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16 Sept. 2004

Dialogue  inter togolais ou dialogue de sourds ?
Le RPT récuse son exclusion du dialogue et accuse l’opposition de vouloir la rupture du dialogue
Alain Nococo

Dans la poursuite du dialogue conformément à l’engagement 1.1, le premier ministre Koffi Sama a rencontré le 10 septembre dernier, pour la deuxième fois, cinq partis de l’opposition traditionnelle et deux associations  de femmes représentant la société civile. Les débats qui ont été  houleux n’ont  pas permis aux deux délégations  de s’entendre sur la manière de mener le dialogue. Les deux parties sont reparties sur la pointe des pieds se rejetant la responsabilité de l’échec de la rencontre.

Quelques heures  seulement après la rencontre, le gouvernement a pondu à la va-vite un communiqué dans lequel il accuse trois partis politiques  considérés comme radicaux d’avoir remis en cause le consensus du 25 août et de vouloir remettre en cause les institutions de la République.

En réaction à cette accusation, les trois partis politiques à savoir le CAR, la CPDA et l’UFC ont, à travers un communiqué, apporté des clarifications  sur la rencontre du 10 septembre. Pour ces partis, c’est la compréhension que le Premier se fait de
du prétendu consensus du 25 août à travers son rapport de synthèse qui les a obligé à lui demander  des précisons sur le cadre du dialogue et son contenu.

Le RPT qui s’était  senti offusqué par les propos de certains partis tendant à faire constater que les délégués du RPT constituent un ensemble avec la délégation du gouvernement, vient de rendre public un long communiqué (voir ci-dessous) dans lequel le secrétaire général
, M. Dama Dramani se dit surpris et outré de la tentative d’exclure son parti du dialogue par le CAR, la CDPA et l’UFC. Pour le RPT qui entend prendre sa place au dialogue pour apporter sa contribution à la mise en œuvre des 22 engagements, « il est évident que le CAR, l’UFC et la CDPA sont allés à la réunion du 10 septembre 2004 dans l’esprit de faire de la provocation pour obtenir la rupture du dialogue, la remise en cause des consultations avec l’UE et de la reprise de la coopération attendue par le peuple togolais durement éprouvé par de nombreuses années de privation de l’aide au développement ».

Il faut rappeler qu’au  sortir de la rencontre du 10 septembre, le SG du RPT  s’était étonné qu'un dialogue puisse se tenir au Togo sans le RPT.

Bien malin qui pourra prédire la suite à attendre du dialogue dans lequel certains avaient cru trouver un brin d'espoir. En tout état de cause et connaissant bien les habitudes de la maison, iil faut voir dans le long communiqué qui suit, un prélude à de longues journées de tappage sur les médias d’Etat. Le prélude d’une vaste campagne de dénigrement  des leaders  de l’opposition. C’est ainsi qu’on assistera sur  les écrans de la télévision nationale à une foultitude de déclarations et marches dénonçant le comportement des assoiffés de pouvoir, ennemis du peuple..etc.

Voici, le très long communiqué du RPT 

COMMUNIQUÉ DU RPT           

Depuis 1992 l’Union Européenne a décidé unilatéralement et contrairement à la convention de Lomé liant la Communauté et les ACP, de suspendre ses relations de coopération avec le Togo sous le fallacieux prétexte de déficit démocratique dans le pays.

          On devait apprendre par la suite que c’est à la demande du gouvernement de transition de Joseph Koffigoh que cette sanction a été prise dans l’intention de faire rétablir la coopération si l’opposition togolaise gagnait l’élection présidentielle de 1993.

          Ce comportement antipatriotique qui constitue un acte de haute trahison est devenue une vérité historique jamais démentie.         

La suspension de la coopération de l’Union Européenne a causé de graves préjudices à notre pays privé pendant plus d’une décennie de l’essentiel de l’aide au développement aggravant ainsi la crise économique provoquée par les troubles socio-économiques notamment par la grève générale illimitée.         

La plus grande victime de la sanction de l’Union Européenne, c’est la population togolaise qui arrive difficilement à satisfaire ses besoins élémentaires y compris la santé et l’éducation.

          En vue d’alléger les souffrances du peuple  et d’assurer le progrès du pays, le président de la République, son Excellence Gnassingbé Eyadema, aidé par de nombreux pays et organisations amis, a déployé d’inlassables efforts diplomatiques auprès de la Commission européenne et auprès des pays membres de la Communauté pour obtenir la reprise de la coopération.         

L’opposition radicale quand à elle, elle a œuvré jusqu’à ce jour contre la reprise de la coopération malgré les conséquences désastreuses de la décision de l’Union Européenne sur le pays et sur sa population.         

A Paris, à l’occasion de la réunion préliminaire devant se pencher sur les conditions de sécurité du dialogue, les facilitateurs européens avaient proposé dans un communiqué que l’ensemble des partis politiques présents demandent la reprise de la coopération du Togo avec l’Union Européenne.             

A leur grande surprise, les partis d’opposition se sont vivement opposés à cette proposition qui n’avait été soutenue que par les représentants du RPT.

          A l’occasion de la signature de l’Accord Cadre de Lomé en présence des facilitateurs, les mêmes partis extrémistes avaient encore refusé la mention de la reprise de la coopération avec l’Union Européenne.

          Le chef de l’Etat poursuivant ses inlassables efforts a pris l’initiative d’inviter à Lomé II les principales formations politiques togolaises, les chefs traditionnels et les communautés religieuses (catholique, protestant, et musulmane), afin qu’ensemble un appel soit lancé à l’Union Européenne en vue de la reprise de la coopération avec notre pays. 

Pour la circonstance, les délégations des partis politiques invités (RPT, CAR , UFC, CDPA, CPP, PDR) étaient conduites par leurs premiers responsables. Celles des confessions religieuses dirigées respectivement par Mgr Kpodzro pour l’Eglise catholique, le modérateur Amiou pour l’Eglise protestante, et M. Idrissou Traoré Sakibou, président de l’Union musulmane. Les chefs traditionnels étaient conduits par le chef Agokoli, président de l’Union nationale des chefs traditionnels du Togo.         

L’initiative du président de la République avait pour but d’inviter la classe politique, les confessions religieuses et les chefs traditionnels à lancer un appel commun pour la reprise de la coopération afin que le Togo ne perde pas les avantages des reliquats du 8e FED et que ne soit pas hypothéqué le bénéfice du 9e FED.         

Tous les participants à cette rencontre, y compris les confessions religieuses, avaient salué et adhéré aux propositions du chef de l’Etat. Ce sont les mêmes partis radicaux qui se sont une fois encore, opposés et fait échouer cette ultime initiative.         

Pire, ils ont fait de la suspension de la coopération de l’Union Européenne un fonds de commerce politique honteux aux mépris de la misère de la population togolaise qu’ils veulent gouverner s’ils parvenaient au pouvoir.         

Grâce à ses efforts soutenus, le chef de l’Etat a fini par obtenir de l’Union Européenne, l’ouverture des consultations directes avec le gouvernement togolais le 14 avril 2004 conformément au titre II de l’Accord Cadre de Cotonou. C’est dans le cadre de ces consultations que le gouvernement a pris 22 engagements pour le renforcement des principes démocratiques et la consolidation de l’Etat de droit au Togo.         

En application des 22 engagements notamment l’engagement 1.1  le président de la République a ouvert le 27 mais 2004 un dialogue national susceptible d’amener la classe politique et la société civile à se parler pour trouver des solutions à la crise que traverse le pays depuis le 5 octobre 1990.         

Le Premier ministre a poursuivi le dialogue avec les différentes composantes de la nation appelées en consultation en vue de recueillir leurs contributions à la mise en œuvre des 22 engagements pris par le gouvernement le 14 avril 2004.         

Parallèlement, un comité composé des partis politiques et des représentants de la société civile a été mise en place pour réfléchir sur l’amélioration du code électoral et l’élaboration d’une loi sur le financement des partis politiques.  

Il faut signaler que les mêmes partis politiques extrémistes, UFC , CAR et CDPA  ont refusé de s’associer à ce processus qui a pour objet, rappelons-le, la mise en œuvre des 22 engagements en vue de la reprise de la coopération avec l’Union Européenne.         

Par contre, il faut saluer le comportement exemplaire et patriotique de deux partis politiques, la CPP, et le PDR dont les leaders ont fait le déplacement avec la délégation gouvernementale pour défendre les intérêts du pays et les intérêts du peuple togolais. 

          Tenant compte des résultats positifs enregistrés à l’issue des consultations entre la délégation gouvernementale et les forces vives du pays, le chef de l’Etat a instruit le Premier Ministre à recentrer le dialogue autour des principaux partis politiques et des représentants de la société civile choisis par le gouvernement en application de l’engagement 1.1 

          C’est ainsi qu’une réunion présidée par le Premier Ministre s’est déroulée le 25 août 2004 avec la participation de la délégation gouvernementale, les six (6) principaux partis politiques à savoir, le RPT, la CPP, le CAR, le PDR, l’UFC et la CDPA ainsi que deux associations féminines, le GF2D et la REFAMP. Le RPT est au allé au dialogue national de bonne foi pour apporter sa contribution à la solution des problèmes du pays. 

          A tous les niveaux, le RPT s’est conformé à l’esprit du dialogue défini par le président de la République le 27 mai 2004 à savoir qu’il s’agit d’un dialogue ouvert, sans exclusive et sans préalable. 

          Le RPT a tout fait pour préserver, au cours des débats, un climat d’entente qui facilite la réunion d’un consensus autour des sujets mis en discussion dans le cadre de la mise en œuvre des 22 engagements, malgré les actes incessants de provocations au cours des débats. 

          Le RPT a participé à la réunion du 25 août 2004 dans cette ouverture d’esprit et a fait des concessions pour accepter les compromis arrêtés par les participants par consensus. 

          S’agissant du cadre du dialogue, le RPT rappelle que c’est l’UFC qui a proposé que le cadre de la réunion du 25 août 2004 soit accepté comme cadre du dialogue. 

          C’est également sur la proposition de l’UFC que la réunion a convenu qu’il n’est pas nécessaire de créer un comité préparatoire et que les 22  engagements peuvent constituer l’ordre u jour des discussions en y ajoutant des questions connexes au titre de l’engagement 1.1. 

Tous les participants à la réunion du 25 août ont approuvé les propositions de l’UFC sauf le CAR qui a manifesté son désaccord  tout en déclarant qu’il se ralliait à la décision de la majorité. Il a été également dit que c’est le gouvernement, signataire des engagements, qui doit diriger les débats.

          Les déclarations des participants à la presse à la suie de ladite réunion confirment le consensus qui en est sorti. 

          Le RPT est donc surpris de voir qu’à la réunion de ce 10 septembre 2004 l’UFC, la CDPA et le CAR sont revenus systématiquement sur les points qui ont l’objet de consensus le 25 août 2004, notamment le cadre, le contenu, l’ordre du jour et la direction du dialogue qui revient au gouvernement, seul comptable des engagements qu’il a pris devant l’Union Européenne. 

          Le RPT est doublement surpris et outré par la tentative de l’UFC et du CAR de l’exclure du dialogue. Ces deux partis prétendent que le RPT doit prendre part au dialogue en s’intégrant dans une délégation de la mouvance présidentielle. C’est ce qui apparaît dans les correspondances adressées au Premier Ministre par ces deux partis qui n’ont pas manqué de le souligner dans la salle de réunion. 

          Ils s’agit là d’une manière déguisée de répéter ce que le Haut Conseil de la République (HCR) a fait en 1991 en prononçant la dissolution du RPT 

          De haute lutte, le RPT a réussi à se maintenir sur la scène politique et a contribué positivement à l’avènement du pluralisme politique. 

          Aujourd’hui, le RPT est au pouvoir. Il n’est pas au pouvoir par décret mais par le résultat des urnes aussi bien aux élections législatives depuis 1994 qu’aux présidentielles depuis 1993. Le RPT estime qu’il n’y a pas d’autres moyens d’arriver au pouvoir en démocratie que de se soumettre au verdict des urnes. 

          Comme les autres partis politiques, le RPT est concerné par le renforcement des principes démocratiques et de l’Etat de droit dans notre pays. C’est cela l’objet du dialogue aux termes de l’engagement 1.1. Pourquoi alors, le RPT n’aurait-il pas le droit de prendre part au dialogue en tant que principal acteur politique du pays ? Si cette hypothèse absurde devait se réaliser, quel serait l’adversaire des partis de l’opposition sur le terrain ? Le RPT ne saurait se confondre au gouvernement car c’est le gouvernement qui repose sur sa majorité RPT. 

          L’action de notre parti ne saurait non plus, malgré les prétentions de nos adversaires, se résumer à l’action du gouvernement .

          Le Rassemblement du Peuple Togolais prendra donc la place qui est la sienne dans ce dialogue de la dernière chance. Il apportera activement sa contribution à la mise en œuvre des 22 engagements et fera sa part d’efforts pour la reprise de la coopération avec l’Union Européenne. 

          Il est évident que le CAR, l’UFC et la CDPA sont allés à la réunion du 10 septembre 2004 dans l’esprit de faire de la provocation pour obtenir la rupture du dialogue, la remise en cause des consultations avec l’Union Européenne et la reprise de la coopération attendue par le peuple togolais durement éprouvé par de nombreuses années de privation de l’aide au développement.  

          Le RPT qui demeure attaché à la paix, à la sécurité et la stabilité du pays, ne saurait rester les bras croisés devant les agissements irresponsables des partis politiques qui cherchent à détruire le pays. Il est donc hors de question que notre parti laisse se développer aujourd’hui encore l’esprit de la Conférence Nationale qui a mis le pays à feu et à sang. 

          Le RPT réaffirme son attachement aux institutions républicaines. Le Togo n’est pas la propriété de personne. Le RPT demande au gouvernement de prendre des dispositions qui s’imposent pour éviter le désordre et que le pays ne soit pris en otage par une minorité de partis politiques qui tentent de prendre le pouvoir sans passer par les urnes.

  Pour le RPT
Le secrétaire général
Dama DRAMANI
 

 
 
 

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