Le
frère de feu Kouma Téngué suvivra-t-il, lui,
à la brigade de Kévé?

Daniel Garidan
Le 12 janvier 2004, Monsieur
Kouma Téngué, qui
pilotait une
coopérative de développement communautaire à
Kévé, 50 Km à
l’ouest de Lomé, (Préfecture de l’Avé) a été
appréhendé par la police pour une
impolitesse à l’endroit du chef canton. Il
décédera cette même nuit au cours de sa
détention.
La police soutient que le sieur Kouma Téngué
est tombé dans une réserve d’eau. Mais
l’autopsie exigée par la Ligue Togolaise des
Droits de l’Homme (LTDH)
n’a révélé aucune trace d’eau dans les
poumons de la victime.
Conclusion: Le
cadavre a été jeté à l’eau après sa
mort. Il faut préciser que le corps de Téngué
portait des marques de violence et ses
testicules broyés sortaient des bourses
applatis comme de vilaines galettes.
Le corps est demeuré
toujours à la morgue. Mais la famille a subi
des pressions. Les préfets de Zio et de
l’Avé, ont exigé que le corps soit inhumé
avant le 14 avril 2004, date de la signature
des engagements à Bruxelles. La LTDH saisie
a protesté auprès du ministre de l’intérieur
qui a demandé aux préfets de ne pas se mêler
de ce qui ne les regarde pas.
Le
20 mai 2004, nous avons appris que
le frère de Kouma Tengué,
Daglama Kodjo Téngué a été arrêté par la
gendarmerie de Kévé. Pour quel motif ? La
brigade reste muette. Le président de la
LTDH saisi a appelé dans la nuit du 20 mai
le ministre de la justice et des droits de
l’homme. Mais le ministre lui a raccroché au
nez. Au moment où le pouvoir en place semble
caresser les droits de l’homme dans le sens
des poils.
Pourvu que ce qui est
arrivé au cadet n’arrive pas fatalement à
l’aîné. Affaire à
suivre de très près |