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Tribunal de Lomé :
Le procè
Agboyibo-Olympio
renvoyé à la semaine prochaine
Alain Nococo
Le face
à face Yawovi
Agboyibo
- Harry Olympio
n’a pas eu lieu ce mercredi matin malgré la
présence des deux
hommes politiques
dans la grande salle du palais de justice de
Lomé pleine à craquer.
Le président du tribunal, après l’appel des
deux parties, a simplement décidé de
renvoyer le procès à la huitaine. Cette
décision, selon certaines sources, serait
liée au défaut de sonorisation de la salle,
le président ayant
vainement tenté de réclamer le silence.
Très
tôt le matin, une nombreuse foule en
majorité des militants du CAR et bien
d’autres militants de l’opposition
démocratique
avaient pris d’assaut
la grande salle du palais de justice de Lomé
qui s’est révélée exiguë pour la
circonstance.
C’est
Harry Olympio qui est arrivé en premier en
fanfare accompagné de conducteurs de taxi
moto et de quelques sympathisants. Serein et
confiant, celui-ci n’a pas hésité à faire un
one man show dans la salle,
bien que chahuté par
la foule.
Le
leader du CAR Me Agboyibo arrivera à son
tour vers 09 heures,
vivement acclamé par la nombreuse foule,
visiblement acquise à sa cause.
L’audience devait débuter à 9 h 15 avec
l’entrée du président du tribunal de Lomé M.
Kouyou Tchodié et de son équipe. Le
ministère public était occupé par le
procureur de la République M. Bakai et le
greffe était assuré par Mme Awa.
La
défense de Me Agboyibo était assurée par une
vingtaine d’avocats tandis que M. Harry
Olympio avait pour avocats Me Sylvain
Atto-Mensah et Me Affo. On notait la
présence de plusieurs journalistes de la
presse privée et publique ainsi que des
correspondants des agences internationales.
C’est dans cette ambiance des grands procès
que le président de séance a décidé de
renvoyer le procès au dam de M. Harry qui
exigeait que l’audience se tienne pour
lui permettre,
a-t-il laissé entendre, d'administrer
au leader du CAR une «fessée politique».
Après
la décision du président de renvoyer le
procès à la
semaine prochaine,
une ambiance de déception a été observée.
Une bagarre a même failli éclater entre les
deux camps. Les sympathisants du CAR ont
poursuivi ceux de Harry
Olympio
et des jets de pierre ont
été échangés devant des curieux ahuris.
C’est sous la bonne protection de ses
gardes que M. Harry a pu rentrer dans sa
voiture. Aux dernières nouvelles, le
pare-brise de sa voiture aurait été
endommagé par les militants du CAR.
En outre, on signale l’interpellation de
deux militants du CAR qui seraient
actuellement dans les mains de la police.
C'une information
de derniere munite
que nous n'avons pas encore pu
vérifier.
Joint par téléphone M. Harry Olympio déclare
avoir déposé une plainte contre le CAR pour
destruction de biens.
Visiblement,
ce procès apparemment simple, risque de
prendre des dimensions inimaginables.
Peut-être va-t-il
falloir demander aux différents leaders
politiques togolais de demander à leurs
supporters
respectifs de laisser la démocratie jouer en
s’abstenant de recourir à la violence.
La semaine prochaine
risque encore d’être plus chaude avec donc
deux procès en perspective.
Certains observateurs estiment que ce procès
est factice et
qu'il a pour objectif
d’éclipser les grands enjeux de l’heure à
savoir les
très fameux
pourparlers
intertogolais. |