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12 Sept. 2004

Le dialogue inter togolais dans l’impasse :
Trois partis de l’opposition rem
ettent en cause la synthèse faite par le gouvernement
Alain Nococo

Le chef du gouvernement togolais M. Koffi Sama a rencontré vendredi 10 septembre dernier  à la salle Entente du CASEF des responsables des formations politiques de l’opposition traditionnelle et des associations de femmes, représentant la société civile. Cette rencontre fait suite à la rencontre du 25 août 2004 au cours de laquelle un consensus aurait  été dégagé sur le cadre et le contenu du dialogue. A la rencontre du 10 septembre dernier,  il devrait donc  être question de la poursuite du dialogue avec l’adoption de l’ordre du jour et la définition des  autres modalités du dialogue tel que prescrit à l’engagement 1.1.

Pendant plus de quatre heures de discussions vives et houleuses, les protagonistes de la crise togolaise n’ont pas pu  s’entendre sur un certain de choses pour la poursuite d’un dialogue franc et sincère pouvant déboucher sur des décisions acceptables par tous et susceptibles de dénouer la crise pour la reprise de la coopération de l’UE avec le Togo

Dans un communiqué rendu public sur les médias d’Etat quelques heures après la rencontre, le porte-parole du gouvernement accuse trois partis de l’opposition traditionnelle notamment le CAR, la CDPA et l’UFC d’avoir remis en cause le consensus dégagé lors de la rencontre du 25 août 2004  en exigeant des clarifications préalables sur le cadre  et le contenu du dialogue.

Pour l’opposition, c’est la compréhension que le PM se fait de ce consensus à travers son rapport de synthèse qui l’a obligé à demander des clarifications au gouvernement.

Ainsi donc,  ceux qui avaient cru que le pouvoir du général Eyadema a changé son fusil d’épaule en acceptant cette fois-ci  d’engager un vrai dialogue avec l’opposition traditionnelle conformément aux engagements de Bruxelles sont vite allés en besogne. C’était mal connaître le pouvoir togolais toujours égal à lui-même et décidé à ne faire aucune concession allant dans le sens d'un partage du pouvoir, devenu sa chasse gardée.

C'est un énième rendez-vous manqué  pour le Togo qui, par la faute de ses dirigeants, risque de perdre encore cette année  l’aide accordée aux ACP au titre des projets FED.

Nous espérons que l’esprit patriotique - s’il en existe encore chez les Togolais - prévaudra et que dans les prochains jours les protagonistes de la crise vont renouer le fil du dialogue pour le plus grand bien de nos tous.

Les trois partis de l’opposition traditionnelle accusés par le gouvernement d’avoir remis en cause le consensus du 25 août ont réagi à travers un communiqué qui nous est parvenu ce jour même

Communiqué de presse    

Le Premier ministre de la République togolaise, M. Koffi Sama a organisé le vendredi 10 septembre 2004 à Lomé, dans l’Immeuble administratif du CASEF, une réunion à laquelle ont pris part :

- deux délégations du Pouvoir (le parti RPT, le Gouvernement)

- 
cinq délégations de l’Opposition (le CAR, la CDPA, la CPP, le PDR, l’UFC)
- deux délégations de la société civile (le GF2D, le REFAMPT)

A l’ouverture de la rencontre, le Premier ministre a annoncé avoir reçu de deux partis d’opposition, l’UFC et le CAR, des correspondances remettant en cause le consensus qui serait intervenu à la réunion du 25 août 2004 sur le cadre du dialogue national. 

Les trois partis signataires du présent communiqué, le CAR, la CDPA et l’UFC ont tour à tour pris la parole pour déclarer qu’en réalité c’est la compréhension que le Premier ministre se fait de ce consensus à travers son rapport de synthèse qui pose problème et oblige à lui demander des clarifications sur la nature de la rencontre amorcée le 25 août 2004. 

Pour les trois signataires, le dialogue national que le Gouvernement semble avoir finalement accepté de reprendre après une longue période  de réticence, doit avoir lieu suivant les termes du point n° 1.1 des engagements de Bruxelles, entre d’une part, le Pouvoir incarné par les deux délégations ci-dessus rappelées, d’autre part,  « l’opposition traditionnelle » représentée par les cinq partis qui ont pris part au dialogue inter togolais de 1999, avec la participation de la société civile. Et c’est aux protagonistes du dialogue national ainsi identifiés, de s’accorder sur la présidence des travaux, l’ordre du jour des discussions, les modalités de prise de décisions, le sort des décisions précises… 

Or, de sa synthèse de la réunion du 25 août 2004 et des déclarations qu’il a faites à la réunion du 10 septembre 2004, il ressort que pour le Premier ministre, c’est au Gouvernement qu’il revient  d’office de diriger les travaux, de déterminer l’ordre du jour, de définir les autres modalités, et de décider du sort à réserver aux décisions prises. Des réunions ainsi conçues ne seraient que la poursuite des consultations que le Gouvernement a initiées le 28 mai 2004, avec la seule différence qu’elles sont limitées aux cinq partis de « l’opposition traditionnelle », au RPT et à deux organisations de la société civile. Le RPT y prendrait part au même titre que les cinq partis d’opposition, en toute autonomie par rapport au Gouvernement. Tout propos tendant à faire constater que les délégués du RPT constituent un ensemble avec la délégation du Gouvernement est décrié comme une façon d’exclure le RPT de la rencontre.

Les trois partis signataires du présent communiqué estiment que le dialogue national tel que le gouvernement le conçoit est très éloigné de celui auquel il s’est engagé le 14 avril 2004 à Bruxelles, et n’est pas de nature à déboucher sur des solutions susceptibles de dénouer la crise togolaise et de faire reprendre la coopération avec l’Union Européenne.

C’est pourquoi ils ont décidé de procéder à la consultation de leurs bases.

Les trois signataires, le CAR, la CDPA, et l’UFC tiennent par ailleurs à apporter un démenti formel aux allégations selon lesquelles, ils ont rejeté une proposition d’enregistrement des discussions. Au contraire ! Ils ont marqué leur accord pour une retransmission, même en direct, des débats lorsque les obstacles actuels à un véritable dialogue national auront été levés, et que celui-ci aura réellement démarré. Les populations pourront alors se rendre compte du positionnement politique et des argumentations des uns et des autres. 

Fait à Lomé, le 12 septembre 2004  

Pour :   

Le CAR   
Yawovi
  AGBOYIBO
La CDPA  
L. Messan GNININVI  
L’UFC
Emmanuel AKITANI BOB
 

 
 
 

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