Ouattara
Fambaré Natchaba séjourne toujours en Chine:
Qui payera les ardoises?
Mathias Akoulansa
Telle
est la question que beaucoup de Togolais se
posent aujourd'hui face aux accords que
conclut le régime de dictature du général
Eyadema. Depuis l'embargo économique contre
le régime Eyadema pour deficit démocratique
et non respect des droits de l'homme, le
gouvernement a intensifié ses relations avec
des "partenaires ou opérateurs économiques"
qui jadis ne bénéficiaient pas de la même
attention. Pas qu'il y ait meilleurs
partenaires ou opérateurs économiques. Le
problème c'est que tous les accords conclus
et tous les prêts consenti au regime
Eyadema depuis 1993 ne bénécient en rien au
peuple togolais, alors qu'il sera tenu de
les rembourser au non du principe de la
continuité de l'Etat. Quels que soient les
gouvernants, les bailleurs ne perdent jamais.
Se plaignant de
ce qui s'observe à Lomé , un collègue
journaliste s'est emporté et a déclaré:
«Aujourd'hui, tout est entre les mains
des étrangers. Surtout les Indo-Sino-Libanais.
Ce sont les libanais qui vendent tout,
jusqu'à notre sable de mer à tout togolais
qui veut construire une maison à Lomé. Et
avec quelle arrogance opèrent-ils dans notre
pays! Ce régime n'a aucune conscience et les
jeunes payeront très cher tôt ou tard.»
Depuis le 15 mai
2004, Ouattara Fambaré Natchaba, président
de l’Assemblée nationale togolaise, séjourne
en Chine jusqu’au 24 mai. Le vendredi 21 mai,
il a été reçu par le vice président chinois
Zeng Qinghong et par Wu Bangguo, président
du Comité permanent de l’Assemblée populaire
nationale (APN, parlement) de Chine.
Au cours de ces deux entretiens, ils se
sont félicités des relations d’amitié et de
sincérité qui existent entre le Togo et la
Chine. Il faut dire au passage que la Chine
a réalisé au Togo de grands ouvrages (l’hôpital
chinois de Tomdè à Kara, le palis des
congrès de Kara, la sucrerie d’Anié, le
stade omnisports de Lomé …) qui entrent
aujourd’hui dans les discours dithyrambiques
de Lomé 2.
Même
si la Chine s'annonce comme une grande
puissance que commencent par redouter les
grandes puissances classiques, ce qui à l’évidence rapproche le
pauvre Togo de la grande Chine est sans nul
doute qu’ils sont des supers
violateurs des droits de l’homme. La Chine
est épinglée par Amnesty International pour
sa violation massive des droits de l’homme.
La peine capitale y sévit. Environ 1700 personnes ont
été exécutées en avril 2001. Plus de 200 membres du
mouvement Fa Lu Gong ont été également
arrêtés. Certains sont morts en détention
et d'autres vivent toujours en prison.
La chine détient toujours
les prisonniers de Tien An
Men après la répression de 1989.
Au Togo, le tableau n’est pas des
meilleurs : arrestations arbitraires,
exécutions extra judiciaires, tortures dans
les camps militaires et postes de police et
de gendarmerie. Les deux pays traînent les
vestiges d’une immonde dictature. Vu sous
cet angle, les félicitations réciproques
sonnent comme des décorations de bourreau à
bourreau. |