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Dialogue inter togolais :
Le comité pour la réforme
du code électoral peine à voir le jour
Alain
Nococo
Le Premier
Ministre Koffi Sama a rassemblé hier mercredi
30 juin 2004 à la salle Entente du CASEF
les partis politiques
et la
"société civile."
Objectif :
procéder à la mise sur pied d’une
commission technique pour la révision du
code électoral et pour le financement des
partis politiques.
Il convient de
rappeler que cette rencontre fait suite à
l’invitation que le PM avait adressée aux
formations politiques il y a quelques
jours, « Pour poursuivre le dialogue
ainsi initié, j’ai l’honneur de vous
demander de participer à une séance de
travail sur la réforme du Code
électoral.»
C’est le PM Koffi Sama qui a pris la
parole pour signifier à ses
interlocuteurs, regroupés dans une même
salle qu’ils devront lui faire parvenir,
avant la fin du mois de juillet, le nom
de leur représentant pour faire partie
d’une commission chargée se pencher sur la
révision du code électoral et la
question du financement des partis
politiques.
Si du côté des
partis satellites
du RPT on se
réjouit de cette initiative du
gouvernement qui, pour tenir ses
engagements, aurait
opté pour des discussions sur le cadre
électoral qui serait à l’origine de la
crise togolaise, du côté de l’opposition
dite traditionnelle par contre, c’est la
surprise et l’indignation.
Le professeur
Gnininvi de la CDPA qui a demandé la
parole après l’intervention du PM, a
d’abord protesté contre la façon dont le
gouvernement les traite et s’est ensuite
insurgé contre la procédure bancale
« entourée de mystère et de cachotterie ».
Le SG de la CDPA ne comprend pas que le
gouvernement veuille aborder une nouvelle
question alors que les différentes
observations faites par les partis en vue
de recentrer le dialogue n’ont pas été
pris en considération.
Au sortir des
discussions avec la délégation
gouvernementale, les leaders des partis
politiques de l’opposition n’ont pas caché
leur inquiétude quant à la tournure que
prennent ces consultations.
Le leader du CAR a,
au sortir des discussions, affirmé :
« A travers les débats, nous avons compris
que c’est un jour d’enterrement du
dialogue national ». Pour Me Abgoyibo,
« Le Premier ministre de manière
manifeste sort du cadre des engagements
qu’il a pris à Bruxelles pour développer
une autre forme de dialogue qui a pris
forme avec la consultation ». Ainsi,
le CAR n’entend pas envoyer un
représentant au sein d’un comité dont la
forme n’est pas dans la logique de deux
partis qui ont des divergences.
Répondant sur ses
intentions après l’échec des discussions,
le Prof Gnininvi a déclaré être disposé à
toute discussion. : « Nous avons promis
au peuple d’aider au respect et à
l’application des engagements, nous sommes
donc toujours disposés à répondre à
l’invitation du gouvernement pour des
actions allant dans ce sens »
Le parti au pouvoir, par la voix de son SG
Dama Dramani se réjouit quant à lui, de
ce que le dialogue inscrit à l’engagement
1.1 a été ouvert le 27 mai dernier par le
président Eyadema et note que c’est dans
ce cadre que se déroulent les discussions
qui se poursuivent avec l’engagement 1.3
qui précise que le cadre électoral doit
être révisé dans un délai de six mois.
Pour lui, il faut aller vite car deux mois
se sont passés. Il a laissé entendre que
son parti enverra son représentant pour
siéger à la commission technique chargée
de la réforme du code électoral et le
financement des partis politiques.
Un nouvel épisode dans le feuilleton de
la crise togolaise vient de commencer. Le
PM a-t-il consacré la mort du dialogue
inter togolais en travestissant
l’engagement 1.3 comme le prétendent
certains. Difficile de répondre. Mais
toujours est-il que l’opposition
traditionnelle au sens de l’engagement
1.1 n’entend pas se prêter au jeu de M.
Koffi Sama et réitère ses préalables
maintes fois posés pour un dialogue franc
et sincère. Les prochains jours seront
déterminants, mais déjà des tractions
seraient en cours pour saisir les
instances de l’UE même si, selon sources,
on indique l’UE hésite à envoyer ses
experts à Lomé.
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