
démocratiques et de l’Etat de droit dans
notre pays. C’est cela l’objet du dialogue
aux termes de l’engagement 1.1. Pourquoi
alors, le RPT n’aurait-il pas le droit de
prendre part au dialogue en tant que
principal acteur politique du pays ? Si
cette hypothèse absurde devait se réaliser,
quel serait l’adversaire des partis de
l’opposition sur le terrain ? Le RPT ne
saurait se confondre au gouvernement car
c’est le gouvernement qui repose sur sa
majorité RPT.
L’action de
notre parti ne saurait non plus, malgré les
prétentions de nos adversaires, se résumer à
l’action du gouvernement .
Le
Rassemblement du Peuple Togolais prendra
donc la place qui est la sienne dans ce
dialogue de la dernière chance. Il apportera
activement sa contribution à la mise en
œuvre des 22 engagements et fera sa part
d’efforts pour la reprise de la coopération
avec l’Union Européenne.
Il est évident
que le CAR, l’UFC et la CDPA sont allés à la
réunion du 10 septembre 2004 dans l’esprit
de faire de la provocation pour obtenir la
rupture du dialogue, la remise en cause des
consultations avec l’Union Européenne et la
reprise de la coopération attendue par le
peuple togolais durement éprouvé par de
nombreuses années de privation de l’aide au
développement.
Le RPT qui
demeure attaché à la paix, à la sécurité et
la stabilité du pays, ne saurait rester les
bras croisés devant les agissements
irresponsables des partis politiques qui
cherchent à détruire le pays. Il est donc
hors de question que notre parti laisse se
développer aujourd’hui encore l’esprit de la
Conférence Nationale qui a mis le pays à feu
et à sang.
Le RPT
réaffirme son attachement aux institutions
républicaines. Le Togo n’est pas la
propriété de personne. Le RPT demande au
gouvernement de prendre des dispositions qui
s’imposent pour éviter le désordre et que le
pays ne soit pris en otage par une minorité
de partis politiques qui tentent de prendre
le pouvoir sans passer par les urnes. |