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Le
dialogue inter togolais dans l’impasse :
Trois partis de
l’opposition remettent
en cause
la synthèse faite par le gouvernement
Alain Nococo
Le chef du gouvernement togolais
M. Koffi Sama a rencontré vendredi 10 septembre
dernier à la salle Entente du CASEF des
responsables des formations politiques de
l’opposition traditionnelle et des associations
de femmes, représentant la société civile. Cette
rencontre fait suite à la rencontre du 25 août
2004 au cours de laquelle un consensus aurait
été dégagé sur le cadre et le contenu du
dialogue. A la rencontre du 10 septembre
dernier, il devrait donc être question de la
poursuite du dialogue avec l’adoption de l’ordre
du jour et la définition des autres modalités
du dialogue tel que prescrit à l’engagement 1.1.
Pendant plus de quatre heures de discussions
vives et houleuses, les protagonistes de la
crise togolaise n’ont pas pu s’entendre sur un
certain de choses pour la poursuite d’un
dialogue franc et sincère pouvant déboucher sur
des décisions acceptables par tous et
susceptibles de dénouer la crise pour la reprise
de la coopération de l’UE avec le Togo
Dans un
communiqué rendu public sur les médias d’Etat
quelques heures après la rencontre, le
porte-parole du gouvernement accuse trois partis
de l’opposition traditionnelle notamment le CAR,
la CDPA et l’UFC d’avoir remis en cause le
consensus dégagé lors de la rencontre du 25 août
2004 en exigeant des clarifications préalables
sur le cadre et le contenu du dialogue.
Pour l’opposition, c’est la
compréhension que le PM se fait de ce consensus
à travers son rapport de synthèse qui l’a obligé
à demander des clarifications au gouvernement.
Ainsi donc, ceux qui avaient
cru que le pouvoir du général Eyadema a changé
son fusil d’épaule en acceptant cette fois-ci
d’engager un vrai dialogue avec l’opposition
traditionnelle conformément aux engagements de
Bruxelles sont vite allés en besogne. C’était
mal connaître le pouvoir togolais toujours égal
à lui-même et décidé à ne faire aucune
concession allant dans le sens d'un
partage du pouvoir, devenu sa chasse gardée.
C'est un
énième rendez-vous manqué pour le Togo qui, par
la faute de ses dirigeants, risque de perdre
encore cette année l’aide accordée aux ACP au
titre des projets FED.
Nous espérons que l’esprit
patriotique
- s’il
en
existe encore chez les Togolais
- prévaudra et que dans
les prochains jours les protagonistes de la
crise vont renouer le fil du dialogue pour le
plus grand bien de nos tous.
Les
trois partis de l’opposition traditionnelle
accusés par le gouvernement d’avoir remis en
cause le consensus du 25 août ont réagi à
travers un communiqué qui nous est parvenu ce
jour même |
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Communiqué de presse
Le Premier ministre de la République togolaise,
M. Koffi Sama a organisé le vendredi 10
septembre 2004 à Lomé, dans l’Immeuble
administratif du CASEF, une réunion à laquelle
ont pris part :
- deux délégations du Pouvoir (le parti RPT,
le Gouvernement)
- cinq
délégations de l’Opposition (le CAR, la CDPA, la
CPP, le PDR, l’UFC)
- deux
délégations de la société civile (le GF2D, le
REFAMPT)
A l’ouverture de la rencontre, le Premier
ministre a annoncé avoir reçu de deux partis
d’opposition, l’UFC et le CAR, des
correspondances remettant en cause le consensus
qui serait intervenu à la réunion du 25 août
2004 sur le cadre du dialogue national.
Les trois partis signataires du présent
communiqué, le CAR, la CDPA et l’UFC ont tour à
tour pris la parole pour déclarer qu’en réalité
c’est la compréhension que le Premier ministre
se fait de ce consensus à travers son rapport de
synthèse qui pose problème et oblige à lui
demander des clarifications sur la nature de la
rencontre amorcée le 25 août 2004.
Pour les trois signataires, le dialogue national
que le Gouvernement semble avoir finalement
accepté de reprendre après une longue période
de réticence, doit avoir lieu suivant les termes
du point n° 1.1 des engagements de Bruxelles,
entre d’une part, le Pouvoir incarné par les
deux délégations ci-dessus rappelées, d’autre
part, « l’opposition traditionnelle »
représentée par les cinq partis qui ont pris
part au dialogue inter togolais de 1999, avec la
participation de la société civile. Et c’est aux
protagonistes du dialogue national ainsi
identifiés, de s’accorder sur la présidence des
travaux, l’ordre du jour des discussions, les
modalités de prise de décisions, le sort des
décisions précises…
Or, de sa synthèse de la réunion du 25 août 2004
et des déclarations qu’il a faites à la réunion
du 10 septembre 2004, il ressort que pour le
Premier ministre, c’est au Gouvernement qu’il
revient d’office de diriger les travaux, de
déterminer l’ordre du jour, de définir les
autres modalités, et de décider du sort à
réserver aux décisions prises. Des réunions
ainsi conçues ne seraient que la poursuite des
consultations que le Gouvernement a initiées le
28 mai 2004, avec la seule différence qu’elles
sont limitées aux cinq partis de
« l’opposition traditionnelle », au RPT et à
deux organisations de la société civile. Le RPT
y prendrait part au même titre que les cinq
partis d’opposition, en toute autonomie par
rapport au Gouvernement. Tout propos tendant à
faire constater que les délégués du RPT
constituent un ensemble avec la délégation du
Gouvernement est décrié comme une façon
d’exclure le RPT de la rencontre.
Les trois partis signataires du présent
communiqué estiment que le dialogue national tel
que le gouvernement le conçoit est très éloigné
de celui auquel il s’est engagé le 14 avril 2004
à Bruxelles, et n’est pas de nature à déboucher
sur des solutions susceptibles de dénouer la
crise togolaise et de faire reprendre la
coopération avec l’Union Européenne.
C’est pourquoi ils ont décidé de procéder à la
consultation de leurs bases.
Les trois signataires, le CAR, la CDPA, et l’UFC
tiennent par ailleurs à apporter un démenti
formel aux allégations selon lesquelles, ils ont
rejeté une proposition d’enregistrement des
discussions. Au contraire ! Ils ont marqué leur
accord pour une retransmission, même en direct,
des débats lorsque les obstacles actuels à un
véritable dialogue national auront été levés, et
que celui-ci aura réellement démarré. Les
populations pourront alors se rendre compte du
positionnement politique et des argumentations
des uns et des autres.
Fait à Lomé, le 12 septembre 2004
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