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Les routes
togolaises sont tout
simplement meurtrières
Mathias
Akoulansa
En 2003, la route au Togo
a tué plus de 4 000 personnes. Le ministère
de la santé crie à l’hécatombe. Au regard de
l’état de nos routes et de nos taxis bus et
cars, il faut se féliciter que la toute
n’ait pas tué plus que 4 000 personnes.
Le réseau routier a la
santé de la république : comateux. Le
tronçon Kara – Cinkassé (250 Km) décourage
les automobilistes. Le tronçon Atakpamé –
Pkalimé est une minuscule ceinture de bitume
rongée par le temps et l’âge. Si certains
tronçons sont moins dangereux, la plupart
des routes au Togo ne sont pas à l’image de
la campagne faite au timonier bâtisseur de
la nation, des routes, des ponts, des écoles,
…
On peut estimer les
routes revêtues à 1400Km, les routes non
revêtues à 2700 Km et les pistes, qui sont
d’ailleurs les plus fréquentées, à 6000 Km.
Pourtant en 1997, le 14 octobre, la Banque
mondiale a accordé à Lomé un crédit de 48,8
millions pour la réhabilitation et
l’entretien des routes, 3,4 millions pour le
renforcement institutionnel pour la gestion
du secteur routier, 1 million pour la
sécurité routière et 1,6 millions pour la
réhabilitation et la gestion des routes et
pistes rurales. Inutile de suivre le chemin
pris par les 50 millions de dollars de la
BM. A chaque veille des élections, le
président et sa coterie fait des promesses
faramineuses. En 1998 il avait promis bitumé
le tronçon Sokodé – Kaboli (72 Km) parce
qu’il venait de prendre une jeune pucelle de
Tchamba. Promesse reprise en 2003. En
janvier 2004, le Togo a institué le système
de péage sur le tronçon Lomé- Cinkassé au
niveau de Sotouboua et sur le tronçon Lomé –
Kpalimé. Les poches de nos dirigeants
s’occuperont assez excellemment des recettes
de ces péages. Alors point d’inquiétude.
Les taxis, les cars et
les bus de transports communs sont eux aussi
dans un état lamentable. Les dernières
visites techniques remontent à plusieurs
années. Ou bien quand elles sont faites,
c’est à coup de corruption pour cacher
l’état des véhicules. C’est à peine s’ils
ne tombent pas en
morceau tellement ils sont vieux
et ont dû passer
par plusieurs mains. En janvier 2004,
j’étais scandalisé devant l’état d’un bus
qui devait faire le tronçon Kara – Lomé,
soit près de 420 Km de nuit. Je me suis fait
gentiment répondre " don’t mine
the body, mine
the engine " devant des policiers et
gendarmes hilares. Et allez vous plaindre de
ce que les routes tuent au Togo. 4000 tués
en 2003, c’est bien une grosse veine. |