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Le
préfet de la Kozah, (Kara) Walakiyém
Pépa Yata a été
poignardé
ce 21 juin 2004
Mathias Akoulansa
Aux environs de 8 heures TU
ce 21 juin 2004,
un jeune homme âgé
d’une trentaine d’années,
l’allure du délinquant mal habillé,
s’est avancé pour embrasser le préfet au
moment où celui-ci venait de déposer
la gerbe de fleurs au monument aux
morts de Pya-Hodo. Le
préfet Walakiyém Pépa Yata déposait la
gerbe de fleurs marquant la cérémonie
commémorative des
Martyrs de Pya. Le
malfrat qui a été très vite maîtrisé
par les militaires avait
déjà réussi à lui enfoncer le couteau
qu’il cachait dans la main.
Transporté d’urgence au CHU de Kara, rien
n’a filtré de l’état de santé du préfet.
Tous les hauts gradés militaires et quelques
barons du parti au pouvoir écument les
couloirs des urgences, empêchant parfois les
médecins d’agir vite et bien. Ce qu’on sait
c’est qu’il a eu les intestins qui lui
sortaient de la blessure,
selon les bouches les plus informées.
Mais on ignore si d'autres
organes vitaux sont atteints. Les
prochaines heures nous fixeront sur l’état
de santé du préfet. Mais
il semblerait, selon d'autres sources que la
vie de M. Pépa Yata soit hors de danger.
On ne
sait rien non plus du
jeune homme qui a attenté à la vie du préfet Walakiyém
Pépa Yata. Déjà les hypothèses vont
bon train. D’abord celle d'un
attentat politique est battue en
brèche, car quel
mobile politique peut pousser un jeune
inconnu à attenter à la vie d’un
simple préfet
qui n'est qu'une marionnette? On
penche plutôt vers
une vendetta familiale ou sur la vengeance
d’un paysan à qui le préfet aurait donné
tort dans quelque litige foncier.
Il faut dire que le
préfet se sentant aussi puissant que son
mentor, est devenu le juge incontournable
dans les litiges familiaux ou fonciers.
Pour l’heure, le jeune homme est
détenu on ne sait où.
Le 21
juin est depuis plus d’un demi siècle
célébré comme la marque
d'une des résistances togolaises à la
colonisation européenne. Le fait que le lieu
de ce martyr soit à Pya a teinté l’événement
pourtant national
d’une connotation politico-tribale.
En plus, il faut noter
que la resistance au colon n'a pas eu lieu
qu'à Pya. Le président
Eyadema en a fait
une fierté ethnique. Toutefois lui-même
assiste rarement à ces manifestations.
Le fait qu’on ait attenté à la vie du préfet
de sa préfecture natale
mettra certainement le général Eyadema dans
tous ses états. Avec les luttes
traditionnelles Evala
qui débutent le 10 ou le 17 juillet
2004, la sécurité se trouvera renforcée et
le mouvement des citoyens
en
sera d'autant limité. |