La FIFA
réaménage le gouvernement camerounais
Samuel
Batchati
La Fifa a lourdement frappé la FECAFOOT.
Avant la CAN de Tunisie 2004, la Fifa avait
pris soin d’avertir par courrier, la
FECAFOOT, (la Fédération Camerounaise de
Foot) que son maillot en pièce unique ne
répondait pas aux normes et lois en vigueur
du foot. D’ailleurs le maillot des Lions
Indomptables à la CAN à Bamako en 2002
n’était pas agréé par la Fifa. Cette fois-là
elle avait fermé les yeux.
Cette fois-ci, " La Caf a fait une
dérogation à la fédération camerounaise
jusqu'à la fin des matches de poule en
l'avertissant qu'elle prenait de gros
risques " (Amadou Diakité, membre des
comités exécutifs CAF et FIFA dans une
Interview accordée à Fraternité matin le 23
Avril 2004 : 'Toute la vérité sur l'affaire
du maillot du Cameroun' ) . La FECAFOOT
n’a eu cure de ces avertissements.
Aujourd’hui la sanction de la Fifa a été
implacable : une retenue de 6 points pour
les matches de qualification de la coupe du
monde et de la CAN de 2006, plus une amende
de 123 000 euros.
Les rues de Yaoundé, de Douala et de
Bafoussam ont gueulé jusqu’à Paul Biya qui a
opéré un remaniement ministériel pour calmer
les fâcheries des camerounais. Des têtes
sont tombées. Il en a profité pour régler
leur compte à d’autres " têtes mortes ".
Quatre ministres quittent leur poste :
- Le ministre de la jeunesse et des
sports, Bidoung Mkaptt, est remplacé par
Siegfried Etamé Massoma, ancien gouverneur
de la province du Centre.
- Paul Nkoué Nkongo est remplacé par
Antoine Zanga, ancien directeur adjoint du
cabinet civil de la présidence de la
République, au portefeuille de ministre des
Postes et Télécommunications.
- Le ministère de l'Eau, des Mines et de
l'Energie, détenu par Joseph Aoudou, passe
aux mains de l'anglophone Henry Kibou Toumé.
- Enfin, Charles Salé, député-maire de
Bélabo dans la province de l'Est, hérite du
portefeuille des Transports, détenu
précédemment par John Begheni Nde.
Le Premier ministre, chef du gouvernement,
Peter Mafany Musonge, du Rassemblement
démocratique du peuple camerounais, (RDPC),
au pouvoir, n’est en rien concerné, car être
chef de gouvernement c’est être à l’abri des
colères du président dictateur.
Le Cameroun n’a pas à se plaindre de la
sanction de la Fifa. Un homme averti en vaut
deux. |