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MOTION :
L’Union
Européenne vient officiellement d’adresser
aux autorités togolaises, une lettre les
invitant à ouvrir avec elle, des
consultations en vue d’évaluer les progrès
accomplis par le Togo dans le domaine de la
démocratie, des droits de l’homme et des
libertés fondamentales. Comment
réagissez-vous à cette information ?
Professeur GNININVI :
Cette information vient couper court aux
rumeurs qui ont envahi le paysage médiatique
togolais et qui ont commencé par intoxiquer
nos compatriotes.
C’est à présent clair
qu’il s’agit d’abord d’une consultation
entre l’UE et le gouvernement, rien qu’entre
ces deux parties dans ce premier temps. Il
s’agira de passer en revue les engagements
pris par le Togo dans le cadre des accords
de Cotonou. A ce stade, l’opposition ne
semble pas concernée.
Mais dans un deuxième
temps, après constat des insuffisances
évidentes par rapport aux engagements pris
dans les 3 domaines que vous avez mentionnés,
il sera certainement question de reprendre
le dialogue rompu par le RPT qui
unilatéralement a mis un terme à l’Accord
Cadre de Lomé, (ACL).
La CDPA se réjouit de
cette clarification de la part de Bruxelles.
MOTION : L’Union
Européenne semble faire de la reprise du
dialogue entre Pouvoir RPT et Opposition
Démocratique, la conclusion et la mise en
œuvre d’un accord politique, l’une des
conditions clé d’une éventuelle
normalisation de ses relations avec le Togo.
Qu’attendez-vous d’un éventuel nouveau
dialogue inter togolais ?
Professeur GNININVI :
Bien sûr, l’UE s’est impliquée dans les
travaux ayant abouti à l’ACL, on se rappelle
les nombreuses missions des « facilitateurs »
d’alors. Elle ne peut pas accepter qu’un
simple trait soit tiré sur cet
investissement. Mais au-delà de ce que peut
souhaiter Bruxelles, c’est le cas des
Togolais qui est notre priorité. Nous
souhaitons :
Sur le plan politique,
un effort de patriotisme de la part de tous
les acteurs. Ne pas sacrifier la cohésion
nationale aux intérêts et privilèges
immédiats, d’une part, et de l’autre, c’est
– à – dire de l’opposition, ne pas pousser à
l’excès le souci de se positionner, il faut
plus de cohésion dans nos rangs.
Au plan économique,
nous souhaitons que le RPT accepte enfin de
respecter ses engagements afin que l’U.E.
puisse reprendre son aide au Togo. La
situation sociale et économique est
lamentable. Il faut que le RPT ait pitié du
peuple togolais. C’est de lui seul que
dépend la reprise ou la non reprise de la
coopération, cela ne dépend pas de
l’opposition. Et il le sait très bien.
Ce sera le sixième
dialogue avec le RPT depuis 1991, la liste
est déjà longue. Il faut que ce 6è dialogue
soit le bon
MOTION : On parle
aujourd’hui « d’opposition traditionnelle »,
« d’opposition constructive », etc. comment
voyez-vous la gestion de cette multitude
d’oppositions face au bloc RPT ?
Professeur GNININVI :
On parle aussi d’opposition alternative et
bientôt d’autres qualificatifs vont émerger.
Le RPT nous a habitués à ce subterfuge où
l’on habille momentanément certains amis en
opposants, quitte à en faire des ministres
plus tard pour les récompenser.
Certains partis dits de
l’opposition hier à la Conférence Nationale
Souveraine siègent aujourd’hui au
gouvernement et font en même temps de
l’opposition constructive. Il est temps que
nous renoncions à ces petits jeux. La nation
togolaise est en danger et tout opportunisme
est dorénavant de mauvais goût et doit être
combattu.
MOTION : Début octobre
2003, l’UFC, par la voix de son président,
Gilchrist Olympio avait proposé un plan de
sortie de crise en sept points. En novembre,
le CAR proposait à son tour un plan de
sortie crise. Certains proposent que
l’opposition aborde ces discussions en rangs
serrés autour d’une plateforme commune. Que
pensez-vous de cette proposition ?
Professeur GNININVI :
La CDPA a déploré ce qui s’est passé depuis
les élections frauduleuses de juin 2003. Non
seulement, les candidats de l’opposition ont
été tous floués, mais en plus, je ne sais
par quel gris-gris, ils se considèrent
désormais comme des ennemis. Cela doit
cesser.
Contrairement au dicton,
trop de plans de sortie de crise finissent
par « abîmer la sauce ». Il faut que, face
au bloc RPT, l’opposition fasse l’effort
d’harmonisation préalable de tous ces plans.
Mieux, il faut que
l’opposition aille négocier, le cas échéant
en une seule délégation. L’idéal, c’est que
l’esprit d’équipe continue d’animer tous les
démocrates sincères pendant toute la période
où il faudra veiller à une mise en œuvre
correcte des décisions de ces futures
négociations.
A défaut de cela, nous
aurons encore « dialogué » pour rien.
Donc pour la CDPA, Plate-forme ? Oui ;
Négocier en une seule équipe ? Oui ;
Gérer le futur accord en toute solidarité ?
Encore oui.
MOTION : Certaines
formations politiques affichent déjà leur
pessimisme quant à une réelle volonté de
dialogue du général Eyadéma. Elles pensent
que toute cette agitation va simplement
permettre au général Eyadéma de gagner du
temps. Que répondez-vous à ces inquiétudes ?
Professeur GNININVI :
Oui, tout donne raison à ceux qui sont
sceptiques, les Togolais comme les Européens.
Je vous dis que nous en sommes à notre 6è
dialogue toujours sur le problème, celui de
l’alternance au Togo par voie du suffrage
universel ! N(y-a-t-il pas lieu d’être
sceptique ?
Pour ma part, je suis
seulement prudent mais, tel Sisyphe avec son
rocher, remettons-nous à l’œuvre ; il n’y a
pas d’autre choix en ce moment.
La marge de manœuvre de
l’opposition est étroite, pourvu qu’elle ne
se prenne pas encore une fois, les pieds
dans le tapis. |