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Actualité  
25 juin 2004

Le Préfet Pépa Yata se porte bien, mais alors subsitent des interrogations
Justin Hèzu Tiyé

De sources hospitalières à Kara, l
a vie de Monsieur Walakiyém Pépa Yata, préfet de la Kozah poignardé le 21 juin dernier semble désormais hors de danger. Certains à Kara ont déclaré l'avoir aperçu dans sa voiture allant ou revenant du Centre Hospitalier Universitaire de Kara. Toutefois, deux prudences valant mieux qu’une, le poignard a été envoyé à Lomé pour des analyses toxicologiques. En effet les autorités médicales craignent que le poignard qui a servi à le poignarder ne soit empoisonné.

Il y a trois jours, toutes les visites étaient très controlées sinon
interdites. Un cahier était ouvert où tous les visiteurs s’inscrivaient. Le soir le cahier était remis au préfet qui compulse la liste de ses " friends indeed " qui arrivent au moment où il a le plus besoin d’eux. Inutile de dessiner la queue qui se formait pour se rendre plaisant, attendrissant, soucieux de son état de santé.

Le préfet se serait même entretenu avec son agresseur dans la journée du 22 juin 2004. Sur les mobiles de son agression, Tchaa-Wiyao Balakiyéme, le jeune originaire de Tcharè (Kozah) aurait affirmé qu’il n’a pas voulu agresser le préfet mais le chef de l’Etat lui-même. Résident à Kpalimé (Ahlon), il aurait effectué le déplacement de Kara pour perpétrer son crime. Ce sont là les mobiles de l'agression qui circulent à Kara. Le malfrat espérait, que le chef de l’Etat, Gnasingbé Eyadema lui-même se trouverait à la fête des Martyrs de Pya-Hodo. Sa cible était donc le tyran et non l’un de ses valets servants. C'est ce qui se dit à Kara. Il faut encore prendre ses propos, ou cette version avec beaucoup de circonspection. Car elle peut avoir été fabriquée par Lomé II pour distraire des vrais mobiles derrière l'agression contre Walakiyém Pépa Yata.  Ne s’agit-il pas d’un autre chapitre sur les légendaires coups d’Etat perpétré contre le général Eyadema au pouvoir depuis 1967 ? Ne dit-on pas avec fierté qu’il a échappé à plus d’une dizaine d’attentats ? Le 24 janvier 1974, le 24 avril 1974, le 23 septembre 1986, 15 octobre 1977, le 2 mars 1993, le 5 janvier 1994…. Si les propos de l’agresseur se confirment, ce sera un attentat manqué en plus à accrocher sur la baraka du général.

En réalilté,
le mystère de cette agression n’a pas encore dit son dernier mot. L'hypothèse d'une agression organisée par le système Eyadéma lui-même ne manque pas d'arguments: En effet, à l'analyse de l'agression elle-même, certains à Kara ne  s'empêchent pas de penser et de dire que certains éléments du puzzle manquent.

Selon des témoins, les agents de police, gendarmes et berets rouges présents sur les lieux de l'agression ont laissé faire et ne sont intervenus qu'après que le géant préfet ait réussi, malgré sa blessure à attrapper et à immobiliser en l'air la main de son agresseur. Des témoins affirment que l'agresseur qui portait deux pantalons et au moins deux chemises, s'était détaché de la foule en direction du prefet en s'échauffant et en étirant les bras. On affirme qu'après le premier coup de poignard, il s'en est suivi une lutte entre la victime et son agresseur. Il faut dire que la victime, Monsieur Walakiyém Pépa Yata est un colosse à côté de qui Eyadema est un nain. Et on s'imagine bien que la tâche n'ait pas été aisée  à son agresseur. On ajoute pour rire que la seule personne en tenue qui s'est vraiment émue de la sitution a été une dame, agent de police qui, faute d'intervenir, est tombée évanouie en regardant la scène. Si la version d'un acte préparé par le régime lui-même se confirme, il y aurait quand même lieu de se demander pourquoi Eyadema s'en prendrait à ce fidèle des fidèles. Là encore, des reponses ne manqueront pas puisque d'autres anciens fidèles ont déjà payé très cher par le passé.

M. Walakiyem Pépa YATA passe pour être le plus ancien des préfets du régime Eyadema. Préfet de Haho pendant des années, il a été déposé en 1991 suite au vent démocratique. Ayant repris la totalité de ses pouvoirs à la suite des coups d’Etat contre Maître Koffigoh et autres coups de forces constitutionnels, le Général Président Eyadema le bombarda une nouvelle fois en 1992 préfet de la Kozah, sa préfecture natale considérée comme chasse gardée du régime RPT. Depuis lors, malgré tous les changements, l’homme est toujours resté à son poste.

Prisonniers  Po. de Kara

 

Amegninou Kovi

Mensan Kokou
Kové Sossouvi
Lawson Laté
Dognon Koffi
Kliko Eglo
Kamado Koudjo
Séké Koudjo
 

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