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Fin de la chasse
traditionnelle en pays Kabyè :
Selon le
Général Gnofame,
Eyadema possède une réserve animanlière
personnelle
Alain Nococo
Ouverte le 03 mars 2004, la
chasse traditionnelle en pays Kabyè a pris
fin le samedi 04 avril dernier avec la
grande et dernière battue effectuée au bord
de la rivière Kara.
Tout comme à
l’ouverture, cette clôture a été marquée par
la grande danse des chasseurs au domicile du
chef de l’Etat à Pya.
Partis dès leur
retour de la chasse pour présenter leur
butin au Général Président Eyadema, les
chasseurs ont profité de l’occasion pour le
remercier et lui témoigner leur gratitude
pour sa politique de revalorisation
culturelle.
On aurait
pu
minimiser
cet événement si certaines
choses n’étaient pas dites par le ministre
en charge de l’environnement, le général
Zoumaro Gnofame.
Lorsque certains
confrères s’étonnés de voir le général
ministre aux côtés du général président lors
de l’ouverture de la chasse traditionnelle
en début du mois de mars et avaient dénoncé
une politique de deux poids deux mesures,
le général ministre en bon militaire, avait
cru devoir organiser une conférence de
presse pour, avait-il dit, faire une mise au
point sur certaines choses dites au sujet de
la chasse au Togo. Il avait alors fait
l’historique de la chasse au Togo qui, selon
lui, remonte aux temps immémoriaux et avait
déclaré que contrairement à ce que l’on
laisse croire, la chasse n’est pas interdite
au Togo et que quiconque peut la pratiquer à
condition de respecter la réglementation en
vigueur. Le général Gnofame avait ajouté que
c’est parce que le peuple Kabyè est organisé
qu’on a l’impression qu’il est privilégié
par rapport aux autres. Répondant à une
question d’un confrère, il avait dit que les
espèces abattues ne rentraient pas dans la
catégorie des espèces protégées.
Bien évidemment,
ces explications n’avaient pas convaincu. Et
comme pour donner d’autres explications plus
convaincantes, le général ministre est de
nouveau monté au créneau lors de la clôture
de la chasse traditionnelle. Devant les
caméras de la télévision nationale
(la TVT
) ,
pour dire
tout le contraire de ce
qu’il avait dit lors de sa conférence de
presse du 12 mars
dernier.
Tous ceux qui
ont écouté le Général Gnofame lors de sa
‘’nouvelle mise au point’’ ont dû comprendre
que la faune togolaise, contrairement à ce
qui est dit, regorge trop d’espèces animales
et qu’il fallait éliminer certaines pour
rétablir l’équilibre de l’écosystème.
Sinon, alors
que
les Togolais se posaient des
questions sur ces espèces animales, le
ministre Gnofame a
déclaré
que les gibiers
exposés provenaient d’un prélèvement sur des
réserves de chasse et de faune autorisé par
les textes pour éviter que les animaux ne se
multiplient en nombre infini. Il a laissé
entendre que ce prélèvement exceptionnel
autorisé par le chef de l’Etat a été fait
sur sa réserve personnelle de faune.
« C’est un
prélèvement qui est prévu par les textes ;
quand vous avez une réserve de chasse et de
faune, pour éviter que les animaux ne se
multiplient en nombre infini, on fait le
prélèvement et c’est ce prélèvement que le
chef de l’Etat nous a autorisé à faire
aujourd’hui et c’est dans la légalité que
nous l’avons fait », a déclaré le
général ministre qui a alors tenu à
remercier le chef de l’Etat d’avoir pensé à
la préservation de la faune et d’avoir
autorisé exceptionnellement aux chasseurs
d’aller faire ce prélèvement pour permettre
à la jeunesse et à la population de
connaître ces espèces.
Ces propos du
ministre de l’environnement et des
ressources forestières contrastent avec ses
précédentes déclarations sur la nécessité de
préserver la faune menacée de disparition
«à
cause des troubles socio politiques et
lèvent un coin de voile sur ce que les
Togolais ne savaient pas. La réserve
personnelle de faune du Général Président.
Depuis
longtemps, les Togolais se posent des
questions sur l’origine de ces espèces
animales qu’on expose chaque année au
domicile du chef de l’Etat à Pya. Ainsi, le
Général président possède un
parc animalier
personnel
plus riche que les
réserves nationales et autorise donc des
prélèvements au profit de la jeunesse et de
la population togolaise. Une générosité sans
pareille en Afrique !
Mais on ne peut pas oublier comment de
pauvres paysans ont été torturé pendant
longtemps pour avoir cui du gibier.
Il est à notre
avis dommage qu’au moment où on parle de la
nécessité de préserver notre faune menacée
de disparition par
fait de l’homme, que
les
plus hautes autorités du pays se donnent le
privilège et le droit d’abattre dans les
réserves nationales des espèces protégées au
nom d’une seule
tradition
parmi plusieurs,
ensuite les présenter aux
populations comme des «prélèvements sur des
réserves personnelles ».
Au nom de quel
principe républicain, le Général président
peut-il posséder une réserve personnelle ?
Le Togo serait-il devenu sa propriété
privée ? A qui
a-t-il acheté les terres sur lesquelles il
disposerait dudit parc?
Nous pensons
pour notre part que, si on voudrait
vraiment faire découvrir les espèces
protégées à la jeunesse et à la population,
il suffit d’autoriser des visites aux
réserves nationales ou organiser des voyages
touristes vers ces endroits pour permettre à
un bon nombre de Togolais de mieux découvrir
ces espèces animales que de présenter des
images des bêtes mortes difficilement
identifiables.
Le général
ministre en congratulant le Timonier pour sa
politique sait-il qu’au lieu d’une
protection de la faune
il participe à sa
destruction, car si chaque année on tuait
ces animaux, ils ne
se multiplieront
plus et
cela
provoquerait par voie de
conséquence une catastrophe écologique
préjudiciable pour notre écosystème.
Mon général, il
est temps de revoir votre politique de
protection de la faune que tromper le peuple
par des arguties qui ne tiennent pas la
route. Et si chacun pouvait avoir une
réserve personnelle ? |