|
Le Préfet
Pépa Yata se porte bien, mais alors
subsitent des interrogations
Justin Hèzu Tiyé
De sources hospitalières à Kara, la vie
de Monsieur
Walakiyém Pépa Yata,
préfet de la
Kozah poignardé
le 21 juin dernier semble désormais hors de danger.
Certains à Kara ont déclaré l'avoir aperçu
dans sa voiture allant ou revenant du
Centre Hospitalier
Universitaire de Kara.
Toutefois, deux prudences valant
mieux qu’une, le poignard
a été envoyé à Lomé pour des
analyses toxicologiques. En effet les
autorités médicales craignent que le
poignard qui a servi à
le poignarder ne
soit
empoisonné.
Il y a trois jours, toutes les visites
étaient très controlées sinon interdites. Un cahier
était ouvert où tous
les visiteurs s’inscrivaient. Le soir le
cahier était remis au préfet qui compulse la
liste de ses " friends indeed " qui
arrivent au moment où il a le plus besoin
d’eux. Inutile de dessiner la queue qui se
formait pour se rendre plaisant,
attendrissant, soucieux de son état de
santé.
Le préfet se serait
même entretenu avec son agresseur dans la journée du 22 juin 2004.
Sur les mobiles de son
agression, Tchaa-Wiyao Balakiyéme,
le jeune originaire de
Tcharè (Kozah) aurait affirmé qu’il n’a pas
voulu agresser
le préfet mais le chef de l’Etat
lui-même. Résident
à Kpalimé (Ahlon), il aurait effectué le
déplacement de Kara pour perpétrer son
crime. Ce sont là les
mobiles de l'agression qui circulent à
Kara. Le malfrat espérait,
que le chef de l’Etat,
Gnasingbé Eyadema
lui-même se trouverait à la fête
des Martyrs de Pya-Hodo. Sa cible était
donc le tyran et non l’un de ses valets
servants. C'est ce qui
se dit à Kara. Il faut encore prendre ses propos,
ou cette version
avec beaucoup de
circonspection.
Car elle peut avoir été fabriquée par Lomé
II pour distraire des vrais mobiles
derrière l'agression contre Walakiyém Pépa
Yata. Ne s’agit-il pas d’un
autre chapitre sur les légendaires coups
d’Etat perpétré contre le général Eyadema
au pouvoir depuis 1967 ? Ne dit-on pas
avec fierté qu’il a échappé à plus d’une
dizaine d’attentats ? Le 24 janvier 1974,
le 24 avril 1974, le 23 septembre 1986, 15
octobre 1977, le 2 mars 1993, le 5 janvier
1994…. Si les propos de l’agresseur se
confirment, ce sera un attentat manqué en
plus à accrocher sur la baraka du général.
En réalilté, le mystère de cette agression n’a pas
encore dit son dernier mot.
L'hypothèse d'une
agression organisée par le système Eyadéma
lui-même ne manque pas d'arguments: En
effet, à l'analyse de l'agression
elle-même, certains à Kara ne
s'empêchent pas de penser et de dire que
certains éléments du puzzle manquent.
Selon des témoins, les agents de police,
gendarmes et berets rouges présents sur
les lieux de l'agression ont laissé faire
et ne sont intervenus qu'après que le
géant préfet ait réussi, malgré sa
blessure à attrapper et à immobiliser en
l'air la main de son agresseur. Des
témoins affirment que l'agresseur qui
portait deux pantalons et au moins deux
chemises, s'était détaché de la foule en
direction du prefet en s'échauffant et en
étirant les bras. On affirme qu'après le
premier coup de poignard, il s'en est
suivi une lutte entre la victime et son
agresseur. Il faut dire que la victime,
Monsieur Walakiyém Pépa Yata est un
colosse à côté de qui Eyadema est un nain.
Et on s'imagine bien que la tâche n'ait
pas été aisée à son agresseur. On
ajoute pour rire que la seule personne en
tenue qui s'est vraiment émue de la
sitution a été une dame, agent de police
qui, faute d'intervenir, est tombée
évanouie en regardant la scène. Si la
version d'un acte préparé par le régime
lui-même se confirme, il y aurait quand
même lieu de se demander pourquoi Eyadema
s'en prendrait à ce fidèle des fidèles. Là
encore, des reponses ne manqueront pas
puisque d'autres anciens fidèles ont déjà
payé très cher par le passé.
M. Walakiyem Pépa YATA passe
pour
être le plus ancien des préfets du régime
Eyadema. Préfet de Haho pendant des
années, il a été déposé en 1991
suite au vent démocratique.
Ayant repris la totalité de ses pouvoirs à
la suite des
coups
d’Etat
contre Maître Koffigoh et autres coups de
forces constitutionnels,
le Général Président Eyadema le bombarda
une nouvelle fois en 1992 préfet de la
Kozah, sa préfecture natale considérée
comme chasse gardée du régime RPT. Depuis
lors, malgré tous les changements, l’homme
est toujours resté à son poste.
|