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Je
soussigné… dictateur irrécupérable
Samuel Batchati
«Je
soussigné Eyadema, général dictateur du
Togo, confirme demeurer au pouvoir et ne
point permettre l’accès du pays à la
démocratie véritable. En foi de quoi,
cette violente répression des étudiants
doit dissuader et prévenir les
velléitaires. »
Le 28
et 30 avril 2004, Eyadema a entonné à
l’Université de Lomé, la violence
répressive qui caractérisera la sincérité
de l’exécution des 22 engagements pris la
première quinzaine à Bruxelles dans le
cadre des négociations en vue de la
reprise de la coopération entre le Togo et
l’UE. Il a signé par ces actes d’un autre
millénaire, la forfaiture et le parjure
qui ont toujours marqué son règne immérité.
Les étudiants de l’Université de Lomé
paient ainsi le lourd tribut du premier
parjure d’Eyadema dans l’application des
22 engagements du gouvernement togolais
vis-à-vis de Bruxelles. Les tableaux de
policiers traqués, défroqués, écumant de
rage et d’étudiants traqués par les bérets
verts de la garde présidentielle, fuyant
les balles et les matraques, sont
éloquents. On dirait un cap masters de
paint ball réelles sanglant, tristement.
Ces événements rappellent les combats du
GRAD, de l'OULD, du MELD, et de la
la LEDI (Ligue Estudiantine pour le
Développement Intégral) des années 1990,
dont les actions avaient été sabordées par
une nébuleuse d’associations tribales
devenues plus tard HaCAM avec ce qu’on lui
connaît de malfamé de désolant et de
dégradant pour des intellectuels.
Gustave Akadé Sosso est
mort d'avoir voulu se démarquer
tardivement des affres du HACAME. Tous ou
presque sont morts de n'avoir compris que
tard. C'est bien étonnant l'homme
n'apprend pas du passé.
A la
suite des événements du 28 et du 30 Avril
2004 sur le campus de l’Université de Lomé,
le gouvernement a tout de suite, comme
d’ailleurs à son habitude, crié à la
manipulation de l’opposition qui voudrait
saboter la reprise de la coopération avec
l’UE. « Ce qui nous énerve, c’est de
toujours penser que nous sommes manipulés
alors que nous revendiquons tout
simplement nos droits » s’est
indigné un étudiant joint au téléphone au
lendemain des déclarations intempestives
de Lomé 2. Ces pratiques répulsives,
répugnantes et ragoûtantes qui ont servi
et servent encore de plan d’action ou de
feuille de route à ce régime ignoble, sont
symptomatiques du sabordage, du sabotage
à venir des engagements de Lomé 2.
Non
seulement envoyer des militaires
brutaliser, meurtrir les étudiants sur le
campus constitue une violation des
franchises de l’Université, mais encore
les traiter de manipulés est encore grave.
Parce que cette accusation portée contre
l’opposition sonne comme une provocation.
Une double insulte : les étudiants
seraient ces sortes de marionnettes, ces
pantins des cirques sans deux sous de
réflexion et les opposants des clowns
marionnettistes. Cette attitude va contre
le second
engagement :
« Engagement de garantir, sans délai,
l’action libre de tout parti politique, à
l’abri de tout acte d’harcèlement,
d’intimidation ou de censure ». Cette
moindre liberté est déjà galvaudée par ces
propos politiciens et dégradants. Les
réactions du CAR et de la CDPA ne
changeront rien à l’accusation de Lomé 2
ni aux stratégies de nuisance élaborée et
pilotées par les miliciens du quartier
Adéwi et certains membres véreux du
gouvernement de Koffi Sama. A l’évidence
le RPT au pouvoir n’est pas décidé à
lâcher du lest.
Les 22 engagements ne sont donc pas la
panacée. Il ne se faut point leurrer. Le
salut qui viendra de ces engagements sera
salaud. Lomé2 appliquera ces engagements
ad libitum. Sans ciller de l’œil ! Selon
sa propre interprétation. Il serait
illusoire de croiser les bras dans un
attentisme coupable et vouloir voir le RPT
appliquer cette feuille de route dans le
délai imparti. La pusillanimité de
l’opposition peut la bercer dans le faux
fourvoiement d’une aubaine tombée du ciel.
Ce régime en a tellement fait accroire
tous les Togolais et tous les observateurs
de la vie politique, hormis bien entendu,
les Chirac, la valetaille, les bourreaux
sicaires et tout le saint-frusquin qui
gravite autour de la mangeaille de Lomé 2,
pour qu’en cette occurrence on daigne lui
faire confiance ou qu’on veuille l’en
chasser sans coup férir.
Les étudiants de Lomé ont mis Lomé
2 à l’épreuve et le résultat est là,
tangible. Eyadema ne se laissera pas
dépouiller de ses oripeaux reliquaires
d’une désuète et infâme dictature. Il
s’accroche à la violence parce que la
violence est la seule logique qu’il
connaisse. Son unique rempart. Sans
militaires, Eyadema est un épouvantail, le
spectre de la tyrannie fuyant les yeux
vengeurs dans leur tombe de Sylvanus
Olympio et de tous ces Togolais massacrés.
Sans ce rempart de forêt baïonnettes,
Eyadema serait le pioupiou qu’il était
rentrant de la guerre d’Algérie.
L’Université de Lomé est fermée depuis le
2 mai 2004. Les étudiants sont à la maison.
L’opposition est accusée. Et l’opposition
a le quitus du second engagement sus-cité.
Pourtant l’opposition ne manifeste pas. Ce
serait bien entendu autour de l’opposition
d’éprouver la bonne foi de Lomé 2. Attend-elle
une note écrite d’Eyadema leur donnant
autorisation de manifester ? Ridicule. Si
l’opposition veut savoir, l’engagement
pris à Bruxelles est celui-ci :
«Je soussigné
Eyadema, général dictateur du Togo,
confirme demeurer au pouvoir et ne point
permettre l’accès du pays à la démocratie
véritable. En foi de quoi, cette violente
répression des étudiants doit dissuader et
prévenir les velléitaires. » |