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Environ 600 cliniques et cabinets
sauvages bientôt fermés au Togo
Mathias Akoulansa
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Mme Suzanne Aho |
La ministre de la
santé, Mme
Suzanne AHO a effectué une tournée
nationale visitant les cabinets médicaux
privés. A la fin de cette tournée, elle
a pris la décision de fermer plus de 600
cliniques et cabinets médicaux jugés
illégaux.
En réalité le laisser
aller et le favoritisme qui
caractérisent le système dictatorial du
général Eyadema ont rendu d’une part les
centres hospitaliers les dispensaires,
les unités de soins périphériques et les
cases de santé incompétents et impropres
à prodiguer des soins dignes et
satisfaisants. Les patients y sont mal
accueillis et mal traités. Le côté
social et humains
qui caractérisait
les hôpitaux a disparu. Certains
patients faute d’argent sont morts
devant des docteurs et agents de santé
indifférents. Chaque agent de santé,
du docteur au jardinier, tout le monde
est devenu pharmacien. Les hôpitaux sont
devenus des marchés où se négocient
jusqu’aux produits périmés et des
échantillons portant la marque " Not For
Sale ". Qu’importe, tout se vend. Les
agents eux-mêmes expliquent cet état de
chose par le retard des salaires. En
effet les retards de salaires
s’observent aujourd’hui dans la santé,
les affaires sociales et dans
l’enseignement.
Les agents de santé
conscients de la déception des patients
et de l'incapacité
des autorités à vraiment gouverner,
ouvrent des cliniques et cabinets
médicaux privés. Les interruptions de
grossesses s’y font en catimini sous les
blouses sans les soins
requis. Conséquences:
plusieurs jeunes filles meurent des
suites de grossesses très mal
interrompues.
Tout commence dans le salon de
son domicile. Un
avortement coûtant
15 000 F
multipliés par le nombre de mois
de la grossesse et au
fur et à mesure des avortements,
des injections, des perfusions et autres
soins donnés au petit bonheur la chance,
ledit agent peut se prendre une villa et
agrandir ses prestations jusqu’aux
hospitalisations des patients. Il peut
exercer sans récépissé, de façon sauvage.
Les clients qu’ils reçoivent dans les
hôpitaux sont dirigés vers telle
clinique ou tel cabinet. Et la plupart
de ces malades préfèrent bénéficier de
soins coûteux dans ces cabinets et
cliniques que de se faire insulter et
supporter mal les sarcasmes d’une
sage-femme ou d’un infirmier pour une
migraine.
Cette fermeture des
600 cliniques et cabinets médicaux ne
résoudra pas le problème de la
corruption avérée dans les hôpitaux
publics et l’impolitesse des agents de
la santé. Il y alongtemps
qu'au Togo le
serment d’Hippocrate est devenu crasseux.
Il faut revoir les salaires de ces
agents à la hausse et les payer
régulièrement et à temps que de recruter
des militaires dont personne n’a
besoin, sauf
le tyran pour sa protection contre sa
propre ombre.
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