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Charles Birrégah innocenté par le juge
mais toujours détenu
Mathias Akoulansa
L’expert
comptable Charles Birrégah a comparu pour
la première fois devant un juge le 30 juin
2004. A plusieurs reprises, ses
accusateurs de la Commission dite d’anti
corruption ont joué les prolongations en
trouvant toujours des prétextes pour ne
pas comparaître en vue d’une confrontation
devant le juge.
En Fevrier 2002 (et non
2001), lorsque Charles Birregah a
été arrêté, les medias d’Etat, la télésion
togolaise (la TVT) et les radios
nationales, avaient diffusé et répandu
l’accusation selon laquelle Charles
Birrégah aurait détourné environ 12
millards au prejudice de la société dont
il était
liquidateur, l’OPAT (Office des
Produits Agricoles du Togo).
Aujourd’hui,
les juges ne retiennent même pas le delit
de doutournement contre Charles
Birrégah et l’innocentent sans avoir le
courage de le dire.
De l’avis des proches du pouvoirs,
l’expert comptable est un témoin génant
qui n’a pas voulu se conformer aux règles
et pratiques de la maison RPT et qui
prenait trop de liberté. On espère que
Charles Birrégah sortira de prison sain et
sauf.
Charles Birregah vient donc d’être
officiellement condamné à 3 ans de prison
ferme pour delit d’«abus de
confiance partiellement constitué»
et à une amende de 16 millions de
francs CFA. Le ministère public l’a accusé,
devant le tribunal,
de détournement de 72 millions de francs.
Mais le
juge a rejeté l’accusation (le delit de
détournement) et n’a retenu que celui non
moins ambiguë et certainement politique d’«abus
de confiance partiellement constitué.»
La defense fera appel de la decision.
Une expertise comptable ordonnée
par le gouvernement togolais lui-même et
diligentée par une équipe française a
révélé qu’en réalité, l’OPAT était déjà en
faillite en 1995 et qu’il y a eu des
détournements de centaines de millions de
francs CFA bien avant que M.
Birrégah n’ait été nommé par décret le 27
Novembre 1996 comme liquidateur.
Confondue, la Commission Anti-corruption a,
depuis, été très réticente à l’idée d’une
confrontation.
Enfin et grâce aux 22 engagements de
Bruxelles, Charles Birrégah a comparu
devant un juge qui, faute de prononcer la
relaxe pure et simple, condamne le prévenu
à 3 ans de prison ferme à compter de
fevrier 2002 et à
verser une somme 16 millions de
francs. Il faut noter que la commission
anti-corruption a procédé à la saisie de
plusieurs biens de Monsieurs Birregah dont
la valeur s’estime en centaines de
millions. L’expertise comptable a révélé
par ailleurs qu’à titre d’honoraires pour
services rendus, l’Etat togolais doit à
Monsieur Birregah une somme de 591
millions de francs CFA.
Il s’agissait en fait d’un montage pour
noyer ce jeune expert comptable pour des
raisons que seul Eyadema connaît. Dans
l’entourage du chef de l’Etat, chacun se
defend et tente de rejeter la balle
à l’autre.
L’affaire est si complexe que le premier
avocat de Charles Birrigah, Alexis
Akérébourou s’est déconstitué purement et
simplement. Approché, l’avocat a refusé de
faire tout commentaire. Il a tout
simplement dit que c’est un dossier
complexe et a recommandé que l’on s’en
refère à l’avocat actuel de Charles
Birrégah. Togoforum ayant approché ce
dernier qui n’est autre que Maître Inoua
Izétou AFO, celui-ci a dit en substance:
«En un mot, Charles Birrégah n’a
rien fait. Il n’y a rien dans le dossier
d’accusation.» Il s’est refusé à
tout autre commentaire.
Selon un dignitaire du régime RPT qui a
requis l’anonymat, «Cela me fait
très mal, la manière dont on triche le
jeune Charles que je connais depuis son
enfance. Cela me fait même
honte.»
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