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Actualité  
12 juin 2004

Dialogue inter togolais :
L'état des consultations, les réactions des partis et hommes politiques togolais
Alain Nococo

Commencées jeudi dernier, les consultations pour le dialogue national se poursuivent à la salle Entente du CASEF (et non à la salle CEDAO comme annoncé) entre une délégation gouvernementale conduite par le PM Koffi Sama et les formations politiques et la société civile.

Après les rencontres d'hier vendredi 11 juin avec les partis politiques CAR,CPP,PDR,PSR et le PRR, la délégation gouvernementale a rencontré ce samedi 12 juin, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) parti au pouvoir conduit par son SG Dama Dramani, la JUVENTO conduite par Iloudjé Lubambi, et l’Alliance pour la Démocratie et le Développement Intégral conduite par Aimé T. Gogué.

Au sortir des rencontres, les leaders de ces formations politiques ou leur porte parole, ont donné à la presse  leur point de vue. (plus bas)

Le leader du CAR Me Yawovi Agboyibo, tout en insistant sur la mise en place d’une cellule mixte mouvance présidentielle-opposition, a demandé au chef de l’Etat de s’impliquer personnellement dans le processus pour la réussite du dialogue.

Les leaders de la CPP Edem Kodjo et du PDR Zarifou Ayéva ont, quant à eux, noté des signes positifs dans l’exécution des engagements pris le 14 avril dernier à Bruxelles par le gouvernement. Ils  se sont dit  prêts à accompagner le gouvernement dans l’application desdits  engagements.

Face à la paupérisation et à la détresse de la population,  le leader du PRR Nicolas Lawson a simplement demandé au gouvernement de démissionner. Il a alors laissé entendre que seul le Général Eyadema est à même de trouver une solution à la crise togolaise afin d’éviter que le pays ne sombre dans le chaos comme c’est le cas de la Côte d’Ivoire et du Zaïre après la disparition de Houphouët et de Mobutu.

Ce samedi matin, les leaders de certains partis politiques conviés à la rencontre se sont exprimés à la presse à leur sortie.

Le 1er vice président de l’ADDI M. Aimé Tchabouré Gogué  a déclaré que son parti est disposé à accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre des 22 engagements, mais a insisté sur la nécessité de la mise en place d’une commission préparatoire pour éviter de perdre inutilement le temps. Pour le parti du Dr Kantchati, la formation d’un gouvernement d’union nationale n’est pas indispensable ;  ce qui compte pour lui, c'est   qu’on aille vite aux élections en commençant par les élections législatives suivies des locales.

Le SG du RPT Dama Dramani a d’abord tenu à remercier le gouvernement pour l’initiative qu’il a prise de rencontrer tous les partis politiques pour la recherche de solution à la crise. Pour M. Dramani, il faut éviter de faire des déclarations tapageuses, ce qui compte c’est les résultats. Il s’est réjoui en outre de ce que le rapport du gouvernement a été positivement apprécié par la mission de l’UE, preuve que des procès ont été réalisés dans l’application des 22 engagements.

Les consultations se poursuivront les jours à venir avec les autres formations et les représentants de la société civile.

Mais d’ores et déjà, on a enregistré des grincements de dents. Selon des sources digne de foi, certaines formations politiques non conviées à ces rencontres préliminaires auraient envoyé des notes de protestation à la présidence de la République au PM, à la délégation de l’UE, aux ambassadeurs de l’UE au Togo ainsi qu’à toutes les chancelleries.

On attend la réaction du gouvernement. S’agit-il d’un  simple oubli administratif ou une volonté d’exclure ces formations du dialogue national. Personne ne peut pour l’instant dire avec exactitude ce qui se passe. Les prochains jours nous édifieront.            

Communiqué de la CDPA

Suite à l’invitation lancée le 7 juin à la CDPA par le PM en vue d’une consultation, une délégation de la CDPA, de 5 membres, conduite par son Secrétaire Général a rencontré ce 10 juin 2004 au CASEF une délégation du gouvernement, comprenant en outre le Président  de l’Assemblée Nationale, placée sous la conduite du PM de 8h 30 à 9h 30. La CDPA attend donc la suite que le gouvernement réservera à ses propositions. 

Contribution de la CDPA

1er Merci pour l’initiative de ces consultations
2e La CDPA félicite l’UE pour son implication effective afin d’aider le Togo à sortir de la crise

3e En prenant ces 22 engagements, le gouvernement a posé un acte courageux que tout le monde salue. La CDPA apportera sa contribution là où elle est nécessaire.
4° les ¾ de ces engagements concernent les droits de l’homme et l’Etat de droit

Ce sont des valeurs civiques non exclusivement partisanes.

La CDPA apportera sa contribution mais n’a pas un rôle aussi actif que le gouvernement.

5e six de ces engagements ont directement trait aux élections. Les partis politiques ont un rôle aussi actif à jouer que le gouvernement. Il apparaît que le dialogue gouvernement et opposition traditionnelle est indispensable sur ces points.

De ces constats, la CDPA tire les conclussions et propositions suivantes :

 A)  Du cadre du dialogue

- Les protagonistes sont les partis visés par l’engagement n°1-1 d’une part, le gouvernement de l’autre. Ils doivent reprendre le dialogue interrompu.

 La société civile, qui a une conscience civique très élevée, doit y être associée pour  que ce dialogue ne se réduise pas à un simple contrat entre la classe politique sur le dos de la population.

Elle peut être chargée de la présidence des travaux en  association ou avec l’appui de la communauté internationale. 

B)  de l’ordre du jour,

L’ordre du jour doit comporter en priorité les engagements qui supposent un rôle actif des partis politiques à savoir les engagements 1-1, 1-3, 1. 5. 3. 6  et accessoirement 1. 6, 1.7

La CDPA propose un petit comité préparatoire comportant 5 membres de l’opposition traditionnelle et 5 membres du pouvoir pour affiner l’ordre du jour, identifier l’équipe qui doit présider les travaux et arrêter les autres modalités tel que le nombre des délégués. 

C)  du lieu et de la date
Cette question subsidiaire peut être arrêtée au niveau du comité préparatoire en liaison avec l’échéancier contenu  dans les engagements 

D)  de la présidence des travaux
Voir supra, i.e une  équipe de la société civile et de la communauté internationale. 

Conclusion
En conclusion, la CDPA se félicite que les engagements souscrits indiquent déjà suffisamment les acteurs actifs et les bénéficiaires potentiels. Cela devra abréger d’autant les discussions internes à la classe politique à savoir à peine le quart des 22 engagements.

Elle propose qu’un observatoire tripartite (gouvernement, opposition et société civile) soit instauré pour conseiller et aider le gouvernement à honorer ces autres engagements qui concernent les droits de l’homme et de l’Etat de droit. 

Lomé, le 10 juin 2004
 
Le Secrétaire Général, Léopold GNININVI

M. Pratick Lawson, 3e vice président de l’UFC
Nous venons de rencontrer la délégation gouvernementale. Nous nous sommes entretenus d’un certain nombre de sujets que nous ne voudrions pas révéler parce qu’il s’agit pour nous de préparer le dialogue qui s’annonce. Nous avons fait des propositions dans le sens de sa réussite. Nous avons eu l’impression d’avoir été compris et nous n’avons pas manqué  également d’évoquer un certain nombre de problèmes qui sont spécifiques à notre parti
.

Sur les propositions faites, Patrick Lawson répond
Tout ce qui concerne toutes les mesures pouvant contribuer à l’apaisement et la sérénité des discussions dans notre pays
.

 Pour ou contre la reprise de la coopération
La reprise de la coopération ne dépend  pas de nous. Notre pays, le Togo est rentré en consultations avec l’UE. Des engagements ont été pris par le gouvernement togolais. Ils sont entrain d’être exécutés. Notre présence ici correspond d’ailleurs à l’un de ces engagements, savoir le point 1.1.

Nous ne voyons pas pourquoi en fin de respect de ces engagements, la reprise de cette coopération ne se ferait pas. En d’autres termes, le respect de ces engagements ne peut qu’amener à la reprise de la coopération et sur ce point, nous voudrions le redire une fois encore, ce sont les relations entre l’UE et le Togo, des accords que les deux partenaires ont signés qui sont à la base de la suspension de la coopération. Les consultations actuelles, de l’avis de M Lawson, sont faites pour rétablir les bonnes relations entre le Togo et l’UE. Donc, aucun problème ne pourrait se poser ou du moins, ce n’est pas en lançant un appel en tant que parti politique que la reprise de la coopération se ferait.

A propos d’une éventuelle prise en marche du train de dialogue par l’UFC, Patrick répond
Nous ne voudrions pas rentrer dans les polémiques stériles, à savoir si on a pris le train en marche ou pas.  Ce qui est important pour nous, c’est la réussite de ce dialogue afin que le Togo retrouve la sérénité nécessaire pour son évolution.

 A propos du rapport de la FIDH
Nous venons d’en prendre connaissance. Mais nous pensons qu’il faut avoir une lecture positive de ce rapport. Il  vaut mieux tenir compte des faits réels que révèle ou pourra révéler ce rapport.

Son souhait
Ce que nous souhaitons donc, c’est la réussite de ce dialogue, mais nous voulons éviter les débats stériles, mais pour nous, il n’y a pas de sujets tabous. On voudrait que tous les sujets qui minent l’avancée de notre pays puissent être abordés et trouvent une solution au cours de ce dialogue.

La chaise de l’UFC n’a jamais été vide chaque fois qu’elle a été invitée dans les formes requises et sur des sujets précis. Nous n’avons jamais manqué de prendre par aux débats politiques, aux différentes assises depuis notre existence. Le parcours ou ce à quoi vous faites allusion, nous pensons que notre contribution est effective en ce sens qu’aujourd’hui, nous avons été compris par le gouvernement qui a accepté de prendre en compte nos propositions pour l’amélioration du dialogue qui s’annonce.

Sur la question des préalables
Demander à ce qu’on discute des différents points à l’ordre du jour, demander à ce qu’on sache comment les discussions se dérouleront, ne saurait être pris comme des préalables qui peuvent être interprétés comme une fin de non recevoir de la part de l’UFC.

Nous  ne le pensons pas. Notre position a été de contribuer, et à bien préparer le dialogue, car nous pensons que ce dialogue est fondamental pour l’avenir de notre pays et nous l’avions dit clairement, nous sommes prêts à aider pour la réalisation des 22 engagements qui ont été pris par le gouvernement du Togo ou nom de tous les Togolais.

M. Léopold Mensah Gnininvi SG CDPA 

Le PM nous  a adressé une lettre pour nous convier  ce matin sans préciser l’ordre du jour. Mais nous avons anticipé, nous nous sommes dit certainement que c’est pour préparer le dialogue. Et donc, nous sommes venus avec des propositions pour rendre effective la mise en œuvre des engagements, y compris le dialogue. Nous avons fait toute une série de propositions, le gouvernement doit se pencher là-dessus et je pense que très rapidement, une synthèse doit être faite pour qu’un comité préparatoire soit mis en place. 

Sur la question de la reprise de la coopération avec l’UE, 
La CDPA n’a jamais pleurniché pour le maintien des sanctions contre le Togo. Je ne sais pas pourquoi les médias publics ont répondu à ce bruit là. La CDPA ne s’est jamais déplacée à Bruxelles, aller dire de maintenir les sanctions parce que nous savons que les Européens sont majeurs, autonomes et ce ne sont pas les petits opposants togolais qui vont leur dire ce qu’ils on à faire. La CDPA a déploré les éléments qui ont amené les Européens à suspendre la coopération, a toujours imploré le gouvernement de tout faire, de remplir les conditions pour que l’UE reprenne la coopération
.  

Sur le boycott de la cérémonie d’ouverture  
Nous avons fait comprendre clairement que les préparatifs n’étaient pas suffisamment avancés pour qu’on puisse faire une cérémonie d’ouverture. Et maintenant, nous nous réjouissons de ce que le gouvernement entreprenne de mieux préparer ce dialogue
 

 M. Harry Octavianus Olympio,  Président du RSDD  

            Nous sommes en train d’apporter notre contribution. Ce matin, nous avons exprimé au gouvernement nos encouragements parce  que depuis que le gouvernement a pris ces engagements nous avons enregistré des  actes positifs qui, manifestement, démontrent la volonté du gouvernement d’appliquer les 22 engagements. Dans ces engagements, nous pouvons catégoriser les choses en deux parties.           

Il y a des  engagements qui peuvent être mis en route maintenant et, c’est ce que le gouvernement est en train de faire, et des engagements qui doivent se réaliser dans le temps. Nous avons attiré l’attention de la délégation gouvernementale sur la nécessité de joindre l’opposition à ces réformes qui viendront, notamment celles qui sont inscrites dans le temps, dans le souci d’obtenir des réformes consensuelles.

            Nous sommes dans le dialogue national, dès lors que l’on commence à discuter avec les partis de l’opposition, je crois que nous sommes au cœur du dialogue.

Sur les préalables

Les préalables n’engagent que ceux qui les demandent. La question des préalables est complètement en déphasage avec la réalité des choses.

C’est le gouvernement qui s’est engagé devant l’UE. Il appartient au gouvernement de trouver les méthodes, la voie ou les voies les meilleurs pour tenir ses propres engagements.

Il va falloir que ceux qui demandent des préalables s’expliquent, éclairent l’opinion nationale sur le fondement de ces préalables. Jusqu’ici, cela reste dans un flou artistique. J’ai entendu certains dire également qu’il faut une espèce d’arbitre par rapport au dialogue. Mais il n’y a pas d’autre arbitre que l’UE. Parce qu’en réalité le gouvernement s’est engagé devant l’UE et c’est devant l’UE que le gouvernement doit apporter des résultats.

Me Joseph Kokou Koffigoh Président de la CFN

Disons  que c’est un pré- dialogue, une concertation ; si vous voulez, on a échangé sur beaucoup de sujets.

Le terrain  est  vaste, on ne peut pas le finir en un seul jour. Donc nous nous sommes promis de nous retrouver pour approfondir les discussions  parce qu’on n’a plus droit à l’erreur, on n’a plus le droit d’échouer, car il y a eu des accords dans notre pays qui n’ont pas connu des lendemains heureux.

Nous  sommes décidés à apporter notre modeste contribution, autant que cela se peut, pourvu que la bonne volonté soit au rendez-vous de part et d’autre, pour que ce nouveau processus puisse connaître un aboutissement heureux.

Sa position sur la reprise de la coopération

Oui, bien sûr, si nous acceptons d’asseoir le dialogue dans le cadre des 22 engagements pris par le gouvernement, le but c’est d’aider notre pays à renouer avec la coopération internationale.

M. Essodomna  Dogo Président  UDPS      

Comme il est il stipulé qu’il aura une discussion entre le gouvernement, la société civile et les partis politiques, c’est dans ce cadre-là que nous sommes venus. Nous sommes venus. Nous avons donné notre appréciation des 22 engagements, mais il revient au gouvernement de prendre la mesure du problème, d’appliquer ces engagements, parce que c’est lui qui les a pris.

Mais, nous, en tant que parti politique, on va toujours veiller à l’application de ces engagements, on va toujours accompagner le gouvernement parce qu’il est de notre devoir d’apporter notre contribution pour la réussite de ces négociations.

Communiqué de presse du CAR

Concernant la rencontre du vendredi 11 juin 2004

I- Lors de la rencontre, le CAR a remis à la délégation présidentielle la proposition dont la teneur suit :

Proposition du CAR pour la préparation du dialogue 

A -Entre autres modalités d’organisation du dialogue national, il importe de mettre un accent tout particulier sur les trois questions ci-après

1. La première question concerne le cadre à structurer de façon transparente sur la base des indications de l’engagement n° 1.1. Elle implique entre autres points que soient clairement déterminés :

a- les protagonistes du dialogue, savoir :

          - Les partis habiletés à y prendre part du côté du pouvoir

          - Les partis qualifiés au titre de l’opposition traditionnelle

b - les organisations de la société civile aptes à jouer le rôle de force- tampon entre les deux protagonistes du dialogue national

c-  le nombre de délégués à désigner par chaque participant

d- la composition du bureau chargé de la conduite des travaux 

2.      La deuxième question a trait à l’ordre du jour du dialogue national

3.       La troisième concerne le calendrier des travaux  

B- Il convient de mettre en place une cellule préparatoire mixte chargée de rechercher les solutions aux trois questions qui précèdent et aux autres modalités d’organisation du dialogue national. 

C- La cellule préparatoire mixte étant d’une importance décisive pour le succès du dialogue national, le CAR propose que le chef de l’Etat œuvre personnellement à sa mise en place. 

II  La délégation gouvernementale a déclaré avoir pris bonne note de la proposition après y avoir fait des observations 

                                               Fait à Lomé, le 11 juin 2004
                                               Pour le CAR

                                               Le Président National,

                                               Me Yawovi AGBOYIBO

Prisonniers  Po. de Kara

 

Amegninou Kovi

Mensan Kokou
Kové Sossouvi
Lawson Laté
Dognon Koffi
Kliko Eglo
Kamado Koudjo
Séké Koudjo
 

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