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Walakiyem Pépa Yata:
Et
si son agression était un coup de certains
caciques du RPT
Guillaume
Koulina
Il est rentré enfin chez lui, le préfet de
la Kozah, qui avait été poignardé le 21
juin 2004 au cours des cérémonies
marquant la fête des Martyrs de Pya-Hodo.
Enfin lui-même raconte comment
il a vécu son
agression :
« Je n’ai pas senti le premier coup dans
mon dos. J’ai eu le vertige et je me suis
retourné pour chercher un appui. C’est à
ce moment que j’ai vu du sang et j’ai
aperçu le jeune homme avec son poignard
qui revenait à l’attaque. Alors j’ai voulu
m’enfuir. Mais j’ai trébuché et je suis
tombé. Alors mon agresseur est arrivé
s’est assis sur moi et m’a donné le second
coup dans le ventre. Heureusement, le
poignard a glissé sur la veste et la
blessure n’a pas été profonde (il
exhibe la veste).
Le troisième coup, j’ai réussi à bloquer
sa main. Alors un étudiant a accouru suivi
de Mitterrand (surnom
d’un monsieur dont la profession est,
militant
du RPT,
à Kara).
La sécurité est arrivée bien plus tard. Et
c’est ce que je ne comprends pas. Il y
avait la ma garde et celle du Commandant
Malazouwé, commandant le Régiment des
Paras Commandos (RPC). Personne n’a
réagi. »
A l’évidence le préfet
n’en revient pas. Il y a de quoi
s’étonner. Etre
entouré de
militaires, de policiers, de gendarmes et
de civiles et être agressé sans que
personne de tout ce beau monde
censé
le protéger ne réagisse. Ça sent un coup
foireux. Et si c’en était un ?
Walakiyém Pépa Yata est
préfet depuis plus de 20 ans dont près
de 13 ans à Kara. Dans son entourage, on
n’apprécie pas qu’un « Losso », de Défalé,
canton de la préfecture de Doufelgou,
dirige les Kabyè qui s’estiment supérieurs
aux Lossos. Le virus ethno maniaque de la
supériorité des races et des peuples n’a
pas dit son dernier mot. Et lorsque des
ambitions politiques s’en mêlent, bonjour
les assassinats.
En tout cas à Kara, on
s’achemine vers l’hypothèse d’un coup
monté à l’intérieur de la machine RPT pour
écarter un « Losso »,
"ethnie
inférieure"
à l’ethnie Kabyè. L’écarter non seulement
du fauteuil de préfet, mais surtout de la
vie. Le jeune homme agresseur ne serait
qu’un homme de main. On espère que lorsque
le préfet sera définitivement guéri,
l’agresseur lâchera le morceau. QUI et
POURQUOI ?
La leçon : ne pas
s’éterniser dans un poste politique. On
finit par s’attirer des ennuis et des
ennemis.
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